Du nouveau sur le RER D

Depuis 4 ans, notre ligne D, plus largement la rénovation de notre réseau, sont mon fil rouge, quasi obsessionnel. Depuis les premiers jours de mon mandat, j’ai pris contact avec le directeur de la ligne D (3 directeurs se sont succédés au cours de la période). Depuis la première rencontre, je plaide pour nous faire gagner du temps. Sur les transports. Sur le stationnement (j’y reviendrai dans quelques mois avec l’installation de Parking Map à Sénart). Sur les services en gare (j’y reviendrai en décembre). Sur le temps de transport donc, je plaide (avec des associations d’usagers comme SADUR) pour des trains semi-directs, c’est-à-dire omnibus de Melun à Lieusaint et directs ensuite. Jusqu’ici l’absence de sillons disponibles rendait cette revendication impossible à satisfaire. Les derniers échanges avec le directeur de la ligne marquent une évolution.

Qu’est-ce qui aujourd’hui peut changer désormais ?
Je n’entre pas dans la technique, mais pour aller à l’essentiel, la volonté d’améliorer la robustesse du réseau peut conduire à des changements dans sa gestion. Et sa simplification pourrait permettre d’améliorer les conditions de circulation à l’heure de pointe.

Quand ?
Ces évolutions réfléchies supposent l’accord du STIF en janvier. Si tel est le cas, il faudra ensuite réorganiser le réseau, ce qui prendra de longs mois. Même si nous sommes encore prudents, voilà une évolution positive.

Pass Navigo à tarif unique, rénovation des infrastructures, mise en accessibilité des gares entre 2017 et 2021, RER nouvelle génération en 2021… nos combats portent progressivement leurs fruits.

De quoi Donald Trump est-il le nom?

Les Américains ont voté. Leur 45ème président s’appellera Donald Trump. Les océans ne vont pas déborder, la terre ne va pas trembler, la grêle ne s’abattra pas sur les Etats-Unis d’Amérique. Mais cette élection que les sondeurs n’avaient pas anticipée nous interroge.

Qu’est-ce qui peut conduire un peuple à se choisir comme président un milliardaire qui se présente comme candidat anti-système? Qu’est-ce qui peut amener des femmes à voter pour un candidat aussi ouvertement sexiste que grossier? Qu’est-ce qui peut expliquer que le pays qui a élu Barack Obama lui choisisse un successeur aux accents xénophobes? Comment la plus grande démocratie du monde a-t-elle pu basculer dans le simplisme et la démagogie?

L’Amérique oubliée se venge curieusement de ses élites en désignant un affairiste, héro de la téléréalité. Surtout elle envoie à la maison blanche un candidat qui s’est engagé à détruire les outils de la protection sociale mis en place au cours de la mandature précédente (Obama care). Elle vote contre les démocrates qui ont renoué avec la croissance, et ont quasiment rétabli le plein emploi. Cette Amérique des déclassés adopte un projet fiscal qui consiste à financer par les déficits (que l’on finit toujours par payer) une baisse massive des impôts pour les tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu…

Les Américains souffrent d’une situation née des choix faits par les Républicains de G. Bush, (intervention en Irak, crise des subprimes) et choisissent de renvoyer les démocrates qui ont redressé le pays.

Si malgré ces paradoxes, Donald Trump a malgré tout emporté cette élection, c’est que certains déterminants de l’élection étaient plus puissants.
La volonté d’en découdre avec « le système » tout d’abord : Hillary Clinton, femme de Bill, président à deux reprises, elle-même ancienne secrétaire d’Etat incarnait une dynastie élective et l' »entre soi » d’une classe politique réputée coupée du peuple. Elle portait à son corps défendant, une forme d’immobilisme quand son adversaire portait la promesse de voir bouger les lignes.
La peur existentielle, ensuite : les mouvements migratoires, leur assimilation au terrorisme ou à la délinquance, provoquent partout à travers le monde les mêmes mouvements de repli.
La fragmentation de la population enfin : à la fracture entre communautés qui se jouxtent sans vraiment cohabiter s’est ajoutée la faille profonde entre les bénéficiaires de la mondialisation dans les grandes villes et l’Amérique profonde, plus rurale, péri-urbaine qui souffre.

Donald Trump s’est contenté de surfer sur ces vagues. Mais que vont découvrir ses électeurs? Que l' »establisment » n’a jamais été aussi bien représenté à Washington. Que la volonté affichée de ne pas respecter les engagements de la COP 21 conduirait à de des mouvements migratoires d’une ampleur inédite, liés à la désertification d’immenses territoires. Que loin de réduire les inégalités, le programme libéral de Trump conduira à leur exacerbation.

