L’heure bienvenue de la « synthèse »

Dans quelques heures, tout sera terminé. Les Français seront de nouveau invités à se rendre aux urnes et ils désigneront  le/la candidat-e des socialistes à l’élection présidentielle.

La journée de vendredi aura été la plus tendue. Les mots échangés n’auront pas toujours été ce que les socialistes produisent de meilleur. Le rassemblement est une discipline de tous les instants. On a beaucoup raillé le goût de François Hollande pour la synthèse. A tort. Depuis Jaurès et Guesde, la « vieille maison » est turbulente et il faut l’ingéniosité de l’horloger pour que chaque rouage entraine le suivant sans gripper. Chaque élément est indispensable à l’ensemble, à la condition de veiller à toujours les organiser.

François Hollande a refusé ce matin d’entrer dans une « escalade » et d’entretenir un « mauvais feuilleton ». Comment ne pas lui donner raison ? Après dimanche, il y aura lundi. Il y a des millions de femmes et d’hommes qui attendent et espèrent de la gauche un changement profond. Instinctivement ils savent que nous ne pouvons gagner qu’unis.

Le temps est venu de laisser les querelles subalternes et de se rassembler. Arnaud Montebourg a annoncé aujourd’hui qu’il votera dimanche pour François Hollande. Comme Ségolène Royal, Manuel Valls ou Jean-Michel Baylet, il a défendu sa singularité au premier tour. Sans rien abandonner de ses engagements, il a fait un choix, en responsabilité. Cela ne suppose aucun grand écart de sa part comme grince la droite. La démocratie n’enferme pas chacun dans sa radicalité. Elle permet de défendre une identité sans se couper de la nécessité de rechercher une majorité.

Il est bientôt minuit, le fond de l’air s’est rafraichi, mais il fait encore doux pour la saison. Le rythme des voitures dehors s’est ralenti. La ville s’apaise. Les tensions retombent. La nuit recouvrira les fureurs du jour. Tant mieux. Dès lundi commence la vraie bataille. Celle qu’une majorité de Français ne nous pardonnerait pas de perdre.

60 000 postes dans l’éducation, la cohérence et l’ambition de François Hollande

Quand François Hollande entre lundi 12 septembre dans la salle surchauffée du Trianon, le chanteur Rost chante « L’avenir c’est nous ». François Hollande n’en a jamais fait mystère. Sa priorité pour le quinquennat tient en deux mots : la jeunesse. Beaucoup n’ont voulu y voir qu’une posture, un élément rhétorique de campagne. C’était mal connaître cet homme qui tire parfois des bords pour éviter les vents contraires, mais n’abandonne jamais son cap.

La dette abyssale a rendu les candidats modestes. Il serait absurde qu’elle les conduise à renoncer à toute ambition. Il n’y a pas d’avenir envisageable sans croissance. Pour la droite, la crise de la dette se limite à la réduction drastique de la dépense publique. Symétriquement il existe une gauche qui résume la solution à l’augmentation des recettes fiscales. Pour François Hollande, la sortie de la crise suppose l’action coordonnée sur trois fronts :
–    les politiques publiques doivent toutes être évaluées. Les dépenses improductives doivent être supprimées
–    De nouvelles marges doivent être trouvées avec une réforme de la fiscalité qui rétablisse davantage de progressivité, et privilégie le travail sur la rente.
–    La croissance doit être stimulée pour permettre au pays de renouer avec la prospérité et l’emploi dans un univers très compétitif et face à des pays émergents qui ont fait le pari de la formation de centaines de milliers de leurs enfants.

Il n’y a pas de croissance durable sans effort massif en faveur des jeunes générations. Nous en sommes aujourd’hui très loin. Les chiffres s’alignent comme un réquisitoire : Selon l’OCDE, la France est l’un des pays développés qui dépensent le moins pour son école primaire et l’un des pays où les dépenses d’éducation rapportées au produit intérieur brut ont le plus baissé depuis l’an 2000. Dans la tranche d’âge allant de 25 à 29 ans, un jeune français sur six (16,5%) était « sans diplôme » en 2005 pour une moyenne Européenne de un sur cinq (20,5%).

Le diagnostic ne peut laisser indifférent : faiblesse du niveau moyen, échec scolaire, reproduction des inégalités socioéconomiques et accroissement de l’écart entre les meilleurs et les moins bons.

