Chronique de campagne européennes 3

Etrange campagne.

Elle a d’abord mis un temps fou à démarrer. Et puis les premiers arguments dégainés, voilà que nous en sommes déjà à commenter les résultats! Les journaux fleurissent de commentaires sur leurs effets supposés sur les carrières des uns et des autres. L’UMP aurait gagné. Le PS ne se se relèverait pas de ses divisions et Martine Aubry serait menacée par un destin à la Rocard. Bayrou aurait réussi son pari et cavalerait flamberge au vent jusquà la prochaine présidentielle. J’exagère à peine.

Ce scénario c’est celui que vendent les spin doctors de l’Elysée. Ils sont tellement pressés d’enjamber le scrutin européen, qu’ils répandent les rumeurs sur le prochain remaniement. L’effet médiatique recherché est double :

  • Accréditer l’idée que prochain évènement important de la vie politique c’est le jeu de chaises ministérielles qu’organise Nicolas Sarkozy, pas le vote du 7 juin.
  • Distiller le nom de Claude Allègre pour démobiliser au passage les électeurs socialistes, écoeurés de voir les vieilles gloires se vendre pour pas cher.

Aucun média ou presque ne rappelle que la droite est historiquement faible. Que l’UMP, seul parti à soutenir son action est en dessous de 30%

Etrange campagne aussi parce qu’en quinze jours, les médias compriment le travail qu’ils répugnent à faire, au quotidien. Qui rend compte du travail parlementaire à Strasbourg ou à Bruxelles? La plupart des journaux n’ont même pas de correspondant permanent pour suivre l’actualité européenne !

Coment s’étonner dès lors qu’aux tracts que nous distribuons, les passants nous répondent trop souvent par un sourire poli : « c’est courageux de faire ce que vous faites, mais franchement cela nous indiffère« . En quelques secondes, il faudrait tout à la fois rappeler le fonctionnement de nos institutions européennes, faire le récit de cinq ans de mandat, et énoncer les principales propositions clivantes…

Alors, en courant derrière les unes et les autres, à la sortie d’un RER, sur le parking d’un supermarché, la devanture d’une boulangerie, nous essayons de vous dire que si le 7 juin l’alternance joue, la gauche mettra en place un bouclier social pour les salariés, les chômeurs, les retraités. Il comprendra notamment :
– Un salaire minimum dans chaque pays européen pour stopper les délocalisations
– Une directive pour empêcher les licenciements boursiers ;
– Une « clause de progrès social » pour qu’aucune directive ne puisse affaiblir nos droits sociaux ;
– Une directive cadre pour protéger les services publics.

Et cela ne vaudrait pas la peine de se mobiliser?

Chronique de campagne élections Européennes 2

Mardi 15:00 Assemblée nationale. Séance des questions au gouvernement. Au 1er rang du banc des ministres, le tandem Dati-Barnier. Aucun des deux ne semble très pressé de sortir de sa peau de ministre pour entrer dans celle de candidat. Bruxelles est encore synonyme d’exil et de punition à l’UMP…

Mardi 16:15 Vote solennel sur la loi Hadopi. Cette fois les boulons ont été vissés. Pas question pour la majorité de se faire à nouveau déborder. Pourtant 44 députés UMP refusent de jouer les godillots et s’abstiennent. Ces 44 là savent que leur patron JF-Copé se moque du monde lorsqu’il dit que l’amendement Bono adopté au Parlement européen (par 407 voix et qui contredit Hadopi) est le résultat d’une « manip » des socialistes. Au Parlement européen, la gauche est minoritaire. Il a fallu une bonne part des voix de la droite pour que soit votée l’obligation de passer par l’autorité judiciaire lorsque l’on veut couper un abonnement Internet. Il faut toute la démagogie de la droite française et le soutien objectif des majors et des grands médias (TF1 ne s’en cache pas) pour laisser croire aux artistes que cette loi est une réponse au téléchargement illégal. A ceux qui se demandent à quoi sert le Parlement Européen, voilà une réponse : à corriger les erreurs du gouvernement français sur Internet. Pour le prochain round, la discussion avec le conseil de l’Union, mieux vaudrait des députés anti Hadopi en nombre. A bons entendeurs…

