Réponse à la déclaration de politique générale

Mardi 4 juillet, Olivier Faure a répondu pour le groupe Nouvelle Gauche à la déclaration de politique générale du Premier ministre.

Discours vote de confiance 4 juillet 2017

Monsieur le président,

Monsieur le Premier Ministre,

Mes chers collègues,

Je regarde notre assemblée, elle a été profondément renouvelée.

Au nom de cette légère antériorité qui me distingue, je souhaite à toutes et tous la bienvenue. Certains ont pu moquer le noviciat d’une part d’entre vous. A tort. D’abord parce que nombre d’entre vous cachent une déjà longue expérience de la vie politique… Surtout parce que nous sommes tous présents dans cette enceinte par la volonté du peuple et donc avec une légitimité identique indépendante de nos états de service antérieurs.

Je dirais donc les choses autrement. Le désir de changement a emporté nombre de femmes et d’hommes qui avaient encore beaucoup à dire et à apporter à notre pays.

A vous de montrer maintenant que vous les remplacez dignement.

En mai puis en juin, les Français ont choisi de donner une légitimité au nouveau pouvoir. Soit en affichant leur consentement par leur vote, soit en ne vous opposant pas de résistance a priori, par leur abstention. Jusqu’ici les Français vous ont donc suivi sans tout à fait vous suivre. Les Français ont marché plus qu’ils ne sont mis en marche.

Votre majorité est la plus large de l’histoire de la Vème République, mais votre socle électoral est le plus faible.

Dit avec d’autres mots, les français souhaitent « donner sa chance » à une nouvelle expérience mais leur scepticisme est encore à la hauteur de leur adhésion.

Peut-être entendent-ils en leur for intérieur la voix d’Arletty dans « les enfants du Paradis », leur souffler que, finalement, « la nouveauté c’est vieux comme le monde« .

Mais c’est le propre de toutes les nouvelles majorités de penser que tout commence avec elles. C’est l’enthousiasme des premiers jours, la fougue aveugle des commencements.

Qu’avez-vous finalement dit à nos compatriotes?

Que vous vouliez opposer aux mythes fanés du « vieux monde » les rythmes et la couleur d’un « monde nouveau » dont vous auriez les clés.

Qu’il y aurait dans cette confrontation quelque chose de plus fécond.

Que ce clivage entre anciens et modernes serait désormais le seul pertinent et qu’il devrait remplacer celui dépassé entre la gauche et la droite.

Qu’il n’y aurait désormais plus rien entre un hyper-centre progressiste et des périphéries dangereuses.

Le progressisme n’appartient à personne. Ni à vous, ni à moi. Chacun peut s’en revendiquer. Ses contours sont aussi flous que ceux de la modernité. Qu’est-ce que le progrès? Qu’est-ce qui est moderne? La pensée écologiste est venue depuis interroger utilement ces notions. La nouveauté, ce n’est pas toujours le progrès. Elle porte sa part d’artifices et d’illusions. Gardons nous de tomber dans cette fuite en avant qui substituerait à l’alternance entre gauche et droite, une alternance tous les 5 ans entre neuf et vieux. Viendra le jour où le neuf prendra l’apparence du monstre et où ce sera au nom de valeurs séculaires que nous devrons le repousser.

Ce qui compte pour nos concitoyens, c’est le travail qui donne à chacun une dignité, c’est la reconnaissance de leur contribution à la création de richesse, ce qui les libère des charges de la vie courante, c’est la protection de leur qualité de vie, la préservation de leur santé, la garantie de leur sécurité, la possible émancipation de leur condition, un véritable droit à l’avenir pour leurs enfants.

En ces matières, il y a un bilan auquel le Président de la République a lui-même sa part.