C’est dans ce contexte que François Hollande annoncé la création de 12000 postes par an dans l’éducation nationale au cours des cinq prochaines années. Le projet n’est pas de céder à une revendication corporatiste pour revenir au statuquo ante. L’ambition est d’attribuer des moyens nouveaux pour répondre à des besoins aujourd’hui mal satisfaits. L’ambition c’est de donner plus aux établissements qui en ont le plus besoin, de mettre enfin le paquet sur les quartiers, de mieux accompagner et orienter les enfants dans leur parcours, d’assurer le soutien en dehors des heures de cours, de scolariser les jeunes handicapés pour les sortir de leur marginalité, de répondre à la question de la violence, de ne plus négliger les questions de santé…

La plupart des inégalités naissent avant l’âge adulte. Nous passons ensuite une vie à tenter de les réparer. Il faut attaquer le mal à la racine. Je prends un exemple pour être bien compris. L’obésité est devenue un fléau. Il est temps d’opter pour un travail de prévention mené par des infirmières scolaires plus nombreuses. Le bénéfice c’est plus de santé et moins de coûts pour la sécurité sociale.

12 000 postes de plus dans l’éducation nationale pendant cinq ans c’est plus d’enseignants, moins d’élèves par classe, plus de psychologues, de conseillers d’orientation, de surveillants, d’infirmières et de médecins scolaires, plus de personnes pour assurer le soutien, plus de personnes pour accompagner les enfants handicapés…

La droite dit que c’est trop ? Je dis que c’est faire moins qui n’est pas assez. Comment pouvons nous accepter que nos enfants bénéficient de moins de moyens que ceux dont nous avons nous mêmes bénéficié ?

Il faut évidemment parler du coût (2,5 milliards en 2017), mais qui parle du coût pour la collectivité que représentent le chômage, la délinquance, ou encore du coût généré par l’absence en nombre suffisant d’ingénieurs, de chercheurs, de créateurs pour résister à la concurrence ?

Le 10 avril 1870, un homme d’Etat prenait cet engagement public : « je me suis fait un serment. Entre toutes les nécessités du temps, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale : c’est le problème de l’éducation du peuple ». Il s’agissait de Jules Ferry. C’était un grand Républicain. De ceux qui ont nourri le rêve français.

Quand Nicolas Sarkozy lance l’opération « règle d’or »

Le Parlement est hors session. A l’Assemblée, l’hémicycle est bâché et les échafaudages grimpent jusqu’à la verrière. Les ouvriers s’affairent dans l’ensemble du Palais Bourbon. C’est ce moment là que Nicolas Sarkozy a choisi pour écrire aux parlementaires. Sur leurs bureaux, ils auraient pu trouver ce matin du 26 juillet une lettre de trois pages du Président de la République sur la dette… Nicolas Sarkozy aime les grosses ficelles. Au cœur de l’été il pose son piège en espérant pouvoir l’actionner à la rentrée.

Comme l’a rappelé François Hollande le 11 juillet, Nicolas Sakozy est le président qui a atteint quelques records, dont celui de la dette publique qui a atteint 85% de la richesse nationale. Son bilan c’est le doublement de la dette. Selon la Cour des comptes, la crise ne pèse que pour un tiers dans ce triste résultat. Raison pour laquelle, depuis plusieurs mois, Nicolas Sarkozy réfléchit à la façon de transformer un échec patent en argument de campagne. La solution, il pense l’avoir trouvée avec le débat autour de l’adoption d’une « règle d’or ». Etant le président des déficits, il souhaite apparaître comme le président de la « remise en ordre des comptes publics », comme il vient de l’écrire dans sa lettre aux parlementaires. C’est là sa première mystification.

En Allemagne, la « règle d’or » allemande a consisté à inscrire dans la Constitution un plafond contraignant pour son déficit structurel à horizon 2016. Dans le projet de Nicolas Sarkozy, rien de tout cela. Le projet se limite au renforcement des obligations de transparence du gouvernement en obligeant la discussion d’une loi de programmation triennale (mais révisable chaque année). C’est sa seconde mystification.

Prudent, le texte présenté par le gouvernement ne sera applicable qu’à la majorité issue des urnes de 2012… C’est sa troisième mystification.

Depuis le début de la discussion parlementaire, le président de la République sait qu’il ne dispose pas de la majorité des 3/5ème dans les deux chambres pour faire voter son projet. Cette majorité sera encore plus introuvable après les élections sénatoriales de septembre. Son objectif est moins de faire adopter son texte que d’exposer sa pseudo vertu.  C’est sa quatrième mystification.

La force de Nicolas Sarkozy, c’est sa capacité à simplifier le débat médiatique : pour ou contre la règle d’or ? Pour ou contre la réduction de la dette publique ? Alors que le débat devrait porter sur les conditions de réduction du déficit. Le sujet est en réalité la suppression des niches fiscales et des privilèges fiscaux versus l’augmentation des impôts et des taxes pour les classes populaire et moyenne. Pas l’écriture de quelques lignes dans la constitution.

Dans l’ancien testament les hébreux après s’être enfui d’Egypte, se mirent à adorer un veau d’or, à l’imitation du taureau Apis, qu’adoraient leurs anciens maîtres. Moïse les ramena à la « vraie foi » en les adjurant de renoncer à cette idole. Aujourd’hui ce n’est pas de l’édification d’un nouveau veau d’or constitutionnel que les Français ont besoin mais d’un président qui lutte – avec justice – contre ces déficits qui plombent notre avenir.