Mercredi 19:30 Paris. Cirque d’hiver. La salle est comble. Jeunes et vieux militants sont venus. les drapeaux virevoltent. Les intervenants expriment dans leur diversité ce que les socialistes portent dans cette campagne. Pourtant, il manque quelque chose. Ce quelque chose est exprimé en creux par ce slogan cent fois scandé par la salle : « tous ensemble, tous ensemble, socialistes« ! La recherche obsessionnelle de l’unité couvre nos propositions pour ce scrutin.

Vendredi 20:00 Brie Comte Robert. Salle de « la clé des champs ». Le mouvement européen 77 a invité les candidats seine-et-marnais. Seule l’UMP a jugé inutile de venir. Pas même un représentant. On ne peut dire mieux son mépris pour le débat européen. Quel cynique jeu de rôle entre Bruno Lemaire, ministre des affaires européennes qui se désole de l’abstention prévisible et l’UMP qui se méfie d’une participation qui pourrait tourner au vote sanction de deux années de politique de Nicolas Sarkozy…

Samedi 21:00 Moscou, concours de l’Eurovision. Il n’y a pas qu’en politique que les sondages ne sont pas prédictifs… Patricia Kaas était – parait-il – favorite pour ce tour de chant, elle n’est arrivée que 8ème. Décidément l’Europe ce n’est pas « la France en grand » comme le proclamait autrefois les affiches du RPR lorsque ses dirigeants voulaient faire avaler la pilule de l’Union à leurs électeurs réticents. Les Européens ne s’inclinent pas spontanément devant le « génie français« . L’Europe c’est un ensemble de 27 pays qui demandent à être traités à égalité d’égards et de dignité. La remarque vaut pour de nombreux politiques français, avec une spéciale dédicace toutefois pour Nicolas Sarkozy dont la présidence fût un modèle d’autopromotion.

Dimanche 11:00 Champs sur Marne, parking de Carrefour Pyramides. Nous tendons nos tracts aux passants. Ce serait beaucoup dire que nous suscitons un grand intérêt. Il faut se battre pour convaincre chacun-e de l’intérêt de l’élection européenne. Sur toutes les lèvres : « la crise est là, vous ferez tous pareil« . Répéter et répéter encore. Non, une majorité de gauche ne ferait pas la même chose. Cete crise n’est pas venue par hasard. Elle est la conséquence d’une politique ultra libérale conduite de Reagan jusqu’à Bush aux Etats-Unis. Les derniers partisans de Bush en Europe s’appellent Barroso, Berlusconi et Sarkozy… Les américains ont choisi il y a un peu plus de 100 jours B. Obama. L’Europe aussi a droit à l’alternance le 7 juin.

Votez pour le « Manifesto » (chronique Européennes. J – 30)

A droite, les listes ne sont complètes que depuis hier. Un mois jour pour jour avant le scrutin. La campagne pour les élections européennes va peut-être enfin commencer.

Cela fait quinze jours que je parcours la Seine et Marne pour éveiller à l’intérêt du vote le 7 juin prochain. C’est peu dire que la campagne ne mobilise guère pour le moment. Partout l’ignorance et l’indifférence. C’est pour cela que la désinvolture de Rachida Dati le 23 avril, lorsqu’elle a montré le peu d’intérêt qu’elle portait à une assemblée où elle est appelée à siéger, est véritablement coupable. Difficile d’accepter que l’Europe soit ainsi traitée. Comme un vulgaire parachute doré pour Ministre en torche.

