Les patrons en mal de reconnaissance (suite)

Il y a au moins un Français qui les aime vraiment les patrons. Un Français qui voudrait même devancer leurs désirs. Vous ne voyez pas ? Un indice : il était à l’Université d’été du MEDEF hier.
Pas trouvé je continue : Il est venu proposer d’en finir définitivement avec les 35 heures et de limiter le droit de grève (dans les entreprises, les administrations et les universités…).

Oui, c’est bien lui ! Nicolas Sarkozy. Tel qu’en lui-même. Toujours la même prestidigitation. Regardez ma main gauche pendant que ma main droite vous fait les poches. Côté diagnostic : il faut défendre la France qui se lève tôt le matin, la France qui travaille dur. Il faut que le travail paie. Jusque-là tout le monde suit. Côté propositions : on peut faire davantage d’heures supplémentaires, mais elles sont moins rémunérées que sous le gouvernement Jospin… On a la liberté de travailler plus, mais pour gagner moins. Au nom de la défense des petits, il faut faire des cadeaux aux gros. Et là on ne suit plus du tout !

Nicolas a un frère. Guillaume Sarkozy. Il y a un an, il voulait être le président du MEDEF. Il a finalement renoncé. Nicolas, lui, visiblement est encore sur les rangs !..

Les patrons en mal de reconnaissance ?

Il paraît qu’à l’université d’été du MEDEF, les patrons font part de leur vague à l’âme. Ils auraient besoin de « reconnaissance »…
Ce matin, je zappe comme souvent d’une station de radio à l’autre. Je tombe sur Beigbeder (pas Frédéric, Charles. Pas l’ex soutien de Robert Hue, le chef d’entreprise…). A la question qui lui est justement posée sur cette soif de gratitude, le jeune entrepreneur répond en substance : ce sont les entreprises qui créent la richesse du pays et donc c’est vrai que nous (les patrons) aimerions davantage de reconnaissance.
En quelques mots tout est dit. Les entreprises nourrissent la France et les entreprises, c’est les patrons. En bref les patrons font la France et on ne les remercie pas assez pour tant de philanthropie…

J’ai participé à la direction d’une PME de 150 salariés dans laquelle j’exerçais la fonction de secrétaire général. Je connais la difficulté pour une entreprise à se frayer un chemin alors que la concurrence n’est plus nationale, mais internationale. Je sais l’implication des dirigeants d’entreprises pour assurer un carnet de commande, les longues heures de travail pour maintenir un chiffre d’affaires qui assure le paiement de la masse salariale, les heures de train, d’avion, de voiture pour décider un client, gagner un marché, rassurer un banquier.

Donc loin de moi l’idée de caricaturer ce qui ne mérite pas de l’être. Mais là, il y a comme un énorme impensé chez Beigbeder et ses amis. Assimiler les entreprises à leurs dirigeants, c’est un peu court ! Une entreprise, ce sont d’abord et surtout des salariés qui consacrent leur force de travail, utilisent leurs connaissances, mobilisent leur expérience ou livrent leur imagination pour créer de la richesse.

En bref, cher monsieur Beigbeder, vous bénéficierez de la gratitude du pays lorsque, notamment lorsque :
– vous ne feindrez plus de croire qu’une entreprise est essentiellement le fruit du génial travail de celui qui la dirige. Une entreprise est un collectif humain où chacun contribue à son niveau à la création de richesse.
– les rémunérations des dirigeants ne connaîtront plus des courbes ascendantes sans lien ni avec les résultats de l’entreprise, ni avec les augmentations des salariés.

Si je devais me résumer de quelques mots : la reconnaissance n’est pas impossible, mais elle se mérite. La meilleure voie est celle de l’équité et de la justice. Evidemment, le risque c’est de gagner moins, mais la reconnaissance, Monsieur Beigbeder, cela n’a pas de prix…

Sous l’écume, la vague.

J’étais à la Rochelle le week-end dernier pour l’université d’été du PS. Conseil : si vous êtes allergique aux socialistes, surtout évitez le dernier week_end d’août. Tous les ans à la même époque, c’est terrible, il y en a partout ! Il en est même qui parlent très fort à la terrasse des cafés.Alors, de quoi a-t-on bavardé sur le port de la Rochelle? De la percée de Ségolène, des larmes de Lionel, de l’habileté de François, de la détermination de Dominique, de la persévérance de Jack ? Oui. Evidemment. Le débat présidentiel passionne les Français. Il passionne aussi les socialistes.