La priorité absolue donnée à l’éducation, la volonté d’ouvrir l’accès aux soins à tous avec le tiers payant généralisé, la possibilité de se former désormais tout au long de la vie à partir de droits ouverts dans un compte personnel d’activité, la possibilité de conserver ses droits acquis à l’assurance chômage en retrouvant un nouvel emploi, le droit à la retraite à 60 ans pour les carrières longues, la reconnaissance de la pénibilité pour fixer l’âge de départ à la retraite, la lutte contre le réchauffement climatique avec le succès international de la COP 21, l’engagement courageux de nos troupes contre le terrorisme…

Ce bilan je n’ai pas peur de dire que j’en suis fier. Pas plus que je n’ai peur de dire qu’en 2012 il fallait restaurer les taux de marges des entreprises françaises qui étaient parmi les plus faibles d’Europe. Parce que c’est ainsi que se financent l’investissement, la recherche et le développement, le renouvellement de l’appareil productif, la formation… La gauche ce n’est pas l’archaïsme.

Nous n’avons pas tout réussi. Nous n’avons pas toujours été assez loin. Nous n’avons pas toujours su non plus expliquer ce que nous faisions, ni pourquoi nous le réalisions. Nous nous sommes beaucoup divisés. Et comme toujours nous avons d’abord regardé ce qui n’avait pas été fait avant de nous féliciter de ce qui l’avait été : mais, des nouvelles règles européennes de supervision bancaire à la taxation du capital au même niveau que le travail, en passant par la loi de séparation bancaire nous n’avons jamais cessé d’avancer.

En rappelant ces décisions méconnues, j’espère m’être mieux fait comprendre sur ce que progrès – à notre sens – veut dire.

Hier, le président a eu cette phrase : « il sommeille en chacun de nous un cynique« . En la matière le cynisme consisterait au nom d’un monde nouveau à revenir sur ces belles avancées.

Le cynisme c’est aussi, comme vous venez de le faire, Monsieur le Premier Ministre, de surjouer le coup très classique du bilan en matière de déficits. Je ne reviens pas sur une majorité que vous avez soutenu et qui ne fut pas exemplaire en la matière, ce jeu là n’apporterait rien de plus au débat. Mais préparer vos renoncements, justifier vos coupes claires par notre bilan relève de la mystification. Pendant la campagne présidentielle, j’ai entendu Emmanuel Macron – qui n’était encore que candidat – se revendiquer de l’oeuvre de figures illustres qui ont marqué notre pays. Il ne serait que justice qu’à votre tour vous vous revendiquiez de son bilan au ministère de l’économie et des finances.

Mais parlons d’avenir,

Monsieur le Premier Ministre, vous sollicitez la confiance de cette Assemblée. Je veux d’abord vous dire mon estime personnelle. Elle est réelle, elle est ancienne. Elle n’est pas politique.

Vous vous êtes donc mis en marche.

Comme je vous sais homme de droite et homme de conviction – ce n’est pas incompatible – je me dis que vous n’avez pas accepté Matignon pour le simple plaisir d’ajouter votre nom à celui de vos prédécesseurs.

Quelle sera votre marque? La République en Marche se veut ambidextre, elle a été jusqu’ici ambigüe.

De quelle main écrirez-vous donc la politique de la Nation dont vous avez désormais la charge?

Vous voulez transformer l’école? Nous aussi.

Vous voulez renforcer l’effort de la nation pour l’école élémentaire, nous aussi.

Mais à la lumière de vos premières annonces le progrès pour tous sera-t-il au rendez-vous ? Il est permis d’en douter quand montent les inquiétudes sur le dédoublement des CP – non sur le principe – mais sur ses modalités dans une dangereuse improvisation. Pourquoi n’avez-vous pas commencé par évaluer avant d’évoluer. C’est pourtant ce que j’ai cru comprendre hier de la méthode présidentielle qui ne peut être une communication sans lendemain.

Vous souhaitez faire évoluer l’organisation du travail? Nous aussi.

Vous souhaitez renforcer l’indemnisation du chômage pour tous et ouvrir de nouveaux droits à la formation professionnelle, nous aussi.