Je suis candidat sur la liste socialiste en Ile de France, liste conduite par Harlem, Pervenche et Benoit, tous les trois députés sortants aux solides états de service. Je suis en onzième position. Ce qui signifie qu’il faudrait sans doute près de 90% des voix pour que je sois élu… Si j’ai voulu cette place non éligible (comme il y a cinq ans), c’est parce que je suis un militant. Je crois à cette formidable avanture humaine qu’est l’Europe. Comme tous, il m’arrive d’être solidement ébranlé par les politiques conduites, mais justement jamais par la nécessité de construire l’Europe. Ce qui ne va pas en Europe, c’est la majorité qui la dirige. Cette majorité qui de directive Bolkestein,  en directive temps de travail, cherche à libéraliser, à déréguler et hélas à déshumaniser aussi parfois (directive retour).

L’élection au Parlement Européen a un impact sur nos vies. C’est en Europe que se décident les durées maximales hebdomadaires du travail, c’est en Europe que peuvent s’inventer les nouvelles règles pour encadrer le marché, c’est l’Europe qui seule est à même de prendre la dimension du désastre écologique.

Certains vous diront : « A quoi bon? la crise est là. Les européennes qu’est-ce que cela va changer« ? C’est ceux-là justement qu’il faudra convaincre que la crise économique, financière et sociale ne rend pas négligeable mais incontournable cette élection.

Les socialistes des 27 Etats membres se sont rassemblés autour d’un programme unique « le manifesto ».

Je reviendrai régulièrement au cours des prochaines semaines sur nos propositions très concrètes. Je veux aujourd’hui simplement insister sur cette formidable opportunité. Seuls les partis du « manifesto » ont fait ce travail commun. Eux seuls peuvent demain constituer l’épine dorsale d’une nouvelle majorité qui change l’Europe.

Le projet européen doit aujourd’hui trouver un nouveau souffle. Social. Qui d’autres que les socialistes peuvent y conduire?

Le débat interdit

Voilà une histoire que vous ne lirez nulle part ailleurs. Une histoire où la gauche a des idées, un projet et n’est pas déchirée. Une histoire qui n’intéresse donc pas les rédacteurs en chef.

Mardi 29 avril. 11 heures. A l’intérieur de la cour de l’Elysée, les journalistes attendent la sortie du conseil des ministres. Dehors un camion que le groupe socialiste a loué. Sur ses flancs, une adresse à Nicolas Sarkozy : « Monsieur le Président, trouvez-vous normal que les boucliers ne protègent que les riches? » Le premier tour de l’Elysée achevé, la police reçoit la consigne du cabinet du Chef de l’Etat de stopper le véhicule, à l’écart. Les collaborateurs du groupe rappellent aux forces de l’ordre que le code de la route n’a pas interdit les abords du palais aux camions publicitaires. Peu importe. Un long contrôle d’identité commence, le temps que les journalistes partent.

Le camion publicitaire a pour objet d’annoncer les propositions de lois socialistes débattues le lendemain à l’assemblée nationale.

Mercredi 30 avril. 9h30. A l’intérieur de l’hémicycle plus de deux cent cinquante députés présents un jeudi matin pour débattre des mesures du PS. La veille du 1er mai, le groupe socialiste dispose, pour une journée, de la maîtrise de l’ordre du jour de l’assemblée nationale. Les socialistes ont décidé d’utiliser cette opportunité pour que le débat démocratique puisse avoir lieu dans notre pays sur l’ensemble des rémunérations. C’est-à-dire celles des dirigeants d’entreprises cotées, mais aussi celles des millions de salariés qui n’ont souvent d’autre horizon que celui du gel de leurs salaires.

Ainsi le 1er débat autour de la proposition de loi «hauts revenus et solidarité » permet de poser les bases minimales d’une politique concernant les hauts revenus, bases sans lesquelles les fondements même de la cohésion nationale sont menacés.  Il est d’abord nécessaire de mettre un terme à la protection indécente dont disposent les plus gros patrimoines,  il est ainsi proposé :
–    L’abrogation du bouclier fiscal
Il est ensuite nécessaire de contrôler drastiquement l’usage de l’argent des contribuables lorsque l’Etat participe à la recapitalisation d’une entreprise. Ainsi il est suggéré :
–    le plafonnement des salaires des dirigeants d’entreprises aidées
Au-delà, il est indispensable de mettre fin au chapelet de scandales dévoilés ces dernières semaines sur les avantages disproportionnés que se sont accordés certains dirigeants d’entreprises. Ainsi il est demandé :
–    la suppression des stocks options sauf pour les salariés des entreprises de moins de cinq ans,
–    la suppression des parachutes dorés,
–    la limitation des retraites chapeaux.
–    La transparence des rémunérations des dirigeants d’entreprises
–    Le plafonnement entreprise par entreprise des rémunérations des dirigeants

