Libération – Olivier Faure: «Le PS est à six points de zéro, on doit prendre tous les risques»

Par Grégoire Biseau et Laure Bretton — 6 avril 2018

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Olivier Faure, le 10 mars. Photo Boris Allin. Hans Lucas
Intronisé ce samedi au Congrès d’Aubervilliers, en banlieue parisienne, le nouveau premier secrétaire socialiste et député de Seine-et-Marne entend réinventer un parti en ruines et prend ses distances avec les autres formations de gauche sur le mouvement social en cours.

Olivier Faure: «Le PS est à six points de zéro, on doit prendre tous les risques»

Carburant au sirop antitoux, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste s’est fait livrer cette semaine un inhalateur à l’Assemblée nationale pour conjurer l’extinction de voix avant son premier discours sur la «renaissance» de son parti dimanche, lors du congrès d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Primaire du projet, opposition «réaliste de gauche», «accompagnement» du mouvement social, Olivier Faure défriche la nouvelle voie socialiste.

Lundi matin, pour qui sera votre premier coup de fil de premier secrétaire ?

C’est bien une question Libé ça… (Rires, puis long silence). Lundi matin, je commence par une série de rendez-vous pour former la future direction du parti qui sera renouvelée, resserrée et paritaire.
Après la défaite historique de 2017 et les départs de nombreux dirigeants, vous avez une preuve à nous présenter que le PS n’est pas déjà mort ?

C’est une histoire sans cesse répétée que nous serions morts et enterrés ! Depuis le temps, les commentateurs devraient savoir que les grandes idées ne meurent jamais : il y aura toujours des gens pour porter le socialisme, qui est à l’origine des grandes conquêtes sociales et des grandes libertés publiques depuis plus d’un siècle. Mais surtout, nous n’avons pas été remplacés. Ni par LREM, qui poursuit sa dérive vers la droite libérale, ni par les insoumis, qui demeurent un mouvement protestataire. Le problème d’Emmanuel Macron, c’est que son rhésus politique a muté : lors de son élection, les Français de gauche qui ont largement voté pour lui pensaient avoir affaire à du G- mais ils découvrent que c’est, en réalité, du D++. Donc il y a plus qu’une déception, il y a le sentiment d’une trahison. Les gens que je rencontre dans la rue me disent tous la même chose : ils se sentent orphelins de cette gauche qui savait articuler indignation et solutions.
Quelles sont les «nouvelles frontières» du PS ?

Avant de parler des nouveaux combats, les gens nous demandent de dire qui nous sommes. C’est la réponse que j’apporterai dimanche. Les valeurs qui nous fondent n’ont pas changé. Ce sont les réponses qui doivent évoluer.
Certaines réponses socialistes sont donc caduques ?

Nous avons fait évoluer le code du travail en nous basant sur le modèle quasi unique du salariat. Aujourd’hui, nous avons besoin de nous intéresser à toutes les formes émergentes de travail qui ne font pas l’objet de protections suffisantes. Dans le domaine de l’environnement, nous devons prendre à bras-le-corps le lien entre écologie et social. Les premiers à souffrir de la pollution et des dérèglements climatiques, ce sont les pays les plus pauvres et les quartiers les plus populaires. Comment passe-t-on du diesel aux véhicules propres ? Comment on lutte contre la précarité énergétique ? Pendant un siècle, nous nous sommes occupés des conditions de travail. Nous devons aujourd’hui poser la question des conditions de vie.
Qui soutient encore le PS ? A qui doit-il s’adresser ?

Si on prend la question sous l’angle électoral, la réponse va assez vite : plus grand monde ! (Rires) Même si les législatives partielles donnent des résultats très contrastés. Notre vocation, c’est de défendre les classes populaires et les classes moyennes. Dans les années 70, le PS appelait ça le «front de classe», cette volonté d’unifier des milieux aux revendications parfois divergentes pour trouver un débouché politique commun. Aujourd’hui, il faut une alliance de ceux qui vivent de leur travail, créent, innovent, prennent des risques, contre ceux qui vivent en parasites de la rente et de la spéculation. Il y a des gens qui font vivre la société française, qui en sont l’oxygène, et ceux qui vivent grassement sur la bête. Je m’occupe des premiers.
Pour certains, le PS s’est dévitalisé à force de chercher le consensus…

Je ne suis pas sûr qu’on ait vraiment vécu une période de grand consensus pendant le quinquennat !

Si nous nous sommes dévitalisés, c’est surtout parce que, pendant des années, nous avons pensé que nous étions mécaniquement la force de l’alternance, toujours à trois points de la victoire. Là, on est à six points de zéro : on doit tout réinventer, prendre tous les risques.

