Génération engagée

Ils sont, paraît-il des dizaines de milliers de jeunes à être allés s’inscrire sur les listes électorales en décembre dernier. Et ils ont raison de vouloir compter, les jeunes !Sous des formes différentes, les deux grands évènements sociaux de ces derniers mois (banlieues et mouvement anti CPE) ont exprimé leur malaise.

Aujourd’hui plusieurs d’entre eux, appartenant à travers leurs mouvements (Confédération Etudiante, ACLEFEU, MRJC, Ni Putes Ni Soumises, AFEV, Actenses…) à l’émergence d’une génération engagée, lancent ensemble un clip d’appel au vote: « jeunes, nous irons voter ! » pour que « les décisions ne se prennent pas pour nous mais avec nous, le 22 avril et le 6 mai nous irons voter ».

Allez voir leur clip, faites le circuler :

http://www.dailymotion.com/video/x1ob6l_generation-engage
Le 22 avril et le 6 mai, pas une voix ne doit manquer. En 2002, il eût suffi que 2 voix supplémentaires par bureau de vote s’expriment en faveur de Lionel Jospin pour éviter que l’extrême-droite soit au second tour. Cela vaut la peine d’y réfléchir…

La bavure philosophique de Nicolas Sarkozy

Deux conceptions de la vie en société s’opposent dans cette campagne présidentielle. Mais plus encore ce sont deux conceptions de l’homme qui s’affrontent. Pour Nicolas Sarkozy, nous savons depuis son débat avec le philosophe Michel Onfray, que tout se jouerait dès les gènes. Nous serions prédéterminés. Nous vivrions et nous mourrions tels que la nature nous a programmés. On n’échapperait pas à son destin. Ce qui conduit Nicolas Sarkozy à affirmer que les jeunes qui se suicident passent à l’acte en fonction d’une fragilité originelle !

Nous devons face à cela proclamer notre propre conception de l’être humain : Nous croyons qu’il est déterminé par ses seuls actes. Nous croyons possible l’émancipation de tous. Nous croyons qu’il est possible à chacun d’échapper à ses origines comme à sa condition. Nous croyons qu’il est possible à tout homme de s’amender. Nous croyons aussi que l’environnement joue un rôle sur l’être humain.

Il serait trop simple de penser que les suicidaires devaient de toute façon s’accomplir en se détruisant. Que les pédophiles l’étaient depuis toujours. Cela permettrait d’exonérer la société et les politiques de toute responsabilité.

Plus qu’une bavure philosophique, ces déclarations de Nicolas Sarkozy renvoient à une conception de l’homme et de la politique qui font froid dans le dos.

Pour Suzanne

Samedi 31 mars. Nous sommes ensemble. Quelques centaines. De très nombreux policiers municipaux venus de toute l’Ile de France. Nous défilons dans les rues d’Emerainville où Suzanne, policière municipale de 47 ans s’est faite lâchement tabasser le 23 mars par cinq personnes encagoulées.

Quelques pancartes affichent la figure tuméfiée de la policière municipale après son agression. On imagine sans mal la brutalité de l’affrontement. On conçoit la souffrance et la rage de cette femme qui s’est fait piétiner parce qu’elle portait un uniforme.

Ce nouveau drame illustre une fois encore la montée d’une violence inouïe parce que « gratuite ». Sans aucun autre but que celui de faire mal. Sans autre gloire que de défier l’autorité.

Aucune excuse ne peut être trouvée aux auteurs de pareils actes.

Il était une fois Georgette

Georgette Barbier est partie. Elle est là dans ce cercueil recouvert de roses rouges.

Elle était l’une des doyennes de la section socialiste de Champs. Georgette a rejoint André, ancien adjoint au maire, qui s’en était allé 18 ans plus tôt. L’un et l’autre ont marqué l’histoire de la commune. Ils étaient de ceux dont personne ne parle à la télévision, mais qui sur lesquels reposent la vie des partis politiques. Les solidarités quotidiennes, les soutiens amicaux, les encouragements dans les moments difficiles, c’était eux. L’engagement au service des autres, c’était eux. Les batailles désintéressées, c’était encore eux.

A tous ceux qui partagent leurs colères de prolonger maintenant leurs combats.