Le monde du travail est prêt au dialogue. Vous avez engagé une concertation. Très bien. Mais pourquoi devrait-elle s’arrêter aux portes du Parlement? Vous décrétez l’urgence sur la loi d’habilitation mais celle-ci ne vaut que pour la dérégulation et pas pour la création de nouvelles protections. Avec vous, l’urgence c’est la flexibilité, la sécurité peut attendre.

Au lieu de ce débat tronqué par le biais des ordonnances, il y avait place pour un vrai débat parlementaire permettant d’aboutir à simplifier sans détruire et à favoriser la mobilité par l’institution d’une sécurité sociale professionnelle.

Vous souhaitez augmenter le salaire net des salariés? Nous aussi.

Mais vous prévoyez dans le même temps de compenser cette hausse par une baisse du pouvoir d’achat des retraités qui paieront plus de CSG à partir de 1200 euros de pension quand simultanément vous prévoyez d’exonérer d’impôt sur la fortune les actionnaires… Au contraire vous pourriez utiliser la créativité de vos services pour mettre en place une CSG dégressive qui s’applique à tous les revenus et pensions.

Vous voulez partiellement supprimer cet impôt injuste qu’est la taxe d’habitation? Nous aussi.

Mais votre volonté d’épargner 80% des ménages sera financée par les collectivités locales que vous ne compenserez que par une moindre baisse de leurs dotations. La conséquence sera soit la hausse de la taxe d’habitation pour les 20% qui continueront de la payer, soit la hausse de la taxe foncière, soit la dégradation des services publics locaux…

Nous vous proposerons une réforme de l’impôt sur le revenu dont une part serait dédiée aux collectivités locales.

Vous voulez moraliser la vie publique? Nous aussi.

Notre volonté d’en finir avec le mauvais feuilleton judiciaire est identique mais nous voulons aller plus loin en respectant notamment les engagements de campagne du président de la République sur l’interdiction des activités de conseil ou l’exigence d’un casier judiciaire vierge. Vous n’évoquez que la moralisation de la vie publique, nous souhaitons que le Parlement ne reste pas muet sur la moralisation de la vie économique.

Vous souhaitez approfondir la démocratie? Nous aussi

Le Président a esquissé ses contours hier. Sur l’indépendance de la justice, nous serons là. Sur le nouveau rôle confié au conseil économique et social, nous partageons. Sur le non cumul dans le temps, nous avions nous-même émis la proposition.

Mais nous appelons au discernement de chacun sur la réduction du nombre de parlementaires élus au scrutin majoritaire. Il peut arriver que céder à la foule se fasse au détriment des intérêts du peuple. Quelle sera la proximité de ces élus avec leurs électeurs lorsque leurs circonscriptions seront trop vastes, à cheval sur plusieurs départements, avec des centaines de communes? Vous dites que la diminution du nombre de parlementaires donnera plus de moyens en collaborateurs à ceux qui restent? Mais est-ce que le remplacement d’élus par des collaborateurs constituerait un progrès?

Voilà monsieur le Premier Ministre, nous partageons nombre de vos objectifs, mais nous ne mettons pas forcément les mêmes décisions derrière les mêmes mots.

La recherche du compromis n’est pas condamnable. Ce qui l’est, c’est de laisser penser que sur chacune de ces décisions, il n’y a qu’une réponse, celle d’une nouvelle pensée unique.

Le compromis, c’est la rencontre de points de vues différents, opposés, qui s’accordent sur une réponse provisoire, une réponse qui tienne compte d’une situation, d’un rapport de force, de nécessités ou de réalités.

Cette majorité affiche sa volonté de participer au renouveau de la vie politique. Nous voulons en accepter le présage. Ne pas condamner par principe, par réflexe, par sectarisme.

Nous jugerons sur pièce votre volonté d’en finir avec les majorités caporalisées et les débats verrouillés. Nous verrons alors si vos proclamations ont une effectivité ou si elles ne sont que la traduction moderne d’une langue morte.

