Interview au Monde

Olivier Faure : « J’ai envie de conduire la renaissance des socialistes »

Le chef de file des députés PS explique au « Monde » les raisons pour lesquelles il brigue la présidence du Parti socialiste. Il est le troisième candidat déclaré.

LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Enora Ollivier

Après Luc Carvounas et Stéphane Le Foll, Olivier Faure s’engage à son tour dans la course pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste. Le président des députés PS – une fonction qu’il quittera s’il est élu à la tête de la formation – détaille au Monde son projet pour le parti.

La décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas être candidate à la tête du PS ouvre la voie à d’autres ambitions. Qu’en est-il pour vous, serez-vous candidat ?

Olivier Faure : J’ai envie de conduire la renaissance des socialistes. Je suis candidat pour être le premier responsable du PS. Que des ministres qui ont beaucoup donné pendant cinq ans aient aujourd’hui besoin de faire d’autres choix de vie, je le comprends très bien et je le respecte.

Prendre la décision de s’engager à la tête du Parti socialiste dans l’état dans lequel il se trouve implique une motivation, une envie. Il n’y a pas de place pour l’hésitation : « Si vous hésitez, c’est que vous ne devez pas y aller. » J’ai fait le choix d’y aller, je n’hésite pas. Je suis déterminé à réussir la refondation, à reconstruire un collectif et une crédibilité en rassemblant les énergies et les talents.

Le PS est dans un état moribond. Vous pensez qu’il a encore sa place dans le « nouveau monde » ?

Personne n’a remplacé le Parti socialiste. Qu’il s’agisse du libéralisme jupitérien de l’un, du populisme protestataire de l’autre ou du nationalisme identitaire de la troisième, aucune de ces visions ne se substitue aux objectifs et aux réponses socialistes.

Placés devant un choix difficile, les électeurs de gauche se sont détournés de nous. La politique, c’est une affaire d’offre et certaines, plus nouvelles et plus optimistes, ont davantage séduit que la nôtre. Les Français n’ont pas perçu notre capacité à changer leur quotidien et à mener ensemble un projet pour le pays.

Nous devons redonner le désir de gauche. Si nous y arrivons, nous serons de nouveau appelés aux responsabilités. Sinon, nous vivrons un lent déclin. Je ne m’y résous pas.

Comment faire pour « redonner ce désir de gauche » ?

Nous devons d’abord modifier nos propres comportements, travailler sérieusement, être solidaires, respecter des règles communes.

Le cœur de notre identité, hier comme aujourd’hui, c’est la lutte contre les inégalités. Nous en avons fait reculer certaines pendant les années où nous avons gouverné. Mais dans le nouveau monde de la mondialisation et du numérique, en naissent de nouvelles qui appellent de nouvelles réponses. C’est le rôle du PS de les inventer.

Comment « modifier les comportements » que vous évoquez au sein du parti ?

Nos principes et nos valeurs sont actuels. Ce qui l’est moins, c’est notre organisation, notre façon de fonctionner en vase clos, d’avoir laissé les clans remplacer les idées. Cela, il faut le combattre fortement, brutalement. Ce n’est plus possible de vivre avec des chapelles dont plus personne ne connaît l’origine.

Mais ce n’est pas parce que le sommet est malade que l’ensemble de la structure est contaminé. Allez voir ce qui se passe à Nantes, Rennes, Lille, Strasbourg, Paris ou Clermont-Ferrand, dans nos départements ou nos régions, et vous aurez une autre image de ce qu’est la gauche. Il faut s’appuyer sur nos expériences territoriales, ne pas nous replier sur un entre-soi « solférinien ».

Quelles sont vos pistes pour réformer le parti ?

Nous devons tout changer et rompre avec un fonctionnement centré sur le national. Le PS doit devenir un parti plateforme ouvert à tous sans limitation, militants, citoyens, intellectuels et acteurs du mouvement social. Je veux construire un laboratoire collectif, un incubateur d’idées, une fabrique d’expérimentations.

