Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a pas voulu abandonner le débat sur l’Islam

Les résultats des cantonales sont tombés comme un désaveu pour l’UMP. Le discours de Grenoble, la déchéance de la nationalité, les expulsions de Roms, les bateaux de Chantal Brunel pour les réfugiés méditerranéens, les clins d’œil répétés de Claude Gueant au FN, aucune de ces initiatives n’est venu enrayer l’érosion du parti présidentiel. L’extrême-droite n’a jamais été aussi forte et pour la première fois le FN parvient à progresser sensiblement entre les deux tours d’un scrutin. Tout appelait le Président de la république à renoncer au débat sur l’Islam et la laïcité comme l’y invitait lundi son porte-parole, François Baroin. Nicolas Sarkozy a choisi de le maintenir, au prix d’une crise avec son premier ministre et une partie de sa majorité. Pourquoi ?

L’hypothèse du monarque enfermé dans sa tour d’orgueil relève de la psychologie de comptoir. Nicolas Sarkozy compose avec les éléments lorsqu’ils s’imposent à lui. Il ne souhaitait pas reconduire François Fillon à Matignon, il s’y est résolu en septembre.

Ce qui apparaît de prime abord comme une décision irrationnelle est une décision murie. L’abandon du débat sur l’Islam contredirait tout simplement sa stratégie de reconquête pour l’élection présidentielle.

Celle-ci a pour fondement une  double analyse :

1.    Les sujets économiques et sociaux sont désormais minés pour le « candidat du pouvoir d’achat » devenu « président du bouclier fiscal ». Ce terrain est réputé favorable à l’adversaire. Il faut donc déplacer le débat sur le plan idéologique. Le candidat qui impose ses thèmes de campagne prend toujours l’avantage.

2.    L’opinion de droite opère un glissement progressif sur sa droite sous l’influence de Marine Le Pen. Ce sont ces voix qu’il faut reconquérir. Il faut parvenir à la fusion des électorats FN et UMP.

Le discret conseiller du Chef de l’Etat, Patrick Buisson est sorti de sa réserve en accordant une interview à Paris Match cette semaine. De manière transparente il évoque la clé d’une réélection de Nicolas Sarkozy, la reconquête des milieux populaires dont il suppose qu’ils sont particulièrement perméables aux discours sur l’immigration et la sécurité. Il oppose les élites accusées de « prolophobie » aux sans grades. Le populisme est assumé sans fard. Les pauvres sont présumés racistes, donnons leur les signes qu’ils attendent.

L’éminence noire de Nicolas Sarkozy préfère évoquer les classes populaires plutôt que les Français de plus de 65 ans qui constituèrent le véritable atout maître de la victoire de la droite en 2007 (seule catégorie d’âge dans laquelle N. Sarkozy fut majoritaire devant S. Royal). Mais pour les uns comme pour les autres, l’argumentaire est le même. Nicolas Sarkozy est le président protecteur contre toutes les invasions.

Patrick Buisson annonce un plan de bataille en trois points : plus de fermeté sur l’immigration, un code de la laïcité, une loi dite de réhabilitation du travail et qui aurait pour objet de réserver aux Français le RSA et le RMI…

La proximité avec les thèmes de campagne de Marine Le Pen est confondante. Elle n’est pas fortuite. Sur le plan électoral, Nicolas Sarkozy prend un risque, celui de conforter l’original au détriment de la copie. Mais Nicolas sarkozy croit pouvoir gagner à tous les coups. Soit Marine Le Pen devance le candidat PS au 1er tour et c’est un nouveau 21 avril qui lui assure la victoire. Soit la présidente du FN n’est pas qualifiée pour le second tour et il lui sera alors nécessaire de s’assurer un report massif des voix du FN.

Cette stratégie est aujourd’hui contrariée par la multiplication de sondages qui anticipent une éventuelle élimination de Nicolas Sarkozy dès le 1er tour et l’implosion de sa majorité qui se refuse pour partie à piqueniquer avec l’extrême-droite.