C’est la raison pour laquelle le groupe Nouvelle Gauche s’abstiendra. Cette abstention dit notre liberté. Celle de vous approuver comme celle de vous combattre.

Congrès de Versailles

Discours prononcé au Congrès de Versailles pour le Groupe Nouvelle Gauche.

« Monsieur le Président,
Mes chers collègues,

Le Président Emmanuel Macron a choisi, pour s’exprimer, la forme la plus commode. Cette forme c’est celle du congrès où, sitôt achevé son discours, il s’échappe. Le Président parle mais il ne débat pas.

Il n’est donc plus parmi nous, mais il a suffisamment de représentants pour m’entendre, et c’est à lui que je veux m’adresser.

Monsieur le président donc,

Dans un monde où tout va si vite et où les exigences citoyennes sont si grandes, la puissance tient moins à la force que l’on impose qu’à l’adhésion que l’on suscite.

Vous avez au mois de mai, puis au mois de juin, acquis la légitimité du pouvoir, mais vous n’avez pas encore gagné l’adhésion des français, cela reste devant vous.

Créer cette adhésion tient en une phrase. Cette phrase n’est pas de moi, mais de Pierre Mendès France : « gouverner c’est choisir, si difficiles que soient les choix ».

Et Monsieur le Président, c’est bien le problème vous concernant. Vous avez décidé d’occuper le terrain par la verticale. Vous posez l’autorité. Vous mimez l’homme de décisions. Mais si l’on sort du champ de l’objectif, si l’on prend le contre-champ, l’image n’est plus aussi nette, pour ne pas dire qu’elle est floue.

Ce flou se résume en une tournure de langage. Cette tournure, elle est de vous, Monsieur le Président, et elle tient en trois mots : « en même temps ».

Mais Monsieur le Président,

Choisir ce n’est pas, à Bruxelles, en appeler à l’Humanité, prôner l’ouverture aux réfugiés et, en même temps laisser stigmatiser les associations et accepter que l’indignité s’installe aux abords de Calais,

Choisir ce n’est pas écrire que l’Etat d’urgence n’a pas vocation à durer et, en même temps, vouloir graver des mesures d’exception dans le marbre du droit commun,

Choisir ce n’est pas prétendre moraliser la vie publique et, en même temps, oublier vos engagements en matière d’incompatibilités entre mandat parlementaire et activité de conseil ou sur le casier judiciaire vierge,

Choisir ce n’est pas affirmer protéger le monde du travail et, en même temps, revenir sur le compte pénibilité, faciliter les licenciements ou plafonner les indemnités pour licenciement abusif,

Choisir ce n’est pas afficher la volonté d’augmenter le pouvoir d’achat des classes populaires et des classes moyennes et, en même temps, augmenter la CSG pour les retraités, pour mieux baisser l’impôt sur la fortune des actionnaires,

Choisir ce n’est pas affirmer la volonté d’en finir avec la taxe d’habitation qui est un impôt injuste et, en même temps, prévoir de le faire supporter aux collectivités locales avec pour résultat d’insupportables inégalités territoriales,

Choisir ce n’est pas crier au monde que nous devons rendre notre planète « great again » et en même temps, envisager de revenir sur l’interdiction des néonicotinoïdes,

On ne peut réformer la puissance publique sans en même temps évoquer la toute puissance des intérêts privés

Monsieur le Président, conduire une politique ET de gauche, ET de droite, c’est conduire une politique sans choix.

Nous partageons le même amour de la France, la même envie que notre pays retrouve sa grandeur, le même souci de servir au mieux nos concitoyens, mais,  » en même temps « , mélanger l’eau froide et l’eau chaude cela n’a jamais donné que de l’eau tiède.