Le PS appartient à ses adhérents, nous leur devons des outils pour comprendre et agir, mais surtout une écoute et une prise en compte de leur avis, tout le temps, et pas seulement au moment des conventions et des congrès.

Le renouveau du PS prendra corps dans les territoires, le national doit se nourrir de l’action locale des fédérations et des collectivités que nous dirigeons, il doit aussi se mettre au service des initiatives locales de refondation et de reconquête.

Les candidatures pour le poste de premier secrétaire se multiplient. N’y a-t-il pas un risque de reproduire les batailles de personnes que le parti a déjà connu par le passé ?

Il y a un risque. C’est précisément la raison pour laquelle je suis candidat aujourd’hui. J’ai le sentiment d’être celui qui, président de groupe à l’Assemblée depuis un an, a fait la démonstration qu’il pouvait rassembler et mettre au travail des gens très différents.

Depuis que je suis président, la délibération est collective, tous les talents peuvent s’exprimer, toutes les compétences sont valorisées. Il n’est plus question d’écarter les meilleurs parce qu’ils font de l’ombre. Voilà ma méthode, c’est celle que j’appliquerai au Parti socialiste.

Faut-il faire l’inventaire du quinquennat Hollande pour redresser le parti ?

Bien sûr. Il faut arriver à comprendre ce que les Français ont jugé. Quand on réussit, on est réélu ; sinon, c’est que quelque chose n’a pas été compris, ou pas accepté. Mais quand on dit « inventaire », on pense généralement seulement à la colonne « débit ». Il ne faut pas oublier la colonne « crédit ». Il n’y a d’avenir pour nous ni dans le dénigrement exclusif ni dans le déni.

François Hollande n’est donc pas le responsable de la débâcle ?

C’est facile d’imputer les choses à une seule personne. Notre responsabilité est collective. Il y aurait tellement à dire sur les comportements de chacun, sur ceux qui n’ont pas cherché le compromis ni respecté la règle majoritaire, ou qui l’ont fait seulement quand ça les arrangeait. Ceux encore qui ont considéré qu’ils pouvaient être candidats à des primaires et ensuite quitter le PS.

Quelles doivent être les relations du PS avec Benoît Hamon ? Et avec Jean-Luc Mélenchon ?

Pour l’instant, la question est plutôt posée aux personnes que vous évoquez, qui pour l’un a pour objectif la disparition du PS et pour l’autre vient de le quitter. Moi je dialoguerai avec tous ceux qui le souhaitent à gauche. Et je ne parle pas uniquement des chefs de parti : il faut discuter avec les Français qui se sont reconnus dans Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon mais aussi Emmanuel Macron.

Le PS doit-il être dans une opposition ferme ou constructive vis-à-vis d’Emmanuel Macron ?

Il faut être une opposition de gauche, responsable. Or il y a en ce moment un gouvernement qui n’est pas de gauche et une gauche qui n’est pas de gouvernement. A nous de redéfinir ce que peut porter une gauche de gouvernement.

Je revendique l’autonomie politique des socialistes. Nous n’avons pas à nous déterminer en fonction des uns ou des autres. Le signal de notre réussite sera demain notre capacité à faire vivre le débat national autour de nos propres positions.

Quelle est la prochaine grande échéance électorale pour le PS ?

L’objectif c’est qu’en 2021, au terme de la séquence électorale que sont les européennes, les municipales, les départementales et les régionales, nous soyons redevenus la première force politique à gauche. Après, je sais très bien que les échéances vont être difficiles, que nous ne sommes pas attendus. Pour réussir, nous devrons rassembler les socialistes, redevenir crédibles et porter des idées nouvelles.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/01/10/olivier-faure-le-ps-doit-devenir-un-parti-plateforme-ouvert-a-tous-sans-limitation_5239579_823448.html#io1AjGJY9ch3Dd9U.99

Le Monde – Olivier Faure réélu à la tête du groupe socialiste de l’Assemblée nationale

Le résultat du vote des députés socialistes est sans appel. Jeudi 22 juin, Olivier Faure a été réélu à la présidence du groupe PS de l’Assemblée nationale en obtenant 28 voix contre 3 pour Delphine Batho, l’ancienne ministre de l’écologie du gouvernement Hollande.