Quand Eric Besson avait des visions prémonitoires…

Il y a quelques mois une équipe de l’émission « Envoyé spécial » est venue m’interroger à l’occasion d’un portrait réalisé sur Eric Besson. Nous avons en effet travaillé ensemble pour la préparation de l’élection présidentielle de 2007 (Inutile de préciser avant qu’il ne retourne sa veste). Il avait eu très tôt cette bonne idée de faire le bilan du président de l’UMP et de compiler l’ensemble de ses discours. Il voulait démasquer à partir de faits bruts et de déclarations incontestables les habiletés ou les mensonges du candidat, et restituer l’identité politique de Nicolas Sarkozy. Ce travail fut mis en ligne la semaine précédant le congrès d’investiture de l’UMP, puis le document vendu en kiosques sous le titre « les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy« .

La droite avait riposté en s’attaquant à une phrase malheureuse de l’introduction (la seule partie écrite de la seule main d’Eric Besson, le reste ayant été rédigé sous sa coordination) lorsqu’il qualifiait N. Sarkozy de « néo-conservateur américain à passeport français« .

Pour préparer cette émission, j’ai relu ce document et évidemment avec une attention particulière pour le propos liminaire. Ma surprise fût finalement de ne trouver aucune ride à ce document de campagne. Il faut bien reconnaître que Nicolas Sarkozy n’a pas besoin d’être caricaturé pour être inquiétant…

Je vous épargnerai la relecture complète (cette fois) du texte (excellent). Mais je ne résiste pas au plaisir de vous citer ces quelques lignes de l’actuel « ministre de l’immigration et de l’identité nationale », lignes qui prennent tout leur relief dans l’actualité du moment :

 » ce sarko show est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir être jugé à ses résultats n’a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action » (…/…) « l’échec n’atteint que rarement notre héros. Le plus souvent parce qu’il le noie dans le mouvement perpétuel : chaque fois qu’il se trouve en difficulté ou se voit obligé de se justifier de son action, le candidat de l’UMP se saisit d’un fait divers pour enfiler la combinaison qu’un Le Pen laisse parfois au vestiaire de celui « qui dit tout haut ce que les français pensent tout bas ».  Un jugement à l’emporte-pièce, une provocation suivie d’une polémique, le tout conclu par un sondage qui démontrerait que Nicolas Sarkozy a les élites contre lui mais le peuple avec lui et le tout est généralement joué. En cas de nécessité, si provocation et écran de fumée ne suffisent pas, Nicolas Sarkozy actionne le parachute de secours celui de la défausse. Car celui qui se présente comme un pieux catholique n’aime rien tant que battre sa coulpe sur la poitrine des autres : il n’est par essence, jamais responsable » Toute ressemblance avec une réalité récente serait purement fortuite…

Dans sa conclusion Eric Besson rappelait que Nicolas Sarkozy avait déclaré qu' »une seule chose » le distinguait de Georges Bush : « il a été élu deux fois président, moi pas« . La suite est entre nos mains.

la bonne nouvelle de l’été.

L’actualité réserve parfois des comparaisons cruelles.

En France, Nicolas Sarkozy désigne des boucs émissaires à la vindicte populaire, il assimile l’immigration à la délinquance et organise la mise à l’index des populations Roms , après avoir mené, dans des conditions douteuses un débat sur l’identité nationale. De l’autre côté de l’Atlantique, Barack Obama prend la décision courageuse de maintenir l’édification d’un centre culturel et cultuel musulman à deux cent mètres de « ground zero ».

Le président des Etats-Unis est à la veille d’élections importantes. Les Républicains amalgament dans un terrifiant raccourci, la religion musulmane et les terroristes d’Al Qaida qui ont abattu les tours du World trade center. Mais l’hôte de la Maison Blanche choisit, à contre-courant d’une large part de son opinion publique, de rappeler les valeurs non négociables sur lesquelles s’est construit son pays : « that’s America« !

