Flagrant déni

Dimanche soir un ministre, visiblement agacé, a vendu la mèche. En sortant de l’Elysée, il a livré « off the record » aux journalistes présents les argumentaires qu’il était prié de réciter sur toutes les antennes.  Ainsi dès 19 heures, les estimations des instituts de sondages n’étaient pas encore connues du grand public, mais les radios délivraient déjà les « éléments de langage » de l’UMP transformant une bérézina en quasi-victoire… A 20 heures personne ne fût donc surpris par le discours délivré par les porte-paroles de la droite.

L’air est connu. Il a été chanté par bien des perdants. Mais à ce point… Quel est le résultat observable de ce premier tour de scrutin : une majorité rose rouge verte qui se dessine dans l’ensemble des régions, l’UMP et le nouveau centre qui représentent à peine le quart des Français, le Front National qui enraye son recul historique et même retrouve des scores très inquiétants en PACA et dans le Nord-Pas de Calais, une abstention massive qui touche d’abord les électeurs du président. Dit autrement, la politique d’ouverture a fait long feu, la stratégie du parti unique de la droite a échoué, le siphonage des électeurs du FN s’est au minimum interrompu après un catastrophique débat sur l’identité nationale, la déception est immense parmi les électeurs du sarkozysme, notamment dans les classes populaires qui avaient été séduites par le slogan « travailler plus pour gagner plus« .

Ce matin en écoutant Xavier Bertrand sur France Inter débiter pour la neuf cent quatre vingt dix neuvième fois les mêmes fiches préparées par le bon Dr Guéant, je ne savais plus si je devais rire ou pleurer. A se demander si le secrétaire général de l’UMP n’a pas été secrètement appointé par Martine Aubry pour assurer l’abstention massive des électeurs de droite au second tour. Même le Figaro de ce matin aborde sans fard les enseignements du 1er tour « c’est dans l’Est et les départements qui avaient le plus voté Sarkozy en 2007 que les électeurs ont davantage boudé les urnes. » Citant Jérome Fourquet de l’IFOP le journaliste souligne que  » le parti de Jean-Marie Le Pen regagne du terrain en dépit de l’abstention et non à cause de l’abstention. » Plus loin, sous la plume de Sophie Huet on découvre la sociologie du vote d’après une enquête Opinion way qui fait apparaître que même chez les plus de 60 ans, seuls 38% ont voté UMP contre 65% au second tour de la présidentielle de 2007. On ne saurait dire ni mieux ni davantage.

A nier le message adressé par les Français et singulièrement par une part des électeurs de droite, les stratèges de l’UMP s’exposent à ce qu’il leur soit répété avec plus de force encore dimanche prochain.

Comme je ne peux imaginer que les dirigeants de l’UMP soient totalement « manchots » – ils l’ont prouvé par le passé – je me rabats sur une explication psychologique dont je vous laisse apprécier la pertinence.

Le déni de réalité est en psychologie « un des multiples mécanismes de défense dont le moi dispose pour se préserver de l’angoisse. Son fonctionnement consiste à nier la réalité perçue. Lorsque ce mécanisme est utilisé par le sujet, celui-ci transforme inconsciemment la signification des faits qu’il perçoit, car ses perceptions sont cause d’angoisses. La réalité perçue est niée et à elle se substitue un monde imaginaire, plus confortable. Nous le retrouvons aussi dans la schizophrénie, dans laquelle le sujet vit dans un monde imaginaire, où il peut satisfaire, par exemple, son désir de toute puissance. »

No comment…

Résultats Ile de France, Seine et Marne, Champs sur Marne

Résultats 1er tour élections régionales en Ile de France
Nombre       Inscrits %     Votants %
Inscrits                6 764 464
Abstentions        3 795 226        56,11
Votants                2 969 238      43,89
Blancs ou nuls    80 016               1,18                 2,69
Exprimés             2 889 222       42,72               97,31

Liste conduite par                                               Voix          %
Mme Valérie Pécresse (UMP-NC)               802 096    27,76
M. Jean-Pierre Mercier (LO)                           18 286    0,63
Mme Marie-Christine Arnautu (FN)           268 313    9,29
Mme Cécile Duflot (Europe Ecologie)        479 039    16,58
M. Alain Dolium (MoDem)                            114 984    3,98
M. Jean-Marc Governatori (ECO)                 40 371    1,40
M. Pierre Laurent (FG)                                   189 187    6,55
M. Axel de Boer (DVD)                                    24 686    0,85
M. Jean-Paul Huchon (PS)                           729 861    25,26
M. Nicolas Dupont-Aignan (DLR)                119 835    4,15
M. Olivier Besancenot (NPA)                         90 322    3,13
M. Almamy Kanoute (DIV)                              12 242    0,42

Résultats en Seine-et-Marne

Nombre          % Inscrits          % Votants
Inscrits                   812 494
Abstentions            475 850            58,57
Votants                   336 644             41,43
Blancs ou nuls           10 471              1,29                    3,11
Exprimés                 326 173            40,14                 96,89

