Question au gouvernement

Mardi 15 février, Olivier Faure a posé une question au premier Ministre sur le bilan du gouvernement.

 

Monsieur le président, mes chers collègues, la semaine prochaine, nous achèverons nos travaux après cinq années d’action. Qui mieux que vous, monsieur le Premier ministre, pourrait incarner les défis auxquels nous avons été confrontés ?

Vous avez été ministre des affaires européennes pendant la crise de l’euro, ministre du budget alors que nous faisions face à la dette abyssale laissée par nos prédécesseurs, ministre de l’intérieur au moment des attentats tragiques qui ont ensanglanté notre pays, et vous êtes désormais Premier ministre tandis que les cartes du jeu mondial se redistribuent.

Je comprends que le bilan soit l’objet d’un débat. On a tancé les amateurs, mais ce sont les amateurs qui ont rétabli les comptes publics. On a décrié les laxistes, mais ce sont les laxistes qui ont renforcé les services de renseignement, de police et de gendarmerie. On a dit que ce gouvernement n’était pas assez fidèle à l’histoire de la gauche, mais c’est bien sous cette législature que l’éducation est redevenue une priorité, que l’accès aux soins a été renforcé, que la question climatique a été traitée, que le capital et le travail ont été imposés au même barème.

Monsieur le Premier ministre, nous voulons vous dire notre fierté : fierté d’avoir accompagné les pas de vos deux prédécesseurs et ceux du Président de la République ; fierté d’être à vos côtés pour que, jusqu’à l’élection présidentielle, chaque minute soit une minute utile ; fierté de vous savoir, en ce moment même, à l’œuvre dans l’élaboration d’un socle européen de droits sociaux.
Avons-nous tout réussi ? À l’évidence non. Il n’y a pas de grand soir. Il n’y en aura jamais.  Il n’y a qu’une accumulation de réformes qui, depuis un siècle, forgent le modèle français.

Monsieur le Premier ministre, vous l’aurez compris, ma question est surtout un remerciement et l’expression d’un espoir, celui de continuer ensemble à rendre l’avenir désirable.


15/02/17 Question au gouvenrement : le bilan par olivierfaure

L’égalité réelle de Lille à Mayotte

Avec l’adoption de la loi sur l’égalité réelle pour les territoires d’outre-mer, la République met ses actes en conformité avec ses principes.

Pour la première fois un « plan de convergence » va permettre de combler en deux décennies les écarts qui existent avec la métropole en matière de couverture sociale, de santé, d’éducation, de logement, d’investissements économiques ou encore de reconnaissance du travail indépendant. Pour nos compatriotes d’outre-mer, le progrès sera tangible avec l’alignement progressif des prestations familiales et de l’assurance vieillesse. Il se traduira également dans l’éducation avec une expérimentation de la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ou encore dans l’habitat avec un programme de construction de 150 000 logements pour éradiquer les quartiers insalubres. Enfin, par le biais d’un nouveau régime d’indemnisation, le débat a permis la reconnaissance historique du sacrifice consenti par nos compatriotes polynésiens pour que la France devienne une grande puissance nucléaire.

Cette loi de programmation est le point d’orgue d’une politique menée de manière constante par la gauche pour régler les grands problèmes de l’outre-mer : création d’un ministère de plein exercice, attribution de 10% des emplois d’avenir, réforme des circuits de distribution pour faire baisser le coût de la vie, programme de création d’entreprises financé par le pacte de responsabilité, loi contre l’habitat indigne…Le bilan est considérable.

La République n’oublie aucun de ses territoires. Elle est une et indivisible. C’est le message de cette grande loi pour l’égalité entre les Français.

Affaire Fillon – Dépêche AFP

PARIS, 1 fév 2017 (AFP) – La gauche est la cible « commode » de François Fillon, « candidat en sursis » à droite dont les accusations de complot sont « l’argument éculé de ceux qui n’ont plus d’arguments », a estimé mercredi le chef de file des députés socialistes Olivier Faure.

Alors que l’ancien Premier ministre et actuel député de Paris a imputé l’affaire autour d’éventuels emplois fictifs de sa femme Penelope à « un coup d’Etat institutionnel venu du pouvoir et de la gauche », le patron des députés PS a répliqué devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP) que « les théories du complot » sont « l’argument éculé de tous ceux qui n’ont plus d’arguments ».