Histoire d’une manipulation

Lundi 18 juillet. Il est un peu moins de minuit. Mon téléphone sonne. Mon correspondant, très contrarié, m’annonce la Une du Figaro du lendemain.

Sur la première page s’étale en lettres blanches sur photo couleur un titre qui tente de faire la part belle au sensationnel : AFFAIRE BANON-DSK, FRANCOIS HOLLANDE VA ETRE ENTENDU.
Bigre ! La Une pour un accusé innocent, cela peut arriver, mais la réservation de la manchette pour annoncer l’audition d’un témoin secondaire, relève moins de la liberté d’informer que de la volonté de nuire.
Le journal de Serge Dassault s’est fait une nouvelle spécialité de Unes aussi « trash » qu’approximatives (voir post DSK saison 2). Les journalistes du Figaro se plaignent discrètement de ces choix de titraille qu’ils subissent. L’article lui-même n’apporte rien que nous ne connaissions déjà.

J’appelle François qui vient de rentrer de Nice. Je l’informe et lui raconte ma discussion avec mon correspondant (dont chacun comprendra qu’il souhaite demeurer anonyme) : « Qui dispose de ces informations alors que nous sommes dans le cadre d’une enquête préliminaire et que les policiers travaillent sous le contrôle du seul parquet  » ? En posant cette question mon interlocuteur suggère de dénoncer l’instrumentalisation d’une procédure judiciaire à des fins politiques transparentes. Les fuites font état d’une convocation en septembre, c’est-à-dire dans la dernière ligne droite avant le scrutin des primaires socialistes…. Faut-il sortir les trompettes et faire donner l’assaut, dénoncer le trajet trop clair de la Chancellerie vers le grand quotidien de la droite française ?

François me laisse parler. Il me demande mon avis. Je lui donne. Sa voix ne laisse apparaître aucune exaspération. Juste peut-être une pointe de lassitude. Il a tranché. Ne pas répondre à la grossièreté par une polémique. Mais comment résister à cette spirale infernale qui, progressivement, substitue les débats de prétoires au débat politique? Parfait connaisseur des cycles médiatiques, François sait déjà que sa journée du lendemain sera une journée blanche. Une journée foutue. Parasitée par la reprise du Figaro. Une journée au cours de laquelle il n’aura d’autre choix que de répondre des suites d’un échange – 8 ans plus tôt  – lorsqu’il était premier secrétaire du PS.

A Dijon où il se rendait, les micros se sont tendus comme prévu pour évoquer la question du jour. François Hollande a répondu « ça suffit », qu’il se rendrait à la convocation des policiers, et que le plus tôt serait le mieux.

Que lui demanderont-ils alors ? Que pourra-t-il leur répondre sans risque de se répéter ? Un premier secrétaire n’est pas un magistrat, un confesseur, un psychiatre, un policier. De la vérité, il n’est pas juge. Il n’en a ni les moyens ni la fonction. Il ne peut offrir que sa propre humanité. Ce qu’il fit. Cela vaudrait peut-être la Une du Figaro…

Comment François Hollande a constitué son équipe

Depuis de très longs mois, François Hollande sillonne la France. S’est-il d’ailleurs un jour interrompu ? Longtemps dans le minuscule bureau de Brigitte qui préparait ses déplacements, les visiteurs sont tombés nez à nez avec une carte de France transpercée de centaines d’épingles figurant chacun de ses séjours…
De ces milliers de rencontres François Hollande a tiré une connaissance intime de la France et des français. C’est en allant vers eux qu’il a puisé l’énergie d’une candidature et l’intuition des priorités à mettre en œuvre.

Lassé par les combats d’appareil après le congrès de Reims, l’ancien Premier secrétaire a entrepris une quête qui fut d’abord solitaire. A sa table le mardi, nous n’étions guère plus d’une dizaine, plus soudés par l’amitié que par une très improbable ambition. Et sur cette dizaine, il était probablement le seul à imaginer la fin d’une traversée du désert.

Souvent l’un d’entre nous s’indignait de l’injustice des commentaires. Après avoir conduit et uni les socialistes pendant plus de dix ans il était rendu responsable de tous leurs maux. Les victoires à toutes les élections intermédiaires, la reconstruction après 2002, tout avait été oublié. Les arguments les plus contradictoires furent utilisés. Les premiers critiquaient un supposé goût immodéré pour la synthèse, les seconds lui reprochaient au contraire de ne pas l’avoir recherchée en 2005 lors du référendum européen. Pour les uns trop consensuel, pour les autres trop clivant…
Jamais il n’a souhaité relever. François Hollande n’est pas homme à s’épancher ni à se plaindre. Plutôt du genre à relever le défi. A sa façon. Sans fanfare.