Liste conduite par Voix        %
Mme Valérie Pécresse (UMP-NC)              85 900    26,34
M. Jean-Pierre Mercier (LO)                          2 592    0,79
Mme Marie-Christine Arnautu (FN)          43 384    13,30
Cécile Duflot (Europe Ecologie)                  46 922    14,39
M. Alain Dolium (MoDem)                           12 859    3,94
M. Jean-Marc Governatori (ECO)                  5 781    1,77
M. Pierre Laurent (FG)                                   16 681    5,11
M. Axel de Boer (DVD)                                    2 022    0,62
M. Jean-Paul Huchon (PS)                           82 829    25,39
M. Nicolas Dupont-Aignan (DLR)               13 570    4,16
M. Olivier Besancenot (NPA)                        12 422    3,81
M. Almamy Kanoute (DIV)                               1 211    0,37

Résultats Champs Sur Marne
Nombre              % Inscrits
Inscrits                             13 916
Abstentions                                                     61,6
Votants                              5 345                    38,4
Exprimés                          5 224                    37,5

Liste conduite par                                              Voix                     %
Mme Valérie Pécresse (UMP-NC)                 1003                   19,2
M. Jean-Pierre Mercier (LO)                              34                     0,7
Mme Marie-Christine Arnautu (FN)               492                    9,4
Mme Cécile Duflot (Europe Ecologie)             943                  18,1
M. Alain Dolium (MoDem)                                231                    4,4
M. Jean-Marc Governatori (ECO)                     84                     1,6
M. Pierre Laurent (FG)                                       510                    9,8
M. Axel de Boer (DVD)                                          31                    0,6
M. Jean-Paul Huchon (PS)                               1456                  27,9
M. Nicolas Dupont-Aignan (DLR)                     194                   3,7
M. Olivier Besancenot (NPA)                              216                   4,1
M. Almamy Kanoute (DIV)                                   30                   0,6

Ne vous excusez pas de voter pour cette femme…

C’est comme ça, je n’aime pas les « journées de ». Celle de « la femme » encore moins que les autres. Comme si il en fallait une pour mieux oublier les 364 autres. Mais comme j’ai aussi mes contradictions, je me dis que c’est un bel hommage à rendre à celles qui, en Europe et aux Etats-Unis, entamèrent une longue marche vers l’égalité, un 8 mars 1911. Il y a un siècle déjà. Il y a un siècle à peine.

Ce combat a, pour les plus jeunes, quelque chose qui relève du bon sens. Tant mieux s’ils voient dans les inégalités persistantes, un anachronisme. La vérité, c’est que le féminisme dût se frotter à tous les préjugés. Le féminisme est né au 19ème siècle, comme le socialisme. Tous deux se sont présentés comme des mouvements d’émancipation, de construction de la société sur des bases nouvelles, de refus des dominations illégitimes. Pourtant cette conquête des femmes dût se heurter à de nombreuses résistances, y compris dans le mouvement ouvrier. Certains voyaient alors dans le travail des femmes une forme de dumping qui conduisait à tirer les salaires vers le bas. D’autres voulaient circonscrire le travail féminin à certaines tâches compatibles par leur nature à l’infériorité physique et intellectuelle du deuxième sexe. Il a fallu attendre le gouvernement du Front populaire pour que trois femmes deviennent ministres (alors qu’elles n’étaient ni électrices ni éligibles) et donnent à la cause des femmes une légitimité et une nouvelle visibilité.

Ce combat demeure – hélas – d’actualité. Ces derniers jours à l’Assemblée plusieurs nouvelles pierres ont été posées. Une proposition de loi sur les violences faites aux femmes (co-initiative PS-UMP) a été votée, une résolution sur la clause dite de « l’Européenne la plus favorisée » a été adoptée (résolution PS votée par tous les groupes appelant à légiférer en harmonisant les législations nationales à partir des dispositions en vigueur les plus favorables aux femmes en Europe). Une autre proposition de loi PS sera débattue le 25 mars, prolongeant le congé maternité à 20 semaines. Une autre viendra pour obtenir la parité aux élections législatives.

Ce combat, il est porté aujourd’hui par des élues et des militantes connues ou inconnues qui, pour une large part, ont fait leurs premiers pas grâce à la parité voulue par le gouvernement de Lionel Jospin. Geneviève Wortham (sur la photo) est de celles-là. Conseillère régionale sortante et candidate sur la liste de Jean-Paul Huchon,  Marie Richard(1), Florence Bret-Mehinto (2) et les autres, elle était à Champs en fin de semaine dernière pour nous aider à faire campagne. Nous avons distribué dans le froid et puis nous avons été nous réfugier pour boire un café.