« Ce sont les excuses maladroites d’un candidat peut-être en sursis dans son propre camp. Comme il a besoin (…) de ne pas laisser naître les complots pour un plan B, de trouver un adversaire commode qui serait la gauche parce qu’elle en serait bénéficiaire ».

Non seulement « nous n’avons jamais poussé les feux de cette affaire », a plaidé cet élu PS de Seine-et-Marne, mais « personne ne peut croire qu’il s’agisse d’un complot », « il y a une presse libre, qui fait son travail, comme pour tout candidat à la présidentielle ». Et « je préfère avoir face à nous au second tour François Fillon que Marine Le Pen », a-t-il observé.

Pour Olivier Faure, « plutôt que de chercher à noyer le poisson, François Fillon devrait faire une démonstration simple en fournissant les preuves d’un travail effectif: venir avec les milliers de mails dont il dispose sur dix ou quinze ans puisque sa femme a été sa collaboratrice, les rendez-vous auxquels elle a participé, l’agenda, la boîte mail… »

« Si on devait me demander que font mes propres collaboratrices, il me faudrait dix minutes pour aller dans leur bureau récupérer les disques durs et les fournir à la justice », a lâché le président du groupe socialiste élargi et membre de la commission des Finances.

Mais « si la preuve n’est pas possible, alors que François Fillon en tire les conséquences », a-t-il glissé, considérant que cela risquait d’être « de plus en plus difficile pour lui par rapport à la droite, qui craint de ne plus avoir un candidat en mesure de porter ses couleurs ».

Et « malheureusement, cette affaire salit la réputation de l’ensemble du monde politique », a déploré le chef de file des députés PS.

Interview à Paris Match

Olivier Faure : « Un congrès à ciel ouvert serait une erreur tragique »

Paris Match|

Olivier Faure, nouveau patron des députés PS dans son bureau à l’Assemblée. Eric Hadj/Paris Match

Elu la semaine dernière par ses pairs à la tête du groupe socialiste, républicain et écologiste à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, âgé de 48 ans et député de Seine-et-Marne, appelle les candidats à la primaire de la gauche à « la maitrise et à la dignité ».

Paris Match. Il y a une semaine vous étiez député de Seine-et-Marne. Aujourd’hui vous êtes en plus président du groupe PS : était ce programmé ?
Olivier Faure. Rien n’était écrit d’avance. Ni le départ de Bruno Le Roux, ni mon élection. Mais en réalité, les bonnes campagnes sont celles qu’on ne mène pas. C’est la présence au quotidien, le travail de tous les jours, les actes posés qui créent la confiance.

Quelle est votre priorité alors qu’il reste deux mois de travail parlementaire ?

Le travail des députés socialistes ne s’arrêtera pas au terme de la session : la durée de vie de cette majorité est encore d’au moins six mois. J’ai en mémoire la campagne de 2002 au cours de laquelle les parlementaires furent sous-utilisés. Je souhaite que le candidat désigné à l’issue de la primaire puisse s’appuyer sur les 288 «capteurs» que sont les parlementaires du groupe. Je veux aussi faire en sorte que cette famille entame une nouvelle étape. C’est vrai que la majorité a connu des fractures tout au long de cette mandature. Mais le temps de la réconciliation est venu. Le discours de politique général de Bernard Cazeneuve a été suivi d’un vote unanime du groupe. La fronde, c’est terminé.

Comment faire en deux mois ce qui a été impossible en cinq ans ?
« Le 21 avril à froid » provoqué par le renoncement courageux de François Hollande suscite des remords et certains redécouvrent le bilan du quinquennat. La désignation de François Fillon qui se revendique du thatchérisme et la nomination de Bernard Cazeneuve ouvrent enfin une nouvelle séquence. Apres avoir passé beaucoup de temps à débattre entre nous, nous allons revenir au débat gauche/droite. Notre rassemblement est symbolisé par le retour au bureau du groupe de deux vice-présidents proches de Benoît Hamon et d’Arnaud Montebourg. Le Parlement a cette vertu de remettre les idées en place. Il n’y a pas de victoire dans sa propre tranchée, l’adversaire est dans les travées d’en face. Historiquement, chaque fois que les socialistes ont connu des tensions [Ndlr 2005 : Traité européen, 2008 : Congrès de Reims] le groupe a constitué un pôle de stabilité à partir duquel le dépassement des conflits fut rendu possible.

