Question au gouvernement

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Ma question s’adresse au ministre des Affaires étrangères. Je voulais évoquer la situation préoccupante au Gabon. Je sais que cette inquiétude est partagée par nombre d’entre nous car le Gabon n’est pas pour la France un pays comme les autres. Les liens qui nous unissent sont profonds, et je devrais même dire que, pendant de trop longues années, la relation avec le pouvoir gabonais a légitimement alimenté la critique sur la Françafrique.

Aujourd’hui, chacun le sait, il existe des présomptions de fraude massive lors de l’élection présidentielle. Les résultats de la région du Haut-Ogooué sont éloquents : plus de 99 % de participation et 95% des bulletins pour Ali Bongo, lui donnant ainsi la victoire officielle.

Dans un pré-rapport de l’Union africaine, les juristes présentent les PV du Haut-Ogooué comme –je cite – « invraisemblables ».

Au PS, à l’UDI, au PG, des voix se sont élevées pour mettre en doute le résultat de l’élection et appeler à l’alternance. La France, par la voix du gouvernement, a elle-même émis des réserves fortes, réclamé le recomptage des bulletins et s’est inquiétée de la disparition de certains opposants.

Par une pirouette saugrenue, Ali Bongo s’est essayé à dénoncer un « néocolonialisme douteux » de la part de notre pays.

La France n’a pas de candidat, mais elle a des principes. La libre détermination des peuples et la démocratie sont des principes universels qu’elle partage avec l’Union Européenne. C’est donc la voix de l’Union Européenne que nous souhaiterions maintenant entendre pour ne pas donner le sentiment de notre implication exclusive qui ne serait plus d’époque.

Monsieur le Ministre, que pouvez-vous nous dire sur le rapport des observateurs de l’Union Européenne qui a été une fois de plus reporté ? Comment entend-elle peser pour que soit respectée la souveraineté des Gabonais ?

L’Afrique nous regarde. Continuons à lui adresser les bons signaux.


23/11/16 Question d’actualité sur le Gabon par olivierfaure

Du nouveau sur le RER D

Depuis 4 ans, notre ligne D, plus largement la rénovation de notre réseau, sont mon fil rouge, quasi obsessionnel. Depuis les premiers jours de mon mandat, j’ai pris contact avec le directeur de la ligne D (3 directeurs se sont succédés au cours de la période). Depuis la première rencontre, je plaide pour nous faire gagner du temps. Sur les transports. Sur le stationnement (j’y reviendrai dans quelques mois avec l’installation de Parking Map à Sénart). Sur les services en gare (j’y reviendrai en décembre). Sur le temps de transport donc, je plaide (avec des associations d’usagers comme SADUR) pour des trains semi-directs, c’est-à-dire omnibus de Melun à Lieusaint et directs ensuite. Jusqu’ici l’absence de sillons disponibles rendait cette revendication impossible à satisfaire. Les derniers échanges avec le directeur de la ligne marquent une évolution.

Qu’est-ce qui aujourd’hui peut changer désormais ?
Je n’entre pas dans la technique, mais pour aller à l’essentiel, la volonté d’améliorer la robustesse du réseau peut conduire à des changements dans sa gestion. Et sa simplification pourrait permettre d’améliorer les conditions de circulation à l’heure de pointe.

Quand ?
Ces évolutions réfléchies supposent l’accord du STIF en janvier. Si tel est le cas, il faudra ensuite réorganiser le réseau, ce qui prendra de longs mois. Même si nous sommes encore prudents, voilà une évolution positive.

Pass Navigo à tarif unique, rénovation des infrastructures, mise en accessibilité des gares entre 2017 et 2021, RER nouvelle génération en 2021… nos combats portent progressivement leurs fruits.

De quoi Donald Trump est-il le nom?

Les Américains ont voté. Leur 45ème président s’appellera Donald Trump. Les océans ne vont pas déborder, la terre ne va pas trembler, la grêle ne s’abattra pas sur les Etats-Unis d’Amérique. Mais cette élection que les sondeurs n’avaient pas anticipée nous interroge.

Qu’est-ce qui peut conduire un peuple à se choisir comme président un milliardaire qui se présente comme candidat anti-système? Qu’est-ce qui peut amener des femmes à voter pour un candidat aussi ouvertement sexiste que grossier? Qu’est-ce qui peut expliquer que le pays qui a élu Barack Obama lui choisisse un successeur aux accents xénophobes? Comment la plus grande démocratie du monde a-t-elle pu basculer dans le simplisme et la démagogie?