Elle est radieuse. A se demander si les campagnes électorales n’ont pas été inventées pour elle… Geneviève s’illumine quand elle discute politique. Elle parle  avec cette passion inentamée. Rien en elle ne semble pouvoir être corrompu par les délices du pouvoir, les miroirs flatteurs de la notoriété ou le confort de la notabilité. Le temps n’a en rien érodé ses convictions. Elle est fidèle à ce qu’elle croit. Il y a quelque chose de Louise Michel chez cette institutrice que je n’ai cessé d’entendre depuis que je la connais vitupérer contre toutes les injustices.
En l’écoutant, je me dis qu’elle incarne magnifiquement ces combats centenaires du socialisme et du féminisme. Je me dis aussi que sa trop grande modestie porte encore la marque de notre culture. Comme si elle devait toujours donner davantage de gages. Comme si elle devait s’excuser d’avoir eu cette folle ambition d’être élue.

Elle va m’en vouloir d’avoir écrit ces quelques mots sur elle. Elle va les trouver exagérés. Elle dira que c’est trop. Tant pis. J’assume.

Dimanche prochain, ne vous excusez pas de voter pour elle !

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(1) Marie Richard est tête de liste socialiste pour le 77. Elle est vice-présidente sortante de la région et maire de la Ferté sous Jouarre

(2) Florence Bret-Mehinto est la candidate campésienne de la liste PS. Elle prend le relai symbolique de Jeanne Chédhomme conseillère régionale sortante qui ne se représentait pas. Florence est également adjointe au maire à Champs.

Jego, candidat vrai ou faux?

Les sondages sont si mauvais pour l’UMP, la défaite de Valérie Pécresse apparaît aux yeux de tous comme si certaine, que plus personne ne songe à détailler l’équipe qui animerait la région autour d’elle dans l’hypothèse d’une victoire. Une enquête n’ayant jamais fait une élection, et si improbable soit l’hypothèse, arrêtons-nous un instant sur cet étonnant casting :

Il y a d’abord ce quarteron de femmes ministres (Pécresse, Yade, Kosciusko, Jouanno) qui prétend cumuler fonction gouvernementale et régionale. En son temps Lionel Jospin avait interdit le cumul à ses ministres parce qu’il estimait que l’on finissait toujours par trahir l’une des missions qui vous est confiée. Xavier Bertrand avait lui même proclamé la règle pour mieux l’oublier ensuite. Voilà donc quatre coupeuses de rubans tricolores qui ne risquent pas de prendre l’ascendant sur les services, les lobbyes, l’Etat, les partenaires privés…

Il y a ensuite cet ancien ministre des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui fût l’adversaire de Valérie Pécresse pendant la primaire interne de l’UMP. La confiance est telle entre les deux anciens concurrents que la tête de liste régionale envisage de porter plainte contre un site Internet, « lesindiscrets.com » dont elle pense qu’il est alimenté en informations négatives sur elle, par les proches de Karoutchi… Voilà des duettistes dont on peine à croire qu’ils s’apprêtent à travailler ensemble pour l’intérêt général…

Il y a enfin l’ancien ministre des outremers, Yves Jego, tête de liste départementale dans notre département de Seine-et-Marne. Yves Jego est déjà député et maire. Il sait donc en se présentant qu’il devra légalement abandonner l’un de ses trois mandats à l’issue du scrutin (placé en 1ère position dan le 77, il est assuré de son élection). Comme personne n’imagine qu’il abandonne son mandat national, et pas davantage sa mairie de Montereau, voilà une tête de liste qui s’apprête tout simplement à démissionner du conseil régional au lendemain du vote… Comment mieux dire que l’électeur est pris pour un gogo?

Ces pratiques sont hors d’âge. Elles doivent être lourdement sanctionnées les 14 et 21 mars prochains.

Marie-Luce, Georges, Twitter m’a tuer

Médiocre et morne campagne des régionales. Les franciliens partent en vacances et rien n’a vraiment commencé.Enfin, rien?..  Pas tout à fait. Un festival de petites phrases alimente la chronique médiatique.

  • Celle de Georges Frêche (PS), qui dit qui a une « gueule catholique » et qui ne l’a pas,
  • celle de Dominique Bussereau (UMP) qui croit que les élus du Modem ralliés à Ségolène Royal sont ses « harkis »,
  • celle de Jean-François Douard (UMP) qui compare la direction de la région Poitou Charente au nazisme,
  • celle de Philippe Lavaud (PS) qui assimile les méthodes de voyous d’« une certaine jeunesse dorée de l’UMP » à celles des « jeunesses hitlériennes
  • Celle de Francis Delattre (UMP) qui cherche les rires de son public en s’interrogeant sur le métier d’Ali Soumaré tête de liste PS dans le Val d’Oise : «j’ai cru que c’était un joueur de l’équipe de réserve du PSG
  • Celles de la ministre des outremers (UMP), capable de lâcher « cela me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique
  • Celle d’Axel Poniatowski (UMP) qui désigne Ali Soumaré comme un « repris de justice, multirécidiviste », sans préciser les faits qui pourraient lui être reprochés.

La première réaction c’est de pointer la responsabilité des journalistes, toujours plus prompts à commenter les dernières saillies verbales qu’à décortiquer les programmes et détailler les propositions. Il n’y a pas plus hypocrites que les éditorialistes qui font la morale à la classe politique, mais ne tendent stylos micros et caméras qu’aux plus caricaturaux.

