Hausse du pass Navigo, quelques commentaires…

Comme vous le savez, je suis l’auteur de l’amendement qui a permis de concrétiser à l’Assemblée le pass Navigo à tarif unique. La droite s’y est toujours opposée. Plus proche du modèle britannique que du modèle français, l’ex UMP a toujours souhaité rapprocher le prix des transports de leur coût réel et donc faire payer à l’usager la charge de sa mobilité.

Pressentant cependant l’impopularité de cette approche, Valérie Pécresse avait déclaré à la veille du second tour des élections régionales « Moi Présidente, je maintiendrai le pass Navigo à 70€ car je ne jouerai pas avec le pouvoir d’achat des Franciliens ».

A peine 6 mois plus tard, elle annonce le 20 juin une hausse de 15€ ! Finalement cette hausse a été ramenée à 3€. Or, l’Etat a doté la région des ressources fiscales nouvelles qui couvrent au-delà du surcoût présenté par Valérie Pécresse. Cela signifie que même l’augmentation de 3€ n’était pas indispensable.

A la région comme dans notre département, la droite fait ses choix. Ils sont chaque fois identiques : la mobilité des Franciliens est sacrifiée. A la région, volonté de revenir sur le tarif unique à 70€ ; au département, fin de la gratuité des transports scolaires. Chaque fois la conséquence est la même pour les familles et les salariés, c’est-à-dire moins de pouvoir d’achat.

J’entends souvent dire que les clivages politiques ont perdu de leur sens, que toutes les politiques se ressemblent, plus encore au niveau des collectivités locales. A l’aune des politiques de transport, je laisse chacun(e) juge de cette appréciation.

Dernière étape pour le projet de loi biodiversité

Le projet de loi biodiversité revient en toute dernière lecture à l’Assemblée nationale. La France se situe aujourd’hui au huitième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales menacées au niveau mondial. Les derniers chiffres de la liste rouge des espèces en péril sur notre territoire illustrent tristement la crise actuelle de la biodiversité. Une espèce d’oiseaux sur quatre risque par exemple de disparaître en France métropolitaine. Cela nous oblige à prendre de nouvelles initiatives, fortes et ambitieuses, comme s’y est engagé le Président de la République lors de la première Conférence environnementale (septembre 2012).

Le projet de loi qui est discuté cette semaine a pour ambition de renouveler la vision de la biodiversité et les principes d’action qui doivent permettre sa protection et sa restauration. De nombreuses mesures y contribuent, comme la création du préjudice écologique dans le code civil (et obligation de réparation pour le responsable), ou l’interdiction des néonicotinoïdes.

Projet de loi « Sapin 2 », le gouvernement poursuit sa lutte contre la corruption

Le texte examiné cette semaine s’inscrit dans le mouvement législatif en faveur d’une République exemplaire  entamé à partir de 2012. Le travail accompli durant cette législature aura permis à la France de se hisser au plus haut niveau des standards mondiaux dans le domaine de la transparence. Le dispositif proposé est ainsi destiné à compléter les lois de 2013 relatives à la « transparence de la vie publique » et s’inspire à ce titre notamment du rapport de Jean-Louis Nadal, actuel Président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique sur l’exemplarité des décideurs publics.

La mesure phare est la création d’une agence française anticorruption. Ce service sera placé sous l’autorité du ministre de la justice et du ministre du budget et devra agir pour la prévention et la détection des « faits de corruption, de trafic d’influence, de concussion, de prise illégale d’intérêt, de détournement de fonds publics et de favoritisme. ».

Un autre point important concerne la protection des lanceurs d’alerte, qui sera confiée au Défenseur des Droits. Le lanceur d’alerte signale de bonne foi, librement et dans l’intérêt général de l’intérieur d’une organisation ou de l’extérieur, des manquements graves à la loi ou des risques graves menaçant des intérêts publics ou privés. Un mécanisme graduel à 3 niveaux est mis en place : l’alerte est d’abord donnée au sein de l’entreprise auprès de la personne de confiance désignée par l’employeur. Si cette alerte n’a pas eu d’effet dans un délai raisonnable, le lanceur d’alerte pourra s’adresser au choix à la justice, à l’administration, au Défenseur des droits, etc…Si cette alerte n’a pas produit d’effet ou en cas d’urgence, l’alerte pourra être rendue publique. La nature de la protection des lanceurs d’alerte est encore en discussion et sera tranchée au cours du débat.

Toute une série de mesures concerne la transparence des rapports entre les représentants d’intérêts et les pouvoirs publics, le lobbying. Il est notamment prévu un répertoire numérique public de représentants d’intérêts. Seront interdites toute une série de pratiques comme la remise de cadeaux de valeur significative.

Lors de l’examen en séance publique, des avancées conséquentes sont encore attendues. Elles concernent par exemple le reporting pays par pays, c’est-à-dire les obligations qu’ont les grandes entreprises en matière de transparence dans leurs pratiques fiscales pour éviter les pratiques d’évasion fiscale. Il sera également question de l’encadrement de la rémunération des dirigeants d’entreprises, incontournable après la polémique légitime créée par le salaire de Carlos Ghosn.

Les débats dans l’hémicycle sont accessibles ici et le dossier législatif là.

Voici deux des interventions d’Olivier Faure, sur l’artisanat


10/06/16 Sapin 2 : intervention sur l’artisanat par olivierfaure

et sur le reporting pays par pays


10/06/16 Sapin 2 : intervention sur le reporting par olivierfaure