Réforme du collège : lettre ouverte aux parents d’élèves

Madame, Monsieur,

Votre enfant est au déjà collège ou va y rentrer au cours des prochaines années.
Ces derniers jours, vous entendez parler de la réforme des collèges. Des responsables politiques et certains intellectuels entretiennent la confusion, ou pire, émettent des contre-vérités. Vous entendez parler du Latin, du Grec, de l’Allemand, des classes bilangues qui seraient supprimées, du niveau qui serait forcément « tiré vers le bas ». Légitimement, vous vous inquiétez de l’avenir réservé à vos enfants.
Qu’en est-il vraiment ?
Depuis trois ans, l’Education nationale est de nouveau la priorité de la Nation.
Là où les gouvernements précédents supprimaient 80 000 postes d’enseignants, fermaient des classes, rabotaient le temps scolaire sans se soucier du rythme d’acquisition des connaissances des élèves, nous avons entrepris « la refondation de l’école ».
Le constat est unanime et dénoncé par des rapports internationaux : à l’école, depuis dix ans, le niveau baissait, les savoirs fondamentaux n’étaient pas toujours maîtrisés, les enseignants n’étaient même plus formés à leur métier, des classes manquaient de professeurs, et chaque année, plus de 140 000 jeunes sortaient du système scolaire sans qualification. Au lieu de tirer les jeunes générations vers le haut, l’école se limitait, faute de moyens et de méthode, à reproduire le plus souvent les inégalités sociales.

En dix ans, les inégalités se sont accrues. Entre élèves, entre établissements et entre territoires. La France a décroché dans les classements internationaux et le doute s’est installé dans la capacité de l’école à honorer la promesse républicaine, qui est d’offrir sa chance à chacun.

Depuis trois ans, nous nous sommes attaqués à ces maux de l’école. Avec un fil rouge : élever le niveau général de notre système éducatif.

Cela s’est traduit par la revalorisation de l’apprentissage des savoirs fondamentaux au cœur de l’école primaire avec notamment le recrutement de plus de maîtres que de classes, la réforme des rythmes scolaires, le recrutement d’enseignants supplémentaires, le rétablissement de leur formation avec la création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation, et la concentration des moyens de l’éducation prioritaire sur les établissements les plus en difficulté.

La nouvelle étape de la refondation de l’école de la République passe désormais par la réforme du collège. Ce sont des années déterminantes pour la poursuite du cursus scolaire de chaque enfant. C’est durant ces années que décrochent un certain nombre de jeunes en difficulté, le collège étant devenu le maillon faible.

C’est dans ce but que la réforme du collège offre à chaque établissement les moyens de la maîtrise, par tous, des savoirs fondamentaux avec :
– des heures en petit groupe,
– des heures d’accompagnement personnalisé,
– des enseignements pratiques interdisciplinaires,
– davantage d’heures de langues vivantes, dès le primaire pour la première langue, dès la 5ème pour la seconde.
– l’apprentissage du travail en équipe et de l’expression orale,
– l’acquisition de compétences numériques…

Cette nouvelle organisation du temps scolaire et ces méthodes adoptées par le conseil supérieur de l’éducation sont issues d’expériences qui ont fait la preuve de leur réussite partout où elles ont été pratiquées. Elles visent à tirer le niveau vers le haut.

Les élèves d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’ hier, ils vivent dans un monde ouvert, leurs modes d’accès aux savoirs se sont diversifiés. Les enseignants s’appuient aujourd’hui sur de nouvelles technologies dont il faut généraliser l’usage.

Nous sommes loin des rumeurs et contre-vérités colportées :
– il est faux de dire que les langues anciennes ne seront plus enseignées. Au contraire : le Latin et le Grec seront proposés à davantage d’élèves.
– il est faux de dire que l’enseignement de l’Allemand sera rogné. Au contraire : plus de 500 postes de professeurs d’Allemand seront ouverts à la rentrée prochaine.
– il est faux de dire que l’enseignement des langues sera réduit. Au contraire : l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère sera généralisée dès la 5eme.
– il est faux de dire que l’enseignement de l’Histoire abandonnerait la chronologie ou bien encore ferait la part belle à l’histoire d’une religion au détriment d’une autre.

Depuis trois ans, à travers la refondation de l’école, nous n’avons qu’une ambition : donner sa chance à chaque élève. Nous voulons réduire les inégalités de destin.

C’est notre projet pour l’école. Notre fidélité à l’idéal républicain.

