Sécurisation de l’emploi : la transcription commence cette semaine

Cette semaine sera consacrée à l’examen du projet de loi relatif à la sécurisation de l’emploi. Ce texte est la retranscription de l’accord signé par les partenaires sociaux  le 11 janvier dernier. Il s’agit d’une nouvelle étape importante pour la démocratie sociale, dans la droite ligne de ce que le gouvernement a annoncé lors de la conférence sociale de juillet dernier, et qui a déjà fait ses preuves pour le contrat de génération : des orientations politiques fortes sont suivies d’une négociation approfondie entre les partenaires sociaux, leur accord est ensuite retranscrit dans un projet de loi.

Le texte qui arrive en séance représente un équilibre entre la sécurité nécessaire pour les salariés et les possibilités d’adaptation indispensables aux entreprises pour maintenir l’activité, notamment en temps de crise.
Le projet de loi porte sur des sujets très concrets pour les salariés et il améliore leurs droits tout au long de leur carrière :
–         des droits individuels nouveaux : droit à la protection sociale avec la généralisation de l’accès collectif à la complémentaire santé qui couvrira  l’ensemble des salariés, droit à la formation professionnelle avec la création d’un compte personnel qui suit le salarié tout au long de sa vie, droit à une mobilité professionnelle sécurisée droits rechargeables à l’assurance chômage », amélioration de la situation des salariés à temps partiel, etc…
–          des droits collectifs renforcés, avec des salariés davantage associés à la stratégie économique de l’entreprise : l’entrée des salariés avec voix délibérative dans les conseils d’administration des grandes entreprises, réforme profonde des procédures de licenciements collectifs, qui ne seront possibles qu’avec l’accord des syndicats (accord majoritaire) ou de l’administration (homologation du plan de sauvegarde de l’emploi)…Comme exprimé dans la tribune « L’Appel de cent parlementaires pour une nouvelle démocratie sociale » qu’Olivier Faure a cosignée il y a quelques semaines il faut maintenant « respecter la voie choisie par les partenaires sociaux en transcrivant dans la Loi, sans en modifier l’équilibre, l’accord  conclu« . Le maintien de l’équilibre général sera donc la règle, même si des précisions sont possibles. les accords, lorsqu’ils sont négociés, permettent de dépasser les blocages et ont plus de chances d’être appliqués sur le terrain. Il faut donc les favoriser en ne transformant pas le Parlement en « chambre d’appel », ce qui aurait pour effet de dissuader les accords ultérieurs. Un point de vue dont le député de Seine-et-Marne a pu rendre compte lors de ses entretiens avec de nombreux responsables syndicalistes locaux.

OUI à la refondation de l’école publique !

 

Après une semaine entière d’examen à l’Assemblée nationale, le projet de refondation de l’école est soumise mardi au vote. Olivier Faure soutient ce texte incontournable après des années de casse de l’école publique. La loi défendue par le ministre Vincent Peillon est ambitieux et fait partie d’un projet global qui se décline en de nombreux points :

  • Création de 60 000 postes dont 54 000 pour le ministère de l’Education nationale, avec priorité donnée au premier cycle, déterminant pour la suite de la scolarité
  • Réforme de la formation  des enseignants par la création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation
  • Création des emplois d’avenir professeur
  • Redéfinition des missions de l’école maternelle et développement de l’accueil des enfants de moins de trois ans
  • Redéfinition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, création d’un Conseil supérieur des programmes
  • Aide aux élèves en difficulté
  • Lutte contre le décrochage scolaire
  • Accueil des élèves en situation de handicap
  • Rénovation du collège unique
  • Prévention et lutte contre les violences scolaires : mise en place des assistants de prévention et de sécurité, installation de la délégation ministérielle de prévention
  • Faire entrer l’École dans l’ère du numérique

Questions au ministre des transports, mon intervention en séance le 28 février

Monsieur le président, monsieur le Ministre, mes chers collègues,

 

Mon temps étant compté je souhaiterais limiter mon propos à deux questions d’actualité qui touchent très directement à nos investissements futurs en matière d’infrastructures de transports.

Ma première interrogation est née de la lecture, ce matin même, de votre entretien publié dans le journal Les Echos. On y apprend que la fiabilité du dispositif technique d’émetteurs destiné à la collecte de l’éco-taxe poids lourds doit encore être sécurisée. Vous en tirez les conséquences en abandonnant d’une part l’expérimentation préalable en Alsace prévue initialement en avril, et d’autre part, en renvoyant la mise en œuvre de l’éco-taxe au 1er octobre…

Il s’agit là d’un nouvel épisode d’une histoire qui s’écrit à coup d’atermoiements, d’ajournements successifs et de délais supplémentaires.

