Article dans Le Parisien : François Hollande a-t-il pris la grosse tête ?

François Hollande avait prévu de se rendre aujourd’hui au congrès des HLM à Bordeaux (Gironde) et de revenir au dernier moment pour le débat télévisé. Finalement, il passera la journée à Paris pour se préparer. « Il est le favori et peut faire l’objet d’un tir croisé de ses poursuivantes, Martine Aubry et Ségolène Royal », craint Olivier Faure, l’un de ses fidèles.

Le favori des sondages va donc s’employer à parer les attaques et à montrer, selon Jean-Marc Ayrault, qu’il a acquis « la stature présidentielle ».

Car ce qui intéresse désormais Hollande, c’est de se comporter en candidat à l’Elysée. Quitte à agacer. « Hollande se planque : il espère préserver le capital sympathie accumulé depuis son départ en campagne », grince Christian Paul, soutien d’Aubry. « Ils sont un peu trop sûrs d’eux », renchérit Guillaume Garot, porte-parole de Royal.

Selon ses adversaires, l’heure serait déjà à la distribution des ministères dans le camp Hollande : Jean-Marc Ayrault ou Michel Sapin à Matignon, Jérôme Cahuzac au Budget, Jean-Marie Le Guen à la Santé… « François se prépare à l’élection présidentielle, les primaires sont une petite étape », affirme Ayrault.

L’avance prise par François Hollande rend fébrile l’Elysée

L’histoire est drôle. Sur leur site, les jeunes proches de François Hollande cherchent une photo d’illustration. « boulette » de jeunesse, ils exploitent une photo prélevée dans une banque d’image sans vérifier préalablement où elle a été prise. Sur son blog « bison teint » débusque une hallucinante coïncidence : la photo a été prise lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy à l’occasion de la dernière présidentielle ! Lapsus photographique, voilà que les jeunes socialistes raptent avant l’heure les anciens électeurs du président…

L’histoire aux allures de conte a depuis fait le tour du net. L’anecdote prête à sourire. L’équipe du site www.hollandeaveclesjeunes.fr a retenu la leçon.

Et puis surprise ! Voici que Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy entre en scène. Il consacre un billet sur son blog à cette historiette qu’il titre « François Hollande l’usurpateur ». Voilà un homme qui détecte mieux le choc des photos qu’il ne mesure le poids des mots… Voilà un conseiller qui hiérarchise avec un certain talent l’actualité. Au cours d’une semaine rythmée par les soupçons qui entourent l’attentat de Karachi, les révélations de l’avocat Bourgi, les conversations de Brice Hortefeux avec l’ami Gaubert, pas un mot de ces affaires et c’est François Hollande à qui il accole le qualificatif « d’usurpateur ». Le rideau de fumée est bien mince. La République s’abîme et les artifices de communication ne peuvent plus faire écran devant cette incontournable réalité.

60 000 postes dans l’éducation, la cohérence et l’ambition de François Hollande

Quand François Hollande entre lundi 12 septembre dans la salle surchauffée du Trianon, le chanteur Rost chante « L’avenir c’est nous ». François Hollande n’en a jamais fait mystère. Sa priorité pour le quinquennat tient en deux mots : la jeunesse. Beaucoup n’ont voulu y voir qu’une posture, un élément rhétorique de campagne. C’était mal connaître cet homme qui tire parfois des bords pour éviter les vents contraires, mais n’abandonne jamais son cap.

La dette abyssale a rendu les candidats modestes. Il serait absurde qu’elle les conduise à renoncer à toute ambition. Il n’y a pas d’avenir envisageable sans croissance. Pour la droite, la crise de la dette se limite à la réduction drastique de la dépense publique. Symétriquement il existe une gauche qui résume la solution à l’augmentation des recettes fiscales. Pour François Hollande, la sortie de la crise suppose l’action coordonnée sur trois fronts :
–    les politiques publiques doivent toutes être évaluées. Les dépenses improductives doivent être supprimées
–    De nouvelles marges doivent être trouvées avec une réforme de la fiscalité qui rétablisse davantage de progressivité, et privilégie le travail sur la rente.
–    La croissance doit être stimulée pour permettre au pays de renouer avec la prospérité et l’emploi dans un univers très compétitif et face à des pays émergents qui ont fait le pari de la formation de centaines de milliers de leurs enfants.

