Derrière le paravent bleu marine

Le FN cherche depuis des années à repeindre sa façade aux couleurs de la République et à acquérir une respectabilité qui lui permettrait de revendiquer l’exercice du pouvoir. Au FN seuls trois ou quatre leaders prennent la parole pour mieux la maîtriser. Mais quand on regarde derrière le paravent médiatique que retrouve-t-on ? Des candidats, des élus (le chef de file des députés européens FN il y a encore quelques semaines) qui ont adhéré au FN parce qu’ils savaient y trouver un parti peu regardant sur leur « racisme ordinaire ».

Les élections départementales en offrent -hélas – une nouvelle et triste illustration. Amandine Janiaud-Vergnaud a entamé le recensement des candidats FN connus pour leurs dérapages xénophobes, islamophobes, antisémites. La liste ne cesse de s’allonger. Cela en dit long sur les eaux profondes dans lesquelles pêche le parti de Marine Le Pen. On reconnaît un arbre à ses fruits. Ceux du FN ont un goût de poison.

 

Chantal Clamer, candidate dans l’Ariège : en janvier 2014, elle tweete  «l’Islam et les Mahométans sont la nouvelle peste bubonique du 21ème siècle. A combattre à éliminer sans hésitation par tous les moyens possibles »

Elie Quisefit, candidate à Narbonne : on retrouve d’anciennes publications de 2012 sur son compte Facebook dont « il y a des battues contre les sangliers… contre les loups… contre les lynx… Et si on organisait plutôt des battues contre les Arabes on sauverait peut-être la France ! »

Fabien Rouquette, candidat à Narbonne : sur son Facebook ouvert au public, message d’août 2014 « Socialistes, communistes, musulmans ! Faites un geste pour la terre : suicidez-vous »

Thierry Brésolin, candidat remplaçant du FN en Ardèche publie une croix gammée sur son compte Facebook avec le commentaire « Marine, tu es la réincarnation d’Hitler. Toi, tu vas nettoyer la France, on compte sur toi ! »

Alexandre Larionov, candidat dans le canton Causse-Comtal (Aveyron) : sur son compte Facebook, en août 2014, il avait multiplié les propos injurieux envers les Juifs, il avait même appelé au meurtre en souhaitant leur destruction « une fois et pour toujours ». Il est poursuivi pour incitation à la haine raciale

Xavier Sainty, candidat à Savigny dans l’Allier, estime que sa carrière de chanteur ne décolle pas à cause du lobby juif « Voilà comme nous sommes traités par ces gouvernements depuis des décennies nous les ‘goys’, vivement une vraie révolution française pour nous soutenir dans notre avenir »

Corinne Mossire, candidate à Mâcon, a partagé sur son compte Facebook en 2014 les propos de Xavier Sainty et d’autres publications sur le complot juif ou sur les musulmans « deux mille ans de retard et une religion aveugle font de ces peuples des condamnés pour l’éternité »

Sophie Touvron candidate  à Torcy en Seine-et-Marne : sur son Facebook au printemps 2014 des publications anti-musulmans. Explosion suivie d’un incendie dans une boucherie halal qu’elle commente d’un « TROP BON… » et autres publications racistes

Mikaël Pinton, candidat dans le canton de Vitré, a partagé en 2013 un photomontage prenant pour cibles Dounia Bouzar et Pierre Bergé.

Jonathan Vivien, suppléant sur le canton d’Arras 2 multiplie les propos et images violents contre les Noirs et les Arabes sur son Facebook.

Antoine Ormain, candidat à Angers et membre du groupuscule Action Fançaise, est un habitué des tweets racistes. Un exemple « Je demande solennellement aux Français d’origine étrangère de nous sauver une seconde fois. En rentrant chez eux »

Cyril Bozonnet, candidat à Aubervilliers tient ces propos sur son blog politique « Grosso merdo, l’islam en France veut le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Et il y en a encore pour vouloir traiter avec des gens d’aussi mauvaise foi. »

Philippe Chevrier, candidat dans les Yvelines, cité dans un livre d’une journaliste infiltrée dans sa section en 2011 « Quand est-ce qu’on se l’emmène la Forrest ? On la met à poil, on l’attache à un arbre, on se la prend, on met des cagoules, on va avec la Fourest en forêt de Rambouillet et on la laisse. »

Jacques Coutela, candidat dans l’Yonne, avait été suspendu en 2011 par le FN pour avoir posté sur son blog un texte faisant l’apologie d’Anders Breivik : « résistant » « une icône » « le premier défenseur de l’Occident »

Frédericka Desaubliaux, candidate à Dijon a partagé en 2014 sur son mur Facebook des publications de Génération Identitaire et écrit « les Arabes détestent la France » et « des milliers de musulmans rêvent de détruire la France »

Maxime Chaussat, candidat dans l’Ain, avait été condamné pour avoir en 2011 tagué un bâtiment avec « Islam dehors»

Pascal Bardin, candidat dans le Puy-de-Dôme condamné pour violence et injure raciales en 2014, pour avoir voulu renverser un Noir avec sa voiture. Il avait écopé de six mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de soins.