Je reste bien sûr à votre écoute et à votre disposition pour échanger à ce sujet.

Olivier Faure

Commentaires

RL
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« – il est faux de dire que les langues anciennes ne seront plus enseignées. Au contraire : le Latin et le Grec seront proposés à davantage d’élèves. »

Aujourd’hui, pour le latin : heures en plus des heures de français :
5ème : 2h / 4ème : 3 h / 3ème : 3 h

Avec la réforme, pour le latin : heures en plus des heures de français (après réclamation) :
5ème : 1h / 4ème : 2 h / 3ème : 2 h

de plus, possibilité de faire l’EPI « Langues et Culture de l’Antiquité », en puisant dans les horaires de français.

Je doute qu’on conseille à une élève faible en français de prendre un EPI qui ne lui fasse pas faire du français. Ceux-là, probablement , ne prenaient pas le latin en option. Donc pas plus d’élèves qu’avant la réforme ne feront du latin. Et ceux qui en feront en feront moins qu’avant la réforme.
D’autant que les collège ne seront pas obligés de proposer un EPI « Langues et Culture de l’Antiquité »,

Par ailleurs, d’après le journal Le Monde, « l’enseignement de complément latin n’est pas inscrit dans la grille horaire et n’a pas de financement spécifique. »

« – il est faux de dire que l’enseignement des langues sera réduit. Au contraire : l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère sera généralisée dès la 5eme. »

Aujourd’hui, pour la LV2 :
5ème : 0h / 4ème : 3 h / 3ème : 3 h

Avec la réforme, pour la LV2 :
5ème : 2h30 / 4ème : 2h30 / 3ème : 2h30

1 question : cet ajout se fera au détriment de quelle(s) matière(s) ? Puisque les horaires (26 h) ne doivent pas évoluer ?

1 remarque : certains professeurs de langue estiment que cette réforme (expérimentée dans l’Académie de Toulouse), n’est pas probante, en particulier parce que 2h30 par semaine ne suffisent pas pour apprendre une langue. Voici le lien : http://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article5805

« – il est faux de dire que l’enseignement de l’Histoire abandonnerait la chronologie ou bien encore ferait la part belle à l’histoire d’une religion au détriment d’une autre. »

Ce que je trouve sur le lien suivant http://www.education.gouv.fr/cid87938/projets-de-programmes-pour-l-ecole-elementaire-et-le-college.html

En 6ème :
Les débuts du christianisme
Les débuts du judaïsme
en 5ème :
L’islam : débuts, expansion, sociétés et cultures

Il me semble que le thème de l’islam sera bien plus approfondi que les thèmes du christianisme et du judaïsme,

Pourquoi les 3 religions ne sont-elles pas abordées sur les mêmes thématiques ? Pourquoi une telle différence de traitement, qui peut laisser penser que l’islam a plus d’importance et a eu plus de retentissement ?

RL
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comment le PS justifie-t-il le maintien des classes CHAM, bien plus inégalitaires que les classes bi-langues ?

HM
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Monsieur le Député,
Vous vous répandez dans les médias pour dire à quel point vous vous êtes personnellement ennuyé pendant les cours de latin qui ne vous ont jamais servi à rien.
1/ Les cours de latin de votre enfance n’ont plus rien à voir avec ceux d’aujourd’hui, allez sur le terrain.
2/ Puisque ces cours étaient si pénibles, pourquoi prétendez-vous les proposer à tous les élèves dans la réforme ?
3/ Ne prétendez pas vous soucier de la pédagogie, ni de l’avenir des enfants, alors que, dans cette réforme à moyens constants, les économies de postes sont votre seule motivation.
Sauf à l’Ecole Alsacienne ou les prestigieux établissements de centre ville où sont scolarisés les enfants des députés…
Nil novi sub sole : que je vous traduis:  » Rien de nouveau sous le soleil ».
Eléonore Gérôme

RL
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« Je reste bien sûr à votre écoute et à votre disposition pour échanger à ce sujet. »

bêtement, j’avais cru que des réponses seraient apportées par M. Faure aux diverses questions qui lui sont posées sur ce blog. Mais comme on dit, les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

RL
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Une dernière, juste histoire de rire (jaune) : pendant que Mme Belkacem se fait ovationner au congrès de la FCPE, la FCPE de Puteaux (92) dit « Non à cette réforme du collège ! » et invite à signer tout un tas de pétitions contre cette réforme :
http://www.fcpeputeaux.org/

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