Article dans Les Echos : Trois députés socialistes déjà en première ligne au Palais-Bourbon

Trois députés socialistes déjà en première ligne au Palais-Bourbon

Ils vont jouer ou jouent déjà un rôle important dans les débats à l’Assemblée. De par leur poste au Palais-Bourbon ou leur proximité avec l’exécutif.

Leur nom ne dit encore rien au grand public. Mais les députés socialistes Christian Eckert, Catherine Lemorton et Olivier Faure s’imposent déjà comme des personnalités influentes au Palais-Bourbon.

Christian Eckert un mathématicien au budget

A cinquante-six ans, le député de Meurthe-et-Moselle Christian Eckert occupe l’une des fonctions les plus stratégiques de l’Assemblée : celle de rapporteur général de la commission des Finances. Il est ces jours-ci en première ligne à l’occasion de l’examen du collectif budgétaire et multiplie les rendez-vous à Bercy, Matignon et l’Elysée ainsi que les auditions au Palais-Bourbon pour parvenir à jouer, « dans cette période sensible », ce qu’il appelle son « rôle de passerelle » entre les députés et l’exécutif.

Ce mathématicien de formation – il a été prof de maths pendant vingt-cinq ans -est entré au Palais-Bourbon en 2007 par la commission des Affaires sociales. Il montre sa disponibilité pour les séances de nuit et sa pugnacité dans la bataille contre le travail du dimanche. Ce qui lui vaut en cours de mandat, une promotion à la prestigieuse commission des Finances. Bagarreur lors des questions d’actualité au gouvernement, il met en cause, avant même l’affaire Bettencourt, un « conflit d’intérêts » chez Eric Woerth, qui cumule alors les fonctions de ministre du Budget et de trésorier de l’UMP.

Cet amateur de romans policiers qui a toujours vécu en Moselle (il est maire de Trieux depuis 1989) est, au PS, un des membres du courant Fabius. En décembre 2011, il a cosigné avec le député UMP François Cornut-Gentille un rapport très sévère qui a fait grand bruit. Les deux élus estimaient que l’objectif « de faire mieux avec moins a sans doute atteint ses limites ». Un problème qui va se reposer bientôt dans les ministères non prioritaires…

Catherine Lemorton une pharmacienne aux affaires sociales

Début juillet, la nouvelle présidente de la commission des Affaires sociales allait s’enquérir à l’Elysée des éléments de langage à décliner dans les médias lors de la conférence sociale. C’est le côté « bon soldat », dixit un pilier du groupe PS, de cette femme de cinquante et un ans. Celui qui, malgré son caractère entier, lui permet de « très bien s’entendre », souligne-t-elle, avec la ministre Marisol Touraine, qui l’avait appelée à ses côtés dans l’équipe de campagne de François Hollande. « Je suis plus à gauche qu’elle sur l’échiquier du PS et on n’est pas toujours d’accord mais elle sait que jamais cela ne sort à l’extérieur », assure la députée de Haute-Garonne.

Entrée sur le tard au PS, au lendemain du traumatisme du 21 avril 2002, cette pharmacienne a été élue à l’Assemblée dès 2007, en battant le maire de Toulouse de l’époque, l’UMP Jean-Luc Moudenc. Avocate convaincue du mandat unique, elle s’est alors beaucoup investie dans la politique du médicament, dénonçant avec constance l’influence de l’industrie pharmaceutique. Elle a percé dans les médias au moment du débat sur la loi faisant suite au scandale du Mediator. Ce sujet lui a aussi valu une tempête lorsque la lobbyiste du laboratoire Servier l’a désignée comme l’un de ses interlocuteurs au Palais-Bourbon. Ce qu’elle avait vivement récusé.

Si le gros de son travail aura lieu à l’automne avec le PLFSS, Catherine Lemorton rode déjà ses argumentaires pour défendre les dispositions du collectif budgétaire concernant son secteur. Ainsi de la défense de la taxation de l’épargne salariale : « Une mesure de justice entre les salariés des grandes entreprises qui en bénéficient et ceux des PME qui n’ont que leur salaire », dit-elle.

Olivier Faure un homme de l’ombre dans l’hémicycle

Il n’est député que depuis juin mais il connaît le Palais-Bourbon par coeur. Olivier Faure, quarante-trois ans, en a déjà exploré toutes les facettes comme conseiller parlementaire de la ministre de l’Emploi Martine Aubry (de 1997 à 2000), puis secrétaire général du groupe PS présidé par Jean-Marc Ayrault (de 2007 à 2012). A ce poste, il a souvent été à l’origine des coups d’éclat des députés PS dans l’hémicycle (comme les panneaux ORTF brandis lors du débat sur l’audiovisuel public).

Fidèle de François Hollande, dont il a été directeur adjoint de cabinet de 2000 à 2008 rue de Solferino, puis chargé des études d’opinion durant la campagne présidentielle, Olivier Faure est de longue date au coeur du réacteur socialiste. Encore récemment conseiller politique à Matignon, il a fait quelques heures supplémentaires, après son élection au Palais-Bourbon, pour préparer la déclaration de politique générale de Jean-Marc Ayrault.

Cette double proximité – avec François Hollande et Jean-Marc Ayrault -a failli lui coûter son investiture aux législatives car le PS de Martine Aubry avait dans un premier temps réservé sa 11e circonscription de Seine-et-Marne aux écologistes. Mais elle lui vaut aujourd’hui quelque avantage : celui d’accéder à la prestigieuse commission des Finances dès son premier mandat. Elu de la grande couronne, Olivier Faure devrait être nommé rapporteur spécial sur le transport ferroviaire, un poste qui lui permettra de combiner les problématiques quotidiennes de ses électeurs franciliens et le dossier, très politique, du devenir de la SNCF. Longtemps homme de l’ombre et désireux d’être « pleinement député », ce quadra a bien l’intention de faire entendre sa voix dans l’hémicycle.

ELSA FREYSSENET

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