Le locataire de l’Elysée prépare aussi des échéances électorales et cherche à rassembler sa droite jusqu’à l’extrême. Michel Noir, confronté dans les années 90 au score du FN, préférait perdre des élections que son âme. Nicolas Sarkozy a choisi lui le destin de Faust. Une deuxième vie à l’Elysée vaut bien tous les pactes. Théoriquement gardien de la constitution, il n’hésite pas à contourner son article 2 qui assure l’égalité des citoyens quelles que soient leurs origines. Le secrétaire général de l’Elysée rame pour limiter le nombre de cas concrets pour lesquels une procédure de déchéance de nationalité sera envisageable. Mais, trop tard. Le mal est fait parce que le message est clair : les français qui ne sont pas de souche, sont tolérés comme citoyens de seconde zone.

Il faut évidemment s’élever contre le meurtre de policiers, condamner l’excision et réprouver la polygamie. Mais la République s’est construite sur l’égalité de ses citoyens et sur le droit du sol. Tous les criminels sont passibles des mêmes peines. En revenant sur ces principes, l’UMP ouvre une brèche. Cette dernière est d’autant plus grave qu’elle vise spécifiquement à stigmatiser les Français de confession musulmane (1). En effet, quel point commun entre le crime de sang, passible de la réclusion à perpétuité, la mutilation sexuelle punissable jusquà 20 ans d’emprisonnement et le mariage multiple qui n’est sanctionnable que d’un an de privation de liberté? Aucun sur le plan pénal. Mais sur le plan symbolique chacun aura compris la confusion opérée.

Sur le champ des luttes contre les discriminations l’été aura été avare en bonnes nouvelles. Mais il y en a eu une. Le président n’aime pas les immigrés, ni les gens du voyage, mais il n’a rien… contre les petits. Désormais les policiers pourront mesurer moins d’un mètre soixante. Les plus médisants décèleront dans cette décision un sérieux conflit d’intérêt. Les plus optimistes saisiront l’augure d’une prochaine reconversion du chef de l’Etat… Une bonne nouvelle peut toujours en cacher une autre.

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(1) l’excision ou la polygamie sont au demeurant des pratiques minoritaires. Mais après un an de polémiques orchestrées par l’UMP, on finirait par croire que l’Islam n’est qu’affaire de femmes excisées, en burqa et enrôlées dans des harems.

La femme d’honneur et le cynique

Ce n’est pas possible. Je n’y crois pas. Non, il n’a pas pu récidiver… Pincez-moi, réveillez-moi ! Dîtes-moi qu’il n’a pas pu recommencer ça.

Après avoir tenté d’instrumentaliser le thème de l’identité nationale, voilà que le président ressort celui de l’insécurité pour arracher des réflexes pavloviens aux électeurs de droite. Et voilà qu’à Dammarie-les-lys, flanqué de Chantal Brunel, Nicolas Sarkozy nous promet une nouvelle nouvelle nouvelle loi…

Cette annonce appelle trois remarques rapides de ma part :

  • Le chef de l’Etat a une image très méprisante des électeurs de droite : légèrement racistes et sécuritaires jusqu’à l’obsession…
  • A force de créer une peine automatique après chaque fait divers, la justice pourra bientôt se passer de juges. Il suffira d’un distributeur.
  • Les services de l’Elysée sont mieux renseignés que ceux de Matignon. Au moins Sarkozy ne confond pas comme Fillon les policiers morts et vivants.

Ce dérapage du Premier Ministre hier soir illustre le cynisme avec lequel les dirigeants du pays se sont emparés de l’émotion publique pour chercher un petit et indécent profit électoral.

Si j’étais électeur de droite, je n’aurais décidément pas trouvé de bonnes raisons de soutenir mon camp dimanche prochain.

Mais je ne voudrais pas terminer ce billet aujourd’hui sans vous dire qu’à l’inverse, l’électeur de gauche que je suis, aurait volontiers voté pour l’accession d’une femme de droite sous la prestigieuse coupole de l’Académie française.

Simone Veil, rescapée des camps d’extermination, vient d’accéder au rang d' »immortelle« . Douce revanche. Rentrée d’Auschwitz-Birkenau où elle a perdu sa mère, chacun aurait compris qu’elle bascule dans le cynisme après avoir perdu toute illusion sur la nature humaine. Elle aurait pu se réfugier dans la haine, elle a choisi au contraire le pardon et la réconciliation. Elle a consacré sa vie publique à la défense de la construction européenne et du couple franco-allemand.