Je rappelle qu’aux termes de l’article 11 de la loi de 2009, dite Grenelle 1, l’éco-taxe devait être prélevée sur les poids lourds à compter de 2011. Nous parlons désormais d’octobre 2013, soit un retard de près de trois années.

Ce nouveau retard, qui ne vous est évidemment pas imputable, est une mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui, plaidant pour une fiscalité écologique, attendent de cette taxe un report modal et la décongestion des axes routiers.

Ce retard sera aussi un préjudice pour le financement des infrastructures de transport. En effet, chacun le sait ici, cette taxe a également pour objet le financement de l’AFITF. Lors du débat budgétaire de cet automne, je m’étais félicité de l’entrée en vigueur d’une taxe qui autorise un financement pérenne de l’Agence et ouvre la voie à la mise en œuvre d’un SNIT dont vous avez souhaité réorganiser les priorités, avant il était jusqu’ici la simple addition de promesses. Ce préjudice vous l’évaluez à 80 millions d’euros par mois, estimation qui semble être la fourchette basse pour une taxe qui doit rapporter 1,2 milliards en année pleine.

Vous dites dans votre entretien que vous appliquerez les dispositions contractuelles prévues avec le prestataire en cas de retard dans la livraison finale. Très bien. Mais personne n’imagine que ces pénalités pourront compenser en quoi que ce soit le préjudice subi. La question du financement de l’AFITF est donc posée pour 2013.

Sur le dernier trimestre, quelle part de l’éco-taxe prévoyez-vous de transférer à l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France et quelle part rétrocèderez-vous aux collectivités territoriales?

Comment envisagez-vous de compenser les pertes de recettes pour l’AFITF?

Depuis 2008, l’Etat accorde chaque année une subvention d’équilibre à l’Agence. En 2012 elle était de 1123 millions d’euros. Qu’anticipez-vous au titre de l’année 2013?

Ma seconde interrogation porte sur une question que certains pourraient considérer comme locale, mais que ceux qui se sont penchés sur la question savent d’intérêt national : je veux évidemment parler de la situation particulière des réseaux de transports franciliens.

Dans quelques jours le gouvernement rendra ses arbitrages notamment sur le métro automatique. Ce projet attire l’attention de tous à juste titre.

Mais je souhaite dire ici qu’il n’y a pas que le « grand Paris Express » dans la vie. Il y a aussi une vie après la première couronne.

Et dans cette vie-là, il y a des femmes et des hommes dont la durée de transport ne décroit pas mais augmente.

Dans l’état actuel du réseau, rien ou presque n’est possible pour les populations.

Pour répondre à cette urgence, la Région et ses partenaires ont lancé en 2008 un Plan de mobilisation de plus de 18 milliards d’euros afin de moderniser l’ensemble du réseau de transport francilien. L’objectif affiché est de répondre, d’ici à 2020, aux besoins présents et futurs des Franciliens.

Le problème des plans ou des schémas, c’est qu’ils ne relèvent que des bonnes intentions, celles dont on pave l’enfer, tant que leur financement n’est pas entièrement assuré.

Je connais votre inclination personnelle pour que la priorité soit donnée aux transports du quotidien, et je souhaite donc réaffirmer devant vous ce soir la nécessité de donner la priorité à ce plan de mobilisation, c’est-à-dire assurer son financement sans en retarder l’échéance.

Il serait incompréhensible pour nos concitoyens de voir déshabiller Paul pour habiller Pierre, ou encore de voir un métro automatique dépasser des RER…

S’agissant des LGV, chacun sait ce qu’elles peuvent apporter aux métropoles et aux régions non desservies. Mais chacun doit aussi saisir qu’un minimum de phasage est nécessaire et qu’il importe dans l’intérêt de tous de veiller préalablement à la désaturation de la région capitale.

De ce strict point de vue il me semble indispensable, s’agissant de la grande vitesse, de prioriser les projets de contournement de la capitale, ce qui me permet de plaider une fois encore devant vous la nécessité de mettre enfin en oeuvre le projet d’interconnexion sud. C’est tout à la fois de nature à décongestionner les sillons utilisés par les RER, un gain de temps pour les usagers qui n’auront plus à descendre gare de Lyon pour traverser Paris en direction d’une autre gare, et un levier pour le développement économique du sud francilien, raison pour laquelle la région Ile de France a d’ores et déjà marqué sa disponibilité pour un co-financement.

