Dépêche AFP – La gauche est proche d’un « suicide collectif »

PARIS, 28 nov 2016 (AFP) – La gauche est proche d’un « suicide collectif », a estimé lundi sur LCP Olivier Faure, porte-parole du PS, en évoquant les déclarations ce week-end du Premier ministre suggérant sa candidature comme le président de l’Assemblée nationale.

« Nous sommes dans une situation assez inédite qui est proche de ce qu’on pourrait baptiser un suicide collectif », a indiqué le député de Seine-et-Marne, « si nous allons vers cela, il n’y aura pas de gauche au second tour (de l’élection présidentielle) et la gauche sera éliminée pour longtemps », a-t-il ajouté.

Que François Hollande et Manuel Valls participent tous deux à la primaire de la gauche, « cela me paraît tout à fait impossible, cela conduirait l’un et l’autre à l’échec. Peut-être y a-t-il des pulsions suicidaires parfois chez certains de nos dirigeants », s’est-il interrogé.

Quant à la déclaration de Claude Bartolone suggérant ces deux candidatures, pour Oliver Faure, « c’est du jamais vu. Voir le 4e personnage de l’Etat proposer une crise institutionnelle, mais où va-t-on ? ».

En évoquant une candidature Hollande, le député a estimé qu' »en démocratie, il n’est pas illogique que celui qui a conduit au premier plan la réforme du pays soit comptable de ce qu’il a réalisé et qu’il soit le candidat à l’élection présidentielle ».

François Hollande « doit réfléchir à émettre des signaux qui soient des signaux clairs et rapidement rendre sa décision publique. La montée en puissance des pressions n’aide pas à ce que le président se déclare vite dans la mesure où il aura la tentation de ne pas céder à la pression », a ajouté le député.

« On est dans un jeu dangereux, irresponsable, j’appelle chacun à cesser ces petits jeux, ces jeux d’ego qui ne mènent nulle part et mènent à la déroute », a-t-il insisté.

Proposition LR de destitution de Hollande : signe de « trumpisation » de la droite

Dépêche AFP – La proposition de résolution LR visant à la « destitution » de François Hollande est la démonstration d’une « trumpisation progressive de la droite française » comme le fait d’entendre un ex-président « devenir vendeur de frites », a dénoncé mardi le vice-président du groupe PS à l’Assemblée Olivier Faure.

« La grande spécialité des Républicains, c’est de faire beaucoup de bruit et d’alimenter un brouhaha médiatique qui n’a pas grand sens et qui est surtout la démonstration d’une trumpisation progressive de la droite française », a estimé M. Faure au cours d’un point de presse après la réunion du groupe socialiste.

Il évoquait la proposition soutenue mardi par le groupe LR pour une « destitution » du chef de l’Etat, vu la divulgation d’informations que la droite considère comme secrètes et touchant la sécurité nationale.

« Le sujet sur lequel ils attaquent aujourd’hui le président de la République en est la démonstration absolue: les mails d’Hillary Clinton aux Etats-Unis, en France une supposée forfaiture, une haute trahison sur des motifs qui restent largement à démontrer », a-t-il dit.

Il a notamment souligné que le président avait « simplement confirmé », dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça… », l’existence d’opérations homicide contre des terroristes, la droite faisant « preuve d’une grande naïveté » en laissant penser qu’elle découvre leur existence.

« Ce matin le groupe a exprimé sa solidarité et souhaité faire face à cette campagne de calomnies qui en réalité abaisse la fonction présidentielle », a-t-il poursuivi.

« Cette initiative n’a aucune possibilité d’aboutir », mais « ce cirque médiatique » aura pour seul effet de « valoriser » l’extrême droite, a-t-il estimé.

Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg a également considéré qu' »on ne peut pas dire que les faits évoqués relèvent d’un manquement du président au devoir de sa charge. C’est tout à fait excessif, ce n’est pas dans cet esprit-là qu’a été rédigé la procédure sur la destitution ».

M. Faure a aussi fustigé les propos tenus lundi soir à Neuilly (Hauts-de-Seine) par Nicolas Sarkozy sur les menus de substitution dans les cantines. « Entendre un ancien président de la République devenir vendeur de frites, moi ça me désole », a-t-il dit. « Laisser penser que la fonction présidentielle puisse être exercée par quelqu’un qui parle sur un sujet aussi grave celui du vivre ensemble en proposant double ration de frites pour toutes celles et ceux qui ne mangent pas de porc, ça n’est pas digne de la fonction, ça n’est même pas digne de l’opposition. »

Voir aussi l’intervention d’Olivier Faure dans BFM Story