Article publié sur le site du Monde : Harlem Désir présente sa nouvelle équipe, l’aile gauche du PS mise au ban

Harlem Désir présente sa nouvelle équipe, l’aile gauche du PS mise au ban

A la veille de l’élection interne du futur président de l’UMP, le PS a réuni samedi 17 novembre un conseil national à Paris pour présenter sa nouvelle direction autour de son premier secrétaire Harlem Désir. Passage en revue des faits marquants de la nouvelle « équipe Désir ».

•    Les postes clés inchangés

Malgré de longues semaines de discussions, jusque tard encore ce matin avant l’ouverture du conseil national salle de la Mutualité, le nouveau secrétariat national (SN) du PS présente peu de modification par rapport à celui mis en place en juin dernier par Martine Aubry avant que la maire de Lille ne quitte la tête de la rue de Solférino. Les 58 secrétaires nationaux (contre 69 précédemment) sont pour beaucoup inchangés.

A commencer par les postes-clés du parti, tous exclusivement réservés à des hommes malgré une parité totale au sein du SN : le très stratégique secrétaire national aux élections reste entre les mains de Christophe Borgel, député de Haute-Garonne, ancien strauss-kahnien et proche de Mme Aubry ; Alain Fontanel, adjoint au maire de Strasbourg et proche de Harlem Désir, conserve le décisif secrétariat national aux fédérations, comme David Assouline le porte-parolat ou Olivier Faure la communication. Guillaume Bachelay, député de Seine-Maritime, fidèle de Laurent Fabius et proche de Mme Aubry, est n°2 du parti, en charge de la coordination.

Seuls changements notables : la trésorerie n’est plus confiée au député de la Loire Régis Juanico, proche de Benoît Hamon, mais à Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et ancien conseiller de Laurent Fabius. Et l' »organisation », occupée auparavant par Philippe-Xavier Bonnefoy, revient au député de Côte-d’Or Laurent Grandguillaume, tous deux proches de François Hollande et de Stéphane Le Foll.

•    Les proches de Harlem Désir récompensés

Ils étaient cinq – Luc Carvounas, Carlos Da Silva, Emeric Brehier, Alain Fontanel et Frédérique Espagnac – et s’étaient fait remarquer dès la fin du mois d’août à l’université d’été de La Rochelle en organisant un déjeuner de soutien à Harlem Désir alors en compétition interne avec Jean-Christophe Cambadélis pour le premier secrétariat. Ils ont été payés en retour, synthétisant à eux seuls la « bande des quatre » poids lourds du gouvernement (Valls, Le Foll, Peillon et Moscovici) qui ont fait campagne pour M. Désir.

Le sénateur du Val-de-Marne Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, est promu aux « relations extérieures » avec les autres partis et formations de gauche, un poste sensible occupé en son temps par des poids-lourds du PS comme Claude Bartolone, Jean-Christophe Cambadélis ou Guillaume Bachelay. Carlos Da Silva, député de l’Essonne et autre proche du ministre de l’intérieur, fait son entrée au secrétariat national pour s’occuper de la « mobilisation » et des « campagnes du parti ».

Emeric Bréhier, député de Seine-et-Marne et soutien du ministre de l’économie Pierre Moscovici, prend en charge l’éducation, et Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, ancienne collaboratrice de François Hollande et proche du ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, devient co-porte-parole du parti. Quant à Alain Fontanel, en plus des fédérations, il est nommé « conseiller politique » auprès de Harlem Désir.

•    L’aile gauche mise au ban

C’est l’autre fait marquant de cette nouvelle direction. L’aile gauche du PS, incarnée par le conseiller régional d’Ile-de-France, Emmanuel Maurel, qui a réalisé 13 % lors du vote des militants sur les motions, ne fait pas partie de la direction. Ni Emmanuel Maurel, ni le député de l’Essonne Jérôme Guedj, ni la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann, n’occupent de secrétariats nationaux. « C’est une erreur politique « , estime un cadre de la nouvelle direction.

Du côté de Harlem Désir, la faute en revient à M. Maurel et à ses amis qui « n’ont fait aucun geste pour entrer dans l’équipe », explique un proche du premier secrétaire. « Harlem Désir n’a pas voulu de nous, estime au contraire M. Maurel. Il ne voulait pas de représentants forts de notre courant, mais des secrétaires nationaux bien disciplinés, le doigt sur la couture du pantalon ».