La politique ce sont d’abord les idées, mais la question de savoir qui les incarne est aussi essentiel. Le même projet peut être porté de manière différente selon les personnalités. En politique, la question de la méthode est aussi essentielle que celle du fond. Les socialistes et les communistes se sont séparés en 1920, moins sur l’objectif final, que sur les moyens d’y parvenir : réformisme ou révolution. Comment cela va se régler cette histoire ?

En octobre, les candidats à l’investiture socialiste diposeront leur candidature, puis un débat public de plusieurs semaines permettra à chacun d’affiner son jugement. Enfin, à la mi-novembre les 200 000 militants trancheront. Pas de quoi s’énerver ! Calendrier et procédure garantissent un processus démocratique que toutes les formations politiques peuvent copier (il n’y a pas de brevet déposé, c’est gratuit). Et pour les lecteurs de l’UMP de ce blog, éventuellement inquiets de l’âpreté de nos débats, je veux les rassurer : celui ou celle qui sera désigné(e) sera forcément très bon (ne) puisqu’il (elle) aura échappé à tous ses concurrents socialistes !

A partir de ce moment, le débat droite-gauche pourra véritablement commencer : Evaluation du bilan de la droite depuis 5 ans. Propositions comparées. Confrontation de deux modèles de société Parce que, au final, le choix de 2007 ne se limitera pas à l’identité du futur locataire de l’Elysée. Il s’agira de définir la France dans laquelle nous voulons vivre au cours des prochaines années. Une France libérale et autoritaire ? Ou une France qui promeut le développement solidaire ? Sous l’écume de la personnalisation, demeure la vague. Celle qui nous portera ou nous brisera. C’est selon. Il nous reste 8 mois pour en parler ensemble.

Débat lunaire autour du soleil…

Vous avez passé de bonnes vacances ? Vous y êtes encore ? moi c’est fini…

Alors là vous vous dites, il rentre, il est en pleine forme, il va nous parler de la présidentielle… Raté !

Mais je vous invite à lire quelques extraits d’une très belle dépêche AFP de ce jour en espérant justement que le débat de la présidentielle n’y ressemble pas trop…

« La communauté astronomique s’est montrée mardi profondément partagée sur une nouvelle définition des planètes proposée par l’exécutif de l’Union astronomique internationale, qui aurait conduit à revoir de neuf à douze le nombre de planètes composant le Système solaire.

Les participants au 26e congrès de l’UAI, réunis à Prague, ont campé sur des positions antagonistes, loin du consensus espéré.

Une nouvelle mouture de la désormais fameuse résolution n° 5, qui définit une planète comme un corps rond tournant autour d’un soleil, a été rejetée par une petite majorité des plusieurs centaines d’astronomes présents.

Une fraction de l’assistance s’est montrée en faveur de n’attribuer la qualité de planète qu’aux huit premières découvertes, en déclassant Pluton qui s’est révélé bien plus petit (encore plus que la Lune) que l’on pensait initialement.

Plusieurs intervenants ont estimé que le débat pouvait bien attendre trois années supplémentaires, jusqu’au prochain congrès de l’UAI.

D’autres ont regretté que la définition de ce qu’est une planète ne s’applique qu’au seul système solaire.

D’autres ont regretté qu’on puisse baptiser « planète » un corps qui n’a pas fait le vide autour de lui, à l’image de Cérès, noyé au milieu des milliers d’astéroïdes orbitant entre Mars et Jupiter.

L’exécutif de l’UAI est maintenant confronté à la tâche difficile de rédiger d’ici jeudi une nouvelle motion plus consensuelle.

Le débat avait été suscité par la découverte d’un corps jusqu’alors inconnu, UB313, dans les confins du système solaire. Du fait de sa taille comparable ou supérieure à celle de Pluton, pouvait-il prétendre au statut de planète ? ».