Voilà, j’achève mon propos en soulignant me semble-t-il un projet qui correspond à ce que vous avez dans votre discours liminaire qualifié de « petites opérations » qui peuvent avoir de grands effets.

Voilà, monsieur le Ministre, vous êtes le ministre du quotidien comme vous avez justement pris plaisir à le rappeler tout à l’heure. Voilà pourquoi les réponses que vous aurez à formuler sont particulièrement attendues, au-delà de cet hémicycle par tous les citoyens.

Réserve parlementaire : le temps de la transparence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de presse

Olivier FAURE, Député de la 11ème circonscription de Seine-et-Marne

lundi 25 février 2013

 

Affectation de la réserve parlementaire sur la 11ème circonscription de Seine-et-Marne

Dans un souci de transparence, je tiens à vous communiquer l’utilisation des crédits qui me sont alloués  pour l’année 2013 au titre de la « réserve parlementaire ».

Depuis la décision prise par la nouvelle majorité, la réserve parlementaire représente pour chaque député un montant annuel de 130 000 € à 135 000 € par circonscription. Auparavant, les députés de la majorité s’octroyaient des montants 3 à 4 fois supérieurs à ceux attribués aux députés de l’opposition. Ces crédits doivent contribuer au financement (non renouvelable) de projets d’investissements portés par les communes ou leurs groupements. C’est une subvention exceptionnelle aux collectivités territoriales, attribuée sur proposition du Député et validée par le rapporteur général du Budget. Elle permet également de soutenir 4 à 5 projets associatifs maximum par an (le nombre n’était pas encadré auparavant).

Les dossiers de demandes qui me sont parvenus démontrent la vitalité des communes et des associations de la 11ème circonscription de Seine-et-Marne, ainsi que l’implication et la qualité du travail des élus et des bénévoles. Dans mon arbitrage, j’ai choisi de soutenir des projets sur l’ensemble du territoire de la circonscription. J’ai également retenu des montants significatifs pour permettre le financement de projets structurants plutôt que de procéder à un saupoudrage clientéliste mais sans effet réel pour la population.

Ces crédits viennent d’être notifiés aux bénéficiaires ; c’est l’occasion pour moi de rendre publique la liste des collectivités et associations que j’ai souhaité soutenir en 2013 :

Collectivités locales

Collectivité : commune de Vert-Saint-Denis
Projet : Isolation thermique des fenêtres de l’Hôtel de Ville
Priorité : Développement durable
Montant : 20 000 €

Collectivité : commune de Lieusaint
Projet : Aménagement de locaux administratifs et développement de nouveaux services
Priorité : Développement durable et soutien au service public
Montant : 20 000 €

Collectivité : commune de Nandy
Projet : Réhabilitation. Programme CUCS quartier des Bois
Priorité : Rénovation urbaine
Montant : 20 000 €

Collectivité : commune de Savigny-le-Temple
Projet : Manifestation « Le Printemps des Jardiniers »
Priorité : Culture
Montant : 9 300 €

Collectivité : commune de Moissy-Cramayel
Projet : Réalisation d’un terrain de football synthétique
Priorité : Sport associatif
Montant : 25 000 €

Associations

Association : association la FOCEL Ligue de l’Enseignement
Projet : Projet de prévention et de lutte contre les discriminations dans les établissements scolaires
Priorité : Education
Montant : 5 000 €

Association : association REBONDIR (Savigny-le-Temple)
Projet : Accueillir et accompagner les personnes en recherche d’emploi ou de formation
Priorité : Insertion professionnelle
Montant : 7 000 €

Association : Café associatif de Cesson
Projet : installation de l’association dans un lieu fixe pour développer sa présence et multiplier les évènements
Priorité : Lien social/culture
Montant : 10 000 €

Association : La Compagnie du Lac (Savigny-le-Temple)
Projet : Création d’une comédie musicale intégrant des jeunes handicapés
Priorité : Lien social – Culture
Montant : 10 000 €

Association : association la Copa
Projet : tournoi de football régional inter-quartiers
Priorité : Lien social/sporta
Montant : 10 000 €

Question au gouvernement sur le déficit

Olivier Faure a posé mardi 19 février une question d’actualité au Premier ministre, concernant la trajectoire de sortie du déficit public.