Le 21 avril 2002, j’étais assis à côté de lui sur les marches de l’Atelier de campagne. Nous étions abasourdis par le double coup de tonnerre du résultat et du départ de Lionel Jospin. Progressivement dans la soirée les journalistes se sont attroupés autour de lui. C’est à travers leur regard et leurs questions que je l’ai vu prendre conscience de sa nouvelle responsabilité. Il a ployé, puis il s’est redressé.

Cette fois encore, François est reparti à la conquête. Après avoir longtemps, trop sans doute, porté la parole des autres, il s’est remis au travail. A son compte cette fois.
L’homme que l’on décrit comme habile – il l’est – est d’abord doté d’une solide cohérence. Dans un monde politique où les positionnements successifs ne lassent de surprendre, il est resté attaché aux fondamentaux de la gauche réformiste. Au moment où tous les regards se tournaient vers Tony Blair ou Gerhart Schröder, il a maintenu le cap. Après les défaites présidentielles, lorsque la tentation de rompre avec l’esprit majoritaire, celle du repli protestataire, gagnait les esprits, il a maintenu le cap. Lorsque le PS s’est déchiré en 2005, il a maintenu l’unité sans laquelle toute espérance se serait définitivement évanouie.

Son patient travail a d’abord été repéré par quelques éditorialistes, étonnés de cette métamorphose physique autant qu’intellectuelle. Et puis, magie de la politique, Sa voix a commencé à porter. Comme Mitterrand, comme Chirac, comme Sarkozy, le chemin vers la présidence de la république a commencé dans le mépris. C’est peut-être le parcours initiatique. Celui d’un homme libre qui doit se confronter à sa propre vérité avant de la faire partager au peuple français. C’est peut-être oublié des siens que l’on se rend plus disponible pour entendre les souffrances silencieuses, évaluer les douleurs profondes et mesurer aussi les atouts d’un pays.

Le 12 juillet, François Hollande a confirmé son engagement dans le combat présidentiel. Il a choisi une équipe. Avec celles et ceux qui ont partagé le pain noir, avec celles et ceux qui – après l’avoir parfois contesté – ont jugé qu’il incarnait cette gauche qui change. Cette gauche qui, parce qu’elle s’est changée elle-même est maintenant prête à changer la vie. Cette gauche qui parce qu’elle a tiré la leçon de ses défaites peut désormais envisager la victoire.

C’est une équipe composée sans trébuchet. Elle allie les forces de femmes et d’hommes choisis pour leurs compétences. Connus ou inconnus du grand public. Tous savent que leur présence a pour unique objet d’accompagner une candidature, sans autre promesse que celle d’une possible victoire de la gauche après trois défaites successives.
Pierre Moscovici animera un groupe qui comprend parmi les meilleurs sur leurs sujets. Michel Sapin, ancien ministre des finances, Jérôme Cahuzac, président de la Commission des finances, Marisol Touraine, experte incontestable des affaires sociales, André Vallini, spécialiste de la justice et ancien président de la commission Outreau, Aurélie Filipetti militante engagée du développement durable, Vincent Peillon, député européen et agitateur d’idées prolifique, François Rebsamen qui fut conseiller de Pierre Joxe à l’Intérieur avant de conquérir le cœur des dijonnais, Bernard Roman, ancien président de la Commission des lois à l’Assemblée, Victorin Lurel, parfait connaisseur de l’outre-mer et président du CR de Guadeloupe, Nicole Bricq infatigable rédactrice de propositions de loi préfigurant une politique économique alternative, Karine Berger, économiste, François Patriat, véérinaire devenu ministre de l’agriculture, Julien Dray, vice président régional chargé de la culture…
A côté des figures les plus médiatiques, comme celle de Gérard Collomb, maire de Lyon, il y a ces nouveaux visages, celui de quadragénaires comme Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat qui fédère le mouvement HLM, Geneviève Fioraso députée de l’Isère et ancienne dirigeante d’une PME innovante, Vincent Feltesse, jeune président de la Communauté Urbaine de Bordeaux, Jean-François Debat, vigoureux maire de Bourg en Bresse, Sylvie Guillaume fraiche députée européenne investie dans la coopération, Christophe Sirugue, spécialiste de l’insertion et nouveau maire de Chalon, Pascal Terrasse député et membre du Conseil d’Orientation des retraites, Vincent Eblé, président du CG 77 grand connaisseur des collectivité locales, Emeric Bréhier, constitutionnaliste, Bernadette Laclais, première femme maire de Chamberry…
Il y a ceux qui – sans la revendiquer – illustrent la diversité des parcours et des origines, Faouzi Lamdaoui, Safia Ottokoré, chargés de la presse, Kader Arif, chargé de l’Europe, Cécile Ha Minh Tu, chargée de l’industrie, Nisrine Zaibi, chargé de la jeunesse…
Sans oublier les talents prometteurs de têtes bien faites comme celles des trentenaires Manuel Flam (Essec, Sc Po, Ena) Mathias Fekl (normale sup, sc Po, Ena) qui ont coordonné les travaux des experts ou Rémi Branco (IEP) qui a éclairé les pas de François Hollande sur la question centrale de l’avenir de la jeunesse ou encore Benjamin Griveaux, vice-président du Conseil général de Saône et Loire…