L’adhésion viendra donc de vos choix. Votre politique sera-t-elle synonyme de progrès pour tous?
Pour construire l’avenir, il ne suffit pas de valoriser ceux qui sont déjà les plus entreprenants tout en laissant penser que les autres ne sont « rien » !.. Vous devez reconnaître et accompagner tous les talents, tous les potentiels, combattre le gâchis humain que représentent le chômage, les discriminations, ou le décrochage scolaire !

Chacun peut apporter sa contribution à la construction de notre pays, c’est cela la promesse républicaine, celle d’une République généreuse, qui tend la main à tous ses enfants !

Les réformes, vous ne pourrez les réussir seul. À chaque fois que le nouveau pouvoir issu des urnes a pensé que sa légitimité était suffisante pour décider des réformes celles-ci ont échoué.

Parce que votre pouvoir est aujourd’hui absolu, vous devez vous en méfier, le tempérer, le modérer, le partager. Vous le devez au pays, vous le devez à vous même.

Méfiez-vous de la victoire, monsieur le président, elle peut être mauvaise conseillère. Nous avons vu à l’assemblée ces derniers jours, une majorité brouillonne – c’est excusable – mais surtout vorace, peu soucieuse du respect des droits de l’opposition, ce n’était pas un bon signal.

Méfiez-vous de la victoire, Monsieur le Président, elle peut conduire à un certain nombrilisme là où il faudrait au contraire renouveler notre démocratie. Ecoutez, concertez, respectez le temps nécessaire aux délibérations parlementaires, sollicitez la société civile – ce n’est pas un sésame pour être élu mais une source à laquelle puiser les solutions pour demain. Comme le disait Michel Rocard : « ce qui est accepté a infiniment plus de force que ce qui est imposé »
Tous les débats n’ont pas été tranchés avec votre élection, Ils restent ouverts et demandent à être instruits.

Méfiez-vous de vous même, Monsieur le Président, l’intuition qui vous a conduit au pouvoir par la grâce de l’épuisement des partis de gouvernement, si elle solde une période, n’en fonde pas pour autant une nouvelle : avoir réuni des femmes et des hommes issus des deux bords ne réinvente pas les clivages politiques.

Méfiez-vous de vous même, Monsieur le Président, votre jeunesse ne vous mets pas à l’abri de vous tromper d’époque. Vouloir conduire aujourd’hui, à la hussarde, des réformes empruntées au siècle passé, sans s’interroger sur les drames qu’elles ont générés, serait un contre-sens.

La qualité de vos réformes sociales dépendra du partage de leur construction avec les représentants des salariés dont le travail est la source même de toute richesse.

La réussite de la mobilisation du pays dépendra de votre soutien à l’initiative des citoyens, des associations, des entrepreneurs. La France doit rompre avec sa tentation colbertiste si bien représentée par la citadelle de Bercy.
Ferez-vous d’abord confiance aux françaises et aux français ?
Ferez-vous confiance aux territoires, aux Elus locaux, aux collectivités qu’ils dirigent ? Dans une République décentralisée, la nation ne peut réussir sans travailler main dans la main avec ses villes et ses communes, ses départements, ses régions. Réduire les dotations des collectivités, c’est mal prendre le chemin de la confiance et du partenariat dont la France a besoin.

M. Le Président dans les écoles de ma circonscription les enfants vous appellent désormais « Jupiter ».
C’est à la fois louangeur et moqueur. Comme vous le voyez nos enfants ont des lettres et du bon sens. Ils sentent bien que le chemin que vous prenez n’est pas celui d’un exercice équilibré du pouvoir, d’une citoyenneté active et d’une délibération ouverte et partagée. L’exercice suranné qui nous réunit aujourd’hui, la malheureuse gestion des postes de responsabilité à l’Assemblée Nationale, votre refus de répondre aux questions des journalistes le 14 juillet, nous tournent vers le passé plus que vers l’avenir, un passé qui nous a déjà montré l’impasse du pouvoir personnel, alors que votre marche esquissait un avenir fondé sur la rénovation de la vie politique par la valorisation de la diversité, du pluralisme, et de l’engagement de chacun.

