Point presse du groupe SRC – Point sur l’AAH

Lors du point presse hebdomadaire du groupe socialiste à l’Assemblée, Olivier Faure a souligné que la majorité socialiste entendait s’opposer au nouveau mode de calcul de l’AAH prévu par le gouvernement dans le projet de loi de finances pour 2016. La ministre a finalement retiré cette mesure controversée dans la soirée lors de l’examen en séance. Le groupe socialiste se félicite de l’abandon de cette mesure injuste et blessante pour les personnes handicapées et leurs familles.

 

Dépêche AFP reprenant les déclarations d’Olivier Faure :

Les députés socialistes, les écologistes et l’UDI ont appelé mardi le gouvernement à revoir sa copie sur le nouveau mode de calcul de l’allocation adulte handicapé (AAH) prévu dans le projet de budget 2016, critiquant « une mesure vexatoire », « une grave erreur », « un racket ».

La question, vivement dénoncée par l’Association des paralysés de France (APF) à l’origine d’une pétition dénonçant une volonté du gouvernement de faire « main basse » sur les ressources des personnes handicapées, devrait être débattue mardi soir dans l’hémicycle dans le cadre du budget sur la mission solidarité, selon le président du groupe PS Bruno Le Roux.

« Nous allons regarder comment revenir sur cette proposition », a-t-il indiqué à la presse.

Le projet de budget prévoit de prendre en compte à partir de 2016 dans le calcul de l’AAH les intérêts non imposables des comptes d’épargne, tels que le livret A, dans le cadre d’un processus d’harmonisation entre minima sociaux.

Ceci réduirait le montant de l’AAH (actuellement 807 euros par mois au maximum) pour les bénéficiaires ayant de l’argent de côté, mais surtout leur ferait perdre des droits connexes qui ne sont ouverts qu’à ceux qui touchent l’AAH à taux plein (complément de ressources de 179 euros par mois, ou majoration pour la vie autonome de 105 euros mensuels), dénonce l’APF.

L’association a calculé que, « pour quelques dizaines d’euros » tirés des intérêts de leurs livrets d’épargne (205 euros par an maximum sur un livret A), ces personnes perdraient « 1.257 à 2.151 euros par an » de ressources.

« Ce matin, en réunion de groupe, nous avons eu la discussion » sur ce sujet, et « pour nous tous clairement, il apparaît que cette recette (issue des livrets d’épargne) est une recette (fiscale) de poche qui est illusoire, qui est vexatoire, blessante pour les familles », a expliqué le député Olivier Faure, vice-président du groupe PS. « Donc, nous demandons au gouvernement de pouvoir retravailler sur la question ».

– Penser ‘aux conséquences sur la vie des gens’ –

Le vice-président du FN, Florian Philippot, a dénoncé « un véritable coup de massue antisocial ». « Ces nouvelles dispositions austéritaires sont non seulement injustes, elles sont aussi gravement immorales. Alors que tant de dépenses injustifiées se développent, liées notamment à la crise des migrants ou à l’Union européenne, le gouvernement fait le choix de taper sur les personnes handicapées », a-t-il accusé dans un communiqué.

La coprésidente des députés écologistes, Barbara Pompili, a jugé de son côté mardi que c’était « une grave erreur ».

Mme Pompili a déclaré que « faire comme si c’était un minimum social comme les autres est une grave erreur, car c’est une allocation pour compenser un handicap ».

« Les services de Bercy doivent arrêter de prendre des décisions sans penser une seconde aux conséquences sur la vie des gens », a protesté cette députée de la Somme (ex-EELV).

De son côté, le président du groupe UDI Philippe Vigier a écrit au Premier ministre pour dénoncer un « racket » sur les bénéficiaires de l’AAH et appeler le gouvernement « à se ressaisir ».

Dans l’hémicycle, en réponse justement à une question de l’UDI, la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées Ségolène Neuville a assuré qu’il « ne s’agit pas de pénaliser quelqu’un qui a mis quelques centaines d’euros de côté sur un livret A ».

« En ce qui concerne les compléments de ressources, pour les personnes qui ont des taux d’incapacité élevés, nous travaillons actuellement à des propositions destinées à limiter les effets de seuil. Il sera tenu compte des spécificités de l’épargne populaire, et des abattements sur les revenus du patrimoine seront proposés afin que les petits épargnants soient protégés », a t-elle ajouté

Par ailleurs, « il ne s’agit pas de supprimer l’AAH aux personnes qui ont du capital, et encore moins aux personnes qui perçoivent des rentes viagères qui ont été constituées soit par les parents, soit par les personnes elles-mêmes. Ces rentes sont aujourd’hui protégées et le resteront », a-t-elle promis.

Point Presse du Groupe SRC

Lors du point presse hebdomadaire du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, vice-président du groupe, s’est exprimé sur l’actualité politique de la semaine. Il a notamment abordé la fiscalité locale des retraités, les annonces de François Hollande sur le prêt à taux zéro et le voyage diplomatique du chef de l’Etat en Chine. Le 03/11/2015.