Vous parlez de confiance et de fraternité retrouvées. Comment faire quand nombre de dirigeants donnent l’image de gens qui n’ont plus envie de travailler ensemble ?

Pendant des années, il y a en effet des gens qui ont désappris le goût du travail en commun, passant leur temps à se positionner les uns par rapport aux autres. Nous devons restaurer des cadres de travail collectif, où la parole de chacun est respectée et où on tranche. Non pas en fonction de préjugés ou par acte d’autorité, mais grâce à des débats. Sur le mode de la primaire, nous allons ouvrir l’écriture de notre projet : on va lancer une vingtaine de chantiers thématiques d’ici à 2021. Leurs conclusions seront tranchées par les militants, mais aussi les citoyens qui le souhaiteront, tous les Français, moyennant le paiement d’un euro symbolique.
Ce sera comme beaucoup de nouveaux partis : un sympathisant, un clic…

Non ! Nous, nous ne demanderons pas simplement un clic : nous proposerons une participation à un débat, l’appropriation d’un projet et donc une implication dans un processus de renaissance.
Le mouvement social s’amplifie et vous, vous êtes sifflés dans les manifs ?

Je savais qu’on ne serait pas accueillis avec un tapis rouge. Par principe, j’ai tendance à penser qu’il vaut mieux ne pas siffler ceux qui vous soutiennent. Je comprends très bien que des gens ne partagent pas intégralement nos positions, mais cela n’interdit pas de partager une vision commune du service public. Je respecte leurs positions, je leur demande de respecter les nôtres.
L’ouverture à la concurrence ferroviaire a été approuvée pendant le quinquennat Hollande. Difficile pour vous de vous y opposer aujourd’hui…

C’est vrai que nous avons approuvé le principe de l’ouverture à la concurrence, mais nous avons obtenu que le cadre social de cette ouverture reste national. Il n’y a aucune obligation faite à ce gouvernement de détricoter le statut des cheminots. Dire cela, c’est une invention pure et simple. Le gouvernement veut lutter contre les fake news, qu’il commence par lui-même. Nous pensons qu’il est possible de faire un service public de qualité dans un contexte concurrentiel. La preuve est visible tous les jours dans les agglomérations qui ont confié leurs bus ou leurs trams à des sociétés publiques ou privées qui travaillent sous délégation de service public.
Ce serait quoi une réforme de gauche de la SNCF ?

Une réforme qui n’agite pas de chiffons rouges, qui ne cherche pas à opposer les cheminots aux usagers en les présentant comme des privilégiés, et qui traite les questions de fond. La dette, qu’il faut que l’Etat accepte de reprendre à sa charge comme cela s’est fait en Allemagne, et le réinvestissement financier dans le réseau ferroviaire pour améliorer la qualité du service.
Les cheminots font grève, les hôpitaux se mobilisent, les facs sont bloquées : vous appelez à une convergence des luttes ?

Nous n’avons pas à dicter ses mots d’ordre au mouvement social. Nous venons en soutien des acteurs sociaux et syndicaux. Nous n’avons aucune volonté d’en faire l’instrument d’une reconquête politique.
Vous ne vouliez donc pas prendre le train avec les leaders de gauche pour défendre la SNCF, jeudi ?

Je ne pense pas qu’un mouvement social soit le moment d’un congrès de réunification des gauches. Chacun doit être dans son rôle. Nous devons être des interlocuteurs, pas des accapareurs.
Mais aussi des acteurs ? Vous pourriez participer au «grand débordement» auquel appelle François Ruffin le 5 mai ?

Ce genre d’appel n’a pas pour objet d’intensifier le mouvement social, et a pour effet de l’éteindre. Quand les insoumis ont appelé à une manifestation insurrectionnelle sur les Champs-Elysées après les premiers cortèges contre la loi travail, cela a affaibli la mobilisation. Il y a des gens qui veulent manifester mais qui refusent d’être enrôlés dans des combats qui ne sont pas les leurs.
Le mouvement social peut-il faire tache d’huile ?

Ce que je sens, c’est que nous ne sommes plus seulement dans une frustration à cause d’une période de vaches maigres : il y a une colère qui monte devant les choix foncièrement inégalitaires du Président. La naissance de cette contestation remonte très précisément au projet de loi de finances. C’est là que les Français ont compris que le gouvernement tournait le dos à l’idée même de cohésion sociale, faisant le choix des premiers de cordée et laissant les autres sur le côté. Le problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a pas les actes de ses propres discours. Sur l’enseignement supérieur, la sélection par le hasard, le tirage au sort n’était évidemment pas la panacée. Mais le gouvernement a pris le prétexte des filières tendues pour créer une sélection qui ne dit pas son nom. Pour sortir de ce que j’appelle la sélection par l’échec, c’est-à-dire des milliers de lycéens versés dans les amphis sans accompagnement, il faut un système permettant d’individualiser les parcours pour tirer toute une génération vers le haut. Parcoursup sans moyens sera un instrument d’écrémage social.
On sent le PS bien embarrassé par la révision constitutionnelle promise par Macron…

