Mon intervention devant le Congrès du PS à Toulouse

Chers amis, chers camarades,

A quoi sert un congrès socialiste au lendemain d’une victoire de la gauche ?
A quoi sert un congrès socialiste lorsqu’il ne réunit pas ses dirigeants dans une longue nuit des bonnes résolutions?

Cela sert d’abord à rappeler que l’on peut être de gauche sans avoir le long remord du pouvoir. Que l’on préfère l’action difficile à l’incantation impuissante.
Cela sert à marquer notre unité et notre soutien à une politique de vérité, à une politique juste, à une politique courageuse conduite par Jean-Marc Ayrault.

Mais un congrès cela sert aussi à ouvrir des débats.
Quand la gauche est au pouvoir, notre parti doit plus que jamais se tourner vers les Français, vers tous les Français !

Trop souvent nous concentrons notre action là où nous sommes les plus forts, dans les centres villes et les quartiers populaires, qui ont donné une nette majorité à la gauche. La bataille politique des prochaines années ne se mènera pas seulement là.

Je suis donc venu vous parler de la gauche qui se lève tôt.
Celle qui se lève avec la France des villes périurbaines, cette France des pavillons et des petits collectifs qui vit plusieurs heures par jour au rythme des transports publics, des RER, des TER, la France des rocades, des bretelles d’accès, la France qui travaille dur, la France surendettée aussi.

C’est sur ces territoires, que la confrontation avec la droite et l’extrême-droite est la plus rude. C’est là que la droite a le mieux résisté et le FN le plus progressé.

L’UMP de Jean François Copé a choisi d’adopter le discours du FN qui joue sur les peurs, prône le repli identitaire, et condamne les politiques sociales. La droite cherche à s’assurer que les plus inquiets dans les classes moyennes et populaires dirigent leur ressentiment vers la gauche. La droite veut nous faire passer pour les complices d’un « racisme anti-Blancs » qui favoriserait des minorités assistées par les aides d’Etat.

C’est un combat entre deux systèmes de valeur, entre deux projets, qui est aujourd’hui engagé entre la gauche et les droites.

Cette France-là est pour nous un enjeu majeur. C’est sur ces territoires que vit aujourd’hui une part croissante des classes populaires et des classes moyennes.

Il n’y aura pas de « gauche durable » sans discours pour cette France qui mêle cols blancs et cols bleus dans un même sentiment de relégation.

Je ne voulais pas qu’un congrès de notre parti puisse s’achever sans qu’il soit fait mention de ces femmes et de ces hommes qui ont le sentiment de contribuer à la richesse du pays, mais d’être volés de l’impôt qu’ils paient, parce que ce sont dans leurs écoles que la droite a supprimé des professeurs alors que l’école est le plus bel outil de l’égalité, parce que l’accès aux soins y est devenu difficile, que les déserts médicaux ont progressé à quelques dizaines de kilomètres à peine des villes métropoles, parce que c’est là que la droite a fermé les commissariats, parce que c’est là encore que les transports publics sont saturés.

Cette colère, leur colère, n’appartient pas à Marine Le Pen. Cette France s’est sentie trahie par Sarkozy et à peur de l’être de nouveau.
Ces français nous attendent d’abord sur la reconnaissance de l’effort et du travail, sur la priorité donnée à la création de richesse, sur le retour d’un ascenseur social efficace, sur l’égalité des territoires, sur la présence des services publics, sur l’exemplarité des pratiques.

Ils attendent de nous l’attention qu’ils méritent. S’ils nous voient à leurs côtés, alors la progression de Marine Le Pen sera endiguée. Si nous les oublions, alors ils nous abandonneront et avec nous, les rives de la République.

Cher Harlem, le combat contre l’extrême droite dont tu as été l’emblème générationnel trouve ici sa continuité.

Comme vous tous ici, je me suis engagé en politique parce que je déteste les peurs que l’on dresse, les murs que l’on érige, les anathèmes que l’on lance.
Comme vous je crois que le combat contre le populisme est le plus noble des combats parce qu’il est le combat de la raison contre la peur, le triomphe de la solidarité sur la fragmentation sociale.

Avec François Hollande, je crois que la France n’est pas le problème et que la République est la solution.
Avec Harlem Désir et avec vous, je crois que notre parti doit mener et gagner ce nouveau combat pour l’égalité.

Ségo, François, papa et moi



Vidéo envoyée par
PartiSocialiste

Olivier Faure, candidat à l’élection législative sur la 8ème circonscription de Seine et Marne est Directeur adjoint du cabinet de François Hollande au Parti socialiste. Il est également l’auteur d’une bande dessinée «Ségo, François, Papa et moi» (Hachette Littératures).