Au moment où la primaire démarre, n’est-ce pas un vœu pieu ?
C’est tout l’inverse. La primaire est un processus qui permet de régler les différends et de trancher les questions politiques. En revanche, tout le monde a besoin de s’assurer qu’à l’issue, le rassemblement s’opère derrière le candidat désigné. En attendant, nous avons besoin de préserver entre nous un climat positif. En étant impartial, en refusant que les moyens du groupe soient privatisés au bénéfice de tel ou tel candidat, je souhaite que chacun soit respecté.

Craignez-vous une primaire fratricide ?
Au PS, on s’est parfois habitué au pire… Si nous devions vivre un congrès à ciel ouvert, ce serait une erreur tragique. Pour tous. J’en appelle donc à la mesure : nous sommes loin d’être les favoris de cette élection présidentielle, cela suppose de la maitrise et de la dignité dans nos débats. Et non pas une politique de la terre brûlée qui empêcherait le rassemblement et nous garantirait la quatrième, voire la cinquième place. Ce qui n’est pas acceptable pour un parti qui a gouverné pendant cinq ans avec un bilan réévalué chaque jour à l’aune des propositions de François Fillon. La primaire de la droite a donné l’exemple : il peut y avoir des nuances, des différences mais notre avenir est commun. Evitons de forcer le trait.

Soutiendrez-vous un candidat ?
Non. Je ne prendrai pas parti. Je resterai impartial parce que je suis le président de tous les députés socialistes, écologistes et républicains. Ça ne m’empêchera pas d’exprimer une préférence en glissant mon bulletin dans l’urne, les 22 et 29 janvier.

Certains socialistes ont vu dans votre élection un mauvais signal pour Manuel Valls…
Le seul signal que les députés ont souhaité adresser c’est celui d’une nouvelle étape. Je ne suis un camouflet pour personne. Je ne m’inscris dans aucun « tout sauf Valls, tout sauf Montebourg etc… ».  Mon seul « tout sauf », c’est le « tout sauf le projet brutal de la droite et tout sauf la démagogie xénophobe de l’extrême-droite ».

Avec plus de 100 députés qui le soutiennent, plus la majorité des ministres, l’ancien Premier ministre est-il le favori de la primaire ?
Pour l’instant, Manuel Valls fait la course en tête. Mais il le sait bien : une élection ne se gagne pas dans les sondages.

Faut-il supprimer le 49-3, hors examen du budget ?
C’était la position des socialistes quand ils étaient dans l’opposition. Une partie de la gauche, dont Manuel Valls a besoin de retrouver l’oreille, a pu être choquée par l’utilisation récurrente du 49-3. Manuel Valls a fait son examen de conscience. Il reconnait aujourd’hui que le 49-3 n’est pas la meilleure façon de respecter le Parlement et de dialoguer avec sa majorité. J’en prends acte.

Faut-il réduire drastiquement le nombre de députés à l’Assemblée nationale comme le veut Arnaud Montebourg ?
Je compte écrire à tous les candidats à la primaire pour les inviter à ne pas tomber dans cette fausse bonne idée très répandue à gauche comme à droite. 400 députés au lieu de 577, cela signifierait concrètement des circonscriptions plus grandes, parfois même de la taille d’un département entier, et donc deux inconvénients : moins de proximité avec son territoire et moins de présence à l’Assemblée nationale. C’est l’annulation dans les faits de l’effet «non-cumul» qui sera effectif à partir de juin.

Le PS peut-il se retrouver à moins de 50 députés à l’issue des élections législatives de juin prochain ?
Les pronostics d’aujourd’hui sont sans rapport avec la réalité du vote de mai et juin prochains. François Fillon a été élu sur la base d’un double rejet : le retour de Nicolas Sarkozy et le come-back d’Alain Juppé. Les Français le découvrent ces jours derniers. La droite elle-même découvre son projet au point de l’inviter à revoir sa copie sur l’Assurance maladie. Quand les Français s’apercevront que l’assurance chômage, les services publics et même la durée légale du travail sont aussi dans le collimateur de François Fillon, ils risquent de trouver la potion bien amère.