Peut-on extrapoler et tirer des leçons pour la France de ce qui vient de se produire outre Atlantique? La France est la France, et les analogies rapides sont souvent grossières. Il y a cependant un constat qui n’est pas limité aux Etats-Unis. Le monde occidental est traversé par une montée des populistes et de l’extrême-droite, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en Angleterre, en Italie… comme dans notre pays. Ces mouvements se nourrissent des angoisses sans proposer de solutions viables. Les Britanniques ont choisi le Brexit et ce sont les leaders du NON qui se sont enfuis (Nigel Farage et Boris Johnson), embarrassés par leur propre victoire.

Et c’est là que réside notre responsabilité.
Répondre concrètement aux peurs ou à la colère, sans pour autant céder au simplisme ou à la démagogie.
Ne pas nous diviser pour ne pas ouvrir un boulevard aux vendeurs d’illusions.

Avec l’élection américaine, preuve est faite que rien n’est jamais écrit à l’avance. Le pire non plus n’est jamais sûr. Cela dépend de nous.

Olivier Faure

Proposition LR de destitution de Hollande : signe de « trumpisation » de la droite

Dépêche AFP – La proposition de résolution LR visant à la « destitution » de François Hollande est la démonstration d’une « trumpisation progressive de la droite française » comme le fait d’entendre un ex-président « devenir vendeur de frites », a dénoncé mardi le vice-président du groupe PS à l’Assemblée Olivier Faure.

« La grande spécialité des Républicains, c’est de faire beaucoup de bruit et d’alimenter un brouhaha médiatique qui n’a pas grand sens et qui est surtout la démonstration d’une trumpisation progressive de la droite française », a estimé M. Faure au cours d’un point de presse après la réunion du groupe socialiste.

Il évoquait la proposition soutenue mardi par le groupe LR pour une « destitution » du chef de l’Etat, vu la divulgation d’informations que la droite considère comme secrètes et touchant la sécurité nationale.

« Le sujet sur lequel ils attaquent aujourd’hui le président de la République en est la démonstration absolue: les mails d’Hillary Clinton aux Etats-Unis, en France une supposée forfaiture, une haute trahison sur des motifs qui restent largement à démontrer », a-t-il dit.

Il a notamment souligné que le président avait « simplement confirmé », dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça… », l’existence d’opérations homicide contre des terroristes, la droite faisant « preuve d’une grande naïveté » en laissant penser qu’elle découvre leur existence.

« Ce matin le groupe a exprimé sa solidarité et souhaité faire face à cette campagne de calomnies qui en réalité abaisse la fonction présidentielle », a-t-il poursuivi.

« Cette initiative n’a aucune possibilité d’aboutir », mais « ce cirque médiatique » aura pour seul effet de « valoriser » l’extrême droite, a-t-il estimé.

Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg a également considéré qu' »on ne peut pas dire que les faits évoqués relèvent d’un manquement du président au devoir de sa charge. C’est tout à fait excessif, ce n’est pas dans cet esprit-là qu’a été rédigé la procédure sur la destitution ».

M. Faure a aussi fustigé les propos tenus lundi soir à Neuilly (Hauts-de-Seine) par Nicolas Sarkozy sur les menus de substitution dans les cantines. « Entendre un ancien président de la République devenir vendeur de frites, moi ça me désole », a-t-il dit. « Laisser penser que la fonction présidentielle puisse être exercée par quelqu’un qui parle sur un sujet aussi grave celui du vivre ensemble en proposant double ration de frites pour toutes celles et ceux qui ne mangent pas de porc, ça n’est pas digne de la fonction, ça n’est même pas digne de l’opposition. »

Voir aussi l’intervention d’Olivier Faure dans BFM Story

 

Budget 2017 : c’est parti !

L’Assemblée examine à partir de mardi 18 octobre la partie recettes du projet de loi de finances pour 2017 en séance publique (la semaine dernière en commission).

Quelles priorités ?
Ce projet de budget traduit en actes les priorités de la majorité
– Le budget de l’enseignement augmente ainsi de 3 milliards d’euros, et l’engagement de création de 60 000 postes en 5 ans sera tenu.
– Le budget de l’Emploi augmente de 2 milliards, ce qui permet le maintien de la prime à l’embauche PME et la généralisation de la Garantie Jeune pour les jeunes éloignés décrocheurs.
– La Sécurité voit aussi ses moyens renforcés (+2 milliards d’euros et création de 2300 postes).