La seconde proposition de loi « augmentation des salaires et protection des salariés et des chômeurs » a pour objet de remettre la question salariale au cœur du débat public, de privilégier les dispositifs de création d’emploi et de garantir l’indemnisation, la reconversion et le suivi de ceux qui basculent dans le chômage. Il est ainsi proposé :
De contribuer à l’augmentation des salaires par le :
–    Conditionnement du maintien des allègements de cotisations sociales patronales à la conclusion effective d’accords salariaux annuels
De soutenir la création d’emplois par la :
–    Suppression des dispositions rendant les heures supplémentaires moins onéreuses que les « heures normales » et conduisant à la destruction ou à la non-création d’emplois
De protéger et accompagner vers l’emploi les chômeurs par :
–    Augmentation des protections des salariés licenciés (indemnisation, formation, notamment généralisation sur l’ensemble du territoire du contrat de transition professionnelle)
–    Prolongation exceptionnelle de l’indemnisation des précaires (Interim, CDD), premières victimes de la crise.

Jean-François Copé qui n’est plus qu’amertume depuis le vote surprise sur la loi Hadopi, écume. Alors que cela ne s’est jamais produit sous la 5ème République pour une proposition de loi, l’ambitieux président du groupe UMP a voulu soumettre au vote une motion interdisant de poursuivre le débat. Après des échanges houleux, une passe d’armes d’anthologie avec Jean-Marc Ayrault, une suspension de séance a été demandée par les socialistes pour permettre à la conférence des présidents de se réunir. Elle ne s’est jamais réunie, mais pendant cette demie heure de réflexion, les députés UMP ont passé leur patron sous la douche. Ils lui ont demandé de mettre la pédale douce et de ne pas alimenter par ses provocations une tension désormais palpable.

Ce recul de Copé ayant pour effet de prolonger le débat, le gouvernement a annoncé un vote bloqué sur les articles et amendements, mardi prochain, jour du vote solennel. Le débat s’est donc poursuivi, mais sans votes. Le gouvernement a ainsi organisé l’absentéisme des députés UMP qui ont pu déserter l’hémicycle sans crainte d’être mis en minorité. En pleine polémique sur l’absence chronique de certains élus, les élus UMP sont partis en week-end plutôt que d’assumer la confrontation politique. Honteux, non?

Le problème de la droite, c’est qu’elle a un problème culturel avec la démocratie parlementaire qu’elle juge superflue. C’est le cas de Sarkozy. Ce n’est pas différent avec Copé partisan d’une « coproduction législative » qui n’a au delà des mots, jamais connu aucune traduction concrète. JF Copé voudrait incarner l’alternative à droite à N. Sarkozy. Il n’en est que la réplique.

Triste pays où la majorité n’assume pas le débat avec son opposition. Triste pays où les syndicats sont méprisés le 1er mai. Triste pays où monte la radicalité parce que le dialogue est rendu impossible par une conception personnelle du pouvoir. Triste pays où ce sont les riches que l’on protège et les plus pauvres que l’on stigmatise. Triste pays que celui que dirige Nicolas Sarkozy depuis près de deux ans.

Judas, le boxeur et les bénévoles

Mardi 13 :30. Mon téléphone vibre. Un nom s’affiche. Un nom que je lis trop souvent ces derniers jours. Un nom qui me vient d’un passé décomposé. Un nom qui rime avec trahison.