A la source de ce fleuve qui est appelé à connaître d’autres confluents, il y a Stéphane Le Foll, compagnon des bonnes et des mauvaises heures dont les qualités d’organisateur sont indispensables à la victoire. Il y a le très diplomate, Thierry Lajoie qui coordonne le cabinet de François composé de militants dévoués dont les noms n’apparaissent dans aucun organigramme, mais dont la présence a été indispensable tout au long de l’aventure.

Et puis François m’a confié la communication. Sans doute parce que je ne suis pas un « communiquant ». Parce que, pour lui, la forme n’a jamais emporté le sens, ni le marketing remplacé les idées. Parce que nous partageons et revendiquons cet archaïsme : la politique ne sera jamais un « produit » et les citoyens des consommateurs.

NB : pour voir l’organigramme complet de l’équipe : rv sur francoishollande.fr

DSK saison 2

Avec le procès DSK,  la droite espérait disqualifier la gauche sur le terrain de la morale (Cf. post précédent). François Fillon et François Baroin n’ont pas hésité à utiliser l’argument dans l’hémicycle. Dans les allées du pouvoir, les sourires entendus affichaient une satisfaction peu avouable, celle d’un feuilleton judiciaire polluant la campagne présidentielle des socialistes.

Vendredi 1er juillet, dès potron-minet  la France s’est réveillée d’un bond. Sur les radios, les auditeurs ont découvert que la crédibilité de Nafissatou Diallo était très fortement remise en cause par le procureur suite à la découverte de nombreux mensonges de la plaignante. Les informations parvenues dans la nuit, le Figaro n’a pas eu le temps de modifier sa Une. C’est une photo de DSK qui illustre donc ce matin-là le gros titre blanc sur fond noir « l’heure où tout a basculé pour DSK ». Le journal de M. Dassault ne visait pas le probable et prochain acquittement de l’ancien directeur du FMI, mais sa descente aux enfers comme l’indiquait le sous titre « le Figaro a reconstitué minute par minute la succession des évènements qui ont scellé sa chute ».

Ce décalage aurait pu prêter simplement à la raillerie. Tous les journaux peuvent être victimes d’une actualité qui ne s’interrompt pas entre l’heure du bouclage et celle de la distribution. Ce qui dans le cas du Figaro ne lasse d’interroger c’est une Une sur DSK le jour où le choix éditorial aurait logiquement dû les conduire – par exemple – au retour de Taponier et Guesquière après 18 mois de captivité, au vote par la Grèce de son nouveau plan de rigueur, à l’entrée en vigueur de la réforme des retraites, voire au mariage civil du dernier des Grimaldi…
Comment ne pas soupçonner que le seul objet de cette Une ait été d’entretenir une petite musique, celle du discrédit ? Le papier en page 2 était un simple rappel des accusations portées contre DSK et la mise en exergue d’une phrase du porte-parole de l’hôtel – « le Sofitel a déclaré qu’elle donnait toute satisfaction, nous disons même que c’est une employée exemplaire » – donnait le ton (et prend toute sa saveur à la lumière de ce que chacun sait désormais).

Le vent a tourné. Plus personne n’osera critiquer Jean-Marc Ayrault qui lisant une déclaration solennelle devant le groupe socialiste le 17 mai expliquait que « dans cette affaire il y a une victime, mais nous ne savons pas encore s’il s’agit de l’accusé ou de la victime présumée ».

Sans céder à un nouvel emballement, tout semble indiquer un probable acquittement de Dominique Strauss-Kahn dans les semaines qui viennent. Viendra alors le temps de la réhabilitation d’un homme condamné à la vitesse de twitter. Puis se posera la question de son éventuel retour dans la course présidentielle.

François Hollande a suggéré que les délais de dépôt de candidatures aux élections primaires soient prolongés pour permettre à celui qui fût – avant lui – le favori des sondages , d’y participer s’il en conserve le désir. Le geste est trop rare dans cet univers pour ne pas le souligner. Un « homme normal » peut ainsi se révéler un politique exceptionnel.

Pourquoi le pacte DSK/Aubry/Royal crée l’embarras

Ségolène Royal qui a l’instinct de survie a du se souvenir de ce que professait Bismarck : « dans un accord à trois, mieux vaut ne pas être le troisième »… Depuis le passage de Martine Aubry sur France 2, elle dénonce l’idée d’un pacte qui la lierait.

