Dépêche AFP reprise sur le site du Nouvel Observateur : « surinterprétation systématique » des propos d’Ayrault, pour les députés PS

« Surinterprétation systématique » des propos d’Ayrault, pour les députés PS

Une porte-parole des députés PS, Annick Lepetit, a dénoncé mardi « la surinterprétation systématique » des propos de Jean-Marc Ayrault et a affirmé que le groupe PS était « solidaire » du Premier ministre alors que la droite dénonce un énième couac sur les 35 heures. (c) Afp

PARIS (AFP) – Une porte-parole des députés PS, Annick Lepetit, a dénoncé mardi « la surinterprétation systématique » des propos de Jean-Marc Ayrault et a affirmé que le groupe PS était « solidaire » du Premier ministre alors que la droite dénonce un énième couac sur les 35 heures.

« L’ensemble des députés sont solidaires du Premier ministre et estiment que les surinterprétations de ses propos sont systématiques. Il n’y a évidement pas de remise en cause des 35 heures », a affirmé cette députée de Paris au cours de la conférence de presse hebdomadaire du groupe PS à l’Assemblée nationale.

Thierry Mandon, autre porte-parole du groupe, a assuré que le sujet n’avait pas été « évoqué » en réunion de groupe, ni en bureau, et a souligné également que le groupe était « solidaire ».

Observant que Jean-Marc Ayrault était « très attaché à la négociation », ce député de l’Essonne a jugé que « la lecture qui a été faite de ses propos a été un peu rapide ». Le Premier ministre a dû ensuite « préciser sa pensée de peur qu’elle soit mal interprétée », a-t-il ajouté, pressé de questions par les journalistes.

« Il n’y a aucune ambiguïté dans les propos du Premier ministre » a renchéri ensuite, dans les couloirs de l’Assemblée, le président du groupe socialiste, Bruno Le Roux. « On lui pose depuis des années ce débat sur le temps de travail, il a dit: +menons-le, je vous donne ma position+ ».

Selon lui, « il n’a jamais été question dans les propos du Premier ministre » de modifier la durée légale du travail.

Le député Olivier Faure, ancien conseiller de Jean-Marc Ayrault, a estimé qu’on « cherche la petite bête, pour ne pas dire qu’on est entré dans une forme de chasse à l’homme ». « On en fait une tempête dans un verre d’eau, il faut passer à autre chose », a-t-il ajouté.

« Il faut maintenant qu’on ait une opposition plus responsable et une presse qui, parfois, s’intéresse, au-delà de l’écume, au sujet tel qu’il est », a lancé ce député de Seine-et-Marne. Il faut « explorer toutes les pistes. Si on avait exclu d’office des solutions, vous auriez dit ‘il refuse le débat' », a-t-il déclaré dans les couloirs de l’Assemblée.

« Et qui peut sérieusement penser que ce matin le Premier ministre préparait l’opinion à un changement de pied magistral sur ce sujet là et qu’il préparait à dire la semaine prochaine +les 35 heures c’est fini+? Personne ne le croit mais tout le monde polémique! », a insisté M. Faure.

Le Premier ministre est un « honnête homme », « droit », « sincère » qui est « de cette France qui a réussi en province ». « Trop souvent quand on a des Premiers ministres pas issus du sérail, de la botte de l’Ena, ou qui ne sont pas des ‘Machiavel en herbe’, on finit par trouver qu’ils manquent de charisme, qu’ils manquent de ceci, de cela…. », a déploré ce proche du chef du gouvernement.

Dépêche Reuters publiée sur le site du Point : un vent de jeunesse attendu sur la direction du PS

Un vent de jeunesse attendu sur la direction du PS
par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) – Ce sont de jeunes parlementaires, âgés d’une quarantaine d’années, qui font souffler un vent de modernisation au Parti socialiste : derrière Harlem Désir, investi ce week-end premier secrétaire, une nouvelle génération s’apprête à prendre les rênes du PS.

A l’instar de Guillaume Bachelay, 38 ans et désormais n°2 du parti, plusieurs « quadras » pourraient figurer dans le casting de la nouvelle direction et renouveler les idées et l’image d’une formation trop souvent assimilée aux seuls « éléphants ».

