Article dans le Parisien : Comment Hollande et Sarkozy ont éteint la concurrence

L’« accrochage » de Bayonne, jeudi, est la dernière illustration de la bipolarisation de la campagne : un Sarkozy hué par une foule hostile et qui, furieux, s’en prend à un Hollande alors en meeting… à plusieurs centaines de kilomètres de là. Des socialistes qui répliquent à l’unisson. Une lettre de remontrance du directeur de campagne de Sarkozy, Guillaume Lambert, à son homologue de l’équipe Hollande. Une réponse ajustée de Pierre Moscovici : « On ne peut accueillir cette missive qu’avec flegme et consternation tant la volonté d’instrumentalisation est grossière. » Résultat : une fois de plus, la bataille présidentielle se focalise sur le duo Hollande-Sarkozy. Marine Le Pen, François Bayrou et les autres plus « petits » candidats en sont réduits à compter les points.

Comment en est-on arrivé là ? Explication à gauche d’abord : « L’idée d’alternance est tellement forte que François Hollande en est devenu naturellement le véhicule », relève Olivier Faure, un des lieutenants du député de Corrèze. Parti très tôt en campagne, Hollande n’a laissé à personne d’autre le leadership à gauche.

Seul Mélenchon se cramponne à gauche

A la mi-janvier, au Bourget, il a relancé audacieusement sa campagne en déclarant la guerre au « monde de la finance » et en allumant tous les clignotants traditionnels de son camp. Lundi, avec sa taxe à 75 % sur les très riches, il en a remis une louche, tout en donnant le tempo de la semaine : selon un sondage Sofres pour i>télé, 6 Français sur 10 l’approuvent.

Seul Jean-Luc Mélenchon, véritable bête de campagne, a réussi à se cramponner dans le peloton de gauche. Non sans avoir ravalé ses attaques frontales contre le candidat socialiste (taxé à l’automne de capitaine de pédalo) pour désormais cibler Marine Le Pen. A droite, Nicolas Sarkozy a fait ce qu’il fallait pour éviter que n’émerge un candidat de substitution à lui-même. Il a accéléré son entrée en campagne et martelé les credo de son camp pour reconstituer son socle électoral. « Nous avons toujours été persuadés que l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy provoquerait un réflexe de ressaisissement de l’électorat de droite, c’est bien normal », analyse Moscovici. En bloquant l’offensive de Bayrou sur le centre et en figeant l’espace de Marine Le Pen dans l’électorat populaire, Sarkozy est redevenu incontournable pour son camp. « On ne voit pas pourquoi les électeurs qui sont revenus vers lui le lâcheraient maintenant dans la dernière ligne droite », analyse un politologue, qui ajoute : « Ça casse un peule suspense mais maintenant, il est quasiment certain que le duel annoncé Sarkozy-Hollande sera bien le duel final. »

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