J’achève mon propos.

Monsieur le président de la République,
chaque fois que vos décisions conduiront la France sur les chemins d’un progrès partagé, nous serons là pour approfondir et consolider.

Mais à chaque fois que vos décisions auront pour effet d’accroitre les inégalités, de précariser les plus désarmés, d’affaiblir les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’ont rien mais qui ne sont pas « rien », vous rencontrerez notre ferme opposition.

Vous vous êtes engagé à faire entrer la politique dans une nouvelle ère et la France dans un nouveau monde, nous vous jugerons donc sur vos actes et sur vos actes uniquement. Ce sera notre contribution à cette rénovation attendue. Dans ce nouveau monde, il y aura aussi une NOUVELLE GAUCHE. »

 


Discours d’Olivier Faure au Congrès de… par GroupeSRC

Le Monde – Olivier Faure réélu à la tête du groupe socialiste de l’Assemblée nationale

Le résultat du vote des députés socialistes est sans appel. Jeudi 22 juin, Olivier Faure a été réélu à la présidence du groupe PS de l’Assemblée nationale en obtenant 28 voix contre 3 pour Delphine Batho, l’ancienne ministre de l’écologie du gouvernement Hollande.

Le député de Seine-et-Marne dimanche, 48 ans, réélu dimanche avec 61 % des voix, avait été élu face à Guillaume Bachelay à la présidence du groupe PS en décembre 2016 pour succéder à Bruno Le Roux, quand celui-ci avait été nommé ministre de l’intérieur. Le groupe socialiste de l’Assemblée, qui comptait près de 300 membres dans la dernière législature, disposera seulement de 31 députés à l’issue des législatives des 11 et 18 juin.

Olivier Faure, qui a nommé Delphine Batho première vice-présidente, a annoncé que son groupe s’inscrirait dans l’opposition au gouvernement. Il a toutefois précisé que son groupe ne se situerait « ni dans l’obstruction, ni dans une forme d’opposition pavlovienne, ni dans une forme de robotisation de la pensée qui serait celle qui nous conduirait à être, d’ores et déjà, dans une majorité présidentielle ». Et d’ajouter, en citant certains points controversés de la réforme du code du travail ou de la fiscalité : « Nous allons nous définir par nos propositions. »

« Manuel Valls a choisi un autre destin »

Le député de Seine-et-Marne a ajouté que son groupe, qui devrait changer de nom, pourrait rassembler d’autres députés.

« Ceux qui partagent nos combats sont bienvenus mais nous n’avons pas la volonté d’aller chercher les uns et les autres, nous n’irons pas marchander »

Dimanche, Olivier Faure avait appelé les socialistes à « retrouver un discours qui puisse fédérer ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, ceux qui ont voté pour Benoît Hamon et ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron ».

Le député de Seine-et-Marne a par ailleurs écarté une adhésion de Manuel Valls à son groupe. « A ma connaissance, Manuel Valls a choisi un autre destin que celui que nous partageons, donc il a fait ses choix. »

Le groupe socialiste de l’Assemblée, qui comptait près de 300 membres dans la dernière législature, ne disposera plus que de 31 députés – apparentés compris – à l’issue des législatives des 11 et 18 juin.

Lien d’origine http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/22/olivier-faure-reelu-a-la-tete-du-groupe-socialiste-de-l-assemblee-nationale_5149432_823448.html#3mDPBRDyESMEJeZX.99

C’est reparti, un grand merci !

Madame, Monsieur, chers amis,

À toutes et tous je veux avant tout dire ma reconnaissance et ma fierté de vous représenter encore. Plus que jamais je veux que nous construisions ensemble. Vous êtes, parfois sans même le savoir, mon inspiration et ma force. Pendant ces dernières semaines j’ai souvent pensé que tout pouvait s’arrêter. Depuis une semaine je crois au contraire que c’est un nouveau commencement.