Les déclarations de la première secrétaire ont déclenché le tollé pour plusieurs raisons. La première, la plus simple, n’est pas forcément la plus juste : l’existence d’un arrangement entre plusieurs présidentiables contredirait l’esprit de primaires précisément créées pour départager les différents candidat-e-s potentiels à l’élection présidentielle. Pourtant, nul ne peut obliger l’un des leaders du PS à se placer sur la ligne de départ. Et personne ne saurait interdire à ceux qui renoncent de se désister en faveur d’un autre. C’est leur liberté et leur responsabilité. L’idée même de se rassembler derrière une candidature ne peut être choquante.

Le vrai embarras c’est l’existence d’un pacte dont personne ne connaît ni les critères de choix, ni le projet commun qui le sous-tend. Car si Martine, Ségolène et Dominique partagent beaucoup – ils sont socialistes – ils représentent des sensibilités singulières.

Celles et ceux qui sont disposés à soutenir l’un des trois au cours des primaires, ne sont pas prêts à le faire pour les trois. Ainsi Pierre Moscovici a suspendu sa candidature en attendant la réponse de DSK, mais si ce dernier abandonnait l’idée d’un retour, il se porterait candidat face à Ségolène ou Martine. Inversement Benoit Hamon joindrait ses forces à Martine Aubry, mais a déjà sous-entendu qu’il se présenterait face à l’actuel directeur du FMI. De la même manière, Laurent Fabius qui est prêt à s’effacer devant DSK ou Martine Aubry, ne le ferait pas pour Ségolène Royal.
Alors que l’annonce d’un accord était sensée rassurer les supporters potentiels des trois participants au pacte, c’est tout l’inverse qui s’est produit, chacun redoutant que cela soit au bénéfice de l’un des deux autres…

On aurait cependant tort de limiter l’interprétation des déclarations désordonnées du week-end à une nouvelle représentation du bal des egos. La question des primaires est intimement liée à la nature du projet qui sera porté par les socialistes en 2012.

Les débats qui agitent la famille socialiste autour de ce pacte ne sont pas insignifiants. Ils rappellent deux truismes :
• la gauche ne peut se mobiliser qu’autour d’un projet. C’est sa culture. Ce projet ne sera fixé qu’au moment des primaires car il dépend étroitement de celui ou celle qui l’incarnera.
• Cette première évidence se confond avec l’exigence posée par l’élection du président de la République au suffrage universel. Ce n’est pas un parti qui est candidat à l’investiture suprême, mais une personnalité qui doit développer un lien particulier et direct avec les Français.

La course des primaires vient dans les faits de démarrer indépendamment du calendrier officiel. Chacun y entre à son rythme. L’histoire dira qui, du lièvre ou de la tortue, passera le premier la ligne d’arrivée.

Si les socialistes veulent gagner en 2012

En politique le problème de la pensée, c’est qu’elle est souvent précédée d’une arrière-pensée… Et hélas, il n’est pas rare que l’arrière-pensée encombre, occulte et finisse même par dominer la pensée.

Ainsi le calendrier des primaires a depuis l’origine été conçu pour ne pas gêner une éventuelle candidature de Dominique Strauss-Kahn. Toute velléité de modification de l’agenda est immédiatement interprétée comme servant les intérêts de telle ou tel concurrent. L’expérience et l’analyse ne comptent pour rien. Les affinités supposées avec l’un ou l’autre, pour tout. Résultat : plus rien ne bouge. Pourtant si rien ne change, le candidat socialiste à la présidentielle ne sera pas désigné avant… un an.

Dans l’intervalle continueront de se succéder des conventions thématiques qui mobilisent péniblement un tiers des militants. Le Conseil National du PS lui même, peine à se motiver. Un petit quart de ses membres s’est déplacé pour voter sur le texte présenté par Benoit Hamon sur « l’égalité réelle »…

Tout se passe comme si ces vocalises programmatiques n’avaient d’autre vocation que de meubler le temps qui court jusqu’aux primaires. Au fond, personne n’est dupe, le projet socialiste ne sera pas porté de la même façon selon que le leader du PS s’appelle Dominique, Martine, François, Ségolène, Pierre, Manuel, Arnaud, Benoit, Jean-Louis… Les priorités financières, les grandes orientations, les principales propositions ne seront tranchées qu’avec le choix du candidat, sauf à considérer qu’il relève d’un simple casting.

L’automne social a bousculé les rythmes. Le mouvement sur les retraites a provoqué une accélération du temps politique. Le désir d’alternance est plus vif. La demande d’incarnation de l’alternative devient sensible. L’absence de candidat socialiste alimente les commentaires sur « le flou de la ligne ». Tant que le jeu n’est pas stabilisé, le PS apparaît comme un bateau opportuniste qui navigue habilement entre les écueils, mais sans se fixer de cap. Cet état de flottement a interdit aux socialistes de capitaliser dans l’opinion le rejet de la réforme des retraites. L’écriture du contre-projet, la prestation brillante sur France 2 de Martine Aubry ont été éclipsés par un sentiment d’incertitude : entre Dominique qui laisse entendre que l’âge légal à 60 ans n’est pas tabou et Benoit qui suggère que le retour aux 40 annuités de cotisation n’est pas impossible, les éditorialistes ont trouvé tout l’espace de leurs commentaires sur la division et les Français quelques raisons de douter de la crédibilité de la gauche.