François Jay, candidat du SIEL à Bordeaux, a écrit l’été dernier un message Facebook sur le « grand remplacement » : « Nous avons tous notre part de responsabilité dans l’invasion que nous subissons…Nous ne rejetons pas assez fermement ceux qui nous en envahissent »

Gérard Brazon, candidat dans les Hauts-de-Seine, tweetait en 2013 « l’Islamophobie est un droit. Combattre l’islam est un devoir »

Denis Sourd, candidat en Haute-Garonne, a partagé il y a quelques jours sur son Facebook un dessin des Jeunesses nationalistes sur le grand remplacement, commentant d’un « triste réalité« .

Serge Laroze, candidat à Toulouse, avait sorti pour les municipales 2014 pour accompagner son programme électoral une grille de mots croisés humoristiques avec des définitions telles que « Quartier sensible, centre de recrutement du Djihad » pour un quartier de sa ville et « Fait fortune dans le rempaillage de chaises et le commerce du cuivre. » pour les Roms.

Frédéric Richou, candidat à Bordeaux, a partagé sur son Facebook il y a quelques jours une définition du « Niquetamère : animal en provenance du Maghreb » « F.R.A.N.C.E. : Fédération des réfugiés Arabes Nourris par les Caisses de l’Etat. » Il commente « très belle définition à méditer »

Roger Dohen, candidat dans le Pas-de-Calais publie en 2012 sur son Facebook  : «Le mariage = un homme une femme. Ils en veulent toujours plus ses PD.»+ messages racistes ponctuels

Gilles Ferriere, candidat dans le Pas-de-Calais écrit sur son Facebook en 2012 sur le mariage pour tous «La démocratie voudrait que tout le monde s’exprime et non une minorité pédophile »

Patrick Sokolowski, candidat dans l’Ain, déclarait dans une interview en 2013 : «Nos valeurs judéo-chrétiennes sont en train de disparaître de la ville. Je pense que dans six ans, ce sera Bellegarde la salafiste ou la djihadiste ! On peut aussi mettre un minaret sur la mairie. On est en train de brader la commune.»

Jean-Jacques Guitard, candidat dans les Alpes-Maritimes a écrit en janvier plusieurs tweets islamophobes comme celui-ci « L’angélisme envers l’islamisme même si l’islam de France doit en payer le prix. STOP!!! »

Jonathan Vivien, candidat remplaçant à Arras, écrit de nombreux messages racistes sur son Facebook. Pour «Algérien» : «Maladie mentale consistant à se promener avec un drapeau, brûler des voitures et crier “one two three, viva Algeria”».

Thierry Cumps, candidat Rassemblement Bleu Marine écrit sur son blog : «François Hollande en est convaincu : le socialisme est incapable de faire respecter les lois en France, seul l’islam en tant que force politique et pas seulement en tant que religion est capable de diriger notre pays.» Il existe selon lui «de nombreux signes quant à la volonté d’implanter en France un gouvernement islamiste modéré de type algérien ou marocain par François Hollande.» Comme celui de nommer une «marocaine musulmane Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l’éducation nationale».

Jean-Marc Buccafurri, candidat en Seine-Saint-Denis : nombreux dérapages sur ses comptes Facebook et Twitter. Il traite notamment Najat Vallaud-Belkacem de « pute à PD LGBT soumise » ou écrit « L’homosexualité n’est pas une norme, c’est une déviance« .

Patricia Bresson, candidate remplaçante en Indre-et-Loire : plusieurs messages Facebook après les attentats de Charlie Hebdo dont « Hollande a été élu par ces rats à qui il donne l’asile les logements et les allocs pendant que les Français grattent chaque jour pour y arriver »

 

Loi Macron – interventions sur le travail du dimanche

Vendredi 13 février, Olivier Faure est intervenu en séance publique dans le cadre du projet de loi pour la croissance et l’activité, la « loi Macron ». Sur le travail dominical, il s’est fait le relais de nombreux citoyens rencontrés sur sa circonscription. Avec la garantie du volontariat et de la réversibilité, des compensations financières et en terme de repos, oui certaines personnes veulent parfois travailler le dimanche.


13/02/2015 Olivier Faure sur le travail du… par olivierfaure

Sur les compensations plus précisément :


14/02/2015 Olivier Faure sur les compensations… par olivierfaure

Interdiction de circulation :  » 40 millions d’automobilistes  » soutient la proposition d’Olivier Faure

Dans une lettre ouverte à la maire de Paris Anne Hidalgo publiée le 1er février dernier, Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et porte-parole du Parti socialiste, s’inquiète de l’impact pour les habitants d’Ile-de-France de la mesure d’interdiction de circuler de certains véhicules dès le 1er juillet 2016. S’il est évident que toute mesure visant à limiter la pollution mérite au moins d’ouvrir le débat, celle proposée par Anne Hidalgo apparaît tout aussi injuste qu’inefficace. Le communiqué de presse est accessible sur leur site.

