Le 20 mars c’est le tour de Julie !

En juin 2007, à Champs sur Marne et Emerainville, vous m’avez accordé une majorité de suffrages. Aujourd’hui je vous demande de soutenir la candidature de Julie Gobert pour les élections cantonales.

Julie est urbaniste, elle connait ce canton comme sa poche. Elle y a grandi. Elle y a ses amis. Ses parents. Julie est une jeune femme opiniatre, volontaire, travailleuse. Elle sait s’engager. Elle ne fait rien à moitié. Si vous lui accordez votre confiance, vous aurez l’assurance de pouvoir compter sur une élue de terrain qui défendra quotidiennement les intérêts de notre département et de notre canton.

La politique a besoin de se renouveler. Elle a besoin de nouvelles personnalités qui apportent leur regard et leur énergie. Les assemblées comportent trop d’élus blasés pour lesquels tout a déjà été tenté ou réalisé. Nous avons besoin de faire entrer de nouvelles compétences, d’ouvrir les portes et fenêtres, de faire entrer un vent d’air frais. Julie est tout cela.

Il ne reste que quelques heures pour convaincre vos amis, voisins, parents d’aller voter dimanche prochain. Aidez nous à convaincre. Chaque scrutin est important. Je ne vous ferai pas le couplet sur tous ces peuples qui se battent au péril de leur vie pour justement obtenir ce droit de choisir par leur bulletin leur avenir, mais quand même…

Vous n’avez pas entendu parler des cantonales? Normal… Le gouvernement a oublié  les habituelles campagnes civiques d’appel au vote. Pourquoi? Parce qu’il pressent que pour ce dernier scrutin avant 2012, les Français ne sont pas disposés à lui accorder leurs encouragements. Les candidats de l’UMP ont rangé leur casaque et remisé les photos avec Nicolas Sarkozy.

Julie a mené une campagne tambour battant. Elle a accumulé les échanges en porte à porte, distribué devant les boulangeries, les RER… Elle est prête.

A nous de jouer maintenant.

Pourquoi j’écris à Chantal Brunel

En 2007 il s’en est fallu de peu pour que Chantal Brunel ne soit pas élue. Si les communes de gauche avaient connu une participation similaire à celles de droite, le score se serait inversé. Ce fut une belle bataille. Aucun socialiste n’a hélas gagné en Ile de France contre un député sortant de droite. Mais dans cette seule circonscription de Seine et Marne, le résultat de 2007 fut supérieur à celui de 2002.
Je n’en ai conservé aucune amertume. Faire de la politique exige d’accepter la victoire comme la défaite. Seul le peuple est souverain.
Depuis j’ai été nommé secrétaire général du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale. J’ai à ce titre croisé régulièrement Chantal Brunel dans les couloirs du Palais Bourbon avec laquelle les relations ont toujours été courtoises. J’ai sur ce blog évité de personnaliser le combat droite-gauche en le transformant en un débat permanent avec la députée de la 8e circonscription.
Mais ses insupportables déclarations sur l’immigration m’ont tellement indigné que je suis sorti de cette réserve. Ces propos ne sont pas une énième gaffe de l’ancienne porte-parole de l’UMP. Elle a choisi de les confirmer sur son blog. Ils sont le fruit d’une réflexion cynique sur les moyens de conserver une circonscription (qui a pourtant été redécoupée sur mesure). Curieuse coïncidence, un sondage privé réalisé par Opinionway vient d’être réalisé dans la circonscription. De là à y voir un lien de cause à effet…
En 2007 Chantal Brunel a pratiqué une campagne flattant tous les communautarismes poussant la sophistication jusqu’à faire traduire sa profession de foi dans certaines langues d’origine de nos concitoyens. Elle a entretenu les amalgames les plus douteux pour capter le vote de celles et ceux qui, boat people, ont fui le communisme Vietnamien, Cambodgien ou Chinois. Aujourd’hui c’est la même qui suggère de renvoyer à la mer les réfugiés des rives sud de la Méditerranée. Cette fois, c’est trop.
Laurent Wauquiez a dérapé voici quelques jours en évoquant les « racines » de DSK. Il a depuis cherché à corriger le tir et a annoncé qu’entre la gauche et l’extrême-droite, son choix se porterait toujours sur le républicain. On aimerait être certain qu’il en est de même pour Chantal Brunel. C’est le sens de la lettre que je viens de lui adresser et dont vous pourrez lire ci-dessous le contenu :