Dès que sera connue la composition du Conseil national du PS, sorte de « parlement » du parti, la répartition des postes de secrétaires nationaux, vers la mi-novembre, sera l’occasion de faire place à de nouveaux visages.

Dans les couloirs du congrès socialiste ce week-end à Toulouse, les noms de Karine Berger, 39 ans, Olivier Faure, 44 ans, ou encore Frédérique Espagnac, 40 ans, ont été évoqués parmi les possibles candidats à un poste de porte-parole.

Comme Guillaume Bachelay, tous les trois sont devenus parlementaires dans le sillage de l’alternance à l’Assemblée et au Sénat, en 2011 et 2012. Et tous les quatre font partie de la commission des Finances de leur chambre respective, où chacun d’eux tente d’apporter sa propre sensibilité.

« La nouvelle génération n’a pas à reprendre le même fonctionnement que la précédente, il faut dépasser les clivages du passé et porter un regard différent sur la société française », souligne Olivier Faure, député de Seine-et-Marne qui a fait de la défense du monde périurbain son cheval de bataille.

LOGIQUE COLLECTIVE

« Je veux défendre la France des pavillons et du RER », explique ce juriste, ancien conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi et ex-directeur adjoint du cabinet de François Hollande lorsqu’il était premier secrétaire du PS.

« Le PS a toujours raisonné en terme d’implantation territoriale dans les grandes villes et les banlieues. Or, dans le périurbain, c’est là que vivent les classes moyennes et populaires (…) Il y a dans ces zones une course de vitesse face à la droite et à l’extrême droite. »

Le sujet de prédilection de Karine Berger, polytechnicienne et économiste, est tout trouvé : « faire en sorte que le PS remporte la bataille idéologique de l’économie ».

La députée des Hautes-Alpes s’était illustrée l’an dernier avec un livre au titre choc coécrit avec Valérie Rabault, « Les Trente Glorieuses sont devant nous ». Karine Berger défend à titre personnel la mise en place d’euro-obligations et veut changer l’image du PS dans le monde économique.

« On est vus comme illégitimes historiquement pour mener la politique économique de ce pays ; pourtant ce n’est pas le cas, nous sommes totalement compétents. On est légitimes contre le chômage, on est légitimes sur la croissance », martèle cette ancienne économiste du groupe d’assurance-crédit Euler Hermes.

Sur ce terrain évolue aussi Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, qui a travaillé notamment chez EDF et GDF et est désormais vice-présidente de la commission des Finances du Sénat.

La jeune sénatrice, conseillère municipale à Pau, a également dirigé une mission d’information parlementaire sur le fonctionnement des agences de notation.

« JEUNE GARDE »

« Jeunes loups », « jeune garde » ou « jeunes Turcs », il semble facile de réduire ces nouvelles têtes à une étiquette toute faite, mais Karine Berger ne récuse pas ces qualificatifs.

« En matière de rôle politique, on est dans un corps à corps avec la droite. C’est pour ça que le terme ‘jeune garde’ ou ‘sabra’ me va bien, parce que j’estime que je suis sur le champ de bataille », dit-elle, saluant le processus de renouvellement enclenché au sein du PS.

« C’est très important qu’il y ait une incarnation visuelle de la manière dont un parti respire. A chaque congrès, vous avez de nouveaux visages, de nouvelles personnes, de nouvelles générations. Le PS est un parti qui tourne », fait-elle valoir.

Symbole d’un passage de témoin, c’est Guillaume Bachelay qui a ouvert les débats du congrès vendredi à la demande du Premier secrétaire Harlem Désir, avec un discours remarqué où cet élu de Seine-Maritime a notamment évoqué son refus de la désindustrialisation.

Le jeune député en a profité pour saluer le processus de modernisation engagé au sein du PS.

« La rénovation, nous l’avons initiée alors que d’autres formations n’osent même pas y penser », a-t-il dit à la tribune.

« Parité, diversité, renouvellement, mais aussi non-cumul des mandats. Le socialisme, c’est le partage, alors pourquoi ne pas partager les mandats et les fonctions? », s’est-il interrogé, sur un sujet qui fait débat parmi certains grands élus du PS.