Réussir ensemble le changement

vote 1er juillet Mutualité

Paris 1er juillet. Maison de la Mutualité. Le projet des socialistes est adopté. On en parle moins que de la multiplication des candidats à l’investiture présidentielle. C’est bien dommage. L’élection présidentielle au suffrage universel conduit à personnaliser de façon outrancière la vie politique française. La question de savoir qui incarne le projet ne devrait pas peser plus que le projet lui-même. Les qualités personnelles d’un-e candidat-e, son parcours, sa cohérence politique sont déterminants. Ils donnent une crédibilité au projet, mais le « qui » ne peut pas effacer le « pourquoi ».

Alors, si tu veux bien, parlons deux secondes de ce projet. Sans aligner les 200 propositions, en voici quelques-unes qui illustrent notre volonté de changement :

Qu’est-ce qui va changer pour l’emploi ?

Une hausse du pouvoir d’achat permettra de relancer la demande intérieure
L’investissement sera privilégié. Ainsi les bénéfices distribués aux actionnaires seront plus imposés fiscalement que les bénéfices réinvestis dans l’entreprise
Une agence de réindustrialisation concentrera les moyens d’action pour aider les territoires victimes de délocalisations.
La recherche sera soutenue pour permettre à la France de conserver une longueur d’avance.

Qu’est-ce qui va changer pour le pouvoir d’achat ?

Le SMIC passera à 1500 € brut avant 2012.
Une conférence salariale annuelle permettra de négocier les salaires sur l’ensemble de la grille salariale.
Un « bouclier logement » permettra aux familles modestes de ne pas dépenser plus d’un quart de leurs revenus pour le paiement de leur loyer.

Qu’est-ce qui va changer au boulot ?

Les realations durables dans l’entreprsie seront à nouveau favorisées, le CNE sera abrogé et les employeurs qui abusent du travail précaire seront pénalisés.
Les salariés seront représentés dans les instances de direction (conseil d’administration, conseil de surveillance)
Pour qu’un accord d’entreprise soit valide, il faudra que une majorité l’ai adopté (aujourd’hui il suffit de la signature d’un syndicat représentatif, même si il est minoritaire lors des élections professionnelles)
Les heures supplémentaires au delà de 35 heures seront à nouveau majorées au même taux que les heures effectuées au delà de 39.

Qu’est ce qui va changer pour les enfants ?

Pour les tout petits, un service public de la petite enfance sera créé.
Les moyens financiers seront prioritairement placés sur les établissements scolaires en difficulté.
Pour les jeunes, une allocation d’entrée de la vie active (sous condition de ressources) sera créée pour les aider à prendre pied dans le monde adulte.

Qu’est-ce qui va changer pour le logement ?

120 000 logements sociaux seront construits tous les ans pour faire face à l’actuelle pénurie.
Les communes qui refusent de bâtir 20% de logements sociaux sur leur territoire seront lourdement sanctionnées financièrement.

Le Parlement sera revalorisé (suppression du 49 al3 qu permet l’adoption de lois sans vote, suppression du vote bloqué…)
Le président sera désormais responsable pénalement et politiquement (procédure d’impeachment)
Les parlementaires ne pourront plus cumuler les mandats
Une procédure nouvelle permettra à plusieurs milliers de citoyens de soumettre une loi au parlement

J’en passe évidemment, mais nous avons un an pour tout évoquer… Un an pour convaincre que la politique peut encore changer nos vies.

Wir fahren nach Berlin !

zizou et Figo

GEANTS ! Les Bleus sont qualifiés pour la deuxième fois en huit ans pour la finale de la coupe du monde ! Oubliée la tristesse de 2002 quand l’équipe n’a pas dépassé le 1er tour. Oubliés les sourires en coin lorsque Domenech donnait rendez-vous aux journalistes le 9 juillet à Berlin ! Oubliées les notices nécrologiques qui enterraient le « maestro » avant l’heure !

C’est le pied prodigieux de Zidane qui a qualifié la France et c’est l’esprit d’une équipe soudée, rassemblée, solidaire qui a fait la différence face à une équipe portugaise qui n’a pas démérité.

