Les Parisiens prêts à rouler écolo. L’ambitieux plan antipollution qu’Anne Hidalgo doit présenter la semaine prochaine au Conseil de Paris remporte l’adhésion d’une majorité de Franciliens, selon un sondage Ifop pour metronews. 78% d’entre eux approuvent en effet l’interdiction de circulation des cars et des poids lourds polluants à Paris à partir de juillet 2015, quand 54% sont favorables à l’interdiction, plus concernante, de circulation des véhicules diesel d’ici 2020. Une part qui s’élève même à 65% pour les seuls Parisiens.

Mais tous ne soutiennent pas les mesures drastiques de la maire de Paris. En grande couronne, ils ne sont plus que 44% à se prononcer en faveur de l’interdiction des véhicules diesel dans la capitale. Une part qui tombe même à 40% pour les habitants de Seine-et-Marne. « On constate un véritable clivage entre Paris et la petite couronne d’un côté et la grande couronne de l’autre, commente Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Plus on s’éloigne du centre, plus l’adhésion à ce plan diminue ».

« Une véritable ségrégation spatiale »

Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, dénonce d’ailleurs « une véritable ségrégation spatiale ». « La métropole ne peut pas se construire contre le reste de la région. On fragilise des gens souvent modestes qui ont besoin de leurs véhicules pour se rendre dans la capitale. Beaucoup se demandent a qui ils vont pouvoir revendre une voiture qui devra rester aux portes de Paris demain », commente l’élu pour metronews.

 Des critiques auxquelles la mairie de Paris répond par une série de mesures. Interrogé par metronews, l’adjoint aux Transports, Christophe Najdovski, veut ainsi inciter les constructeurs à « proposer des primes à la conversion pour l’achat de véhicules moins polluants, y compris d’occasion ». Par ailleurs, explique l’élu EELV, « la Ville va créer dès le printemps 200 places de stationnement réservées à l’auto-partage. » Un système alternatif que Christophe Najdovski souhaite voir se développer en grande couronne. « Un couple avec deux enfants économise 2500 euros par an grâce à l’auto-partage », argumente-t-il.

De là à convaincre les plus réticents… Ce mardi, un autre élu socialiste de poids, le président de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, est monté au créneau. « Je n’accepterai pas une Ile-de-France à deux vitesses où les habitants de la banlieue seraient pénalisés par rapport aux habitants de Paris et du centre : Il faut un maximum de coordination entre les collectivités et l’Etat, sans quoi les initiatives de quelques-uns nuiront au plus grand nombre », nous a-t-il fait savoir. Le débat est lancé.

Lien vers le site de Métronews