Il n’y a pas de croissance durable sans effort massif en faveur des jeunes générations. Nous en sommes aujourd’hui très loin. Les chiffres s’alignent comme un réquisitoire : Selon l’OCDE, la France est l’un des pays développés qui dépensent le moins pour son école primaire et l’un des pays où les dépenses d’éducation rapportées au produit intérieur brut ont le plus baissé depuis l’an 2000. Dans la tranche d’âge allant de 25 à 29 ans, un jeune français sur six (16,5%) était « sans diplôme » en 2005 pour une moyenne Européenne de un sur cinq (20,5%).

Le diagnostic ne peut laisser indifférent : faiblesse du niveau moyen, échec scolaire, reproduction des inégalités socioéconomiques et accroissement de l’écart entre les meilleurs et les moins bons.

C’est dans ce contexte que François Hollande annoncé la création de 12000 postes par an dans l’éducation nationale au cours des cinq prochaines années. Le projet n’est pas de céder à une revendication corporatiste pour revenir au statuquo ante. L’ambition est d’attribuer des moyens nouveaux pour répondre à des besoins aujourd’hui mal satisfaits. L’ambition c’est de donner plus aux établissements qui en ont le plus besoin, de mettre enfin le paquet sur les quartiers, de mieux accompagner et orienter les enfants dans leur parcours, d’assurer le soutien en dehors des heures de cours, de scolariser les jeunes handicapés pour les sortir de leur marginalité, de répondre à la question de la violence, de ne plus négliger les questions de santé…

La plupart des inégalités naissent avant l’âge adulte. Nous passons ensuite une vie à tenter de les réparer. Il faut attaquer le mal à la racine. Je prends un exemple pour être bien compris. L’obésité est devenue un fléau. Il est temps d’opter pour un travail de prévention mené par des infirmières scolaires plus nombreuses. Le bénéfice c’est plus de santé et moins de coûts pour la sécurité sociale.

12 000 postes de plus dans l’éducation nationale pendant cinq ans c’est plus d’enseignants, moins d’élèves par classe, plus de psychologues, de conseillers d’orientation, de surveillants, d’infirmières et de médecins scolaires, plus de personnes pour assurer le soutien, plus de personnes pour accompagner les enfants handicapés…

La droite dit que c’est trop ? Je dis que c’est faire moins qui n’est pas assez. Comment pouvons nous accepter que nos enfants bénéficient de moins de moyens que ceux dont nous avons nous mêmes bénéficié ?

Il faut évidemment parler du coût (2,5 milliards en 2017), mais qui parle du coût pour la collectivité que représentent le chômage, la délinquance, ou encore du coût généré par l’absence en nombre suffisant d’ingénieurs, de chercheurs, de créateurs pour résister à la concurrence ?

Le 10 avril 1870, un homme d’Etat prenait cet engagement public : « je me suis fait un serment. Entre toutes les nécessités du temps, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale : c’est le problème de l’éducation du peuple ». Il s’agissait de Jules Ferry. C’était un grand Républicain. De ceux qui ont nourri le rêve français.

Un souhait pour la campagne présidentielle qui s’ouvre…

Dans leur livre « Sarko m’a tuer », deux journalistes du Monde reviennent sur la tragédie vécue par quelques-unes des victimes du système Sarkozy. Depuis la parution, l’un des auteurs a révélé à la radio s’être vu proposer des documents de police dont l’effet attendu était de ruiner – avant le 15 mai – la réputation de DSK.

J’ai croisé Aurélie Filipetti cette semaine, héroïne involontaire de l’un des chapitres de ce livre. Elle a la peau dure, mais sous l’épiderme, demeurent les traces d’une vie privée violée. La presse est affligeante lorsqu’elle relaie sans discernement les manipulateurs de ces sinistres cabinets noirs dont l’unique objet est de salir les opposants, de démolir les concurrents, de sanctionner les dissidents, ou d’offrir des fusibles à un pouvoir cerné par les affaires.

Faire le choix d’une vie publique, n’implique pas de voir son intimité étalée au grand jour. Il peut arriver que la dérogation à cette règle stricte de séparation des sphères privées et publiques s’impose : infraction à la loi, mensonge, dissimulation. Les politiques qui exposent leur vie familiale pour en faire un argument promotionnel s’exposent naturellement aux révélations et au scandale. Mais les autres ?