Il serait pourtant trop simple de faire porter le chapeau de la généralisation des dérapages à la presse. Cela doit nous interroger.

Toutes ces « sorties de routes » ne sont pas d’égale importance. Comparer Ségolène Royal à Hitler ou les jeunes UMP aux jeunesses nazies relève plus de la sénilité et de la bêtise. L’utilisation du mot « harki » pour stigmatiser une trahison est une détestable maladresse, hélas trop courante, mais pas le signe d’un mépris ou l’indice d’un racisme du ministre Bussereau.

En revanche, il y a plus grave, ce véritable acharnement des élus UMP du Val d’Oise face à l’ancien président du Forum de la jeunesse issue des migrations. Leurs attaques successives visent à réduire Ali Soumaré aux préjugés les plus racistes. Parce qu’il est noir, il ne serait bon qu’à jouer au football et son sourire ne pourrait que cacher les gredineries d’un multirécidiviste.

Dans un autre registre, la profession de foi de Marie-Luce Penchard serait choquante et déplacée dans la bouche de n’importe quel candidat ; dans celle d’une ministre de la république, elle devient inacceptable. En cherchant les faveurs des seuls guadeloupéens, elle s’est disqualifiée pour représenter le destin des outremers.

Mais Marie-Luce Penchard n’est pas un cas  isolé. Elle perpétue les recettes de sa mère, Lucette Michaux-Chevry, en appliquant les règles du clientélisme. Ce sont les mêmes reproches qui peuvent être adressés à Georges Frêche. Le vieux féodal est un démagogue et un populiste. Les accusations d’antisémitisme glissent sur lui, moins parce qu’il a le cuir épais que parce que la flèche rate sa cible. Antisémite, il ne l’est pas (1). Il est en revanche un autocrate dont l’autorité repose sur une mafia de réseaux et de clans.

La façon de Penchard ou de Frêche de « penser peuple », de « parler peuple », c’est une façon de mieux le mépriser, de mieux l’enfermer dans ses préjugés, de mieux l’endormir et le tromper en prétendant lui ressembler. Hélas Penchard ou Frêche ne sont pas les seuls spécimens de l’espèce. Ils sont juste les plus grossiers.

Ils ne tomberont vraisemblablement pas à coup de condamnations morales. La condition de leur chute, c’est l’arrivée d’un personnel politique qui accepte de rompre avec cette corruption de l’esprit public.

Mais voilà l’esprit de twitter règne dans les médias et chez de trop nombreux politiques. La pensée, au delà de 140 signes est devenue archaïque. Tout doit pouvoir se résumer d’une phase, peut-être deux. La concision a remplacé l’explication. La conviction laisse place à la communication. Les slogans ont gagné sur les idées.

Je sais que l’on m’objectera qu’il faut vivre avec son temps. Justement ! Je ne me résous pas à ce que « mon temps » soit celui du basisme, de la démagogie et du populisme.

_________

(1) Dans son avant-dernier livre, il écrivait même sa fierté à l’idée de penser que son patronyme était peut-être d’origine juive.

les pilliers ébranlés du sarkozysme

A la bourse politique, le sarkozysme est une valeur à la baisse. Tous ses produits sont dévalués. Au cours des trois derniers jours, ce sont les quatre piliers électoraux, ceux sur lesquels Nicolas Sarkozy a construit le socle de ses soutiens, qui se sont effondrés : identité nationale, baisse des impôts ciblées, obsession sécuritaire et stigmatisation de la fonction publique.

Lundi : Le débat sur l’identité nationale est discrètement enterré. Ni public, ni regrets, ni fleurs, ni couronnes. Le lendemain, invité par RMC à commenter son fiasco, Eric Besson perd ses nerfs et lâche dans le couloir à ses interlocuteur médusés : « Sarkozy a raison, les médias, il faudrait les passer à la Kalachnikov ».
Mardi : La cour des comptes montre que la rigueur imposée aux français, les déficits et la dette sont liés à la politique de privilèges fiscaux du gouvernement. La crise est une bonne excuse qui ne prend pas.
Mercredi : Le pays s’émeut du sort réservé à cette lycéenne, embarquée en pyjama puis gardée à vue pour une obscure bagarre.  La politique du chiffre imposée aux effectifs de police mène droit aux dérapages. Au même moment, nouvelle surenchère gouvernementale, une loi dite de sécurité intérieure est débattue en urgence à l’Assemblée. C’est le 17ème texte sur la sécurité depuis 2002. Quelle meilleure preuve d’une politique ou la gesticulation a remplacé les résultats ?
Jeudi : Les profs du lycée A. Chérioux de Vitry manifestent devant l’Assemblée. Les raisons de leur colère dépassent l’agression du jeune lycéen. Les enseignants, les élèves, les parents ne supportent plus que le seul discours tenu sur l’école soit celui de la réduction des effectifs. Les barbelés, la vidéo surveillance, les portiques ne remplacent pas les surveillants, les médiateurs et les profs.

Nicolas Sarkozy voulait introduire la culture du résultat. Il ne s’étonnera donc pas du vote des Français en mars prochain.