Seuls deux postes leur auraient été proposés par le premier secrétaire. « Des postes gadgets et qui devaient être occupés par des femmes exclusivement, on a refusé », précise M. Maurel. Même si le conseiller régional, comme M. Guedj et Mme Lienemann siégeront au bureau national du PS, l’aile gauche regrette « cette absence de volonté de rassemblement de la part de la direction ».

•    Un porte-parolat enfin connu

Un couple en chasse un autre. Le sénateur de Paris David Assouline reste porte-parole, avec la sénatrice Frédérique Espagnac, alors que dès le mois de septembre, étaient annoncés comme futurs représentants du parti dans les médias, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure, proche de Jean-Marc Ayrault, et la députée des Hautes-Alpes Karine Berger, proche de Pierre Moscovici.

Après plusieurs semaines de querelles internes et face à une situation bloquée, l’hypothèse avait été envisagée de former un porte-parolat à quatre membres, paritaire, avec MM. Assouline et Faure, et Mmes Berger et Espagnac. Mais Karine Berger, vice-présidente de la commission des finances à l’Assemblée, semble avoir fait les frais de ses critiques récentes contre le pacte de compétitivité du gouvernement. Elle n’a donc pas été promue, mais conserve son secrétariat national à l’économie.

Mme Berger écartée, il n’était plus possible de conserver deux hommes porte-parole et une seule femme. M. Assouline a donc été préféré à M. Faure, dont les rapports avec Harlem Désir n’ont jamais été au beau fixe. « Harlem a privilégié la continuité au changement, c’est son choix de premier secrétaire », a simplement commenté le perdant. Par ailleurs, le duo Assouline-Espagnac a un sens politique. « Ils sont tous les deux sénateurs. C’est un geste fait par la direction envers le Sénat, irrité sur certains points dans la majorité, notamment le débat sur le non cumul des mandats », décrypte un responsable socialiste.

•    Un PS « de combat » selon Harlem Désir

Dans un discours ramassé d’à peine une vingtaine de minutes, le premier secrétaire a dressé sa prochaine feuille de route. Il a annoncé une mobilisation du parti en direction de deux « batailles » qui font actuellement débat au sein du PS et dans la société : le mariage pour tous et le droit de vote des étrangers aux élections locales. Sur le droit de vote, que François Hollande a soutenu du bout des lèvres lors de sa conférence de presse du 13 novembre, M. Désir compte prochainement « écrire à chaque parlementaire pour obtenir chaque vote qui manque pour réaliser cette grande réforme ».

Dès la semaine prochaine, le PS doit aussi lancer « une grande campagne nationale de soutien » à la politique du gouvernement, et durant le premier semestre 2013, « plus de 500 ateliers du changement » devraient être organisés pour « faire dialoguer le PS avec les Français ».

M. Désir, en chef de parti, a également rappelé à l’ordre les partenaires du PS au sein de la majorité gouvernementale et parlementaire. Alors que les tensions se multiplient avec les écologistes et les communistes sur plusieurs dossiers (aéroport de Notre-Dame-des-Landes, pacte de compétitivité…), il a déclaré que « le devoir de la gauche pour la France est plus important que nos états d’âme personnels et nos petites querelles de partis ». Plaçant son discours dans la droite ligne du président de la République et du premier ministre, il a rappelé « l’orientation claire du PS : celle du socialisme du réel et du réformisme ancré à gauche ».

Bastien Bonnefous

Article publié sur le site de France 3 : l’Assemblée vote l’augmentation du versement transports pour améliorer les transports d’Ile-de-France

L’Assemblée vote l’augmentation du versement transports, pour améliorer les transports d’Ile-de-France

Les députés ont décidé à l’unanimité d’augmenter de 0,1% les plafonds du versement  transport en Ile-de-France pour financer l’amélioration des transports franciliens, comme le renouvellement des RER.

    Par Christian Meyze

Le député PS, Olivier Faure a défendu un amendement en ce sens, qui avait déjà été adopté par la commission des Finances. Jérôme Guedj (PS) et les députés écologistes avaient déposé des amendements similaires dans le cadre des crédits du projet de budget 2013.