Le parti socialiste SFIO est né au siècle dernier de la synthèse entre les principaux courants du mouvement ouvrier. La confrontation des différentes sensibilités est permanente, ce qui est plutôt la marque d’une vitalité démocratique. Mais, en la circonstance et en l’absence de chef, les expressions dispersées peuvent se transformer en un poison mortel. Les tensions palpables ces derniers jours sont appelées à se multiplier et risquent de transformer l’année 2011 en un long calvaire.

Dès lors, peut-on plaider pour une accélération du calendrier des primaires sans être hostile à DSK ? En vérité, la question devrait être renversée : Rend-on service à DSK en lui donnant la possibilité de ne faire de choix qu’au dernier moment ? Devenir président de la République suppose une rencontre avec le pays profond. Ce n’est pas faire injure au directeur du FMI que de rappeler que Washington n’est pas la France, et qu’il lui faudra prendre le temps de saisir le pouls de son pays, de le comprendre, avant de le convaincre. Pour l’emporter il faut aussi manifester aux Français l’envie de les servir. Une course de surplace pendant de longs mois encore, adresserait au contraire le signe d’une préjudiciable hésitation.

En 2006 le calendrier des primaires fût trop tardif. La candidate fut investie en novembre. Ce fût une erreur qu’il n’est pas obligatoire de reproduire. J’ai l’intuition que DSK n’est plus très loin de partager cet avis.

La Rochelle et après?

Sous les stands devant les bâtiments de l’Encan où se déroule l’université du PS les portraits des présidentiables tournent sur un même présentoir et prennent la lumière à tour de rôle. A l’intérieur les éléphants tirent dans le même sens et dénoncent « l’été de la honte« . Les journalistes s’inquiètent. Pas de petites phrases à se mettre sous la dent. Le seul candidat à la primaire en campagne s’appelle… Will Mael Nyamat, militant PS de la section de Londres. Cela faisait longtemps. Cela a fait du bien.

Les militants sont repartis de la Rochelle soulagés avec le sentiment qu’une haie venait d’être franchie, même si ce n’était pas la plus haute.

Que se sont-ils dit? Les sondages sont bons, mais ils font apparaître davantage l’envie d’en finir avec Nicolas Sarkozy qu’un réel emballement pour la gauche. DSK est très haut mais il est aussi très loin. Ceci n’est pas sans rapport avec cela. Martine s’installe, mais sa position demeure fragile. François réalise un inespéré 50/50 dans un second tour simulé par la Sofres, mais demeure en dessous de la barre des 20% au premier tour. Ségolène n’apparait plus en situation de revenir, mais sa posture unitaire la réintègre au sein de la famille socialiste qu’elle a souvent donné l’impression de contourner.

Dominique semble la meilleure chance de la gauche, mais certains doutent de sa gauche. Martine est au centre de gravité de la gauche, mais d’autres doutent de sa capacité à gagner les indispensables voix du centre. François est la synthèse des deux, mais il est trop loin dans l’opinion. Ségolène ne semble plus pouvoir gagner, mais peut-on gagner sans elle?

Sur le port, on s’est perdu en conjectures sur le désir réel des uns et des autres d’être président. DSK peut-il renoncer au confort d’une situation enviable au FMI. Martine rêve-t-elle vraiment de l’Elysée? François joue-t-il gagnant ou placé? Quels sont les vrais désirs d’avenir de Ségolène?

L’indécision domine. Les uns et les autres hésitent à afficher trop tôt des préférences. Cette fois, nous ne pouvons pas perdre. Et puis après tout, les primaires sont là pour départager les candidats. Cependant l’ardeur même pour les primaires est loin d’être unanime. Le choix sera-t-il exhaustif ou tronqué? Et si le choix est réel, l’âpreté du débat ne servira-t-elle pas l’adversaire?

Au fond, les socialistes rêvent d’un candidat qui n’existe pas. Ils souhaitent le désigner, mais aimeraient que ce choix s’impose naturellement. Ils souhaitent le débat, mais redoutent la confrontation.

La réalité est évidemment différente. Aucun candidat ne réunit les qualités de tous les autres. Il faut accepter le débat qui éclaire, mais disqualifier ceux qui pensent pouvoir servir le collectif en commençant par l’affaiblir.

Putain deux ans…

Et si Sarkozy avait compris avant les autres que la gauche est prête à redémarrer?