Et maintenant? Comprendre et analyser sans faiblesse pour rebondir.

C’était hier soir peu avant minuit. Quelques militants se désolent devant un poste de télé dans la cour de Solférino. Martine Aubry vient de partir. Demain matin elle sera sur France Inter.

Le résultat est tombé. Comme une lame.

Et maintenant? Pas le choix. Comprendre et analyser sans faiblesse pour rebondir.

Ce blog vous est ouvert. A vous de livrer sans tabous vos sentiments sur le vote et de dire ce que vous attendez du PS.

Chronique de campagne européenne 6 (message à celles et ceux qui sont tentés par la pêche à la ligne)

Voilà. c’est presque fini. Dans quelques minutes la campagne officielle sera terminée. Les militants vont ranger les pinceaux et la colle. Les affiches et les tracts vont enfin débarrasser les coffres des voitures. Chacun aura le sentiment du devoir accompli, mais surtout un goût amer, un goût d’inachevé, car cette campagne n’a jamais vraiment pris. Elle se clôt sur ce triste spectacle télévisuel opposant Bayrou à Cohn-Bendit, qui depuis hier soir passe en boucle sur toutes les chaînes.

Depuis 2004, tous les rendez-vous politiques avaient donné lieu à des campagnes passionnantes : référendum européen, présidentielles, législatives. Pour l’élection présidentielle, 85% des électeurs s’étaient mobilisés. A quelques heures du scrutin, l’institut CSA anticipe cette fois une hausse de l’abstention. Comment ne pas s’en inquiéter?

La droite a donné le sentiment d’éviter la confrontation démocratique, elle s’est refusée à assumer son bilan comme son projet libéral et conservateur commun aux partis du PPE (groupe auquel appartient l’UMP au Parlement européen) et s’est limitée à agiter quelques épouvantails (Turquie, sécurité) pour mobiliser le noyau de ses électeurs traditionnels. A gauche l’offre est tellement large qu’elle l’a rendue en grande partie inaudible. Au centre, Le chef du Modem dont l’obsession présidentielle n’est plus à démontrer, a préféré tenter de préempter la place de meilleur opposant plutôt que de développer son projet européen.

Ce panorama de campagne n’a évidemment rien d’exaltant. Il peut sans doute conduire à s’interroger sur l’intérêt du vote. Des altercations comme celles d’hier soir sur le plateau de France 2 peuvent même provoquer la colère et stimuler l’abstention. Difficile de prétendre le contraire. Et pourtant, ce soir, puisque je peux vous écrire encore, je veux vous dissuader de ce choix.

Lundi 8, il y aura une nouvelle assemblée. Elle sera élue pour cinq ans. Pendant cinq ans, elle décidera de l’avenir des services publics, de la mise en concurrence ou non de la santé, d’harmoniser ou non les législations sociales. C’est ce Parlement européen qui répondra ou pas au défi posé par la crise financière. Ce sont ces nouveaux élus qui auront à dire si tout doit continuer comme avant ou si, au contraire, l’heure est à la maîtrise du capitalisme et à sa régulation.

Lundi, il y aura des députés qui auront à protéger 500 millions d’européens, et singulièrement les 27 millions de chômeurs que les prévisionistes annoncent au cours des deux années à venir.

Lundi, il y aura une majorité. Elle peut être de droite. ce sera alors la même politique qui se perpétuera. Avec les mêmes résultats. avec les mêmes désillusions. Les partisans de la dérégulation nous ont conduit à la crise, ils ne peuvent être la solution. Cette majorité peut aussi être de gauche. Pour cela, il faut donner vos voix aux 27 partis socialistes et sociaux démocrates qui ont ensemble écrit le « manifesto« . D’autres partis offrent leur « résistance » aux thèses libérales, mais c’est exclusivement autour des socialistes européens que l’alternative et l’alternance sont possibles.

Alors dimanche, pour ce tour unique, donnez votre voix à l’espérance. Donnez une chance au changement…

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Afin de respecter la clôture de la campagne officielle, aucun commentaire n’est hélas autorisé sur ce post. Merci de votre compréhension.

chronique de campagne européenne 5 (Demandez le programme du PPE)

Ce matin, marché de Torcy. Heureusement que nous sommes heureux de nous retrouver pour faire campagne. Parce que cette fois, on ne peut pas dire que nous soyons vraiment stimulés et portés par l’ambiance…

Nous sommes à une semaine du premier tour. Habituellement en fin de campagne, sur les marchés on sent un frémissement. D’un seul coup, les passants viennent chercher les tracts, entrent volontiers en discussion, posent des questions, s’enquièrent de nos propres impressions, nous tapent sur l’épaule ou nous saisissent le bras pour nous dire de ne pas nous inquiéter…. Les politologues parlent du moment de la « cristallisation« . Celui où tout se joue et se fige à la fois. Nous sommes à une semaine et franchement, nous ne sentons pas grand chose…