La magie du football, c’est de réussir à rassembler 90 minutes (et plus) tout un pays. Jusqu’à la dernière seconde nous avons tremblé ensemble.( Je ne sais pas pour toi, mais moi j’avais en mémoire la demi-finale de 1982 lorsque contre le cours du match, Platini, Tigana, Giresse, Trésor, Bossis et les autres ont dû s’incliner face à l’Allemagne).
Jusqu’à la fin nous avons espéré que le numéro 10 tienne son rendez-vous avec l’histoire du football. Il ne l’a pas manqué. Son dernier match sera une finale de la coupe du monde ! (C’est ce qu’a dû lui glisser Figo à l’issue du match).
Puis, est venue l’ivresse de la victoire, et toute la France dans les rues, klaxons retentissants, drapeaux tricolores tourbillonants avec l’espoir que cela continue encore et encore pour que le rêve de Zidane, Thuram ,Vieira, Henry, Ribery (et le nôtre) se termine en apothéose.

Une soirée magique, toutes générations, toutes couleurs, toutes origines sociales confondues, tous heureux de partager les mêmes moments d’émotion et de bonheur.

C’est le football qu’on aime, c’est le football des Bleus.
C’est la France qu’on aime, celle qui ne distingue que le talent, qu’il soit black, blanc ou beur.

Rendez-vous dimanche sur les Champs Elysées !

Adja et Fatoumia

Samedi 23 juin Ozoir la Ferrière.

Adja et Fatoumia sont lycéennes. Adja vient du Sénégal et Fatoumia de l’archipel des Comores. Dans la foule, rien ne les distingue. Mais elles se savent différentes. Adja et Fatoumia sont « sans papiers ». A tout moment, elles craignent de devoir interrompre leurs études, quitter leur commune, leurs amis.

Les « sans papiers » c’est souvent une chronique « sans visages ». Adja et Fatoumia nous rappellent que derrière les statistiques, il y a des vies. Des vies d’enfants. En Seine-et-Marne Adja et Fatoumia sont les premières à être parrainées dans le cadre de la mobilisation du Réseau Education Sans Frontières.

Depuis trop longtemps, le débat sur l’immigration a quitté le terrain de l’humanité et de la rationalité. Il y a d’abord eu l’extrême droite pour exacerber les peurs. Et puis la droite elle-même y est venue. Il est loin le temps où la droite préférait « perdre les élections plutôt que son âme ».

Alors évidemment tu vas me dire, « au moins la droite a saisi que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde ». Et puis qu’ « on ne peut pas gouverner juste avec des bons sentiments ».

Sans doute. Mais voilà, il y a des politiques qui réussissent l’exploit de ne pas procéder de bons sentiments et qui n’obtiennent même pas les résultats escomptés.

La vérité sur l’immigration est assez simple :
1/ L’émigration est un arrachement pour celui qui quitte son pays.
2/ Pourtant, il y a des pays que l’on fuit. Soit parce que la démocratie n’y est qu’une utopie, soit parce que la pauvreté y est insupportable.
3/ Tant que le décalage entre le nord et le sud, l’ouest et l’est, s’accroîtra, il y aura des candidats au départ. Quels que soient les dangers encourus. Quel que soit le prix à payer.

Et que fait le gouvernement Villepin ?
Sarkozy veut une « immigration choisie ». En gros, la France accepte de conserver les étrangers diplômés. En revanche, les autres n’ont pas leur place parce qu’ils constituent « l’immigration subie ».
Quels résultats obtiendra-t-on si cette politique se met en place ?
En pillant la matière grise des pays en voie de développement, nous les priverons des ressources qui leur sont justement nécessaires. Parce qu’ils ne détiendront pas les clés de leur propre développement, ces pays connaîtront un nombre croissant de candidats à l’émigration. En bref « l’immigration choisie » de Nicolas Sarkozy prépare l’ « immigration subie » de Sarkozy Nicolas.

La solution c’est au contraire l’immigration partagée. Le co-développement. La négociation de partenariats avec les pays d’émigration. La seule façon de tarir la source de l’immigration c’est d’agir sur ses causes.

Parce que, vois-tu, les « bons sentiments » peuvent aussi être synonymes d’efficacité …

Le choix des militants

Hier soir tous les militants socialistes de la 8ème circonscription ont voté. C’est eux et seulement eux qui ont fait le choix de leurs candidats.
22h30. Le dépouillement commence (photo). Monique et moi frôlons la majorité absolue de deux voix au 1er tour. Personne ne l’avait anticipé. Surtout pas nous… Avec trois candidats, cela paraissait impossible.