Cette semaine j’ai donc repris mes activités de parlementaire avec 3 temps forts.

J’ai d’abord fait le parcours administratif que doivent faire tous les députés élus ou réélus. J’ai voulu le faire avec Paulin Roy, mon suppléant. Nous avons gagné ensemble, je voulais qu’il participe à ce moment. Paulin a cette spontanéité et cette fraicheur qui manque trop souvent à la politique. En parcourant le Palais Bourbon il a eu l’occasion de se rendre compte que l’accessibilité est encore à conquérir dans ce haut lieu de la République. Aucune rampe d’accès n’est praticable, seul…Avec Paulin l’aventure ne s’arrête évidemment pas là. Nous allons continuer. D’abord créer un groupe de travail Handicap qui commencera par recenser au niveau de la circonscription, toutes les difficultés auxquelles les personnes concernées ou leurs familles se trouvent confrontées. Pour toutes les personnes intéressées il faut s’inscrire ici olivierfaure.depute77.11e@gmail.com

Question au gouvernement

Mardi 15 février, Olivier Faure a posé une question au premier Ministre sur le bilan du gouvernement.

 

Monsieur le président, mes chers collègues, la semaine prochaine, nous achèverons nos travaux après cinq années d’action. Qui mieux que vous, monsieur le Premier ministre, pourrait incarner les défis auxquels nous avons été confrontés ?

Vous avez été ministre des affaires européennes pendant la crise de l’euro, ministre du budget alors que nous faisions face à la dette abyssale laissée par nos prédécesseurs, ministre de l’intérieur au moment des attentats tragiques qui ont ensanglanté notre pays, et vous êtes désormais Premier ministre tandis que les cartes du jeu mondial se redistribuent.

Je comprends que le bilan soit l’objet d’un débat. On a tancé les amateurs, mais ce sont les amateurs qui ont rétabli les comptes publics. On a décrié les laxistes, mais ce sont les laxistes qui ont renforcé les services de renseignement, de police et de gendarmerie. On a dit que ce gouvernement n’était pas assez fidèle à l’histoire de la gauche, mais c’est bien sous cette législature que l’éducation est redevenue une priorité, que l’accès aux soins a été renforcé, que la question climatique a été traitée, que le capital et le travail ont été imposés au même barème.

Monsieur le Premier ministre, nous voulons vous dire notre fierté : fierté d’avoir accompagné les pas de vos deux prédécesseurs et ceux du Président de la République ; fierté d’être à vos côtés pour que, jusqu’à l’élection présidentielle, chaque minute soit une minute utile ; fierté de vous savoir, en ce moment même, à l’œuvre dans l’élaboration d’un socle européen de droits sociaux.
Avons-nous tout réussi ? À l’évidence non. Il n’y a pas de grand soir. Il n’y en aura jamais.  Il n’y a qu’une accumulation de réformes qui, depuis un siècle, forgent le modèle français.

Monsieur le Premier ministre, vous l’aurez compris, ma question est surtout un remerciement et l’expression d’un espoir, celui de continuer ensemble à rendre l’avenir désirable.


15/02/17 Question au gouvenrement : le bilan par olivierfaure

L’égalité réelle de Lille à Mayotte

Avec l’adoption de la loi sur l’égalité réelle pour les territoires d’outre-mer, la République met ses actes en conformité avec ses principes.

Pour la première fois un « plan de convergence » va permettre de combler en deux décennies les écarts qui existent avec la métropole en matière de couverture sociale, de santé, d’éducation, de logement, d’investissements économiques ou encore de reconnaissance du travail indépendant. Pour nos compatriotes d’outre-mer, le progrès sera tangible avec l’alignement progressif des prestations familiales et de l’assurance vieillesse. Il se traduira également dans l’éducation avec une expérimentation de la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ou encore dans l’habitat avec un programme de construction de 150 000 logements pour éradiquer les quartiers insalubres. Enfin, par le biais d’un nouveau régime d’indemnisation, le débat a permis la reconnaissance historique du sacrifice consenti par nos compatriotes polynésiens pour que la France devienne une grande puissance nucléaire.