Il faut dire que nous élisons des députés européens dans une circonscription régionale. Hors Ile de France, cette circonscription ne correspond géographiquement pas à grand chose puisqu’il s’agit du regroupement de plusieurs régions administratives. Une fois les députés élus, ils disparaissent dans un Parlement européen dont le fonctionnement complexe est totalement méconnu. Le travail législatif n’est pratiquement jamais commenté par la presse. Compte tenu de la taille des circonscriptions, aucun lien n’existe entre les élus et leur mandants. On ne parle finalement d’Europe et de parlement européen qu’une fois tous les cinq ans. Difficile de faire pire…

Les partis ont tendance à passer des messages sans rapport avec l’élection pour mobiliser leur électorat. Dernier exemple jeudi. Nicolas Sarkozy présentant son quatrevingt milième plan pour la sécurité signant en creux un échec devenu évident.

Que se passera-t-il donc le 7 juin? Les sondages se multiplient. Cela ne remplace pas un résultat. Mais pourquoi le cacher, ils sont plutôt inquiétants. Ils indiquent une forte dispersion des oppositions à Nicolas Sarkozy, ce qui permet à l’UMP de maintenir une avance qu’elle ne doit qu’à la réunion de toute la droite dans un seul parti.

Ils nous reste une semaine pour convaincre qu’une victoire même relative de la droite ne signifierait rien de bon pour les européens. L’autre matin Jakubyszyn donnait lecture sur RMC du programme des droites européennes regroupées au sein du groupe PPE. C’était édifiant. on y apprend que la droite européenne entend faire de la relation transatlantique une priorité pour éfendre nos valeurs, « défendre les valeurs communes de l’occident« . A propos de la crise, on apprend que « c’est une crise de valeurs« . Les fautifs ce sont « les familles qui renoncent aux obligations et à l’épargne pour rechercher la facilité et le confort. ce sont les valeurs qui sont en crise« . A pleurer. Troisième exemple cité le développement de la culture génétiquement modifiée et la critique du manque de productivité de l’agriculture biologique…

Trois raisons supplémentaires de faire jouer l’alternance le 7 juin.

chronique de campagne européenne 4 (discours de Savigny le Temple)

Les socialistes tenaient meeting hier soir à Savigny le Temple avec Harlem Désir. Voici la retranscription de mon intervention :

Chers amis,

Je veux d’abord saluer Jean Louis Mouton et Alain Traca et à travers eux tous les élus,

Saluer Emeric Bréhier et avec lui l’ensemble des secrétaires fédéraux et parmi eux Eduardo Cypel et Laetitia Martig qui ont particulièrement œuvré pour cette campagne,

Saluer plus largement vous tous militantes et militants, sympathisants, qui avez accompagné ou aller accompagner cette campagne que nous menons dans notre Seine et marne avec Thomas Petit sur la liste que conduit Harlem Désir.

Chers amis,

J’avais déjà mené campagne voici cinq ans avec Laurent Bonsang. Alors lorsque nous avons démarré je me suis permis de dire – comme ancien, comme vétéran – à Thomas : « tu sais, c’est pas facile une campagne européenne »… Je ne disais pas ça parce que je suis en onzième place et qu’il faudrait un raz de marée pour être élu, et une épidémie de grippe pour que Thomas puisse nous suppléer… non,  je disais cela parce que, d’expérience, la simple mobilisation de nos concitoyens est un travail. En lui disant, je ne pensais pas – pour tout vous dire – que ce serait si difficile. Sur chaque marché, dans chaque réunion publique, notre premier combat, notre première ennemie, c’est l’indifférence, la résignation, l’abstention. Il y a tous ces visages qui restent fermés. Murés dans leur douleur. Celle du chômage, celle de la précarité, celle de la misère. « pourquoi voter ? Pourquoi encore voter ? Que pouvez-vous pour moi ? Que peut l’Europe pour moi ? Et puis la crise, elle a tout emporté… »

Mais justement, c’est là le premier enjeu du 7 juin, tout ce que nous avons à porter auprès de ceux qui sont dans le doute – et ils sont trop nombreux – c’est justement que c’est la crise qui commande plus d’Europe. Et en Europe plus de gauche ! Et au sein de la gauche plus de socialistes, pour plus d’efficacité !

Alors il faut faire campagne. sans relâche. Même si longtemps d’ailleurs, nous avons fait campagne un peu seuls… Nous étions pourtant prêts au débat. Nous sommes seine et marnais et nous avons cru – il est vrai un peu vite – que le débat serait ici plus vif qu’ailleurs puisque c’est Franck Riester député maire de Coulommiers qui avait été désigné comme directeur de la campagne UMP. Ce que nous n’avions pas compris c’est qu’il avait été nommé directeur pour une non-campagne… Que sa mission c’était d’entretenir la démobilisation…

La campagne de l’UMP est en effet, cher Harlem, un peu moins pénible que celle que tu nous imposes. Une campagne de l’UMP c’est : pas de tracts, pas de meetings, pas de réunions publiques. Pas de débat contradictoire. En seine et Marne, au seul qui ait été programmé – à l’initiative du mouvement européen – l’UMP n’est pas venue. Oh, ils avaient une bonne excuse ! C’était Le fameux soir de leur réunion unique…