Après un début de carrière dans le sillage de Laurent Fabius, Guillaume Bachelay s’est affirmé pendant la campagne présidentielle en tant que rédacteur du projet socialiste. Il a aussi servi de contradicteur à François Hollande lors de sa préparation du débat télévisé contre Nicolas Sarkozy.

« Son apport a été primordial pendant la campagne présidentielle et depuis », résume Olivier Faure.

« Il a du talent, il est intelligent, ce sera l’un de ceux qui vont compter dans les prochaines années. »

Edité par Jean-Loup Fiévet

Mon intervention devant le Congrès du PS à Toulouse

Chers amis, chers camarades,

A quoi sert un congrès socialiste au lendemain d’une victoire de la gauche ?
A quoi sert un congrès socialiste lorsqu’il ne réunit pas ses dirigeants dans une longue nuit des bonnes résolutions?

Cela sert d’abord à rappeler que l’on peut être de gauche sans avoir le long remord du pouvoir. Que l’on préfère l’action difficile à l’incantation impuissante.
Cela sert à marquer notre unité et notre soutien à une politique de vérité, à une politique juste, à une politique courageuse conduite par Jean-Marc Ayrault.

Mais un congrès cela sert aussi à ouvrir des débats.
Quand la gauche est au pouvoir, notre parti doit plus que jamais se tourner vers les Français, vers tous les Français !

Trop souvent nous concentrons notre action là où nous sommes les plus forts, dans les centres villes et les quartiers populaires, qui ont donné une nette majorité à la gauche. La bataille politique des prochaines années ne se mènera pas seulement là.

Je suis donc venu vous parler de la gauche qui se lève tôt.
Celle qui se lève avec la France des villes périurbaines, cette France des pavillons et des petits collectifs qui vit plusieurs heures par jour au rythme des transports publics, des RER, des TER, la France des rocades, des bretelles d’accès, la France qui travaille dur, la France surendettée aussi.

C’est sur ces territoires, que la confrontation avec la droite et l’extrême-droite est la plus rude. C’est là que la droite a le mieux résisté et le FN le plus progressé.

L’UMP de Jean François Copé a choisi d’adopter le discours du FN qui joue sur les peurs, prône le repli identitaire, et condamne les politiques sociales. La droite cherche à s’assurer que les plus inquiets dans les classes moyennes et populaires dirigent leur ressentiment vers la gauche. La droite veut nous faire passer pour les complices d’un « racisme anti-Blancs » qui favoriserait des minorités assistées par les aides d’Etat.

C’est un combat entre deux systèmes de valeur, entre deux projets, qui est aujourd’hui engagé entre la gauche et les droites.

Cette France-là est pour nous un enjeu majeur. C’est sur ces territoires que vit aujourd’hui une part croissante des classes populaires et des classes moyennes.

Il n’y aura pas de « gauche durable » sans discours pour cette France qui mêle cols blancs et cols bleus dans un même sentiment de relégation.

Je ne voulais pas qu’un congrès de notre parti puisse s’achever sans qu’il soit fait mention de ces femmes et de ces hommes qui ont le sentiment de contribuer à la richesse du pays, mais d’être volés de l’impôt qu’ils paient, parce que ce sont dans leurs écoles que la droite a supprimé des professeurs alors que l’école est le plus bel outil de l’égalité, parce que l’accès aux soins y est devenu difficile, que les déserts médicaux ont progressé à quelques dizaines de kilomètres à peine des villes métropoles, parce que c’est là que la droite a fermé les commissariats, parce que c’est là encore que les transports publics sont saturés.

Cette colère, leur colère, n’appartient pas à Marine Le Pen. Cette France s’est sentie trahie par Sarkozy et à peur de l’être de nouveau.
Ces français nous attendent d’abord sur la reconnaissance de l’effort et du travail, sur la priorité donnée à la création de richesse, sur le retour d’un ascenseur social efficace, sur l’égalité des territoires, sur la présence des services publics, sur l’exemplarité des pratiques.

Ils attendent de nous l’attention qu’ils méritent. S’ils nous voient à leurs côtés, alors la progression de Marine Le Pen sera endiguée. Si nous les oublions, alors ils nous abandonneront et avec nous, les rives de la République.

Cher Harlem, le combat contre l’extrême droite dont tu as été l’emblème générationnel trouve ici sa continuité.