Mourir d’aimer

Il s’appelait Pascal . Quand je l’ai rencontré, je n’avais pas vingt ans. Il en avait à peine plus. Il était catholique, socialiste et homosexuel.
C’était le chef des jeunes socialistes sur le campus. Il était né un 1er mai. Comme une prédestination. C’était une forte tête. Une grande gueule. Généreux. Fils unique, il vivait avec sa mère en haut d’une tour. Dans sa chambre, il archivait kilos après kilos, les articles des journaux…

Il est mort vers la fin des années 80 du sida.

Il faut continuer à mettre le paquet sur la recherche. jamais cesser le combat. salut au travail effectué par SIDACTION qui depuis 1994, œuvre en faveur de la recherche et de l’aide aux malades. Pour que cesse cette absurdité.

On ne devrait jamais mourir d’aimer.

Liquidé n’est pas fermé

Nous étions nombreux samedi matin pour appuyer le combat des JDC. Tant que leur combat sera soutenu, il y aura la recherche de repreneurs. Si la solidarité marque le pas, si leur histoire passe dans l’ombre… ce sera une autre affaire.

Cette histoire est celle des JDC, mais demain, elle peut être la vôtre. Sans restaurer de vieilles lunes, il n’est pas admissible de laisser les logiques financières s’imposer au détriment des femmes et des hommes. Il n’est pas acceptable de toujours tenir le discours de la droite qui a la baisse des charges comme unique viatique et qui refuse d’imposer aux entreprises la moindre contrepartie.

Dans le pacte présidentiel, Ségolène Royal a le mérite de poser une autre philosophie. Oui, il faut réconcilier les Français avec l’entreprise, oui il faut éveiller le désir d’entreprendre, oui il faut soutenir les entreprises qui se battent parfois durement contre la concurrence internationale. Mais c’est donnant – donnant ! le soutien, c’est exclusivement pour les entreprises qui créent de l’emploi, refusent la précarité et investissent pour moderniser l’outil de travail.

39 postes d’enseignants supprimés !

L’éducation, priorité nationale de la droite : voilà le discours de campagne de Nicolas Sarkozy et François Bayrou.

La suppression d’un poste de CPE (Conseiller principal d’éducation) au collège de l’Arche-Guédon, de 39 postes d’enseignants dans notre département : voilà le résultat de la politique votée par les mêmes. Cherchez l’erreur !

Il n’y a dans ces décisions aucun hasard. Comme le rapporte le Parisien dans son édition du jour, le recteur d’académie se contente  » d’appliquer le budget voté pour l’éducation nationale « .

C’est tout le problème avec la droite, elle adopte tous les cinq ans un discours aux accents de gauche, mais quand elle obtient la majorité parlementaire, c’est bien une politique de droite qu’elle mène durant cinq ans…

Ségolène Royal propose de revenir sur toutes les suppressions d’emplois d’enseignants. De mettre le paquet dans les ZEP (comme à l’Arche-Guedon) en fixant à 17 le nombre d’enfants dans les classes de CP et CE1. C’est encore elle qui veut donner les mêmes chances à tous en garantissant un soutien extrascolaire gratuit.

La rentrée de septembre n’aura pas la même allure selon les choix qui seront faits en mai et en juin.

Les mobil-homes de Lognes

J’apprends par l’AFP que Les premiers mobil-homes destinés aux SDF arrivent à Ivry-sur-Seine. « Le but affiché est d’accueillir dans ce coin de banlieue populaire, au sud-est de Paris, 56 personnes en voie de réinsertion, la plupart ayant transité par le campement du canal Saint-Martin ».

Pour mémoire, début février c’est à Lognes aux bords de l’étang des Pêcheurs, que ces mêmes mobil-homes devaient être déposés.

Michel Ricart et moi, nous y sommes opposés publiquement dès le départ (vous pouvez vous référer aux articles du 8 et du 10 février dans la revue de presse).

Pourquoi avons-nous combattu ce projet d’installation de mobil-homes dans le Val Maubuée ?

  • parce que notre territoire accueille déjà 37% de logements sociaux,
  • parce que les terrains envisagés n’étaient absolument pas adaptés à la réinsertion des bénéficiaires,
  • parce que ce village provisoire se serait pérennisé compte tenu de la pénurie actuelle de logement.