Mieux encore, c’était avec Rachida Dati ! Et une réunion sur le Parlement Européen avec Rachida Dati cela ne se rate pas ! Chacun le sait, madame Dati a une vision particulièrement claire de ce qu’est l’Europe : « l’Europe s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper »…

Je le dis en plaisantant. Je ne devrais pas. Alors que tant de Français doutent, la désinvolture est coupable. L’Europe ce n’est pas un parachute doré pour ministre en chute libre. L’Europe mérite mieux. Elle mérite des élus qui s’investissent. Elle mérite des Harlem, des Pervenche, des Benoit, des Monique, des Alain, des Thomas qui eux sont prêts à l’engagement. Prêts à faire changer l’Europe.

L’Europe mérite mieux qu’une UMP qui ne présente ses candidats que 30 jours avant l’échéance,

L’Europe mérite mieux qu’un parti qui s’affranchit de toute responsabilité en refusant d’assumer devant les électeurs son bilan depuis cinq ans,

L’Europe mérite mieux qu’un président qui n’offre qu’un jeu de postures et d’impostures.

Car enfin ! voilà une campagne qui démarre à droite avec un président qui à la veille du scrutin vient réveiller ses électeurs sur ses vieux thèmes, ses vieux fantasmes, ses vieilles peurs ! Quel serait l’enjeu du scrutin selon Nicolas Sarkozy ? L’adhésion de la Turquie ! Comme si cette question allait être tranchée dans les cinq prochaines années. Comme si la prochaine assemblée aurait à en décider.

A ce propos je veux simplement rappeler que sous présidence française, les négociateurs ont ouverts deux nouveaux chapitres du dossier d’adhésion et que lors de la révision constitutionnelle de juillet dernier, Nicolas Sarkozy a veillé à ce que soit retiré le verrou que Sarkozy Nicolas avait imposé à Jacques Chirac en 2005. Il s’agissait alors de soumettre à référendum tout nouvel élargissement. Cherchez l’hypocrisie, vous trouverez toujours Nicolas Sarkozy !

Non ce n’est pas la Turquie l’enjeu du 7 juin.

C’est plus concret. Parce que l’Europe c’est notre quotidien. L’Europe c’est l’avenir de notre environnement, c’est la sécurité alimentaire, c’est la protection des consommateurs, c’est la durée de notre temps de travail, c’est nos droits fondamentaux, c’est la protection des services publics, c’est même l’accès à des droits nouveaux comme Internet.

Comme le temps m’est compté, je ne vais pas égrener l’ensemble des combats nationaux qui trouvent leur prolongement en Europe. Je ne prendrais qu’un seul exemple tiré de l’actualité immédiate. A ceux qui se demandent à quoi peut servir l’Europe, je dis qu’elle peut servir à corriger la copie d’un gouvernement rétrograde. C’est ce qui s’est passé à deux reprises sur Internet et la loi Hadopi. Ne croyez pas que j’en veuille particulièrement à ce pauvre Riester, mais c’est encore lui qui était à l’œuvre comme rapporteur de cette loi… Mais là où le gouvernement français et sa majorité refusent de prendre en compte les évolutions liées à la société numérique, l’Europe elle avance. Et pour être honnête, au delà même de la seule gauche européenne.

Cette fois la remarque est pour Jean-François Copé. Parce que Jean-François Copé, il croit – je n’invente rien – que les 407 parlementaires européens qui ont adopté l’amendement Bono c’est le résultat – je le cite – d’une petite « manip » des socialistes français ! Ségolène serait là, elle nous conseillerait de l’excuser… Je me fais son interprète…  Alors, excusez Jean-François Copé ; depuis le 9 avril dernier, il voit des rideaux rouges partout. Des rideaux derrière lesquels se cachent des hordes de socialistes qui bondissent au dernier moment pour gagner les scrutins ! Alors imaginez ce cauchemar récurrent de Jean-François Copé jusqu’au 7 juin : un grand parlement rassemblant les parlementaires de 27 Etats membres, avec un immense rideau rouge derrière lequel ou plutôt devant lequel il retrouve 407 députés socialistes!..

Mes chers amis, le parlement européen est donc utile comme l’Europe l’est. Je suis européen comme vous. Quels qu’aient été vos votes passés.

Je continue de penser, quelles que soient les difficultés que rencontre l’Union européenne, qu’elle reste la plus belle aventure humaine et politique de la fin du siècle dernier et de ce siècle qui commence. Si il m’arrive de douter, ce n’est jamais de l’Europe, mais de la majorité qui la dirige. Cette majorité qui a été inspirée depuis trente ans par Reagan, Thatcher, Bush, et plus proche de nous par Aznar, Berlusconi, Barroso et Sarkozy qui en sont les derniers héritiers. Et c’est vrai notre Europe n’est pas la leur. Notre projet ne se confond en rien avec le leur.