« Madame la députée,

Vous avez choqué la France entière par vos propos : « il faut rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée. Après tout remettons-les dans les bateaux » ! Le Premier Ministre, François Fillon a lui même dû intervenir publiquement pour désapprouver vos déclarations.

Votre expression est d’autant plus scandaleuse qu’elle a pour arrière-pensée transparente votre volonté de venir pêcher dans les eaux troubles du FN. « Marine Le Pen n’a aucune solution à proposer, nous on doit montrer qu’on a des solutions » avez vous ainsi ajouté.

Depuis sur votre blog, loin de vous excuser, vous avez confirmé : « le sens de mes paroles ne change pas ».

Votre course-poursuite avec l’extrême-droite ne peut qu’inquiéter.

La politique que vous soutenez conduit au désordre en poussant les Français les uns contre les autres. L’instrumentalisation du débat sur l’Islam a provoqué la réaction vive du président du Conseil des démocrates musulmans de France.

La surenchère sécuritaire qui a fait suite au discours de Grenoble du président de la République a indigné jusqu’aux centristes de votre majorité qui ont refusé de voter la déchéance de la nationalité. Le Conseil Constitutionnel, hier soir, dans une décision d’une sévérité inédite a lui même censuré les articles majeurs de la loi sur la sécurité intérieure que vous avez votée sans sourciller.

Nos concitoyens ont le droit de savoir où les conduira vos dérives puisque comme députée, vous intervenez non pas à titre personnel, mais en leur nom.

Aussi je vous demande instamment de vous prononcer à l’instar de vos amis Nathalie Kosciusko-Morizet ou Laurent Wauquiez qui, eux, ont clairement refusé toute ambiguïté vis-à-vis de l’extrême-droite. Dans l’hypothèse d’un second tour entre un candidat socialiste et un candidat FN, quelle sera votre attitude ? Pour qui appellerez-vous à voter ?

En 2002 les électeurs de gauche ont accordé leurs suffrages à Jacques Chirac pour éviter une nouvelle progression catastrophique de l’extrême-droite. Aujourd’hui la responsabilité est dans votre camp. Nous attendons de vous que vous soyez à la hauteur.

Salutations républicaines,
Olivier Faure »


Dimanche, on compte sur vous !

Voilà la campagne s’achève. Jusqu’au bout, nous sommes allés à votre rencontre (notamment avec Florence Bret-Mehinto – sur la photo – qui était avant le remodelage des listes de second tour, notre candidate campésienne ).

Avant le premier tour, nous savions que l’abstention serait massive (j’y reviendrai dans un prochain post). Nous avons souvent rencontré une indifférence polie.

Ces dernières heures, vous étiez plus nombreux à prendre les tracts que nous vous tendions, à entamer la conversation, à afficher un sourire de connivence, à nous dire « à dimanche ! » Nous nous sommes pris à espérer, plus que la victoire, une participation accrue qui donne davantage de force à ce vote.

Dimanche on compte sur vous pour une région solidaire qui dans les limites de ses compétences, puisse être un amortisseur de crise, un bouclier social. on compte sur vous pour une région qui valorise ses talents, ses entreprises, sa diversité, mise sur la technologie, la recherche, l’innovation pour créer les emplois de demain et réponde à la concurrence internationale par la performance plutôt que par la précarisation des salariés.

Dimanche on compte sur vous pour dire oui à une majorité de gauche, dans laquelle le rassemblement ne signifie pas l’uniformité et, réciproquement, dans laquelle les différences ne conduisent pas à la division. Du dialogue entre roses, rouges et verts est né un projet qui comprend notamment la tarification unique pour le pass Navigo. Saisissons cette chance.

