Affaire Fillon – Dépêche AFP

PARIS, 1 fév 2017 (AFP) – La gauche est la cible « commode » de François Fillon, « candidat en sursis » à droite dont les accusations de complot sont « l’argument éculé de ceux qui n’ont plus d’arguments », a estimé mercredi le chef de file des députés socialistes Olivier Faure.

Alors que l’ancien Premier ministre et actuel député de Paris a imputé l’affaire autour d’éventuels emplois fictifs de sa femme Penelope à « un coup d’Etat institutionnel venu du pouvoir et de la gauche », le patron des députés PS a répliqué devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP) que « les théories du complot » sont « l’argument éculé de tous ceux qui n’ont plus d’arguments ».

« Ce sont les excuses maladroites d’un candidat peut-être en sursis dans son propre camp. Comme il a besoin (…) de ne pas laisser naître les complots pour un plan B, de trouver un adversaire commode qui serait la gauche parce qu’elle en serait bénéficiaire ».

Non seulement « nous n’avons jamais poussé les feux de cette affaire », a plaidé cet élu PS de Seine-et-Marne, mais « personne ne peut croire qu’il s’agisse d’un complot », « il y a une presse libre, qui fait son travail, comme pour tout candidat à la présidentielle ». Et « je préfère avoir face à nous au second tour François Fillon que Marine Le Pen », a-t-il observé.

Pour Olivier Faure, « plutôt que de chercher à noyer le poisson, François Fillon devrait faire une démonstration simple en fournissant les preuves d’un travail effectif: venir avec les milliers de mails dont il dispose sur dix ou quinze ans puisque sa femme a été sa collaboratrice, les rendez-vous auxquels elle a participé, l’agenda, la boîte mail… »

« Si on devait me demander que font mes propres collaboratrices, il me faudrait dix minutes pour aller dans leur bureau récupérer les disques durs et les fournir à la justice », a lâché le président du groupe socialiste élargi et membre de la commission des Finances.

Mais « si la preuve n’est pas possible, alors que François Fillon en tire les conséquences », a-t-il glissé, considérant que cela risquait d’être « de plus en plus difficile pour lui par rapport à la droite, qui craint de ne plus avoir un candidat en mesure de porter ses couleurs ».

Et « malheureusement, cette affaire salit la réputation de l’ensemble du monde politique », a déploré le chef de file des députés PS.