Quelles baisses d’impôts ?
La baisse de l’impôt sur le revenu atteindra jusqu’à -20% jusqu’à 1,6 SMIC, soit 5 millions de foyers fiscaux concernés pour un gain moyen de 200€ par an. Après trois baisses successives 12 millions de ménages auront vu leurs impôts diminuer pour un total de 5 milliards.
A noter que désormais les retraités bénéficieront du même avantage fiscal que les actifs : le Trésor Public leur remboursera 50 % du montant engagé pour l’emploi d’un salarié à domicile.
A noter l’amendement que nous avons déposé avec la rapporteure générale et 58 collègues sur la baisse de CSG sur les retraités et pour lequel le gouvernement a accepté une négociation.
A noter également que contrairement à la rumeur qui chaque année annonce une taxe sur la résidence principale, il n’en est évidemment rien.

La retenue à la source
Le projet de loi officialise par ailleurs la réforme du recouvrement de l’impôt, modernisation sans précédent, avec l’instauration du prélèvement à la source le 1er janvier 2018. Celui-ci concernera les salaires du public et du privé, les revenus des dirigeants d’entreprise et des indépendants (commerçants, agriculteurs…), les retraites, les allocations ou encore les revenus fonciers.

A quoi sert la baisse des déficits?
Le dernier budget du quinquennat s’inscrit dans la continuité de nos engagements sur l’assainissement des comptes publics. Le déficit continue de se réduire (69,3 milliards d’euros, quand il s’élevait à 87,1 milliards en 2012) soit 2,7% du PIB.
Il ne s’agit pas simplement de respecter nos engagements auprès de nos partenaires européens, mais d’abord de retrouver notre souveraineté financière. En 2007, 2,6% de la richesse produite en France s’envolait dans les remboursements de nos intérêts d’emprunt. Ce n’était plus que 2,2% sur l’exercice passé, soit une économie de 12 milliards qui peut par exemple être utilisée pour la solidarité (+ 1,2 point de PIB au cours de la même période)

 

 

Mardi 18 octobre, dans le cadre des débats sur le projet de loi de finances pour 2017, Olivier Faure est intervenu pour rappeler les différences de gestions et d’ambitions entre la droite et la gauche.


18/10/16 Intervention PLF 2017 par olivierfaure

Tribune dans le Monde

« Pour un “Grenelle de la circulation” en Ile-de-France »

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Olivier Faure (Député de Seine-et-Marne, porte-parole du Parti socialiste)

Par Olivier Faure, député socialiste de Seine-et-Marne et porte-parole du PS, président du Haut Comité de la qualité des services dans les transports

Les élus franciliens sont soumis à ce dilemme cornélien : privilégier la santé de leurs administrés ou favoriser leurs déplacements. La volonté affichée de la Ville de Paris de fermer les voies sur berges à la circulation relance le débat, comme sa décision d’interdire d’accès les véhicules diesel dans trois ans. Et ce débat redémarre, comme chaque fois, sur les mêmes bases, c’est-à-dire caricaturales.

Paris défend la qualité de son air et évoque un scandale sanitaire comparable à celui de l’amiante. Les départements périphériques opposent la nécessité quotidienne pour les Franciliens de traverser ou d’accéder à la capitale.

Est-on fatalement condamné à ce face-à-face navrant ? La réalité est simple. Sans doute trop pour que, jusqu’ici, les élus franciliens aient été capables de s’entendre sur la mobilité, qui est pourtant un sujet majeur pour chacun de nos concitoyens.

Quelle est-elle ? Paris est une « ville monde », attrayante et son image, son rayonnement servent l’ensemble de la région et davantage encore notre pays. Mais c’est une ville polluée comme toutes les grandes métropoles. La voiture y a été longtemps reine et les transports collectifs insuffisants. Ce n’est plus le cas.

Un Parisien sur deux n’a pas de voiture

Aujourd’hui, les Parisiens bénéficient d’un réseau ferré parmi les plus denses au monde, auquel s’ajoutent le taxi, le tramway, Vélib’, Autolib’. Le grand Paris express, le CDG express compléteront demain cette offre de mobilité.

Vivre à Paris sans voiture ne relève plus de l’acte militant, à tel point qu’un Parisien sur deux ne possède pas de véhicule personnel. Demain, l’autopartage, les voitures autonomes achèveront cette mutation.