Ce 18 novembre, elle était l’honneur de la droite.

Bandes à part

Qui peut nier qu’il existe un problème de violence croissante, de constitution de bandes, dans un face-à-face de plus en plus tendu entre les jeunes et la police ?
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir la multiplication des incidents allant de « simples » incendies de véhicules jusqu’à la mise en place de guet-apens contre les forces de police, voire même contre les pompiers.
Il faut être conseiller spécial de Nicolas Sarkozy pour découvrir le quotidien des banlieues à l’occasion d’une visite impromptue hier à Montfermeil au cours de laquelle son véhicule  a été « caillasse » copieusement.

Hier à l’assemblée, dans une certaine indifférence a été adopté la proposition de loi Estrosi sur les bandes. C’était le 15ème texte sur la sécurité en sept ans ! ce qui marque en creux l’échec dramatique de la droite sur ce sujet : les violences physiques non crapuleuses ont augmenté de 46,5% entre 2002 et 2008, et les mineurs mis en cause pour violences de 52,6% entre 2002 et 2007 !

Cette « loi Estrosi » sera au mieux inutile car les comportements qu’elle prétend viser sont déjà constitutifs de délits dans l’état actuel du droit pénal. Elle sera au pire dangereuse car elle crée une responsabilité pénale collective. Elle sera dans tous les cas inefficace car inapplicable ; en effet la preuve de l’intention délictueuse sera très difficile à apporter par les policiers et les magistrats. Elle se trompe de cible car elle s’en prend davantage aux mouvements sociaux qu’aux bandes délinquantes.

Pour combattre les phénomènes de bandes, les députés socialistes proposent une orientation radicalement nouvelle, basée sur les expériences concrètes des élus locaux, et organisée autour de quatre objectifs.

1-Contre les zones de non-droit, nous proposons de rétablir la police de quartier. L’action répressive de la police a pour le moment oublié les banlieues, où la présence quotidienne de la police a été remplacée par des forces d’intervention épisodiques, destinées à contenir les désordres ou intervenir en flagrant délit, avec des formes d’intervention militarisées parfois contreproductives. Les unités territoriales de quartier, déployées à dose homéopathique par le gouvernement, ne sont pas à la hauteur. La véritable police de quartier que nous appelons de nos voeux organiserait à l’échelle territoriale l’indispensable travail de renseignement, de sécurité publique, mais aussi les investigations judiciaires de proximité contre l’économie souterraine.

2-Notre second objectif est d’agir contre l’impunité. C’est au premier acte délictueux que la sanction s’avère la plus dissuasive contre la récidive. Les décisions judiciaires ou éducatives sont actuellement trop longues entre le délit et la punition. Il faut assurer la rapidité des sanctions prononcées par la justice avec des délais butoirs concernant les primodélinquants mineurs ou jeunes majeurs. Nous proposons également la mise en place d’un tuteur référent chargé du suivi de l’exécution de la sanction éducative de bout en bout.

3-Convaincus que le fléau de la délinquance doit être combattu dans ses racines, nous souhaitons agir contre la violence juvénile et développer très en amont une prévention précoce, notamment en luttant contre la déscolarisation des moins de 16 ans. En outre, la cohérence et la réactivité de la chaîne pénale et de la chaîne éducative doivent être renforcées par la mise en place d’un groupe opérationnel au sein des conseils locaux de sécurité coordonnant l’action des différents acteurs de terrain.
4-Enfin, notre dernier objectif est d’agir contre la loi du silence en instaurant  de nouvelles protections pour les victimes, comme  le droit à un avocat dès le dépôt de plainte pour chaque victime de violence physique.
A la communication, nous préférons l’action. Sur un sujet pareil, nous étions en droit d’espérer que la majorité fasse la démonstration d’une véritable capacité d’ouverture. Mais pour Nicolas Sarkozy l’ouverture s’est toujours limitée à quelques opérations de débauchage.