Cliquez sur la photo pour voir la vidéo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

©Assemblée nationale-2013

« Monsieur le Président, mes chers collègues, Monsieur le Premier Ministre,

Vous l’avez évoqué vous même : notre pays n’atteindra pas l’objectif fixé par le président de la République de réduction du déficit à 3% du PIB pour l’année 2013.

La droite le présente comme le signe d’un échec. Elle fait le pari que les Français ont déjà oublié son bilan. Bilan qui a vu la dette de la France doubler en dix ans !

Car de quoi parlons-nous ?

Il y a neuf mois, le déficit public était encore de 5,2% ! Et c’est grâce aux mesures prises dès le mois de juillet, que ce déficit a été ramené à 4,5% ! Et c’est justement maintenant, alors que nous nous rapprochons des 3% que l’opposition voudrait nous faire la leçon sur des recettes qu’elle n’a jamais trouvées, sur des économies qu’elle n’a jamais réalisées, sur les investissements qu’elle avait abandonnés !

Alors monsieur le Premier Ministre, ce n’est pas à la droite qu’il faut répondre, elle devra d’abord faire son propre inventaire pour retrouver une crédibilité. C’est aux Français qui s’inquiètent de ce que leurs efforts ne portent pas encore tous leurs fruits. Alors quelle sera la réponse apportée par votre gouvernement?

Le sérieux? Les Français savent la gestion rigoureuse nécessaire. On ne sort pas d’une situation d’endettement excessif sans efforts sur la dépense publique.

L’austérité? Nous la redoutons avec eux, car elle nous entrainerait dans une spirale dépressive et parce que le modèle Français repose sur sa capacité à lier la performance économique à un haut niveau de solidarité.

Alors Monsieur le Premier Ministre, dans ce contexte comment comptez vous arbitrer entre la nécessité de compenser les moins values fiscales sans décourager pour autant l’investissement nécessaire pour retrouver la croissance? »

Réforme bancaire : un texte enrichi arrive en séance

Dès aujourd’hui est examiné en séance publique le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires, texte très attendu qui met en musique l’engagement n°7 du Président de la République. En Commission des Finances, Olivier Faure et les députés ont adopté deux amendements essentiels sur les opérations spéculatives et sur les paradis fiscaux.

Le premier amendement vise à renforcer la séparation des opérations spéculatives des banques de leurs activités utiles à l’économie réelle et à l’emploi. Il encadre l’activité de tenue de marché en définissant strictement cette activité pour que les banques ne puissent pas y dissimuler des opérations spéculatives. Il donne d’autre part au Ministre des Finances le pouvoir de limiter le montant des opérations de tenue de marché conservées dans la banque universelle.

Un autre amendement engage la lutte contre les paradis fiscaux en imposant une plus forte transparence de la part des établissements bancaires. Ceux-ci devront publier pour chaque pays la nature de leurs activités, leurs effectifs et leurs produits nets bancaires. Cette mesure constitue une avancée majeure au niveau international et positionne la France au premier rang des nations dans la bataille de la régulation financière.

D’autres évolutions seront proposées cette semaine par les députés de la majorité, notamment pour mieux encadrer les frais bancaires.

Consulter le dossier législatif.

Mobilisé pour le mariage pour tous !

C’est aujourd’hui que débute l’examen du projet de loi ouvrant le droit au mariage pour tous. La mobilisation des députés socialistes est totale car ils considèrent depuis longtemps que l’ouverture du mariage aux couples  homosexuels est un combat essentiel pour l’égalité des droits.  Les homosexuels, qui ont vécu – et vivent encore – des discriminations insupportables, ont des vies conjugales et familiales que la loi doit reconnaître à égalité avec celles des hétérosexuels. La reconnaissance de l’homoparentalité est un facteur d’intégration pour les dizaines de milliers d’enfants qui vivent déjà cette situation et qui peuvent encore être victimes du regard que porte la société sur leurs parents.

Le débat sur ce sujet a bel et bien été mené, tant à l’Assemblée nationale (avec des dizaines d’heures d’auditions) que dans la société (médias, réunions publiques diverses…). Il se poursuivra tout au long de ces deux semaines de séance, alors que l’opposition a déposé plus de 5 300 amendements ! Espérons que la discussion parlementaire puisse se dérouler dans un climat apaisé et que soit rapidement réalisé l’engagement N°31 du Président François Hollande.