Dimanche on compte sur vous pour une victoire large qui pèse aussi sur les choix nationaux. Cette élection est bien entendu une élection locale, mais le résultat pèsera forcément sur le rythme et la nature des réformes.

A dimanche !

vers une tarification unique des transports publics

La négociation avec les Verts et le Front de Gauche a débouché sur un accord concernant les transports publics. Que dit-il? Que la future majorité au conseil régional, si les urnes confirment l’élan à gauche du 1er tour, se donnent deux ans pour aboutir à une tarification unique des transports publics. D’après les projections qui sont faites, le pass Navigo mensuel passerait ainsi à 65 euros pour tous les franciliens. Nous aurons là une application d’un principe de solidarité entre les populations de l’Ile de France. Il n’est pas juste que celles et ceux qui ont été contraints de se loger en première ou en deuxième couronne, qui sont ceux qui ont les temps de transports les plus longs, soient aussi ceux qui paient le plus cher le droit de se déplacer. Les parisiens paieront 8,4 euros de plus, mais les habitants du Val Maubuée paieront entre 26,7 et 44,9 euros de moins selon qu’ils habitent dans la zone 4 ou 5 du RER. Le surcoût estimé est d’environ 600 millions par an, ce qui n’est pas rien, mais nous sommes loin de ce que proposent Copé et Jégo avec leurs forfaits à 30 ou 45 euros…

Certaines associations d’usagers voient dans cette tarification unique une incitation à habiter loin, à dénaturer nos campagnes avec de nouveaux projets immobiliers et au bout du compte à augmenter les circulations automobiles. L’angoisse exprimée n’est pas absurde. Mais elle donne un poids déterminant au prix du transport dans les arbitrages des particuliers lorsqu’ils hésitent sur leur lieu de résidence. La vérité est hélas plus triviale, c’est le prix des logements qui pousse à l’exode.

Félicitons-nous plutôt de voir ce projet avancer. Enfin.

Résultats Ile de France, Seine et Marne, Champs sur Marne

Résultats 1er tour élections régionales en Ile de France
Nombre       Inscrits %     Votants %
Inscrits                6 764 464
Abstentions        3 795 226        56,11
Votants                2 969 238      43,89
Blancs ou nuls    80 016               1,18                 2,69
Exprimés             2 889 222       42,72               97,31

Liste conduite par                                               Voix          %
Mme Valérie Pécresse (UMP-NC)               802 096    27,76
M. Jean-Pierre Mercier (LO)                           18 286    0,63
Mme Marie-Christine Arnautu (FN)           268 313    9,29
Mme Cécile Duflot (Europe Ecologie)        479 039    16,58
M. Alain Dolium (MoDem)                            114 984    3,98
M. Jean-Marc Governatori (ECO)                 40 371    1,40
M. Pierre Laurent (FG)                                   189 187    6,55
M. Axel de Boer (DVD)                                    24 686    0,85
M. Jean-Paul Huchon (PS)                           729 861    25,26
M. Nicolas Dupont-Aignan (DLR)                119 835    4,15
M. Olivier Besancenot (NPA)                         90 322    3,13
M. Almamy Kanoute (DIV)                              12 242    0,42

Résultats en Seine-et-Marne

Nombre          % Inscrits          % Votants
Inscrits                   812 494
Abstentions            475 850            58,57
Votants                   336 644             41,43
Blancs ou nuls           10 471              1,29                    3,11
Exprimés                 326 173            40,14                 96,89