Une réserve parlementaire transparente

Dès sa prise de fonction, Olivier Faure avait annoncé rendre transparente l’utilisation de sa réserve parlementaire. Depuis l’an dernier, c’est une obligation pour chaque parlementaire : les tableaux viennent d’être mis en ligne sur le site de l’Assemblée nationale. A noter que pour cette année le Groupe socialiste a choisi d’octroyer à chacun de ses députés la même somme à répartir entre communes et associations choisies par les parlementaires, soit 129 000 euros.

Voici la répartition de la réserve parlementaire pour Olivier Faure en 2014 :

Commune de Nandy pour la réfection cour école maternelle Les Bois et réfection du court de tennis : 19 000 €
Le Mée Sports Tennis pour le développement du Handi Tennis : 5 000 €
Théâtre de la Mezzanine pour le financement du projet La Marge : 19 000 €
Le Relais de Sénart situé à Vert St Denis pour son projets d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences : 20 000 €
Maison de l’emploi et de la Formation de Sénart : 15 000 €
Mairie Vert Saint Denis pour la mise aux normes d’accessibilité et la sécurisation des enfants de cheminements piétons dans le quartier de la Vallée de Bailly : 20 000 €
Mairie de Moissy-Cramayel pour l’aire de jeux de l’école maternelle du Noyer Perrot :  20 000 €
Club des anciens de Vert Saint Denis pour l’achat d’un photocopieur : 1 000 €
Mairie de Boissise-La-Bertrand pour le mini stade multiactivités :  10 000 €

Interview au site France TV Infos

Plan anti-pollution : « On va créer une ségrégation spatiale entre Paris et sa périphérie »

 Par Carole Bélingard

Anne Hidalgo part en guerre contre la pollution. Le Conseil de Paris a approuvé, lundi 9 février, un plan pour réduire la pollution dans la capitale. La maire de Paris souhaite ainsi exclure les véhicules polluants (les voitures immatriculées avant janvier 1997 et les deux-roues enregistrés avant 2000) d’une zone à basse émission, et ce dès juillet 2016. Entre 2017 et 2020, l’interdiction deviendra totale pour certains véhicules et sera étendue à des modèles plus récents.

Ces mesures sont contestées dans l’opposition. Nathalie Kosciusko-Morizet, élue UMP de la ville de Paris les juge « insuffisantes ». Mais les critiques dépassent le cadre partisan. Olivier Faure est député PS de Seine-et-Marne. Contacté par francetv info, il ne se montre pas tendre avec les dispositions de ce plan.

Que pensez-vous des mesures anti-pollution adoptées lors du Conseil de Paris ?

Je partage l’objectif de la mairie de Paris de dépolluer la ville de Paris progressivement mais je ne partage pas ces mesures radicales. En clair, les Franciliens vont se retrouver interdits de séjour dans la capitale car ils n’auront pas les moyens de se déplacer. Certaines professions, comme les commerçants, les artisans, les VRP n’ont pas d’autres solutions que d’utiliser leurs voitures et ils ne peuvent pas toujours en changer, même pour une essence.

En ce qui concerne les voitures électriques, même avec des aides, leur coût reste élevé. Et puis certaines ont une autonomie très faible. Il faudra donc acheter une voiture pour aller dans Paris et une autre pour faire de longs déplacements ? Le problème économique posé est insurmontable pour certains Franciliens.

Ne faut-il pas pourtant privilégier des moyens alternatifs à la voiture ?

Les Parisiens ont des moyens alternatifs de transports : métros, bus, tramway, taxis, VTC, Vélib’.. Cela n’existe pas ailleurs. On a déjà des gros problèmes avec les parkings relais au niveau des stations RER. Ils sont saturés et les gens se garent n’importe où.

On ne peut pas avoir d’une part un discours de casser les ghettos et d’autre part couper la mobilité. On va créer une ségrégation spatiale entre Paris et sa périphérie. On voit bien aussi qu’il y a une volonté de concentrer les activités économiques au niveau métropolitain (Paris et sa petite couronne). Mais on ne peut pas repousser ceux qui y viennent travailler. Beaucoup de familles sont déjà exilées en grande couronne car elles ne peuvent pas se loger dans Paris. C’est désarmant de ne pas se rendre compte des difficultés supplémentaires que ces mesures vont poser.

Que proposez-vous alors pour diminuer la pollution ?

La pollution ne peut se concevoir qu’à l’échelle francilienne. Il n’y a pas de bulle protectrice au-dessus de Paris. La pollution atmosphérique se déplace. La discussion ne soit pas s’arrêter à la métropole mais doit être poussée au niveau de la région. Je propose qu’on fasse comme à Berlin. On oblige les véhicules à être équipés de filtres à particules. Ces filtres sont pris en charge pour moitié par la puissance publique via des crédits d’impots.