La dernière fois que nous nous étions parlé, Eric Besson venait de franchir le Rubicon. C’est moi qui l’avais appelé parce que dans la presse, il répétait sans honte que le pamphlet qu’il avait signé sur le candidat Sarkozy lui avait été imposé par la direction du PS. Je savais pour en être témoin, qu’Eric avait voulu, seul, écrire ce brûlot. Il ne voulait partager avec personne le titre envié de meilleur opposant à Nicolas Sarkozy.

Trahison, indécence, mensonge. Je pris mon téléphone. Au bout du fil, les explications furent aussi brèves que confuses – « je te rappellerai, je n’ai plus de batterie ». Trahison, indécence, mensonge… j’ajoutais lâcheté.
Il ne me rappela évidemment jamais. Jusqu’à mardi, jour où il apprit que les socialistes prévoyaient de l’interroger lors de la séance des questions au gouvernement. Il avait fallu la peur (celle d’être pris au dépourvu) pour que mon téléphone sonne à nouveau.

Je n’ai pas pu décrocher. Qu’aurais-je pu lui dire sinon mon dégoût.
Changer de camp par blessure d’orgueil, passe encore. Transgresser toutes les valeurs morales, tous les principes éthiques qui ont fondé un engagement, il y a de quoi vomir.

Il y a quelques semaines, c’était l’appel à la délation et maintenant c’est le déclanchement d’une polémique artificielle avec Philippe Lioret, le réalisateur du film WELCOME. Cette attaque grossière a pour seul objet de détourner l’attention de l’opinion publique de cet article L622-1 (*) qui menace toute personne qui aura aidé directement ou indirectement un étranger en situation irrégulière, d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 Euros.

Cette disposition est une épée de Damoclès au dessus de celles et ceux qui placent leur part d’humanité au dessus de toute légalité.
Je veux dire ici combien me révolte l’attitude d’un ministre qui légalise un sans-papier quand il devient champion de boxe, mais criminalise les bénévoles qui servent un bol de soupe à la cohorte des perdants. L’immense colonne de ceux qui – hommes, femmes, enfants – ont tout abandonné et tout perdu.
Le respect du droit n’implique pas l’abandon de toute solidarité, ni de toute fraternité. Ces valeurs sont notre histoire. Elles étaient la seule source de lumière et de chaleur quand la nuit s’est abattue sur le ciel de notre Europe.

Si j’étais ministre de l’identité nationale c’est ce que je m’efforcerais de ne jamais oublier.

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(*) du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Merci !

Dimanche 9 mars.
La journée commence par une longue attente. Celle des campésiens qui comme tous les franciliens mettent un peu de temps à venir déposer leur bulletin dans l’urne. Pour ceux qui n’ont jamais tenu de bureau de vote ni mené campagne, je le confesse : des isoloirs vides c’est crispant et surtout très décevant.

Pas moins éprouvant pour les nerfs, les électeurs qui donnent le sentiment d’hésiter devant les panneaux électoraux. On les suit du regard… sur quelle affiche vont-il s’arrêter? Et dire que l’on a même pas le droit de leur parler pour les inciter à faire « le bon choix« .

Le summum, c’est la première centaine de bulletins que l’on dépouille. Celle qui indique une tendance. Celle où l’on estime ce que pourra être le résultat final. A chaque nouvelle dizaine d’enveloppes ouvertes on se prend à y croire ou au contraire à désespérer.

Vient enfin le moment de la délivrance. Celui du résultat. Hier soir, il fût sans appel. La liste de la gauche unie conduite par Maud tallet l’a emporté avec le score historique de 63,53% des voix.

Merci infiniment à toutes celles et ceux qui nous témoigné de leur confiance par ce vote.
A nous de nous en montrer digne pendant ces six prochaines années. Merci encore.

A demain ; et surtout n’oubliez pas, à Champs, il n’y a qu’un seul tour !

La campagne électorale des municipales se termine à Champs sur Marne. Il n’y aura qu’un tour puisqu’il n’y a que deux listes.

A partir de minuit, les derniers colleurs devront ranger leurs pinceaux et leurs affiches, et les bloggueurs abandonner leurs claviers.
Afin d’éviter toute contestation, ce blog ferme donc ses portes pour quelques longues heures. Celles pendant lesquelles vous serez très nombreux, j’espère, à vous rendre aux urnes (avant 18h).