Liste conduite par Voix        %
Mme Valérie Pécresse (UMP-NC)              85 900    26,34
M. Jean-Pierre Mercier (LO)                          2 592    0,79
Mme Marie-Christine Arnautu (FN)          43 384    13,30
Cécile Duflot (Europe Ecologie)                  46 922    14,39
M. Alain Dolium (MoDem)                           12 859    3,94
M. Jean-Marc Governatori (ECO)                  5 781    1,77
M. Pierre Laurent (FG)                                   16 681    5,11
M. Axel de Boer (DVD)                                    2 022    0,62
M. Jean-Paul Huchon (PS)                           82 829    25,39
M. Nicolas Dupont-Aignan (DLR)               13 570    4,16
M. Olivier Besancenot (NPA)                        12 422    3,81
M. Almamy Kanoute (DIV)                               1 211    0,37

Résultats Champs Sur Marne
Nombre              % Inscrits
Inscrits                             13 916
Abstentions                                                     61,6
Votants                              5 345                    38,4
Exprimés                          5 224                    37,5

Liste conduite par                                              Voix                     %
Mme Valérie Pécresse (UMP-NC)                 1003                   19,2
M. Jean-Pierre Mercier (LO)                              34                     0,7
Mme Marie-Christine Arnautu (FN)               492                    9,4
Mme Cécile Duflot (Europe Ecologie)             943                  18,1
M. Alain Dolium (MoDem)                                231                    4,4
M. Jean-Marc Governatori (ECO)                     84                     1,6
M. Pierre Laurent (FG)                                       510                    9,8
M. Axel de Boer (DVD)                                          31                    0,6
M. Jean-Paul Huchon (PS)                               1456                  27,9
M. Nicolas Dupont-Aignan (DLR)                     194                   3,7
M. Olivier Besancenot (NPA)                              216                   4,1
M. Almamy Kanoute (DIV)                                   30                   0,6

« Délégiférons »

« Délégiférer ». Ne cherchez pas ce verbe dans votre dictionnaire, vous perdriez votre temps. Il s’agit de la dernière invention sémantique du président. Il déclare ainsi dans le Figaro Magazine de cette fin de semaine  » au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s’il le souhaite, délégiférer« .

Si légiférer c’est « faire la loi », délégiférer est un verbe qui résonne comme un aveu d’échec. Après avoir fait vite et mal, il faut défaire.

La séance du SAN du Val Maubuée (Syndicat d’Agglomération Nouvelle) d’hier soir nous a offert une excellente illustration de cette façon toute sarkozienne de gouverner à coup d’annonces et de coups de menton. Nous avons adopté le budget en nous demandant avec quelles recettes nous bouclerons les prochains. Fait exceptionnel, droite et gauche, au delà des postures se sont retrouvées pour condamner l’improvisation de la réforme de la taxe professionnelle.

Cette réforme n’est pas intégralement financée, ce qui conduira fortement à creuser les déficits et la dette, et à une hausse des impositions locales et nationales sur les ménages en contrepartie de cette importante baisse d’impôt pour les entreprises.

Les niveaux communal et intercommunal seront  privés de leur capacité à faire varier le taux d’une partie de l’imposition locale sur les entreprises (la CVAE est un taux national). La seule marge de manœuvre restante sera d’augmenter les impositions sur les ménages.

L’autonomie fiscale des collectivités est sacrifiée, du fait de la perte d’une grande partie du pouvoir de vote des taux.

Les régions ont été sacrifiées en matière de répartition des ressources fiscales locales, et ne disposent plus d’aucune marge de variation de leurs impositions. Le risque évident pour notre collectivité c’est de voir les financements publics de nos projets par la région diminuer, augmentant d’autant notre propre charge.

La péréquation est la grande oubliée de cette réforme, au détriment des communes les moins favorisées. Aucune solution n’a été retenue à ce sujet durant le débat pour les communes et intercommunalités. Ce statu quo n’est pas acceptable. Un dispositif ambitieux remplaçant les actuels Fonds départementaux de péréquation de la taxe professionnelle (FDPTP) est absolument nécessaire.