Après la proclamation des résultats, Daniel Vachez annonce qu’il renonce à un 2ème tour. Je mesure le geste. Plutôt que de creuser les divisions et d’aiguiser des amertumes, il choisit avec responsabilité de passer le témoin. J’imagine ce que cela peut représenter pour lui.
Il me dit que c’est à moi de rassembler tous les socialistes maintenant. Les militants l’applaudissent longuement. Je me demande si je dois prendre la parole à mon tour. Je choisis de ne pas parler. Je crois que ce soir, c’est à lui d’avoir le dernier mot.

En quelques minutes, je passe du statut de militant à celui de candidat. Je réalise à peine. Les amis me tombent dans les bras, m’embrassent.

Maintenant, Monique et moi, allons représenter les valeurs et les projets des socialistes dans la 8ème. Cela pourrait être écrasant. C’est surtout formidablement stimulant.

Une autre histoire commence.

Des ailes et des devoirs

Jeudi c’était l’assemblée générale contradictoire. Entre 150 et 200 militants étaient présents pour écouter les 3 candidats à la candidature et leurs suppléants.

Je vais t’avouer un truc. Moi j’avais déjà envie d’être dans la vraie campagne. Celle contre la droite. La polémique avec les autres socialistes, ça m’agace. Je ne rentre jamais là-dedans. Je ne comprends pas ceux qui se plaignent des batailles d’éléphants au niveau national et qui les reproduisent ensuite à l’échelon local.

Je sens dans cette salle où nous sommes rassemblés tant de potentialités pour travailler ensemble demain et puis une telle envie de gagner. Ça donne des ailes et des devoirs. Il ne faudra pas décevoir. Cela exige déjà un vrai changement dans nos comportements politiques. C’est pour ça que je me suis engagé au mandat unique. Député c’est un boulot à plein temps. C’est sûr qu’il est possible de tout cumuler. Mais on devient alors une machine. Une machine à décider qui n’a plus de temps pour écouter.

Pour faire de la politique, tu ne crois pas qu’il vaut mieux des hommes plutôt que des machines ?

Tout sur ma mère

Je vous parlais de ma mère, hier, dans mon post sur l’école…

Elle est née au Vietnam (d’une mère vietnamienne et d’un père moitié vietnamien, moitié chinois).
Mon père est né en France de parents français (mais sa mère avait des origines espagnoles).
Tout ça pour dire que quand j’ai eu la riche idée d’adhérer au PS, ma gentille maman qui voulait prévenir toute illusion et déception, me dit « pourquoi tu veux entrer dans la politique ? tu n’es pas français. Ils ne voudront jamais de toi ».

Eh bien, vous savez quoi ? je ne l’ai pas crue…

L’immigration est une chance

Enfant, adolescent, je m’en suis pris des bâches (« sale chinois », « bol de riz » et autres amabilités du genre), mais je n’ai jamais douté de ce que ce pays était le mien.

Les temps ont changé. Et puis « jaune », c’est moins dur à porter qu’arabe ou noir. Le jaune n’est que « fourbe », alors que « l’arabe est voleur » et le noir « fainéant »… Le jaune est « discret » tandis que les autres font du bruit. Le jaune ne tue que dans sa communauté (et fait même disparaître les corps), les autres ont le mauvais goût de s’en prendre aux blancs… Caricatural ? Oui sans doute. Mais pas pour ceux qui vivent au quotidien l’humiliation d’être différents.

Si demain je suis élu, je mettrais au premier plan de mes engagements le combat contre le racisme et les discriminations. Plus par intérêt personnel car voilà bien longtemps que je n’ai plus eu à souffrir de cela, mais parce que je conserve en mémoire cette souffrance. Ceux qui ne l’ont jamais vécu peuvent difficilement comprendre la violence du rejet quand il n’est fondé que sur la couleur de sa peau.

L’immigration demeure une chance. En me mettant au service de la collectivité toute entière, je voudrais en apporter une nouvelle démonstration.