Quo vadis, Israël ?

Depuis onze jours je prête une oreille plus attentive à ma radio dès qu’un nouveau flash info délivre les dernières nouvelles de la guerre de gaza.

Israël c’est, pour nombre d’entre nous, plus qu’un pays. Ces jours derniers, au hasard de mes lectures, j’ai découvert une  intervention datant de 1967 de l’immense conscience que fût Primo LEVI qui définit l’Etat hébreu comme « la synthèse et le symbole de l’histoire de l’Humanité » (1). Par ces mots, l’auteur universel de « si c’est un homme » voulait dire que la création de l’Etat d’Israël, puis son existence étaient plus qu’une dette que le monde aurait contracté à l’égard des rescapés des pogroms, des ghettos ou de la Shoah. Il voulait lire dans sa brève histoire  « les vertus de la vocation de l’espèce humaine : le dépassement de la dispersion, de la discorde, des différences de langue, d’origine, de race, et leur fusion d’abord exténuante puis aisée, dans une cohabitation civile« .

C’est cette promesse là que ruinent aujourd’hui les promoteurs de l’escalade armée. Ils plongent les israéliens dans une impasse stratégique. Ces dernières années, les opérations militaires ont toujours  renforcé le Hamas et affaibli l’autorité palestinienne. Son président Mahmoud Abbas perd en ces heures cruelles le peu de crédibilité qu’il lui restait. Les plus radicaux emportent d’autant plus facilement l’adhésion qu’ils partagent le quotidien d’une population palestinienne exsangue. La catastrophe humanitaire constatée par le coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU n’est pas un ferment de paix, mais le terreau fertile d’où naitront de nouveaux candidats à la lutte terroriste.

Tzipi Livni, ministre israélienne des affaires étrangères disait hier « nous combattons la terreur, nous ne cherchons pas un accord avec la terreur« . Le Hamas n’est pas un partenaire présentable. C’est un mouvement qui nie l’existence d’Israël. Tout cela est exact. Mais sans vouloir donner de leçons : avec qui faire la paix, si ce n’est justement avec ceux qui vous font la guerre? Longtemps Arafat fût le diable, puis vint le jour où les dirigeants israéliens acceptèrent de déjeuner avec lui, fût-ce avec une longue cuiller.

Inquiet des menaces que faisaient peser sur lui les voisins d’Israël, Primo LEVI poursuivait son discours ainsi « nous ne voulons pas que ce coin de terre sorti du néant soit détruit (…/…) s’il l’était, une portion d’humanité beaucoup plus importante que les simples chiffres ne le laissent entendre mourrait avec lui« . Il concluait par cette belle phrase : « la terre d’Israël est une idée, et les idées sont précieuses et rares : elles ne doivent pas, elles ne peuvent pas être supprimées« .

C’est cette idée qui est aujourd’hui menacée par le dogmatisme ou le cynisme de tous les pousse-au-crime et autres va-t-en guerre. L’intervention de Tsahal à Gaza est évidemment populaire dans la population israélienne. A quelques semaines d’une élection législative, il faudrait un homme ou une femme d’Etat, un Yitzhak RABIN pour accepter de remonter le courant d’une opinion à vif. Malheureusement, cette personnalité politique n’existe pas ou n’a pas encore émergé. Les dirigeants de Kadima se sont éloignés de l’esprit de sa fondation(2). Ariel SHARON ne s’est pas réveillé de son coma (3)…

C’est dans ce contexte d’incertitude que nous vivons maintenant. avec cette question aux lèvres « quo vadis, Israël« ? c’est-à-dire « où vas tu Israël? ». On prête à l’apôtre Pierre cette interpellation lorsqu’il le croisa le Christ au lendemain de son arrestation. Ce dernier entamait alors un long chemin de croix…

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(1) dans Primo Levi « feuillets épars » paru chez Robert Laffont.

(2) Kadima « en avant » est le parti fondé par Sharon, après que sa conversion au camp de la paix l’ait privé de l’aile droite du Likoud.

(3) Sharon est dans le coma depuis avril 2006.