Le gouvernement a imposé par un amendement de dernière minute contre la volonté initiale du Parlement, un mode de calcul de la compensation de la réforme pour 2010 défavorable aux collectivités. Plus grave encore, les dotations de l’Etat complétant le manque à gagner du remplacement de la TP par la CET, seront figées à partir de 2011. Cela signifie qu’elles n’évolueront plus, à l’image des dotations budgétaires annuelles.
Cette réforme est déséquilibrée et dangereuse pour les ménages, parce que les collectivités n’auront d’autre choix que de se tourner vers eux pour maintenir leurs recettes, ou de dégrader le niveau des prestations et des services rendus à leurs populations.

Délégiférons donc. Vite !

Ne vous excusez pas de voter pour cette femme…

C’est comme ça, je n’aime pas les « journées de ». Celle de « la femme » encore moins que les autres. Comme si il en fallait une pour mieux oublier les 364 autres. Mais comme j’ai aussi mes contradictions, je me dis que c’est un bel hommage à rendre à celles qui, en Europe et aux Etats-Unis, entamèrent une longue marche vers l’égalité, un 8 mars 1911. Il y a un siècle déjà. Il y a un siècle à peine.

Ce combat a, pour les plus jeunes, quelque chose qui relève du bon sens. Tant mieux s’ils voient dans les inégalités persistantes, un anachronisme. La vérité, c’est que le féminisme dût se frotter à tous les préjugés. Le féminisme est né au 19ème siècle, comme le socialisme. Tous deux se sont présentés comme des mouvements d’émancipation, de construction de la société sur des bases nouvelles, de refus des dominations illégitimes. Pourtant cette conquête des femmes dût se heurter à de nombreuses résistances, y compris dans le mouvement ouvrier. Certains voyaient alors dans le travail des femmes une forme de dumping qui conduisait à tirer les salaires vers le bas. D’autres voulaient circonscrire le travail féminin à certaines tâches compatibles par leur nature à l’infériorité physique et intellectuelle du deuxième sexe. Il a fallu attendre le gouvernement du Front populaire pour que trois femmes deviennent ministres (alors qu’elles n’étaient ni électrices ni éligibles) et donnent à la cause des femmes une légitimité et une nouvelle visibilité.

Ce combat demeure – hélas – d’actualité. Ces derniers jours à l’Assemblée plusieurs nouvelles pierres ont été posées. Une proposition de loi sur les violences faites aux femmes (co-initiative PS-UMP) a été votée, une résolution sur la clause dite de « l’Européenne la plus favorisée » a été adoptée (résolution PS votée par tous les groupes appelant à légiférer en harmonisant les législations nationales à partir des dispositions en vigueur les plus favorables aux femmes en Europe). Une autre proposition de loi PS sera débattue le 25 mars, prolongeant le congé maternité à 20 semaines. Une autre viendra pour obtenir la parité aux élections législatives.

Ce combat, il est porté aujourd’hui par des élues et des militantes connues ou inconnues qui, pour une large part, ont fait leurs premiers pas grâce à la parité voulue par le gouvernement de Lionel Jospin. Geneviève Wortham (sur la photo) est de celles-là. Conseillère régionale sortante et candidate sur la liste de Jean-Paul Huchon,  Marie Richard(1), Florence Bret-Mehinto (2) et les autres, elle était à Champs en fin de semaine dernière pour nous aider à faire campagne. Nous avons distribué dans le froid et puis nous avons été nous réfugier pour boire un café.

Elle est radieuse. A se demander si les campagnes électorales n’ont pas été inventées pour elle… Geneviève s’illumine quand elle discute politique. Elle parle  avec cette passion inentamée. Rien en elle ne semble pouvoir être corrompu par les délices du pouvoir, les miroirs flatteurs de la notoriété ou le confort de la notabilité. Le temps n’a en rien érodé ses convictions. Elle est fidèle à ce qu’elle croit. Il y a quelque chose de Louise Michel chez cette institutrice que je n’ai cessé d’entendre depuis que je la connais vitupérer contre toutes les injustices.
En l’écoutant, je me dis qu’elle incarne magnifiquement ces combats centenaires du socialisme et du féminisme. Je me dis aussi que sa trop grande modestie porte encore la marque de notre culture. Comme si elle devait toujours donner davantage de gages. Comme si elle devait s’excuser d’avoir eu cette folle ambition d’être élue.