Le président de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), s’est prononcé en faveur de cette augmentation qu’il prône depuis 2009.

« Il est logique que les entreprises participent un peu plus », a dit M. Faure, député de Seine-et-Marne, en évoquant notamment la situation des RER en Ile-de-France, qui pourraient bénéficier d’une partie des 175 millions d’euros dégagés par la mesure.

Le versement transport est une contribution due par les employeurs privés ou publics, qui emploient plus de neuf salariés dans un périmètre de transport urbain. Il constitue l’une des principales sources de financement des transports publics.

Plusieurs incidents ont récemment touché le RER, dont celui qui a provoqué au nord de Paris un immense désordre ferroviaire le 7 novembre.

Article publié dans le Parisien Seine-et-Marne : Savigny-le-Temple – la ville obtient le classement zone de sécurité prioritaire

savigny-le-temple
La ville obtient le classement zone de sécurité prioritaire

Ludovic Barth

C’est une première en Seine-et-Marne. Deux quartiers de Savigny-le-Temple font partie des 49 nouvelles zones annoncées hier par Manuel Valls et Chistiane Taubira.

Absente de la première vague, la Seine-et-Marne n’a pas été oubliée cette fois par les ministères de l’Intérieur et de la Justice, qui ont dévoilé hier la création de 49 nouvelles zones de sécurité prioritaire (ZSP). Et c’est Savigny-le-Temple qui devient donc la première ville du département à bénéficier de ce classement. Elle pourra ainsi disposer de moyens renforcés pour lutter contre l’insécurité. C’est ce que souhaitent les acteurs de la sécurité, de la préfète au maire en passant par le député et les services de police, qui ont oeuvré pour que le quartier du centre-ville et celui des Droits-de-l’Homme soient placés en ZSP.

« Cela va nous permettre d’avoir des effectifs de police supplémentaires afin de rétablir une police de proximité. Elle mènera un travail de prévention, essentiel pour lutter contre les nuisances et l’insécurité quotidiennes, se félicitait hier la maire PS de Savigny-le-Temple, Marie-Line Pichery. Cela n’a rien de discriminant, Savigny est une ville paisible, mais il s’agit de mener un travail de fond sur ces deux quartiers. »

Hasard ou non, François Hollande, alors en campagne pour la primaire socialiste, s’était rendu justement au commissariat de Savigny en octobre 2011 afin de parler de l’insécurité. « Il est important d’avoir des effectifs, sinon c’est compliqué », avait confié à l’époque l’actuel chef de l’Etat. « Savigny souffre par endroits d’une délinquance aiguë, confirme la préfète Nicole Klein. Nous allons rapprocher les acteurs pour une réponse plus rapide, plus efficace. »

Le manque d’effectifs au commissariat, c’est entre autres ce que soulignaient hier certains commerçants du quartier de la gare. « La ZSP? Le commissariat n’a déjà pas les effectifs nécessaires… ironise l’un d’eux, installé depuis treize ans. Nous n’avons pas de problèmes particuliers parce que nous connaissons bien les gens, mais, à cause de la dégradation de la propreté, de la sécurité, certains clients ne viennent plus chez nous. » Un autre, installé ici depuis vingt-deux ans, estime qu’« Il faudrait de la présence policière, des îlotiers et que le quartier soit bien éclairé la nuit. Ce serait dissuasif et rassurerait les habitants ». Mais s’il s’est fait cambrioler il y a trois semaines, il se demande « s’il y a plus d’insécurité ici qu’ailleurs ». De son côté, Sylvie, une riveraine constate que « certains jeunes sont oisifs, des personnes boivent sur le parking derrière, ce qui crée des nuisances. Mais il y a surtout une grosse précarité des habitants. Il faudrait aller à l’essentiel ».