· Oui je crois en l’Europe politique, celle qui donne une gouvernance économique à l’Europe, mais non je ne crois pas à une Europe qui s’identifierait à un seul homme, Non je ne crois pas à une Europe qui se limite à des réponses intergouvernementales, mais oui je crois à une Europe qui saurait inventer une réponse commune à la crise !

· Oui je crois en une Europe de la défense qui assure aux européens leur protection, leur liberté et leur autonomie de décision, mais non je ne suis pas favorable à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

· Oui je crois à une Europe qui défend les agriculteurs, ce qui est très différent de la suppression des quotas et l’interdiction de fixer des prix de référence.

· Oui je crois en une Europe qui regarde l’avenir de chaque côté de la méditerranée, mais non mon Europe n’est pas celle qui exclut a priori les turcs parce qu’ils sont musulmans, et qui adopte une directive honteuse contre les immigrants parce qu’ils sont pauvres et peuvent croupir 18 mois sans autre forme de procès dans des centres de rétention.

· Oui je crois en l’Europe sociale qui harmonise par le haut les droits des travailleurs, fait converger les fiscalités et lutte contre le dumping qui met en concurrence les salariés et organise les délocalisations. Mais non, mon Europe sociale n’est définitivement pas celle de la directive Bolkestein, celle du temps de travail hebdomadaire à 65 heures, ou celle de la libéralisation des services publics.

Harlem le dira après moi, mieux que moi,

notre Europe c’est celle de la régulation financière,

celle de la relance économique à travers un gouvernement économique,

notre Europe c’est celle de la défense des services publics à travers une directive cadre,

notre Europe c’est celle d’un salaire minimum partout, selon les capacités et les potentiels de chaque pays !

c’est celle de la suppression des stock options, de l’interdiction des licenciements boursiers !

Sur tous ces sujets, nous avons besoin de l’Europe pour avancer.

Notre Europe, c’est quand même autre chose que celle de Nicolas Sarkozy !

Nicolas Sarkozy, il nous dit qu’il a réuni le G20. Très bien de réunir le G20. Formidable. Quelle photo ! Il nous dit qu’il a réussi à dresser une liste, celle des paradis fiscaux. Bravo… Mais si c’était pour avoir la liste, il aurait pu s’éviter beaucoup de peine et d’argent. La liste, nous l’avions. Il suffisait – s’il s’agissait juste de cela – de nous la demander !

Avec les paradis fiscaux, le problème ce n’est pas de les désigner, c’est de les interdire ! Avec le secret bancaire le problème ce n’est pas seulement de l’évoquer, mais c’est de le lever !

Avec Sarkozy, le problème ce ne sont pas les mots, mais les actes ! Alors que la crise était sensée avoir servi de révélation à la droite, alors que le président s’est engagé à refonder le capitalisme, la dérégulation continue. Et cela, au nom même de la crise ! Avec cette droite, le cynisme n’est jamais loin. Si on les écoute, c’est parce que les salariés ont trop de droits que le capitalisme va mal. Le chômage c’est parce que les chômeurs ne sont pas assez souples. Aujourd’hui même se poursuit la discussion d’une proposition de loi UMP à laquelle son porte-parole, Frederic Lefebvre a proposé d’ajouter un amendement que personne n’avait osé jusqu’ici. Les femmes enceintes, les malades, les infirmes pourront désormais télétravailler entre deux allaitements, deux soins ou deux souffrances !..

Pour sortir de la crise, comment pourrions-nous faire confiance à ceux qui nous y ont entrainé ? La réponse c’est nous  ! Alors nous devons être à la hauteur. Ce qui suppose notre unité.

L’unité c’est la première condition de notre crédibilité.

Ceux qui aujourd’hui se détournent de nous, le font non pas en raison d’un désaccord de fond avec ce que nous sommes, mais parce qu’ils ont le sentiment que chez nous les ambitions personnelles prennent le pas sur les ambitions collectives.

Ce soir, en ce moment même se tient un autre meeting. A Nantes. Ce soir, Ségolène Royal et Martine Aubry font meeting commun. C’est cette image là que les Français attendent de nous. Notre image lorsque c’est celle de notre unité, elle est belle. Mais elle doit être durable. C’est la promesse de Nantes. Partout, il nous appartient de la tenir.

Chers amis, j’en viens à ma conclusion;  il nous reste quelques jours, quelques heures. Pendant ces quelques jours et heures qui nous restent, vous allez croiser voisins, amis, famille, collègues…

Portez haut nos couleurs, proclamez haut nos valeurs ! Soyez fiers d’être socialistes ! Faites entendre notre voix.

Il y a un peu plus de 100 jours, un autre grand peuple a fait le choix de l’alternance. A nous de donner cette chance à l’Europe.

Le 7 juin les oppositions à Nicolas Sarkozy seront majoritaires, mais cela ne suffit pas. Il ne suffit pas d’exprimer un front du refus. Il faut exprimer une alternative. Et ça, seuls les socialistes peuvent l’offrir aux européens.

Le 7 juin avec Harlem, aidez nous à changer l’Europe, aidez nous à donner rendez-vous à la victoire !