Le député de Seine-et-Marne dimanche, 48 ans, réélu dimanche avec 61 % des voix, avait été élu face à Guillaume Bachelay à la présidence du groupe PS en décembre 2016 pour succéder à Bruno Le Roux, quand celui-ci avait été nommé ministre de l’intérieur. Le groupe socialiste de l’Assemblée, qui comptait près de 300 membres dans la dernière législature, disposera seulement de 31 députés à l’issue des législatives des 11 et 18 juin.

Olivier Faure, qui a nommé Delphine Batho première vice-présidente, a annoncé que son groupe s’inscrirait dans l’opposition au gouvernement. Il a toutefois précisé que son groupe ne se situerait « ni dans l’obstruction, ni dans une forme d’opposition pavlovienne, ni dans une forme de robotisation de la pensée qui serait celle qui nous conduirait à être, d’ores et déjà, dans une majorité présidentielle ». Et d’ajouter, en citant certains points controversés de la réforme du code du travail ou de la fiscalité : « Nous allons nous définir par nos propositions. »

« Manuel Valls a choisi un autre destin »

Le député de Seine-et-Marne a ajouté que son groupe, qui devrait changer de nom, pourrait rassembler d’autres députés.

« Ceux qui partagent nos combats sont bienvenus mais nous n’avons pas la volonté d’aller chercher les uns et les autres, nous n’irons pas marchander »

Dimanche, Olivier Faure avait appelé les socialistes à « retrouver un discours qui puisse fédérer ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, ceux qui ont voté pour Benoît Hamon et ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron ».

Le député de Seine-et-Marne a par ailleurs écarté une adhésion de Manuel Valls à son groupe. « A ma connaissance, Manuel Valls a choisi un autre destin que celui que nous partageons, donc il a fait ses choix. »

Le groupe socialiste de l’Assemblée, qui comptait près de 300 membres dans la dernière législature, ne disposera plus que de 31 députés – apparentés compris – à l’issue des législatives des 11 et 18 juin.

Lien d’origine http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/22/olivier-faure-reelu-a-la-tete-du-groupe-socialiste-de-l-assemblee-nationale_5149432_823448.html#3mDPBRDyESMEJeZX.99

Le Parisien – A Sénart, Olivier Faure (PS) rassemble à gauche

Le Parisien 77
Pascale De Souza
12 mai 2017, 20h10
Moissy-Cramayel, ce vendredi. Olivier Faure (PS) et son nouveau suppléant, Paulin Roy (EELV) se disent prêts à « soutenir la politique de rénovation » du nouveau président de la République. « Ce qui n’aliène pas nos divergences », précisent-ils.

« Une alliance, qui donne une vision plus large de ce que peut être la gauche. Concilier la rationalité économique, le souci du social et les préoccupations écologiques. » C’est ce que veut symboliser l’alliance du PS et d’EELV dans la 11e circonscription de Seine-et-Marne (Sénart-Le Mée-sur-Seine), à travers la candidature d’Olivier Faure, le député (PS) sortant, et son nouveau suppléant, Paulin Roy (EELV).

Le premier, 48 ans, vise un deuxième mandat. « Car on peut encore beaucoup faire sur le territoire », explique-t-il, en citant en exemple les prolongements du futur Santépôle de Seine-et-Marne, en terme d’offre médicale et de soins de suite. Le second, 34 ans, a rejoint le parti écologique en 2010 et participé à la campagne des législatives 2012 comme webmaster. Salarié dans l’aviation civile, il est impliqué dans sa commune de Savigny-le-Temple (CCAS et commission d’accessibilité) et dans la vie associative (Croix-Rouge et Association française de l’Ataxie-Friedrich). Cette dernière porte le nom de la maladie dégénérative, qui l’a conduit dans un fauteuil roulant dès l’âge de 17 ans. « C’est un exemple d’optimisme, de courage, de volonté et de joie de vivre, vante Olivier Faure. C’est important dans un pays, qui a besoin de retrouver confiance et optimisme. »