Si on veut modifier la Constitution, la seule question qui vaille, c’est comment fait-on pour rendre notre démocratie plus vivante. Et donc d’abord la question du rééquilibrage des pouvoirs entre le président, le gouvernement et le Parlement. Or, sur ce point, toute la réforme conduit à une concentration des pouvoirs à l’Elysée ! Le deuxième enjeu, c’est comment provoquer l’irruption de nos concitoyens dans la vie démocratique: et là, il n’y a pas un mot dans le projet de réforme !
Donc vous voterez contre ?

Je suis contre l’idée de réduction du nombre de parlementaires : quand une circonscription double en superficie, on coupe le lien indispensable entre l’élu et ses électeurs. Par ailleurs, une dose de proportionnelle de 15 % ne changera rien. Et donc elle ne sert à rien.
Est-ce que Benoît Hamon est votre premier concurrent ?

Non, mon premier concurrent s’appelle Emmanuel Macron.
Il y a un fauteuil pour deux ?

Il y avait un parti pour deux, mais Benoît Hamon a choisi d’en partir.
Mais lors des européennes, vous serez face à face…

Je ne sais pas très bien ce que Benoît Hamon va défendre, mais je ne me positionne pas en fonction de lui. Aujourd’hui, il y a des européens au gouvernement qui ne sont pas de gauche et une gauche qui n’est pas européenne. Nous serons en confrontation avec ces deux offres.
Vous espérez un score au-dessus de 6 % ou ce serait être démesurément optimiste ?

Je n’espère pas, je travaille.

Interview au Monde

Olivier Faure : « J’ai envie de conduire la renaissance des socialistes »

Le chef de file des députés PS explique au « Monde » les raisons pour lesquelles il brigue la présidence du Parti socialiste. Il est le troisième candidat déclaré.

LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Enora Ollivier

Après Luc Carvounas et Stéphane Le Foll, Olivier Faure s’engage à son tour dans la course pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste. Le président des députés PS – une fonction qu’il quittera s’il est élu à la tête de la formation – détaille au Monde son projet pour le parti.

La décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas être candidate à la tête du PS ouvre la voie à d’autres ambitions. Qu’en est-il pour vous, serez-vous candidat ?

Olivier Faure : J’ai envie de conduire la renaissance des socialistes. Je suis candidat pour être le premier responsable du PS. Que des ministres qui ont beaucoup donné pendant cinq ans aient aujourd’hui besoin de faire d’autres choix de vie, je le comprends très bien et je le respecte.

Prendre la décision de s’engager à la tête du Parti socialiste dans l’état dans lequel il se trouve implique une motivation, une envie. Il n’y a pas de place pour l’hésitation : « Si vous hésitez, c’est que vous ne devez pas y aller. » J’ai fait le choix d’y aller, je n’hésite pas. Je suis déterminé à réussir la refondation, à reconstruire un collectif et une crédibilité en rassemblant les énergies et les talents.

Le PS est dans un état moribond. Vous pensez qu’il a encore sa place dans le « nouveau monde » ?

Personne n’a remplacé le Parti socialiste. Qu’il s’agisse du libéralisme jupitérien de l’un, du populisme protestataire de l’autre ou du nationalisme identitaire de la troisième, aucune de ces visions ne se substitue aux objectifs et aux réponses socialistes.

Placés devant un choix difficile, les électeurs de gauche se sont détournés de nous. La politique, c’est une affaire d’offre et certaines, plus nouvelles et plus optimistes, ont davantage séduit que la nôtre. Les Français n’ont pas perçu notre capacité à changer leur quotidien et à mener ensemble un projet pour le pays.

Nous devons redonner le désir de gauche. Si nous y arrivons, nous serons de nouveau appelés aux responsabilités. Sinon, nous vivrons un lent déclin. Je ne m’y résous pas.

Comment faire pour « redonner ce désir de gauche » ?

Nous devons d’abord modifier nos propres comportements, travailler sérieusement, être solidaires, respecter des règles communes.

Le cœur de notre identité, hier comme aujourd’hui, c’est la lutte contre les inégalités. Nous en avons fait reculer certaines pendant les années où nous avons gouverné. Mais dans le nouveau monde de la mondialisation et du numérique, en naissent de nouvelles qui appellent de nouvelles réponses. C’est le rôle du PS de les inventer.

Comment « modifier les comportements » que vous évoquez au sein du parti ?