L’Amérique oubliée se venge curieusement de ses élites en désignant un affairiste, héro de la téléréalité. Surtout elle envoie à la maison blanche un candidat qui s’est engagé à détruire les outils de la protection sociale mis en place au cours de la mandature précédente (Obama care). Elle vote contre les démocrates qui ont renoué avec la croissance, et ont quasiment rétabli le plein emploi. Cette Amérique des déclassés adopte un projet fiscal qui consiste à financer par les déficits (que l’on finit toujours par payer) une baisse massive des impôts pour les tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu…

Les Américains souffrent d’une situation née des choix faits par les Républicains de G. Bush, (intervention en Irak, crise des subprimes) et choisissent de renvoyer les démocrates qui ont redressé le pays.

Si malgré ces paradoxes, Donald Trump a malgré tout emporté cette élection, c’est que certains déterminants de l’élection étaient plus puissants.
La volonté d’en découdre avec « le système » tout d’abord : Hillary Clinton, femme de Bill, président à deux reprises, elle-même ancienne secrétaire d’Etat incarnait une dynastie élective et l' »entre soi » d’une classe politique réputée coupée du peuple. Elle portait à son corps défendant, une forme d’immobilisme quand son adversaire portait la promesse de voir bouger les lignes.
La peur existentielle, ensuite : les mouvements migratoires, leur assimilation au terrorisme ou à la délinquance, provoquent partout à travers le monde les mêmes mouvements de repli.
La fragmentation de la population enfin : à la fracture entre communautés qui se jouxtent sans vraiment cohabiter s’est ajoutée la faille profonde entre les bénéficiaires de la mondialisation dans les grandes villes et l’Amérique profonde, plus rurale, péri-urbaine qui souffre.

Donald Trump s’est contenté de surfer sur ces vagues. Mais que vont découvrir ses électeurs? Que l' »establisment » n’a jamais été aussi bien représenté à Washington. Que la volonté affichée de ne pas respecter les engagements de la COP 21 conduirait à de des mouvements migratoires d’une ampleur inédite, liés à la désertification d’immenses territoires. Que loin de réduire les inégalités, le programme libéral de Trump conduira à leur exacerbation.

Peut-on extrapoler et tirer des leçons pour la France de ce qui vient de se produire outre Atlantique? La France est la France, et les analogies rapides sont souvent grossières. Il y a cependant un constat qui n’est pas limité aux Etats-Unis. Le monde occidental est traversé par une montée des populistes et de l’extrême-droite, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en Angleterre, en Italie… comme dans notre pays. Ces mouvements se nourrissent des angoisses sans proposer de solutions viables. Les Britanniques ont choisi le Brexit et ce sont les leaders du NON qui se sont enfuis (Nigel Farage et Boris Johnson), embarrassés par leur propre victoire.

Et c’est là que réside notre responsabilité.
Répondre concrètement aux peurs ou à la colère, sans pour autant céder au simplisme ou à la démagogie.
Ne pas nous diviser pour ne pas ouvrir un boulevard aux vendeurs d’illusions.

Avec l’élection américaine, preuve est faite que rien n’est jamais écrit à l’avance. Le pire non plus n’est jamais sûr. Cela dépend de nous.

Olivier Faure

Proposition LR de destitution de Hollande : signe de « trumpisation » de la droite

Dépêche AFP – La proposition de résolution LR visant à la « destitution » de François Hollande est la démonstration d’une « trumpisation progressive de la droite française » comme le fait d’entendre un ex-président « devenir vendeur de frites », a dénoncé mardi le vice-président du groupe PS à l’Assemblée Olivier Faure.

« La grande spécialité des Républicains, c’est de faire beaucoup de bruit et d’alimenter un brouhaha médiatique qui n’a pas grand sens et qui est surtout la démonstration d’une trumpisation progressive de la droite française », a estimé M. Faure au cours d’un point de presse après la réunion du groupe socialiste.

Il évoquait la proposition soutenue mardi par le groupe LR pour une « destitution » du chef de l’Etat, vu la divulgation d’informations que la droite considère comme secrètes et touchant la sécurité nationale.

« Le sujet sur lequel ils attaquent aujourd’hui le président de la République en est la démonstration absolue: les mails d’Hillary Clinton aux Etats-Unis, en France une supposée forfaiture, une haute trahison sur des motifs qui restent largement à démontrer », a-t-il dit.