Merci à toutes et à tous, qui avez pris de votre temps pour lire ou contribuer au débat sur ce blog. Vous êtes sans cesse plus nombreux. c’est un réel plaisir de vous accueillir sur ces pages.

A vous de voter maintenant et de nous départager.

A lundi.

Bien à vous,

Olivier FAURE

le pouvoir est sourd, votez plus fort !

Dans le Figaro d’hier le président de la République annonce la couleur : quoi qu’il se passe, il maintiendra le cap qu’il s’est donné. Après avoir dans un premier temps cherché le plébiscite de sa politique au travers de ces élections intermédiaires, voilà en tout cas un vrai virage à 180°.

L’interprétation de ces résultats ne pourra en réalité se limiter au commentaire de 36 000 choix locaux. Le fait que le renouvellement des équipes ait lieu simultanément dans les 36 000 communes donne incontestablement une valeur nationale au scrutin. Certes, il existe des maires de gauche qui réussissent l’exploit de se faire préférer dans des villes dominées électoralement par la droite lors des scrutins nationaux. L’inverse est également vrai. Il n’en demeure pas moins que depuis la libération , ces élections ont toujours permis de capter les tendances politiques lourdes dans le pays. Les alliances en 1971 précédèrent la bipolarisation de la vie politique. La victoire spectaculaire de la gauche en 1977 ouvrit la voie à celle de 1981. L’année 1983 marqua le recul net de la gauche et l’émergence du FN. Les victoires à Paris et Lyon masquèrent opportunément le reflux électoral de la gauche en 2001.
Jusqu’ici, les municipales qui eurent lieu dans l’immédiat après présidentielle, confirmèrent le soutien au pouvoir en place. Ce fût sensible en 1989, moins net, mais réel en 1995.
Une défaite claire de la droite les 9 et 16 mars, neuf mois après une victoire large, serait aussi inédite que peut l’être la situation politique actuelle. Le signal donné serait puissant. Il n’est cependant pas acquis. La chute brutale de popularité de Nicolas Sarkozy dans les sondages annonce dit-on une démobilisation de son électorat. Sans doute. Mais la multiplication de sondages favorables à la gauche peut avoir le même effet sur nos électeurs. Or, il suffira que la débâcle annoncée ne soit pas aussi forte pour que le Président cherche à reprendre la main en relativisant des résultats dont l’exégèse serait moins facile.

Il faut donc en cette fin de campagne jeter toutes nos énergies dans la bataille pour rappeler le double sens que prendra le scrutin de mars. Au plan local, toutes nos victoires permettront d’amortir la brutalité de la politique nationale. Au plan national, la sanction du pouvoir en place créera le rapport de force nécessaire pour éviter au pays un nouveau tour de vis, prévisible du fait même de l’état des finances publiques après le vote du « paquet fiscal ».

S’agissant de la dimension locale du vote, chaque bulletin déposé en faveur de la gauche aura pour effet protéger nos concitoyens face aux décisions prises par le gouvernement. Quel que soit la ville, partout les candidat(e)s de gauche portent la même volonté, celle d’agir :

• pour la réussite éducative de tous, en offrant une prise en charge éducative qui dépasse le temps scolaire,
• pour le développement durable en intégrant cette démarche dans tous les choix d’investissement et en développant les transports en commun en site propre,
• pour le logement, en oeuvrant à la diversité sociale dans nos villes,
• pour de nouvelles solidarités en multipliant les actions d’insertion ou en en garantissant une présence médicale, notamment dans les zones rurales et les quartiers populaires,
• pour la sécurité de chacun en revendiquant le rétablissement d’une police de proximité mais aussi en créant les postes de médiateurs ou des dispositifs d’aide aux victimes,
• Pour le maintien des services publics locaux,
• Pour la démocratie locale en favorisant la vie associative et en approfondissant les formes nouvelles de démocratie participative.