Comme vous tous ici, je me suis engagé en politique parce que je déteste les peurs que l’on dresse, les murs que l’on érige, les anathèmes que l’on lance.
Comme vous je crois que le combat contre le populisme est le plus noble des combats parce qu’il est le combat de la raison contre la peur, le triomphe de la solidarité sur la fragmentation sociale.

Avec François Hollande, je crois que la France n’est pas le problème et que la République est la solution.
Avec Harlem Désir et avec vous, je crois que notre parti doit mener et gagner ce nouveau combat pour l’égalité.

Article publié dans le Parisien Seine-et-Marne : à chacun sa voie pour les jeunes députés du PS

A chacun sa voie pour les jeunes députés PS

THOMAS POUPEAU

En juin dernier, la Seine-et-Marne a envoyé trois députés socialistes à l’Assemblée nationale après dix ans de règne sans partage de la droite. Alors que le Parti socialiste se choisit un nouveau chef ce week-end au congrès de Toulouse, on devine chez ces trois élus issus de la nouvelle génération une gestion différente de leur mandat législatif et de leur avenir politique.

Olivier Faure, 43 ans, la nouvelle star

Député de la 11e circonscription (Sénart-Le Mée), cet ex-conseiller municipal de Champs-sur-Marne devrait jouer les premiers rôles dans le futur bureau national du PS. S’il assure « ne pas vivre ce congrès comme un avènement personnel », les couloirs de la rue de Solferino bruissent de plus en plus fort des rumeurs sur sa nomination à l’un des postes de porte-parole. « Je ne veux pas préjuger de ce qu’il va se décider », tempère cet homme de réseaux, proche de Jean-Marc Ayrault et qui fut le collaborateur de Martine Aubry puis de François Hollande.

Membre de la commission des Finances, l’élu est aussi rapporteur spécial sur les infrastructures de transports collectifs et ferroviaires. Localement, c’est le moyen pour lui de « défendre les intérêts des périurbains que sont les habitants de Sénart » et de relancer le débat « sur l’installation d’une gare TGV à Lieusaint-Moissy ».

Eduardo Rihan-Cypel, 37 ans, l’étoile montante

Pendant la campagne des législatives, il jouait au foot avec les gamins du quartier du Mail, à Torcy, dans la 8e circonscription (Torcy-Bussy-Roissy), où il a fait tomber Chantal Brunel. Aujourd’hui, il est de tous les plateaux de télévision, notamment les chaînes d’info continue : « Sauf contrainte d’emploi du temps, je réponds positivement aux demandes car cela fait partie du rôle d’un parlementaire. C’est une façon comme une autre de défendre nos idées! » Seul plateau TV volontairement refusé : un 20 Heures pour évoquer l’interpellation d’un islamiste présumé à Torcy. « Trop voyeur », estime-t-il.

Membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées, il est aussi l’un des trois députés chargés de rédiger un livre blanc en matière de sécurité nationale. Pour autant, Eduardo Rihan-Cypel n’est pas encore monté à la tribune. « Mais je ne fais pas la course à l’échalote pour être celui qui pose le plus de questions, assure-t-il. Ma priorité, c’est le terrain. »

Emeric Bréhier, 40 ans, le discret

Député de la 10e circonscription (Chelles-Champs) et premier fédéral – il passera la main le 15 novembre prochain -, celui qui est toujours adjoint au maire de Chelles aime l’ombre. En tout cas pour l’instant. Beaucoup moins exposé que ses camarades, il assure « refuser toutes les sollicitations » des télévisions. « J’estime que ce n’est pas à moi d’intervenir sur tous les sujets, il y a des porte-parole dont c’est le job, lance-t-il. C’est aussi une question d’emploi du temps : je sors du congrès fédéral du PS seine-et-marnais et je prépare celui du courant politique de Pierre Moscovici. »

Outre les permanences qu’il tient dans les mairies de sa circonscription, Emeric Bréhier est membre de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation, ainsi que celle des Affaires européennes. Et aux plateaux télé, il préfère la tribune de l’Assemblée : « J’y ai fait une intervention dans le cadre du pacte budgétaire européen. Avec beaucoup d’émotion. »

Article publié dans La Croix : au PS et à l’UMP, la nouvelle génération prend ses marques


Au PS et à l’UMP, la nouvelle génération prend ses marques

Le congrès du Parti socialiste, qui se tient de vendredi 26 octobre à dimanche 28 octobre à Toulouse, a notamment pour objectif de renouveler les instances dirigeantes du mouvement.