Nos principes et nos valeurs sont actuels. Ce qui l’est moins, c’est notre organisation, notre façon de fonctionner en vase clos, d’avoir laissé les clans remplacer les idées. Cela, il faut le combattre fortement, brutalement. Ce n’est plus possible de vivre avec des chapelles dont plus personne ne connaît l’origine.

Mais ce n’est pas parce que le sommet est malade que l’ensemble de la structure est contaminé. Allez voir ce qui se passe à Nantes, Rennes, Lille, Strasbourg, Paris ou Clermont-Ferrand, dans nos départements ou nos régions, et vous aurez une autre image de ce qu’est la gauche. Il faut s’appuyer sur nos expériences territoriales, ne pas nous replier sur un entre-soi « solférinien ».

Quelles sont vos pistes pour réformer le parti ?

Nous devons tout changer et rompre avec un fonctionnement centré sur le national. Le PS doit devenir un parti plateforme ouvert à tous sans limitation, militants, citoyens, intellectuels et acteurs du mouvement social. Je veux construire un laboratoire collectif, un incubateur d’idées, une fabrique d’expérimentations.

Le PS appartient à ses adhérents, nous leur devons des outils pour comprendre et agir, mais surtout une écoute et une prise en compte de leur avis, tout le temps, et pas seulement au moment des conventions et des congrès.

Le renouveau du PS prendra corps dans les territoires, le national doit se nourrir de l’action locale des fédérations et des collectivités que nous dirigeons, il doit aussi se mettre au service des initiatives locales de refondation et de reconquête.

Les candidatures pour le poste de premier secrétaire se multiplient. N’y a-t-il pas un risque de reproduire les batailles de personnes que le parti a déjà connu par le passé ?

Il y a un risque. C’est précisément la raison pour laquelle je suis candidat aujourd’hui. J’ai le sentiment d’être celui qui, président de groupe à l’Assemblée depuis un an, a fait la démonstration qu’il pouvait rassembler et mettre au travail des gens très différents.

Depuis que je suis président, la délibération est collective, tous les talents peuvent s’exprimer, toutes les compétences sont valorisées. Il n’est plus question d’écarter les meilleurs parce qu’ils font de l’ombre. Voilà ma méthode, c’est celle que j’appliquerai au Parti socialiste.

Faut-il faire l’inventaire du quinquennat Hollande pour redresser le parti ?

Bien sûr. Il faut arriver à comprendre ce que les Français ont jugé. Quand on réussit, on est réélu ; sinon, c’est que quelque chose n’a pas été compris, ou pas accepté. Mais quand on dit « inventaire », on pense généralement seulement à la colonne « débit ». Il ne faut pas oublier la colonne « crédit ». Il n’y a d’avenir pour nous ni dans le dénigrement exclusif ni dans le déni.

François Hollande n’est donc pas le responsable de la débâcle ?

C’est facile d’imputer les choses à une seule personne. Notre responsabilité est collective. Il y aurait tellement à dire sur les comportements de chacun, sur ceux qui n’ont pas cherché le compromis ni respecté la règle majoritaire, ou qui l’ont fait seulement quand ça les arrangeait. Ceux encore qui ont considéré qu’ils pouvaient être candidats à des primaires et ensuite quitter le PS.

Quelles doivent être les relations du PS avec Benoît Hamon ? Et avec Jean-Luc Mélenchon ?

Pour l’instant, la question est plutôt posée aux personnes que vous évoquez, qui pour l’un a pour objectif la disparition du PS et pour l’autre vient de le quitter. Moi je dialoguerai avec tous ceux qui le souhaitent à gauche. Et je ne parle pas uniquement des chefs de parti : il faut discuter avec les Français qui se sont reconnus dans Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon mais aussi Emmanuel Macron.

Le PS doit-il être dans une opposition ferme ou constructive vis-à-vis d’Emmanuel Macron ?

Il faut être une opposition de gauche, responsable. Or il y a en ce moment un gouvernement qui n’est pas de gauche et une gauche qui n’est pas de gouvernement. A nous de redéfinir ce que peut porter une gauche de gouvernement.

Je revendique l’autonomie politique des socialistes. Nous n’avons pas à nous déterminer en fonction des uns ou des autres. Le signal de notre réussite sera demain notre capacité à faire vivre le débat national autour de nos propres positions.

Quelle est la prochaine grande échéance électorale pour le PS ?

L’objectif c’est qu’en 2021, au terme de la séquence électorale que sont les européennes, les municipales, les départementales et les régionales, nous soyons redevenus la première force politique à gauche. Après, je sais très bien que les échéances vont être difficiles, que nous ne sommes pas attendus. Pour réussir, nous devrons rassembler les socialistes, redevenir crédibles et porter des idées nouvelles.

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