Chacun de ces engagements porte la condamnation de la politique menée par Nicolas Sarkozy, tant la contradiction apparaît flagrante entre ce que nous voulons faire et ce que nous observons aujourd’hui.

Le vote dimanche prochain ne sera pas seulement l’occasion d’une sanction, ce sera aussi la possibilité d’apporter la preuve d’une politique alternative. Aujourd’hui dans les territoires. Demain dans l’ensemble du pays.

Tous les arguments ne se valent pas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le débat politique sort parfois des rails. L’anonymat du net favorise la diffusion de rumeurs ou d’arguments qui n’en sont pas. Il y a quelques jours je m’étonnais de la façon dont certains militants de l’UMP utilisaient plusieurs pseudos pour chercher à créer une impression de masse.
Cette fois je découvre avec tristesse de nouveaux messages qui cherchent à dégrader l’image de notre maire. Je lis avec effroi certains messages détailler revenus et mètres carrés de Maud Tallet. Comme si pour être communiste ou à gauche il fallait forcément être pauvre et locataire.
C’est ignorer toute l’histoire de la gauche qui a vu d’innombrables fils de famille de Jaurès à Blum ou Mendès choisir le camp de la gauche sans que cela corresponde à leur intérêt personnel. ce fût leur grandeur d’épouser les combats d’une classe ouvrière à laquelle ils étaient, par leur naissance, étrangers.

J’ajoute que si on devait adhérer à cette thèse étrange qui prédéterminerait le vote de chacun en fonction de son milieu social, la droite ne serait jamais majoritaire à aucune élection… A méditer.

Les arguments préhistoriques de Chantal Brunel

La dernière ligne droite de la campagne donne quelques sueurs froides à la droite. Le climat national n’est pas très bon, c’est un euphémisme… Il n’y a plus guère que le carré des fidèles pour penser que le « président du pouvoir d’achat » tient ses promesses. Seuls quelques courageux continuent à se revendiquer de lui. Sur les affiches de madame Brunel en juin, s’étalait le nom de Nicolas Sarkozy en lettres de feu. Celles de monsieur Dubois cherchent à faire oublier jusqu’à l’appartenance à l’UMP et la liste masque son identité derrière le mot « ouverture« .

L’inquiétude et la tension montent sensiblement ces derniers jours. Mercredi, la droite tenait meeting chez nos voisins à Emerainville. Le Parisien dans son édition de vendredi décrit une Chantal Brunel survoltée qui a même quelques difficultés à conserver le sens commun. Elle décrit les élus de gauche du Val Maubuée comme « ultra sectaires« , ce qui pour le coup est une belle preuve de sectarisme ! La députée UMP appelle à faire battre la « dinosaure » Maud Tallet. On se serait attendu à plus de hauteur de vue… Tout se passe comme si, privée d’arguments, la droite locale se repliait sur ses vieilles lunes et abandonnait toute nuance. Elle ressort ses comtes pour enfants: « Attention si tu n’es pas sage les vilains communistes t’emmèneront au goulag à la sortie de l’école« . Les colistiers de monsieur Dubois font même courir le bruit de la présence de Lutte Ouvrière sur la liste PC-PS-Verts et apparentés pour tenter de la discréditer. Mais « Qui a peur du grand méchant loup ? »

La vérité est très différente. Les brontosaures ne sont pas toujours là où on les cherche. La « camarade Tallet » a été distinguée pour sa gestion communale dans le journal de la presse bourgeoise et capitaliste, Challenges. Les impôts locaux n’ont pas progressé au cours de la dernière mandature. 708 entreprises ont élu domicile sur le sol campésien et nourrissent directement plus de 8000 salariés… A en perdre son latin.

Le même soir, Chantal Brunel, décidemment très en verve, a comparé les villes de gauche du Val Maubuée au « petit village gaulois qui résiste« . Je crains pour tous ceux qui l’écoutent un triste réveil les 9 et 16 mars prochains.
En effet, ce n’est pas un village qui résiste madame, c’est le pays tout entier !