Les jeunes « loups » qui ont émergé au sein du Parti et à l’Assemblée se veulent plus en phase avec les préoccupations du pays.

À droite, la nouvelle génération qui a émergé à la faveur de la défaite de Nicolas Sarkozy entend bien aussi, à sa manière, occuper le terrain.

Au PS, une relève remuante mais déjà expérimentée

Au gouvernement, Manuel Valls et Arnaud Montebourg savent faire parler d’eux. Au Parti socialiste, Harlem Désir, officiellement investi premier secrétaire au congrès de Toulouse, installera le 17 novembre une équipe renouvelée et paritaire.

Guillaume Bachelay, Olivier Faure et Karine Berger, des visages moins connus que ceux des anciens « éléphants », devraient y occuper des places au premier plan. Ces trois nouveaux députés, ainsi que plus de 140 autres élus pour la première fois en juin, incarnent cette relève socialiste qui émerge dans la hiérarchie du parti et sur les bancs de l’Assemblée nationale.

« Moins respectueux de l’appareil d’État »

Une relève parfois empressée et remuante, à l’image des animateurs de l’aile gauche du PS, Jérôme Guedj ou Razzy Hammadi, qui ont fait une entrée remarquée au Palais-Bourbon contre le traité budgétaire européen, tandis que leur nouveau porte-drapeau Emmanuel Maurel a recueilli près de 30 % des suffrages des militants socialistes, lors du vote pour désigner un successeur à Martine Aubry.

« Ce sont des personnels plus jeunes mais très formés par les appareils partisans, moins respectueux de l’appareil d’État et plus habiles dans l’utilisation des nouveaux médias », explique Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS Dans une note réalisée en juillet pour le Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof), il relevait ainsi que 29 % des nouveaux députés PS ont fait leurs premières armes comme assistants parlementaires ou membres de cabinets de collectivités locales, 16 % dans les mouvements de jeunes (MJS), et 10 % dans des associations ou syndicats lycéens et étudiants (FIDL, Unef).

« Des républicains sociaux »

« Cette génération a été socialisée par les derniers mouvements étudiants et l’échec de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002 », souligne Stéphane Rozès, président de Conseils, analyses et perspectives. « Ce n’est pas la génération post-soixante-huitarde précédente. Ce sont des républicains sociaux », ajoute-t-il, évoquant en particulier les profils de Guillaume Bachelay et Olivier Faure, « plus en phase avec ce qu’est le pays et plus attentifs aux catégories populaires » .

Assuré de devenir le numéro 2 du PS, Guillaume Bachelay, 38 ans, fils d’ouvrier, diplômé en philosophie, a fait des questions industrielles son cheval de bataille. Il est député d’une circonscription d’usines en Seine-Maritime, parmi lesquelles la raffinerie Petroplus menacée de liquidation.

Olivier Faure, 44 ans, élu de Seine-et-Marne, s’est fait, lui, l’avocat des « périurbains », ces habitants vivant entre ville et campagne. Enfin, plus « intello », polytechnicienne, proche de Pierre Moscovici, Karine Berger, 39 ans, a mis ses connaissances d’économiste au service du candidat Hollande. Elle et sa complice Valérie Rabault (elles ont écrit ensemble Les Trente Glorieuses sont devant nous ) se démultiplient en commission des finances autant que sur le réseau Twitter.

Une génération montante mais pas néophyte

Mais cette génération montante est loin d’être néophyte. Avec son faux air de Lionel Jospin, Guillaume Bachelay, « plume » de Laurent Fabius puis conseiller politique de Martine Aubry, est l’auteur du projet du PS pour 2012.

Longtemps au cabinet de François Hollande à la tête du PS, puis secrétaire général du groupe socialiste auprès de Jean-Marc Ayrault, Olivier Faure reste l’un des relais politiques indispensables au couple exécutif. Expert en sondages, c’est lui qui a annoncé à François Hollande sa victoire le 6 mai, avant d’être quelques semaines le conseiller spécial de Jean-Marc Ayrault à Matignon.