« Il faut que nous arrivions à répondre aux problèmes dans leur globalité, confirme le député PS Olivier Faure, qui a travaillé auprès du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur ce dossier. Mais Savigny souffre aussi d’un engagement de l’Etat non tenu en termes d’effectifs de police. »

Cette arrivée de renforts, qui proviendront dans un premier temps d’autres secteurs du département, satisfait aussi Jean-Pierre Descamps, du groupe d’opposition Un avenir à Savigny : « Je ne peux que me réjouir de leur arrivée. Mais le fait que la ville soit choisie démontre bien que la situation n’est pas bonne dans certains quartiers. »

J’ai présenté en séance mon amendement sur le versement transports – regardez la vidéo

 

Je me félicite de l’adoption aujourd’hui en séance publique de l’amendement que j’avais déposé et fait adopter en commission des finances, visant à l’augmentation de 0,1 point du versement transport en Ile-de-France.

Cet amendement permettra de financer à hauteur de 175 millions € les schémas directeurs des différents RER, qui ne l’étaient pas encore complètement à ce jour. Cela permettra donc d’accélérer la régénération des transports ferroviaires et le renouvellement du matériel roulant.

Après débat, le gouvernement a su apprécier la contribution essentielle que représentent des transports publics de qualité à la compétitivité des entreprises et à l’attractivité des territoires. La qualité de vie des usagers des RER n’est pas contradictoire à l’intérêt des entreprises, au contraire, leurs intérêts concordent absolument.

Cela faisait des années que ce vote était attendu. Je me réjouis, sans m’étonner, que ce soit le gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui en ait compris la finalité.

Pour ma part, je continuerai à me battre pour que les Franciliens, et particulièrement les périurbains, ne soient plus les oubliés des transports publics.

Article paru dans le Parisien : le président remet Ayrault en selle

Le président remet Ayrault en selle

Rosalie Lucas avec N.S.

C’est un Jean-Marc Ayrault revigoré qui se rend aujourd’hui en Allemagne. Après des semaines difficiles où son autorité était contestée au sein même de la majorité, le Premier ministre reprend un peu d’air. « Jean-Marc Ayrault sort des 40es rugissants », confirme le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis.

L’attitude de François Hollande y est pour beaucoup. Le président, lors de sa conférence de presse, a ainsi rendu un hommage appuyé à Ayrault, qualifié de « loyal », « sérieux » et « dévoué ». « Hollande a mis le paquet », confirme un proche en souriant. « Ayrault avait besoin que le président le défende enfin », renchérit un autre socialiste.

Une semaine plus tôt, il avait déjà remis en selle son Premier ministre en le laissant en première ligne sur le rapport Gallois. « La séquence est meilleure, car Jean-Marc Ayrault peut présenter des décisions comme celle sur la compétitivité. C’est plus porteur que de faire des commentaires sur des couacs », explique le député socialiste Olivier Faure.

Il profite des maladresses de Valls

Dans le même temps, Ayrault profite du dérapage, mardi à l’Assemblée, de Manuel Valls, dont la cote de popularité lui faisait de l’ombre. Le ministre de l’Intérieur a été recadré par le président, puis par Ayrault, après avoir déclaré que la droite était responsable du « retour du terrorisme ». « C’est sûr que cette maladresse de Valls, qui se sentait tout-puissant, redonne un peu d’espace à Ayrault », estime un socialiste.

La visite à Berlin du Premier ministre est également une bonne occasion pour lui de jouer un rôle clé. Alors que les rapports entre les deux pays sont tendus, ce germaniste, ancien professeur d’allemand, va tenter de les réchauffer. « Grâce à sa connaissance du dossier et des leaders allemands, il peut être de ceux qui vont permettre une meilleure compréhension entre les deux pays », explique Faure. Après avoir reçu les honneurs militaires, Ayrault s’entretiendra notamment, en tête à tête et en allemand, avec la chancelière, Angela Merkel, avant de tenir avec elle une conférence de presse. Le Premier ministre devait également se rendre en Bavière, dans la ville de Wurtzbourg, où il étudia dans sa jeunesse, pour recevoir la distinction de citoyen d’honneur. Il a finalement dû y renoncer afin de représenter Hollande – qui sera en Pologne – lors d’une cérémonie aux Invalides. « Ce n’est pas plus mal, cela aurait pu paraître décalé », souffle un élu.

Si Ayrault répète régulièrement qu’il ne s’est « pas laissé impressionner » par les attaques contre lui, il sait aussi que cette bouffée d’oxygène peut n’être qu’un répit. Matignon sera notamment très attentif à l’ampleur des manifestations contre l’aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes samedi.