« On a confiance en lui. C’est un député présent sur le terrain et avec qui on peut travailler », salue pour sa part Paulin Roy. « Nous avons plein de choses en commun », ajoute le jeune suppléant. Les deux hommes se retrouvent ainsi pour défendre le cadre de vie de leur territoire. Le développement de l’emploi, les transports, les services et commerces de proximité ou la transition énergétique font partie de leurs autres préoccupations communes, qui seront développées lors de leurs réunions publiques *.

(*) Première réunion publique à Savigny-le-Temple, le 23 mai, à 20 heures, au Millénaire, en présence de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.leparisien.fr

Election présidentielle : réaction

Communiqué de presse – La refondation

L’élimination du Parti socialiste du second tour de l’élection présidentielle est une terrible déception après avoir œuvré au redressement du pays. Nous subissons notre plus sévère défaite depuis 50 ans. Notre candidat Benoît Hamon a eu l’honneur d’en assumer la responsabilité mais nous devons chacune et chacun prendre notre part de cet échec collectif. Il est le fruit de la désunion et de l’autodestruction de la gauche pendant ces cinq années et qui l’a conduit à un nouveau désastre. Il faut tout reconstruire.

Notre premier défi est de favoriser le rassemblement de tous les électeurs socialistes, écologistes et républicains pour faire élire Emmanuel Macron face à la candidate de l’extrême-droite. Il y va de l’avenir de notre modèle démocratique et républicain. Mme Le Pen est l’héritière d’un parti qui fracturerait le pays et la conduirait à la faillite économique, sociale et morale. Ne croyons pas que cela sera aussi simple qu’en 2002. Le FN s’est enraciné et il faut que chaque citoyen s’engage résolument pour lui barrer la route. Ce sera notre ligne de conduite dans ce second tour comme aux élections législatives où nous oeuvrerons pour constituer un pôle de gauche capable de peser sur les choix du pays.

Au-delà, nous avons l’obligation de répondre au besoin de régénération qu’ont exprimé les Français. Le temps est venu pour le Parti socialiste de se refonder, refonder sa pensée, son organisation, ses méthodes. C’est ainsi qu’il a chaque fois surmonté les grands chocs de son histoire.

Je ne doute pas que nous y parvenions si nous savons retrouver le sens du collectif et que nous n’abandonnons pas ce qui fait le cœur de notre engagement : la République jusqu’au bout.

 

Lundi 24 avril, Olivier Faure était invité de la matinale de LCP.

Multimobility arrive sur Sénart !

Cette application va permettre dans un 1er temps de disposer de l’information sur le stationnement et très vite de croiser les informations en temps réel sur les bus et les RER. Ce nouveau service est le fait d’une start- up née en Seine et Marne.
Depuis 4 ans je les ai encouragés et accompagnés partout pour démarcher les pouvoirs publics et se faire connaître de tous les acteurs de la mobilité.
En France l’innovation est saluée partout mais il est redoutablement compliqué d’obtenir ses premières références. On aime l’innovation quand elle est produite par de grands groupes qui sécurisent. On aime le made in France surtout dans les discours.
Au XXème siècle la France a été championne du monde des parcmètres que nous avons exporté sur l’ensemble de la planète. Avec Parking Map c’est la technologie numérique qui prend le relais en offrant de nouveaux services.
À termes ce sont des milliers d’emplois. C’est pour cela qu’il était si important pour moi de leur permettre de trouver les moyens d’avancer, de prouver leur savoir faire et ensuite de conquérir de nouvelles collectivités.
Un jour on se rappellera que c’est à Sénart que tout ou presque a commencé….

 


Multimodality, l’application pour se garer plus… par leparisien

L’article complet du Parisien 77 est disponible ici.