Cette loi de programmation est le point d’orgue d’une politique menée de manière constante par la gauche pour régler les grands problèmes de l’outre-mer : création d’un ministère de plein exercice, attribution de 10% des emplois d’avenir, réforme des circuits de distribution pour faire baisser le coût de la vie, programme de création d’entreprises financé par le pacte de responsabilité, loi contre l’habitat indigne…Le bilan est considérable.

La République n’oublie aucun de ses territoires. Elle est une et indivisible. C’est le message de cette grande loi pour l’égalité entre les Français.

Question au gouvernement sur ALEP

Mercredi 14 décembre, Olivier Faure est intervenu lors des questions au gouvernement, pour attirer l’attention de la représentation nationale sur le sort d’Alep.

Au secours!

 

Au secours ! C’est l’ultime message, le cri de ces milliers de femmes, d’enfants, de vieillards, d’hommes qui peuplent encore la ville martyre d’Alep.

 

Monsieur le Premier Ministre, mes chers collègues,

 

Les témoignages qui nous parviennent encore décrivent tous la même tragédie. Celle de l’agonie d’une ville, d’un massacre systématisé, d’une guerre au delà de la guerre.

 

Alep est une ville encerclée, sciemment affamée, scientifiquement pilonnée. Les troupes de Bachar El Assad et ses alliés russes ont délibérément détruit tous les hôpitaux interdisant même la prise en charge des blessés. Alep n’est plus une ville, mais un piège, une souricière pour ses habitants.

 

Ce n’est pas une guerre, ce n’est même plus une boucherie, c’est une extermination planifiée.

 

Depuis des mois, certains nous disent que la diplomatie ce n’est pas la morale et que Assad est le dernier rempart contre le djihadisme, que les Russes ont la force de vaincre l’Etat islamique.

 

Mais leurs forces, elles sont aujourd’hui concentrées à Alep contre la rébellion syrienne, tandis que la pression sur Daech se desserre ce qui a permis à l’organisation terroriste de reprendre Palmyre.

 

Ces dernières heures ont d’abord été marquées par l’espoir d’un cessez le feu. A peine négocié déjà suspendu. Et c’est sous la pluie, dans le froid que les enfants d’Alep attendent un réveil international.

 

C’est l’Humanité qui est bafouée à Alep et c’est un précédent tragique qui est ouverte par un membre permanent du conseil de sécurité.

 

Quelle sera l’action de la France dans ces prochaines heures pour répondre à cette urgence humanitaire ?

 


14/12/16 Question d’actualité sur Alep par olivierfaure

Olivier Faure devient Président du Groupe socialiste à l’Assemblée

PARIS, 13 déc 2016 (AFP) – Olivier Faure, élu de Seine-et-Marne et porte-parole du Parti socialiste, a été élu mardi président du groupe PS de l’Assemblée pour succéder à Bruno Le Roux parti à Beauvau, l’emportant sur l’autre candidat Guillaume Bachelay, ont indiqué plusieurs députés à l’AFP.

Lors d’un vote à bulletins secrets des députés socialistes et écologistes réformistes, M. Faure, qui ne partait pas favori, l’a emporté par 137 voix contre 120 pour l’élu de Seine-Maritime, numéro deux du PS et devenu proche de François Hollande.

Olivier Faure, 48 ans, était jusqu’alors 2e vice-président du groupe. Il est un proche de l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault et « incarne le mieux le centre de gravité du groupe ».

Juriste de formation, M. Faure a été entre 1997 et 2000 conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi. Puis il a rejoint François Hollande, premier secrétaire du PS, comme directeur adjoint de son cabinet jusqu’en 2007.

Il est devenu alors secrétaire général du groupe socialiste à l’Assemblée, présidé à l’époque par Jean-Marc Ayrault, avant d’être élu député.