Elle va m’en vouloir d’avoir écrit ces quelques mots sur elle. Elle va les trouver exagérés. Elle dira que c’est trop. Tant pis. J’assume.

Dimanche prochain, ne vous excusez pas de voter pour elle !

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(1) Marie Richard est tête de liste socialiste pour le 77. Elle est vice-présidente sortante de la région et maire de la Ferté sous Jouarre

(2) Florence Bret-Mehinto est la candidate campésienne de la liste PS. Elle prend le relai symbolique de Jeanne Chédhomme conseillère régionale sortante qui ne se représentait pas. Florence est également adjointe au maire à Champs.

Meilleurs voeux 2010 !

2009 s’achève. Merci à toutes celles et ceux qui fréquentent ce blog, le lisent ou le commentent. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir vos réactions, suggestions, revendications, récriminations…

J’espère qu’en 2010 nous nous retrouverons régulièrement pour débattre et le plus souvent possible nous comprendre.

Je formule pour vous même, votre famille, vos proches, celles et ceux qui vous sont chers, tous mes voeux de belle et heureuse année 2010. A bientôt.

Bien amicalement,

Olivier FAURE

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NB : pour ceux qui ne le connaissent pas, le château en photographie sous la neige est celui de Champs sur Marne. Château qui vit passer Voltaire, et qui abrite donc un peu de l’esprit des Lumières…

Retour sur le dernier conseil municipal

A priori, cela peut sembler curieux, voire suspect…

Je veux donc entamer mon propos en rassurant les plus inquiets, je n’ai pas passé Pâques à relire les volumineux dossiers du dernier conseil municipal consacré au budget ! Mais les longs week-ends du printemps servent à faire le tri dans les papiers qu’on amasse, la fonction d’élu confinant parfois à celle d’archiviste…

Je retombe sur la Une des Echos du 8 avril « la hausse des impôts locaux atteint de nouveaux sommets« . Que constate ce grand quotidien économique? Une hausse moyenne de 5,1% de la fiscalité locale. Cette hausse n’est pas le fruit de l’impéritie des collectivités mais, est essentiellement liée à l’absence de compensation intégrale par l’Etat. En clair, l’Etat annonce la première année qu’il donnera aux communes l’argent qui correspond aux tâches qu’il ne veut plus prendre en charge. Les années suivantes, la promesse s’effiloche tandis que les charges elles augmentent.

Dans ce contexte, il fallait saluer l’exercice qui a consisté à Champs (comme à Torcy, Noisiel ou Lognes) à ne pas augmenter la pression fiscale sans dégrader parallèlement les prestations offertes.

Mais la droite n’a pas eu cette audace. L’opposition municipale, qui tablait sur une hausse significative des taxes foncières et d’habitation a été prise à contre-pied. Perturbée, elle n’a pas trouvé de positionnement crédible. M. Dubois avait annoncé lors du débat d’orientation budgétaire qu’il présenterait en mars un contre budget. On allait voir ce qu’on allait voir ! Et bien nous n’avons rien vu… En fait de projet alternatif, la droite campésienne a tenté de défendre une esquisse de proposition sans aucun élément écrit ni construit.

Tout était à l’avenant. Le principal élément était la programmation de la baisse des impôts. Nous avons déjà dit en janvier le caractère purement doctrinaire de cette proposition. Cette fois nous avons aussi compris que cette baisse serait ridicule puisque lorsque j’ai interrogé M. Dubois sur le bénéfice attendu pour les campésiens, il a reconnu que cela représenterait une baisse de 80 centimes par mois et par habitant… Plus gravement encore M. Dubois a plaidé pour des coupes claires dans le budget municipal sans jamais savoir en définir les critères . Au final c’est une droite désemparée car sans vision alternative qui a cherché à faire bonne figure avec quelques idées paresseuses, souvent démagogiques, sans doute rassemblées à la hâte, griffonnées sur un coin de table et sans rapport avec le début d’une réflexion sur les enjeux à relever par notre commune.