Il a notamment souligné que le président avait « simplement confirmé », dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça… », l’existence d’opérations homicide contre des terroristes, la droite faisant « preuve d’une grande naïveté » en laissant penser qu’elle découvre leur existence.

« Ce matin le groupe a exprimé sa solidarité et souhaité faire face à cette campagne de calomnies qui en réalité abaisse la fonction présidentielle », a-t-il poursuivi.

« Cette initiative n’a aucune possibilité d’aboutir », mais « ce cirque médiatique » aura pour seul effet de « valoriser » l’extrême droite, a-t-il estimé.

Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg a également considéré qu' »on ne peut pas dire que les faits évoqués relèvent d’un manquement du président au devoir de sa charge. C’est tout à fait excessif, ce n’est pas dans cet esprit-là qu’a été rédigé la procédure sur la destitution ».

M. Faure a aussi fustigé les propos tenus lundi soir à Neuilly (Hauts-de-Seine) par Nicolas Sarkozy sur les menus de substitution dans les cantines. « Entendre un ancien président de la République devenir vendeur de frites, moi ça me désole », a-t-il dit. « Laisser penser que la fonction présidentielle puisse être exercée par quelqu’un qui parle sur un sujet aussi grave celui du vivre ensemble en proposant double ration de frites pour toutes celles et ceux qui ne mangent pas de porc, ça n’est pas digne de la fonction, ça n’est même pas digne de l’opposition. »

Voir aussi l’intervention d’Olivier Faure dans BFM Story

 

Budget 2017 : c’est parti !

L’Assemblée examine à partir de mardi 18 octobre la partie recettes du projet de loi de finances pour 2017 en séance publique (la semaine dernière en commission).

Quelles priorités ?
Ce projet de budget traduit en actes les priorités de la majorité
– Le budget de l’enseignement augmente ainsi de 3 milliards d’euros, et l’engagement de création de 60 000 postes en 5 ans sera tenu.
– Le budget de l’Emploi augmente de 2 milliards, ce qui permet le maintien de la prime à l’embauche PME et la généralisation de la Garantie Jeune pour les jeunes éloignés décrocheurs.
– La Sécurité voit aussi ses moyens renforcés (+2 milliards d’euros et création de 2300 postes).

Quelles baisses d’impôts ?
La baisse de l’impôt sur le revenu atteindra jusqu’à -20% jusqu’à 1,6 SMIC, soit 5 millions de foyers fiscaux concernés pour un gain moyen de 200€ par an. Après trois baisses successives 12 millions de ménages auront vu leurs impôts diminuer pour un total de 5 milliards.
A noter que désormais les retraités bénéficieront du même avantage fiscal que les actifs : le Trésor Public leur remboursera 50 % du montant engagé pour l’emploi d’un salarié à domicile.
A noter l’amendement que nous avons déposé avec la rapporteure générale et 58 collègues sur la baisse de CSG sur les retraités et pour lequel le gouvernement a accepté une négociation.
A noter également que contrairement à la rumeur qui chaque année annonce une taxe sur la résidence principale, il n’en est évidemment rien.

La retenue à la source
Le projet de loi officialise par ailleurs la réforme du recouvrement de l’impôt, modernisation sans précédent, avec l’instauration du prélèvement à la source le 1er janvier 2018. Celui-ci concernera les salaires du public et du privé, les revenus des dirigeants d’entreprise et des indépendants (commerçants, agriculteurs…), les retraites, les allocations ou encore les revenus fonciers.

A quoi sert la baisse des déficits?
Le dernier budget du quinquennat s’inscrit dans la continuité de nos engagements sur l’assainissement des comptes publics. Le déficit continue de se réduire (69,3 milliards d’euros, quand il s’élevait à 87,1 milliards en 2012) soit 2,7% du PIB.
Il ne s’agit pas simplement de respecter nos engagements auprès de nos partenaires européens, mais d’abord de retrouver notre souveraineté financière. En 2007, 2,6% de la richesse produite en France s’envolait dans les remboursements de nos intérêts d’emprunt. Ce n’était plus que 2,2% sur l’exercice passé, soit une économie de 12 milliards qui peut par exemple être utilisée pour la solidarité (+ 1,2 point de PIB au cours de la même période)

 

 

Mardi 18 octobre, dans le cadre des débats sur le projet de loi de finances pour 2017, Olivier Faure est intervenu pour rappeler les différences de gestions et d’ambitions entre la droite et la gauche.


18/10/16 Intervention PLF 2017 par olivierfaure