Quand l’abbé Pierre est mort, le gouvernement a versé des larmes de crocodiles. A peine enterré, ce sont ses combats pour la mixité sociale dans le logement auxquels la droite tourne pourtant le dos. La dernière fois que le fondateur d’Emmaüs s’était déplacé à l’Assemblée nationale, c’était pour empêcher l’actuelle majorité de détruire totalement la loi SRU (votée par la gauche et imposant 20% de logements sociaux à chaque commune).

La droite vote le « droit opposable au logement », mais c’est pour l’opposer aux communes qui font déjà des efforts. La droite débarrasse les centre-villes de la vue « polluante » des tentes des « enfants de Don Quichotte ». Elle préfère Ivry (déjà 37% de logements sociaux) à Neuilly (2% seulement de logements sociaux). Le résultat si on laisse filer : toujours plus de ghettos.

Car il n’y a pas besoin d’être devin pour anticiper : loin des yeux, les SDF seront aussi désormais loin des priorités de la droite.

La petite fille au bout de la table

Je suis encore à JDC ce matin. Cette fois je suis revenu avec Vincent Eblé, président du Conseil général, Nicole Bricq et Yannick Bodin, sénateurs, Brigitte Eude Conseillère régionale. Nous continuons de rechercher avec les salariés les possibilités de parvenir à une reprise d’activité.

Au bout de l’immense table constituée de palettes de bois empilées et assemblées, il y a une petite fille qui joue avec sa game boy. Je ne sais rien d’elle. Je suppose juste qu’elle accompagne l’un de ses parents. Elle joue, mais elle a, comme tous les enfants, les oreilles grandes ouvertes. Je me demande ce qu’elle retiendra de ce mercredi. Se souviendra-t-elle de ce jour comme le dernier où elle a vu son père ou sa mère à l’usine?

Je n’ai pas la naïveté de penser que l’économie soit une activité totalement altruiste. Je ne me résigne pas non plus à penser que la recherche de la rentabilité maximale justifie tout. Etre un grand chef d’entreprise ce n’est pas seulement aligner les ratios. Etre un grand chef d’entreprise, c’est aussi penser à la petite fille au bout de la table.

Avec les salariés de JDC

Je suis à nouveau avec les salariés de JDC ce soir. J’y retournerai demain avec Vincent Eblé, président du Conseil général, Nicole Bricq et Yannick Bodin, sénateurs.

Il y a là des militants syndicaux, des élus de toute la gauche, je pense notamment à Daniel Brunel, vice président communiste de la région. Il y a surtout des salariés à qui on vient de retirer leur travail, c’est-à-dire leur pain et leur dignité.

Je me bats avec eux. J’admire leur détermination et leur courage. Ce qui se passe dans cette imprimerie de Torcy n’est malheureusement pas un cas isolé.

De quoi s’agit-il ? d’une affaire de patron voyou. D’une multinationale qui a fui ses responsabilités. Organisé une cession pour ne pas avoir à financer un plan social qu’elle anticipait. Qui a décidé de se séparer d’une partie de ses salariés pour concentrer son chiffre d’affaires sur moins d’usines pour augmenter sa rentabilité et mieux complaire à ses actionnaires.

Je connais des chefs d’entreprises qui se battent, qui aiment leur travail, partagent le quotidien de leurs salariés. J’ai moi-même été secrétaire général d’une PME. Rien à voir avec ce capitalisme financier, prédateur qui ignore jusqu’à la souffrance des femmes et des hommes.

La droite en 2002 a commencé par abroger la « loi de modernisation sociale » adoptée en 2001 et qui ouvrait de nouveaux droits aux salariés. La droite verse aujourd’hui des larmes de crocodiles, mais n’a d’autre politique que de proposer de nouvelles exonérations aux entreprises, sans distinction de taille et surtout sans contreparties.

 

Que propose le pacte présidentiel de Ségolène Royal ? de conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise fait des profits, d’obtenir le remboursement de ces aides en cas de délocalisation, de moduler les cotisations sociales en fonction de la nature des contrats de travail, l’abrogation du Contrat Nouvelle Embauche, clone du CPE repoussé par les Français, de créer une sécurité sociale professionnelle…

 

Une conviction nous anime. La justice n’est pas une contrainte mais un atout. Plus juste, la France sera aussi plus forte.