J’ai présenté en séance mon amendement sur le versement transports – regardez la vidéo

 

Je me félicite de l’adoption aujourd’hui en séance publique de l’amendement que j’avais déposé et fait adopter en commission des finances, visant à l’augmentation de 0,1 point du versement transport en Ile-de-France.

Cet amendement permettra de financer à hauteur de 175 millions € les schémas directeurs des différents RER, qui ne l’étaient pas encore complètement à ce jour. Cela permettra donc d’accélérer la régénération des transports ferroviaires et le renouvellement du matériel roulant.

Après débat, le gouvernement a su apprécier la contribution essentielle que représentent des transports publics de qualité à la compétitivité des entreprises et à l’attractivité des territoires. La qualité de vie des usagers des RER n’est pas contradictoire à l’intérêt des entreprises, au contraire, leurs intérêts concordent absolument.

Cela faisait des années que ce vote était attendu. Je me réjouis, sans m’étonner, que ce soit le gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui en ait compris la finalité.

Pour ma part, je continuerai à me battre pour que les Franciliens, et particulièrement les périurbains, ne soient plus les oubliés des transports publics.

Présentation de mon rapport budgétaire sur les transports ferroviaires à l’Assemblée nationale

Voici le texte de mon intervention :

Monsieur le président,

Madame la Ministre,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,

Il y a quelques heures l’ile de France a connu une nuit de chaos sur le réseau ferroviaire de Paris-Nord. Une panne d’alimentation électrique en Seine-et-Marne a entraîné une série d’incidents qui ont conduit à la paralysie totale du trafic des trains de banlieue durant plusieurs heures. Plus de 50.000 passagers se sont retrouvés coincés dans les gares ou dans les trains stoppés sur les voies.

Plus de 50 000 personnes se sont alors demandé comment allait réagir leur employeur, comment maintenir à domicile la nounou qui gardait leurs enfants, comment annuler un rendez-vous important, comment décommander un dîner, comment s’assurer de leur retour tout simplement.

Vous avez Monsieur le Ministre diligenté une enquête. Sans doute en tirerez-vous la conclusion d’une suite d’incidents et d’une responsabilité partagée entre défaillance technique de l’opérateur ou du gestionnaire d’infrastructure et passagers excédés qui ont commis l’imprudence de descendre sur les voies.

La vérité, c’est qu’au delà de cette situation exceptionnelle, 7.500 trains transportant plus de 3 millions de passagers circulent chaque jour en Ile de France.

La vérité c’est 40% des circulations ferroviaires françaises sur 10% du réseau national.

La vérité c’est que sur la plupart des lignes de RER, il y a chaque jour plus de passagers que dans tous les TGV réunis.

La vérité c’est une saturation totale du réseau et un trafic perturbé quotidiennement.

La vérité, c’est que les transports du quotidien ont été trop longtemps délaissés au profit des lignes à grande vitesse.

La vérité c’est que dans notre pays on s’est d’abord préoccupé de faire gagner quelques heures par an à des usagers occasionnels avant de penser à ces femmes et ces hommes qui pratiquent tous les matins et tous les soirs les transports collectifs et qui y passent plusieurs heures dans.

Monsieur le Ministre, vous êtes par vos fonctions devenu le ministre de la vie quotidienne de millions de salariés qui empruntent métros, RER, TER, TET, bus et tramways.  Lire la suite

Je suis intervenu en séance sur le projet de loi de finances

Voici le texte de mon intervention :

 

 

Monsieur le président,

Mesdames et messieurs, chers collègues,

 Je voulais vous parler de « dette ».

 A tout seigneur tout honneur.

 Je voulais d’abord vous parler de la dette de la droite.

 Depuis hier, j’écoute les orateurs qui se succèdent à cette tribune.

Certains ont le verbe haut. Ils parlent fort. Ils ont l’air de ceux qui savent.

 Je me suis renseigné. On me dit qu’ils viennent de la droite. Ce n’est pas un défaut de venir de droite… Ils parlent si bien de la dette que je me suis dit qu’ils devaient avoir une expertise sur le sujet. C’est exact !

 Tout de même 600 milliards de dette supplémentaire en cinq ans, Une dette qui représente 90% de la richesse produite, 50 milliards d’euros d’intérêts de la dette versés chaque année à nos créanciers, ce n’est pas rien. C’est même un record. Cela donne des droits !