Mais vérité en deçà du périphérique ne vaut pas au-delà. En petite couronne, et plus encore en grande couronne, les possibilités de se mouvoir sont considérablement réduites. Le fonctionnement du réseau en étoile contraint à des itinéraires absurdes plus longs que la voiture, indépendamment des bouchons…

Les Franciliens des « marges » ne sont pourtant pas responsables de l’étalement urbain. Est-ce leur faute si les emplois sont à l’ouest et les logements à l’est ? Est-ce leur faute s’ils doivent additionner heures de travail hebdomadaire et plusieurs heures de transport quotidien ? Est-ce leur faute si c’est au cœur de la métropole que se situent l’emploi et les services ? Le premier outil de la mixité sociale est aujourd’hui la mobilité.

Sonnette d’alarme

Alors que faire ? Ne rien faire ? C’est une option. Elle a longtemps eu la vie dure. Et il faut reconnaître à la Ville de Paris et à sa maire, Anne Hidalgo, le courage d’avoir tiré la sonnette d’alarme. Il fallait un signal fort, brutal même.

L’annonce de la piétonisation du centre de Paris, celle du bannissement du diesel ont favorisé un changement d’orientation des constructeurs et accéléré les prises de décision des opérateurs de transports. Qui s’en plaindra ?

Mais l’agenda volontariste de Paris est-il soutenable ? Les transports alternatifs seront-ils en service à l’échéance ? Les transporteurs publics auront-ils les moyens de se conformer à la règle dans des délais aussi brefs ?

La réponse, chacun la connaît : qu’il s’agisse des travaux sur le réseau, de l’arrivée des RER nouvelle génération, des nouvelles lignes de métro, de la mise en place du plan bus, de la capacité de l’industrie automobile à mettre sur le marché les nouveaux véhicules électriques ou hybrides, de la conversion de toute la flotte publique à des énergies propres, la montée sera progressive entre 2021 et 2025.

Dès lors, faut-il renoncer à avancer avec les voies sur berges ? Abandonner la date butoir de 2020 ? Le risque serait d’afficher alors un signal inverse du précédent et, de lâchetés en résignations, de voir le moment du changement écologique se transformer en un horizon qui recule toujours.

Alternative crédible de mobilité

La solution existe. Celle d’un phasage qui permette de mettre en face de chaque évolution une alternative crédible de mobilité. La fermeture des voies sur berges doit être testée et 2020 ne peut ni être une année blanche ni une année noire. Je suggère que ce soit l’année où tous les véhicules diesel entrant à Paris seraient équipés d’un filtre à particules. Ce serait là une première étape permettant de diminuer de 50 % l’émission de polluants.

Dans d’autres capitales européennes, ce filtre fait l’objet d’une prise en charge sous forme de crédit d’impôt, permettant ainsi de soulager pour moitié les automobilistes de cette contrainte financière de l’ordre de 400 euros aujourd’hui. L’année 2025 pourrait constituer une seconde phase puisque, à cette étape, les alternatives en matière de transport collectif seront opérationnelles et qu’il est vraisemblable que les usages automobiles auront muté (autopartage, véhicules autonomes…).

Tout mettre sur la table

Phaser, ce n’est pas procrastiner. En l’espèce, c’est éviter que l’objectif ne soit contredit demain par un conflit géographique et social qui se solderait par une défaite collective.

Il est indispensable de penser à l’échelle régionale à un nouveau plan de déplacement. Créer des parkings relais qui soient aussi des espaces de service (drive, pressing, crèches…) en très grande couronne, créer des lignes de cars qui rabattent sur les gares de la grande couronne. Organiser le cabotage de bus entre lignes de RER pour mailler mieux le territoire et éviter le passage par le centre de Paris. Boucler la Francilienne à l’ouest, mettre en place des voies consacrées aux cars et aux covoitureurs et faciliter le transport de banlieue à banlieue…

Il est temps de tout mettre sur la table. Région, départements, agglomérations, métropole, communes. C’est un plan d’ensemble qu’il faut imaginer… ensemble. C’est pourquoi j’appelle à un « Grenelle de la circulation » en Ile-de-France.

Au XIXe siècle, le plan Haussmann a permis de moderniser Paris sous l’autorité de Napoléon III. Les arguments sanitaires et les mêmes contre-arguments sociaux furent déjà convoqués à l’époque. Il faut une vision et de la négociation. Haussmann sans l’Empire. Il ne dépend que de nous de sortir par le haut d’un dilemme qui nous tire vers le bas.

Olivier Faure (Député de Seine-et-Marne, porte-parole du Parti socialiste)

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