Mes voeux

Cher(e) ami(e),

Le Président de la République et le Premier Ministre ont présenté leurs voeux aux Français.

Cette année ces interventions traditionnelles ont donné l’occasion au couple exécutif d’affirmer des choix clairs pour l’avenir de notre pays.

Le Chef de l’Etat a confirmé la nécessité d’une remise à plat fiscale et annoncé sa volonté de parvenir à un pacte de responsabilité avec les entreprises.

Le Premier Ministre est chargé dans les deux cas d’en négocier le contenu avec le Parlement et les partenaires sociaux.

Le fil rouge de ces annonces est connu : la bataille pour l’emploi.

Certains commentateurs ont voulu voir dans cette accélération un « tournant« . Il s’agit en réalité de l’acte 2 du rapport Gallois rendu public l’an dernier et qui avait d’ores et déjà abouti à la création du crédit compétitivité emploi (CICE).

S’agit-il de cadeaux aux patrons? Ce serait une régression grave que de limiter l’entreprise à ses actionnaires ou ses dirigeants. Les entreprises, ce sont surtout des salariés qui vivent de leur travail. Les entreprises françaises ont aujourd’hui les marges parmi les plus faibles d’Europe. Elles doivent les reconstituer pour pouvoir embaucher, innover, investir dans l’appareil productif, former leurs salariés, augmenter les salaires quand leur situation l’autorise. Ces allègements de cotisations sociales seront financés par la baisse de la dépense publique et feront l’objet d’une négociation tripartite (Etat-syndicats-patronat) pour fixer les conditions d’un donnant-donnant. Cette méthode, typiquement social-démocrate, a déjà fait ses preuves depuis 18 mois en permettant des réformes qui n’avaient jamais abouti : la sécurisation du marché de l’emploi, les retraites ou plus récemment la formation professionnelle. La social-démocratie c’est la recherche du compromis sur la base d’un rapport de forces.

Les patrons sont-ils plus favorisés dans cette période d’efforts ? Qu’on en juge : suppression du bouclier fiscal, taux marginal de l’IR porté à 45%, surtaxe exceptionnelle à 75% pour les revenus supérieurs au million d’euros annuels, plafonnement des niches fiscales, rétablissement de l’ISF, taux d’imposition des revenus du capital alignés sur ceux du travail… Le virage libéral est loin. L’objectif est tout autre : fédérer les forces de toutes celles et ceux qui créent, prennent des risques, entreprennent. Le combat entamé au Bourget par François Hollande porte contre la finance folle pas contre les entreprises.

Le socialisme de l’offre s’oppose-t-il au socialisme d’inspiration keynésienne (relance par la demande) ? En 1981, l’appareil productif français n’était pas en capacité de répondre à une relance par la demande. Résultat : le déficit du commerce extérieur se creuse et trois dévaluations du Franc se suivent entre octobre 1981 et mars 1983. La politique conduite par la France aujourd’hui permet de marcher sur deux pieds, celui de l’offre et celui de la demande qu’il est absurde d’opposer : il faut reconstituer l’offre industrielle nationale, favoriser le retour à l’emploi, donc dégager du pouvoir d’achat pour les familles dont l’un des membres est au chômage, et ainsi relancer la consommation en faisant le pari qu’elle profitera d’abord aux entreprises « made in France » dont nous reconstruisons le potentiel. Nous enclenchons une boucle vertueuse production – consommation.

Les efforts en matière d’éducation et de formation servent le même objectif : donner à notre pays les moyens humains de ses ambitions avec des jeunes mieux éduqués, préparés aux défis technologiques, techniques, commerciaux, humains et citoyens.

La France est un grand pays, une Nation dont l’histoire l’a élevée au dessus même de sa puissance économique. Mais nous sommes un peuple parmi les plus pessimistes du monde. Nous ne croyons pas assez en nous-mêmes. A chacun maintenant de participer à son niveau au redressement du pays. Dans 10 ans il sera trop tard. Le modèle Français se sera évanoui, et nous aurons perdu la bataille de la compétitivité externe. L’un et l’autre sont inséparables.

 C’est cette ambition que je veux porter avec vous.

Nous venons de fêter les 40 ans de la ville nouvelle de Sénart. La ville devant soi.

Dans notre Far-Est, nous faisons la démonstration que nous pouvons tout à la fois préserver un mode de vie, à certains égards en inventer un nouveau, tout en cherchant à prendre notre part dans la mondialisation.

JFK citait cette phrase de GB Shaw : « Il y a des gens qui voient les choses telles qu’elles sont et qui se demandent pourquoi. Moi, je vois les choses telles qu’elles n’ont jamais été, et je dis pourquoi pas? »

Il n’y a que les batailles que nous ne menons pas que nous sommes sûrs de perdre. Alors « pourquoi pas » !

Très belle année à chacune et chacun d’entre vous !

Chaleureusement,

 

Olivier FAURE

 

 

 

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