 Puisque nous partageons tous l’idée d’une trajectoire budgétaire qui conduise au désendettement, j’ai donc jeté un oeil sur les propositions que fait une opposition si constructive.

 Ses solutions je vous les livre :

 suppression de l’article 3 qui crée une tranche à 45% pour les plus hauts revenus,

 suppression des article 5, 6, 7 qui imposent revenus du travail et du capital au même barême

 suppression de l’article 8, qui crée une contribution exceptionnelle de solidarité sur les très hauts revenus d’activité

 Suppression de l’article 9 rétablissant l’impôt sur la fortune

 Suppression de l’article 11 sur le durcissement de la taxe sur les logements vacants

La défense des intérêts des possédants est sans limite.

Les députés de l’opposition n’oublient rien. Sans doute par hommage au ministre du budget, MM Tardy et le Fur ont même pensé à déposer un amendement exonérant les chirurgiens esthétiques de l’application de la TVA pour des actes non thérapeutiques.

 etc. etc.

 Je sens mes chers collègues votre inquiétude monter : Vous vous dites comment trouver 30 milliards si toutes les recettes sont ainsi supprimées.

 Mes chers collègues de la majorité, cette inquiétude marque un manque de confiance qui ne vous honore pas. Nos collègues de l’UMP ont évidemment pensé à tout.

 Ils ont prévu, après l’article 13 de rétablir la hausse généralisée de la TVA qui était initialement prévue au 1er octobre et que vous avez malencontreusement abrogée dès votre élection au moins de juillet dernier.

 Et ce sont les mêmes qui demain iront courir les plateaux de TV comme les routes de France en parlant je les cite : de matraquage fiscal des classes moyennes et de gourdin fiscal.

 La vérité c’est que nous voulons tous désendetter le pays, mais que nous n’avons pas prévu le même chemin pour y parvenir.

 La vérité chers collègues de l’opposition, c’est que vous aimez les impôts et les taxes indirects, incolores, que tous les Français paient indistinctement.

 La vérité c’est que nous assumons de faire porter l’essentiel de l’effort sur les Français qui ont les plus fortes capacités contributives.

 Vous voulez augmenter la TVA, nous voulons augmenter l’IR, vous voulez préserver les revenus de la rente, de la spéculation, là où nous voulons imposer au même taux revenus du capital et du travail parce que nous croyons à la valeur travail !

 Cela signifie-t-il que nous voulions spolier les riches? décourager l’initiative privée ? confisquer les fortunes acquises? En bref de pigeonner les « meilleurs d’entre nous ».

 Je voudrais achever mon propos en m’élevant contre cette caricature.

 Je crois à l’effort, à l’initiative, au courage.

Mais je crois que l’effort, le courage, l’initiative et le courage ne sont pas le privilège des dirigeants.

 Je crois aussi que la dette ne peut être payée principalement par ceux qui n’en sont pas responsables et qui n’en ont jamais tiré le moindre profit.

 Je crois enfin que nous avons toutes et tous une dette vis-à-vis de la France.

J’ai entendu ces derniers jours un mouvement au nom d’oiseaux se former. Certaines de leurs revendications sont entendables. Notamment pour ceux qui prennent des risques pour créer de l’activité et de l’emploi.

 Mais le discours sur les self made men, sur le mérite individuel, doit aussi trouver ses limites. le discours du self made man, c’est celle d’un individu sans dette, qui n’est redevable qu’à lui même et qui ne se rattache qu’à sa propre histoire.

 Nous avons tous une dette vis-à-vis de ce pays. Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu?

L’école de la République, les savoirs acquis au cours des siècles, la puissance commerciale, des services publics performants, des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers de qualité…

C’est pourquoi chaque patriote doit aujourd’hui être fier de ce qu’il peut apporter pour le redressement du pays.

 La non-imposition des plus riches, c’est forcément l’imposition des autres. les classes populaires, les classes moyennes.

 Nous avons tous un effort à produire. Il doit être juste. Dans un pays qui compte plus de trois millions de chômeurs, presque autant de salariés précaires, le redressement est un impératif. c’est la dette que nous avons vis-à-vis de celles et ceux qui ont perdu leur emploi alors qu’ils ont contribué à la richesse du pays.

 Cette dette là n’est pas seulement économique; Elle est morale. Et c’est celle qui fonde l’engagement de cette majorité.