Il y a des femmes et des hommes politiques qui ne demandent à être jugés que sur leurs idées, leurs actes, leurs réalisations. Il y a des femmes et des hommes publics qui conservent leur pudeur et ne confondent pas les plateaux des débats avec ceux du cinéma, qui veulent servir utilement leur pays sans se méprendre sur leur statut ; il est possible de passer sur le petit écran sans se prendre pour une star. Ceux-là méritent le respect.

La presse ne peut porter seule le chapeau. Nous sommes sans doute coupables nous aussi, lecteurs avides de ces révélations, qui réduisent les puissants, courbent les trop grands, rabaissent les arrogants. Encore faut-il rappeler que, en cette matière, c’est l’offre qui crée la demande.

Ce raisonnement doit-il nous conduire à rejeter toute intrusion dans la vie privée de celles et ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire ? Pas tout à fait. La campagne présidentielle démarre et les ouvrages vont se multiplier sur la multitude de candidats. Ils sont les bienvenus.

Ces enquêtes biographiques n’ont pas forcément pour objet de nourrir une curiosité malsaine, elles offrent aux citoyens la possibilité de comprendre une psychologie, elles permettent de cerner les motivations d’un candidat, de saisir son parcours, de discerner ses éventuelles faiblesses.

François Hollande fait ces jours-ci la Une du Nouvel Observateur après la publication de sa biographie par Serge Raffy qui en d’autres temps révéla le passé trotskyste de Lionel Jospin. L’exercice est utile. Il peut aussi être blessant. J’ai lu comme d’autres les « bonnes feuilles » de cet ouvrage renseigné, mais pas toujours précis ni exact. Comme souvent la promotion de ce livre passe par la mise en exergue de la vie privée. Comme si la vie politique ne suffisait plus en elle-même à attirer le public vers les rayons des libraires. En l’espèce, Valérie Trierweiler, est présentée comme une intime de l’ex couple Hollande-Royal. La jeune femme à la « beauté incendiaire », serait donc venue au cœur du cocon familial ravir le cœur de François Hollande. Ce qui est rapporté là est parfaitement erroné et j’imagine ce que l’intéressée a pu ressentir à la lecture de ces lignes qui la dépeignent en intrigante. Viendra le moment où d’autres décriront Valérie comme une ambitieuse, elle qui rejoignit François à une époque où il fallait être fou pour oser lui imaginer un avenir présidentiel.

Sans doute ce couple-là, parce qu’il a quelques bonnes chances d’être le prochain couple présidentiel sera-t-il désormais placé sous le microscope de la presse. Sans doute ces deux-là se préparent-ils déjà à affronter les regards indiscrets. Sans doute acceptent-ils ce qu’ils devinent inéluctable. Aux observateurs de ne pas broder au péril de franchir la ligne jaune ni défigurer une histoire « normale » d’amour.

Article sur L’Express.fr : François Hollande lance son clip de campagne pour la primaire

Un défilé de chiffres illustrant la situation de la France et un slogan, « Nous avons un avenir à changer » : François Hollande a dévoilé vendredi son clip de campagne pour la primaire socialiste d’octobre.

Aucune image du candidat dans ce petit film de 56 secondes mais une succession de chiffres pour dénoncer la politique menée depuis 2007 par Nicolas Sarkozy : 10% de chômage dont 23% chez les jeunes, un déficit public qui a triplé en cinq ans, 783.000 ménages endettés, 60.000 postes d’enseignants supprimés en cinq ans, un salaire inférieur de 27% pour les femmes.

Les chiffres s’emmêlent jusqu’à ce qu’une voix féminine s’élève : « On continue ou on change ? ».

Le clip se termine par deux phrases sobrement déroulées sur fond blanc : « François Hollande Nous avons un avenir à changer », puis « Le 9 octobre faisons gagner la gauche ».

Réalisé à l’aide de bénévoles, le film a coûté 4.000 euros selon l’équipe de campagne de François Hollande.

Il sera diffusé sur internet et lors des meetings du député de Corrèze jusqu’au 9 octobre, date du premier tour de la primaire appelée à désigner le candidat du PS pour l’élection présidentielle de 2012.

Le slogan a été choisi par François Hollande parmi une douzaine d’autres, a expliqué Olivier Faure, responsable de la communication du candidat. « L’idée était de rappeler l’enjeu de la primaire, la question centrale étant de savoir si on veut l’année prochaine continuer ou changer », a-t-il dit à Reuters.


Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet