Ayrault cherche à resserrer les rangs de la gauche

Ayrault cherche à resserrer les rangs de la gauche

Le Premier ministre a reçu hier soir à Matignon les parlementaires de toute la gauche.

Jean-Marc Ayrault. – Photo Thomas Samson/AFP

Comment mobiliser une gauche fatiguée et morcelée ? Le Premier ministre a opté pour la calinothérapie hier soir lors d’une brève allocution prononcée à Matignon devant tous les parlementaires de gauche, y compris les communistes. « Ce que nous faisons est difficile, mais nous avons la responsabilité de remettre le pays sur les rails. Ce ne serait pas possible si le dialogue entre l’exécutif et le législatif ne fonctionnait pas. Pour moi, il fonctionne », a-t-il commencé. Cette fois, pas de rappel à l’ordre et une seule allusion, sur un ton humoristique, à l’opposition des communistes sur les textes budgétaires ou au défections ponctuelles des radicaux de gauche et des écologistes : « Vous avez voté beaucoup de lois, pas toujours ensemble, mais vous en avez voté beaucoup. » Quelques rires ont fusé.

Dans la lignée de l’interview optimiste de François Hollande le 14 juillet, Jean-Marc Ayrault a surtout tenu un discours anti-décliniste : « Nous avons besoin de croire en notre avenir (…) Nous pouvons redevenir la grande nation que nous sommes,» appelant les élus à la « fierté ». Alors que, dans la majorité comme au gouvernement, la perspective d’une rentrée marquée par la réforme des retraites et le débat sur un budget de rigueur donne quelques sueurs froides, le Premier ministre a voulu prendre de la hauteur. « On a des efforts à faire sinon on laisse la facture à nos enfants mais cela ne résume pas une politique », a-t-il assuré insistant sur l’activité réformatrice de l’exécutif (retraites, formation professionnelle…) et sa « préparation de l’avenir » par son plan d’investissements. Pas sûr que cela comble la demande de lisibilité des parlementaires de la majorité. « L’important, c’est de sortir du brouillard, expliquait hier après-midi la coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée, Barbara Pompili. La première année, nous avons géré le passif ; maintenant, il faut donner aux gens une visibilité sur ce qui va leur arriver. »

Enjeu collectif et personnel

Mais pour Jean-Marc Ayrault, l’enjeu d’hier soir était à la fois collectif et personnel. En témoigne l’accent mis par Matignon sur l’invitation des parlementaires communistes. « Cela marque la volonté de continuer à garder un fil avec tous ceux qui ont soutenu François Hollande au second tour de la présidentielle », explique Thierry Mandon, l’un des porte-parole du groupe PS à l’Assemblée. Ce n’est pas une première et les élus PCF ne sont pas venus en nombre hier soir,

Mais il y a sans doute aussi chez Jean-Marc Ayrault le désir de ne pas laisser le président PS de l’Assemblée, Claude Bartolone, seul sur ce créneau de l’union de la gauche. C’est d’ailleurs l’un de ses proches, le député Olivier Faure, qui vient d’être choisi pour faire la liaison avec les députés écologistes et communistes.

Conforté à son poste, le chef du gouvernement veille a asseoir son autorité sur la majorité, sans pouvoir ignorer que François Hollande s’est mis à recevoir des dirigeants et des parlementaires de gauche. Jean-Marc Ayrault se rend désormais plus régulièrement aux réunions du groupe PS de l’Assemblée. « Il donne des signes de proximité », souligne Annick Lepetit, l’une des porte-paroles des députés PS. Mardi, le Premier ministre analysera avec eux les scores du FN dans les élections partielles. Un débat que les élus souhaitent avoir depuis longtemps.

Elsa Freyssenet

source de l’article : http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202902180647-ayrault-cherche-a-resserrer-les-rangs-de-la-gauche-587297.php

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