Article dans l’Est Républicain : « La grande absente »

LORSQUE LA NOUVELLE de l’absence de Martine Aubry dans la future équipe est confirmée, hier matin, la cour de l’hôtel de Matignon s’agite. « Elle aurait pu être Premier ministre, elle ne l’est pas, elle n’a pas souhaité d’autre fonction gouvernementale, ce n’est pas une surprise », tranche Olivier Faure, conseiller politique de Jean-Marc Ayrault. A l’entendre, pour la maire de Lille, c’était Matignon ou rien. Info ou intox ? Certains en doutent. Certes, l’antagonisme de la première secrétaire du Parti socialiste et du président est connu. Mais a-t-il suffi seul à compromettre un accord ? Se montrait-elle trop gourmande ? « Elle s’occupera de la campagne législative avec Jean-Marc Ayrault », élude Olivier Faure.

« Où est Martine ? »

Martine Aubry l’a admis, la nomination du député de Loire-Atlantique et maire de Nantes relève de la « cohérence politique ». Lui et François Hollande sont des « réformistes » et des complices de longue date. L’entourage du chef de l’Etat n’ignorait pas qu’avec Martine Aubry à la tête du gouvernement, la « cohabitation » entre l’Elysée et Matignon aurait été délicate, sinon musclée. Si elle a mené campagne « loyalement » pour le vainqueur des primaires, la fille de Jacques Delors n’en pensait pas moins. Chacun se souvient de son allusion à la « gauche molle » et de sa critique de la gestion du PS par son prédécesseur. A l’issue du meeting du candidat à Lille, elle s’était d’ailleurs éclipsée alors qu’on l’attendait à un pot. « Où est Martine ? », avait demandé François Hollande, surpris. Aujourd’hui, il sait qu’elle reste aux commandes du PS, autre poste de pouvoir et d’influence. Il n’est pas sûr que cela le rassure.

J.-P. T.

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