De nouvelles élites frondeuses

« Très rodées aux mécaniques du parti », les nouvelles élites socialistes n’en sont pas moins rebelles. Fronde sur le traité budgétaire européen, appel en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales, amendements sur la redevance, l’impôt sur la fortune ou la question de la procréation médicale assistée…

Le parti et les députés PS ont démontré ces dernières semaines qu’ils n’entendaient pas jouer les « godillots », prenant toutefois le risque de fragiliser les positions de l’exécutif. Pour le politologue Luc Rouban, « l’exemple de la pétition de 75 députés pour le droit de vote des étrangers est une forme d’autonomisation par rapport à l’appareil d’État, impensable du temps de François Mitterrand » .

À l’UMP, les moins de 40 ans couvrent tout le spectre idéologique

Les années de défaite électorale ne sont jamais propices au renouvellement des élus. Depuis les dernières élections législatives, le groupe UMP est ainsi passé de 304 à 196 sièges. Le groupe a malgré tout rajeuni, puisque les moins de 40 ans sont passés de quatre (1 % du groupe) – sans compter deux anciens ministres – à quatorze (7 %). Et l’élection à la présidence de l’UMP, le 18 novembre prochain, sera l’occasion d’un renouvellement de la direction nationale du parti.

Les deux candidats ne sont pas des nouveaux venus. L’ancien premier ministre François Fillon, 58 ans, siège à l’Assemblée nationale depuis 1981 et fut déjà candidat à la présidence du RPR en 1999.

De dix ans son cadet, Jean-François Copé (né en 1964) a été élu pour la première fois à l’Assemblée nationale en 1993. En 1999, il avait formé au sein du RPR un « ticket libéral » avec le candidat Patrick Devedjian. « Valérie Pécresse (née en 1967) et François Baroin (né en 1965) soutiennent François Fillon car l’élection de Jean-François Copé priverait d’oxygène leur génération », décrypte un bon connaisseur des équilibres internes de l’UMP.

Une nouvelle génération va accéder aux postes clés

Au-delà des candidats, c’est une nouvelle génération qui va accéder aux postes clés de vice-président délégué et secrétaire général du parti. Des postes dont les derniers occupants furent Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie, tous deux nés en 1939.

Côté Fillon, il s’agirait de Laurent Wauquiez (né en 1975) et de Valérie Pécresse. Côté Copé, de Luc Chatel (né en 1964) et Michèle Tabarot (née en 1962). Le renouvellement au sein de l’UMP est également visible à travers les motions déposées, pour lesquelles les adhérents sont appelés à voter parallèlement à la nouvelle équipe dirigeante. Des six motions en lice, deux ont en effet été déposées par des jeunes cadres.

Les trentenaires de la « génération UMP »

« Notre démarche est celle de jeunes trentenaires qui ont été au cœur de l’élaboration du programme de Nicolas Sarkozy en 2012 », expliquent Matthieu Schlesinger, Maël de Calan, Enguerrand Delannoy et Pierre-Emmanuel Thiard, les fondateurs de « La Boîte à idées ».

Se réclamant d’une « génération UMP », ils entendent représenter « une génération qui ne se retrouve pas dans les anciens clivages » : « Si l’UMP a été créée, c’est parce que nous sommes tous un peu centristes, libéraux et gaullistes », argumentent-ils en faisant fi des différences idéologiques de fond, sur la construction européenne ou sur le rôle de l’État.

Autre motion portée par des trentenaires, celle de la « Droite forte ». Se réclamant de la « génération sarkozyste », Guillaume Peltier (passé par l’extrême droite puis par la droite souverainiste) et Geoffroy Didier, 36 ans tous les deux, incarnent une « droite décomplexée » dont certaines idées ne seraient pas reniées par le FN.

Leur positionnement à la droite de la droite montre que les idées ne sont pas une question d’âge. De fait, les députés UMP de moins de 40 ans couvrent tout son spectre idéologique, de l’aile « libérale et humaniste » (Franck Riester) à la « Droite populaire » (Gérald Darmanin).

CORINNE LAURENT ET LAURENT DE BOISSIEU