Dans la majorité nous avons commencé par sourire au spectacle offert par l’UMP. Nous avons eu tort. A vaincre sans péril, notre triomphe fût sans gloire.

D’un tremblement de terre à l’autre

La dernière fois c’était en 1929. Un monde heureux basculait dans une crise qui ouvrit alors les portes au pire. Depuis il y a eu des répliques à ce séisme mondial, mais rien de comparable. Les spasmes étaient localisés.

En 2008, la terre a de nouveau tremblé. Toute entière. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Cette fois encore le désastre a pour épicentre le pays des subprimes, des titres pourris, des fonds spéculatifs, des produits financiers « toxiques »…

Il faudrait être désormais fous pour ne pas chercher à tirer les leçons de l’Histoire. C’est ce que nous nous sommes employés à faire hier soir avec Pierre Alain Muet, député du Rhône, ancien président du Conseil d’Analyse Economique qui nous faisait l’amitié de venir à Champs.

Comme en 1929 la crise a deux causes. La première est évidente. Un château de cartes financier qui repose sur la dernière…

Faut-il rappeler l’insensé jeu de dominos de ces dernières années?

1. des ménages américains peu solvables 2. mais que l’on pousse à consommer 3. au moyen de crédits subprimes à taux variables indexés sur le taux directeur de la FED 4. Ces prêts sont hypothéqués pour compenser une éventuelle insolvabilité par la vente des maisons 5. Quand la FED a relevé ses taux pour corriger l’inflation, les intérêts des crédits subprimes se sont en conséquence envolés 6. Les acheteurs les plus modestes ont revendu 7. Ils ont ainsi contribué à l’effondrement des prix de l’immobilier dont la valeur est passée en dessous de la valeur des crédits… 8. Ces défaillances en chaîne ont fini par peser sur les revenus des organismes prêteurs, mais pas uniquement sur eux, car ces créances avaient été converties en titres, vendus à des fonds d’investissements et à des banques 9. la diffusion a été large et  la « titrisation était devenue un sport national 10. le nombre d’investisseurs touchés, loin de diluer le risque l’a amplifié et a permis la contagion à l’ensemble de la planète…

La deuxième cause identifiée, c’est la pression constante sur les salaires. Comme en 1929, la crise a été précédée par une formidable explosion des inégalités. les écarts de revenus sont passés d’un rapport de un à trente à un rapport de un à trois cent. Sans justification. Et pendant ce temps la consommation des ménages modestes s’est financée par leur endettement exponentiel. Cherchez l’erreur.

En 1929, la solution est venue pour une large part des Etats-Unis et par la politique mise en oeuvre d’un « new deal » proposé à partir de 33 par Franklin Delano Roosevelt : séparation des banques d’affaires des banques de dépôts, installation de « l’Etat providence« , correction des inégalités par une politique fiscale que la droite française qualifierait de confiscatoire et punitive aujourd’hui (1).

En 2009, la solution semble encore dépendre d’un président américain charismatique, Barack Obama. La réunion du G20 la semaine dernière, loin de suffire, a toutefois jeté les bases d’une coopération nécessaire. La convocation d’un nouveau rendez-vous en septembre donne l’espoir de nouvelles avancées en matière de relance ou de régulations.

Le plus grand regret que nous puissions formuler? Que de Roosevelt à Obama, l’Europe n’ait pas trouvé la force de faire émerger d’elle même un modèle et une vision. Comme si nos douze étoiles n’avaient toujours pas l’éclat de celles qui ornent la bannière étasunienne.

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(1) Roosevelt a fait grimper le taux marginal de l’impôt de 25 à 63% en 1933. Puis à 63% et enfin à 91% en 1941.  Le taux marginal s’est ensuite stabilisé pendant cinquante ans autour de 80% ! Dommage que Nicolas Sarkozy ne s’inspire que des USA de Bush et Reagan et pas des USA de Roosevelt…