 

« Impensable que des pensionnés modestes payent aujourd’hui des impôts dont ils étaient exonérés hier »

Le député de Seine-et-Marne a commencé par rappeler que la baisse des impôts est une volonté politique forte de ce Gouvernement et que les députés sont au travail pour annuler les effets de l’entrée dans l’impôt local (taxe foncière, taxe d’habitation) des retraités modestes. « C’est une question de cohérence par rapport au message que nous portons mais c’est surtout une question de justice. » a déclaré Olivier Faure.


O.Faure : « Impensable que des pensionnés… par GroupeSRCLe député a également rappelé que la suppression, par la droite, de la demi-part des veuves date de 2008 et aurait conduit des milliers de retraités modestes à entrer dans l’impôt sur le revenu si notre majorité n’avait rien fait. Depuis 2012, tout a été fait pour annuler les effets de cette mesure sur les plus pauvres : le rétablissement de l’indexation du barême sur l’inflation, la revalorisation de la décôte et la réforme de la première tranche. Sans réaction de notre part, cette mesure de droite aurait dévasté le pouvoir d’achat des retraités modestes.

 

Prêt à taux zero : « ce que nous attendons, c’est que les banques jouent le jeu »

Le vice-président du groupe est ensuite revenu sur une information insuffisamment relayée ces derniers jours : les annonces du Président de la République sur l’élargissement du prêt à taux zero.

C’est une mesure de soutien au bâtiment, un secteur pour lequel l’Etat met le paquet avec la création d’un fonds national d’aide à la pierre, le renforcement des pénalités contre les mairies qui ne respectent pas la loi SRU, la cession de foncier public, les abattements fiscaux pour les travaux de rénovation énergétique…C’est surtout une mesure sociale grâce à laquelle  davantage de ménages modestes vont pouvoir s’offrir un toit.

« Ce que nous attendons désormais, c’est que les banques jouent le jeu et qu’elles fassent en sorte que les garanties qu’elles demandent aujourd’hui aux emprunteurs ne soient pas extravagantes, a déclaré Olivier Faure, le rôle des banques c’est de soutenir l’économie, c’est de faire circuler l’argent, pas de dormir sur les capitaux que leur confient les Français. »

 

Visite de F.Hollande en Chine  : « un grand bond en avant pour la réussite de la COP 21 »

Olivier Faure a salué l’engagement total du Président de la République pour la réussite de la COP 21 et le succès diplomatique de son déplacement en Chine. L’accord trouvé avec le dirigeant chinois comporte 2 grandes avancées :

– La Chine, premier pollueur mondial, se rallie à l’objectif de trouver un accord contraignant ;

– Elle accepte de revoir tous les 5 ans ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre dans le sens d’un renforcement.


Visite de F.Hollande en Chine : « un grand… par GroupeSRC

« Ce que la Chine accepte, on peut imaginer que demain, c’est l’ensemble des pays de la Conférence de paris qui l’acceptera. » a souhaité M.Faure.

 

« Nicolas Sarkozy est le plus mal placé pour parler d’un affaiblissement de l’Etat »

Enfin, le vice-président du groupe est revenu sur les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy au journal Le Parisien. « Il est le plus mal placé pour parler d’un affaiblissement de l’autorité de l’Etat. » a asséné Olivier Faure, rappelant, que c’est le sous le quinquennat de N.Sarkozy la délinquance a explosé, que les moyens  forces de l’ordre ont été réduits et que le discours politique a consisté à opposer systématiquement la police et la justice.

Notre majorité a rétabli les moyens de la police, a reconstitué la chaîne pénale et fait reculé les atteintes aux biens et aux personnes. Enfin, ce qui nous différencie de la droite, c’est que dans notre camp, nous n’opposons pas fermeté républicaine et Etat de droit. Nicolas Sarkozy n’envisage la sécurité que par la régression des droits :

– La présomption de légitime défense pour les policiers, c’est l’instauration d’un « permis de tuer » selon la formule même de son ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant

– Le rétablissement des peines planchers, c’est le retour d’une justice mécanique, automatique avec laquelle les juges sont bâillonnés.

– Enfin, se poser en défenseur de l’autorité de l’Etat en proposant de privatiser la sécurité routière a de quoi laisser perplexe… On ne défend pas l’autorité de l’Etat en privatisant ses fonctions régaliennes.

Le lien sur le site du groupe SRC http://www.lessocialistes.fr/node/7996#sthash.WMFcloop.aL5bHNaq.dpuf

Europe 1 – Le grand direct de l’actu

Olivier Faure était lundi 2 novembre l’invité de Jean-Marc Morandini pour le Grand direct de l’actu sur Europe1. Le porte parole du Parti socialiste était face à Sébastien Huygue, député du Nord et porte parole des Républicains. Ils ont débattu de la réponse à apporter, en France et en Europe, à la crise des réfugiés qui a continué à s’intensifier tout au long du mois d’octobre.