« Les Français ont fait le tour de ce président. Ils n’espèrent plus de Nicolas Sarkozy, mais reconnaissons qu’ils n’espèrent pas encore en nous« . C’est par ces mots que Jean-Marc Ayrault appelait les députés et sénateurs socialistes à rendre plus lisibles leurs propositions lors des journées parlementaires de Toulouse qui viennent de se terminer.

A priori, rien ne devrait laisser penser que les socialistes ont la moindre chance de l’emporter en 2012. Et pourtant. Ce mois de septembre me laisse penser que quelque chose est en train de se passer. Rien de perceptible encore. Juste une esquisse. Le trait est encore maladroit. le style mal assuré. Mais l’inspiration est revenue.

Loin de moi, l’idée de penser que la suite est une promenade de santé. Mais il y a des indicateurs qui passent du rouge à l’orange.

Nicolas Sarkozy est à la peine. Ses discours collent de moins en moins à la réalité de son action. Pour éviter d’être assimilé à un libéralisme qui a fait faillite, il adopte un discours de « refondation du capitalisme » mais il est incapable de revenir sur ses fautes originelles (injustice fiscale). Il ne satisfait pas à gauche en maintenant une politique de droite qui limite le pouvoir d’achat de l’immense majorité au profit d’une minorité. Il déçoit la droite qui découvre que le champion du « moins d’impôts » s’est transformé en « monsieur taxes« .

La majorité UMP/NC se lézarde sur chaque projet de loi. La coproduction UMP/ gouvernement apparaît pour ce qu’elle est un vulgaire slogan  entretenu par JF. Copé, mais qui n’a d’autre réalité que publicitaire.

Face à lui, la gauche est encore hésitante sur le fond, divisée sur ses leaders et sur ses alliances, Mais… Depuis la consultation des militants PS hier soir, quoi que l’on puisse penser des primaires, les socialistes se sont donnés un moyen de régler la question de la désignation de leur futur-e candidat-e. L’application inédite du non cumul des mandats va offrir un ballon d’oxygène au « vieux parti » et ouvrir au renouvellement nécessaire. Les parlementaires socialistes commencent à rendre audibles leurs contre-propositions.

Les élections partielles sont elles mêmes encourageantes. La droite, forte au 1er tour, est sans réserves au second. La droite perd des sièges et la gauche en gagne. L’élection de justesse, à 5 voix, du député UMP Poisson est exemplaire de la situation actuelle. Dans une circonscription jusqu’ici détenue sans faiblesse par Christine Boutin, la victoire est devenue possible à gauche. C’est une verte qui était présente au second tour, ce qui fait dire à certains esprits rapides que le PS est mort et déjà remplacé. Pas si simple. Dans les Yvelines, les socialistes étaient arrivés divisés au 1er tour. La vraie leçon est là : lorsque le PS incarne l’alternative comme à Carcassonne, alors il capitalise la confiance des électeurs de gauche. Inversement, il suffit qu’il montre ses insuffisances pour que ses électeurs le fuient sans remords.

Cette fragilité de la droite est devenue si apparente au chef de l’Etat qu’il cherche aujourd’hui moins à convaincre du bienfondé de sa politique qu’à diviser la gauche. Après avoir pratiqué une « ouverture » dont l’objectif était la démobilisation de l’électorat PS, Nicolas Sarkozy a cherché à valoriser Olivier Besancenot. Lors d’un voyage au Liban, il avait expliqué à François Hollande, encore 1er secrétaire du PS que le NPA serait l’enfer de la gauche comme le FN l’avait été pour la droite. Il s’est ensuite essayé à l’instrumentalisation des Verts. Le scrutin de dimanche dernier dans la Xème circonscription des Yvelines lui a toutefois montré les limites de son art. La manipulation finit par se retourner contre son auteur. Les écologistes peuvent s’avérer de redoutables compétiteurs-ices de second tour.

Ce matin le Parisien livrait un sondage de CSA donnant 31 % à l’UMP aux prochaines régionales. C’est certes 10 points devant le PS, mais le parti du président ne peut compter au second tour que sur les 8% du FN. Tous les autres partis étant désormais dans l’opposition.

Nicolas Sarkozy est si conscient de l’évolution du rapport de force qu’il a fait procéder à un scandaleux redécoupage des circonscriptions législatives qui obligera la gauche à réaliser près de 52% des voix en France pour obtenir 50% des sièges à l’Assemblée ! (débat sur la ratification de l’ordonnance fixant le redécoupage la semaine prochaine à l’Assemblée).  Le chef de l’Etat prévoit également de modifier le mode d’élection des élus départementaux et régionaux en créant une nouvelle catégorie d’élus, les conseillers territoriaux. s’agira d’introduire le scrutin majoritaire à un seul tour, ce qui permettra à la droite de gagner chaque fois qu’elle sera unie face à une gauche divisée (débat au Sénat en décembre). `

Quelque chose me dit que ces réformes en précèdent une autre : le passage au scrutin majoritaire à un tour pour l’élection des députés.

En politique le diable est dans les modes de scrutin.