Quand Nicolas Sarkozy lance l’opération « règle d’or »

Le Parlement est hors session. A l’Assemblée, l’hémicycle est bâché et les échafaudages grimpent jusqu’à la verrière. Les ouvriers s’affairent dans l’ensemble du Palais Bourbon. C’est ce moment là que Nicolas Sarkozy a choisi pour écrire aux parlementaires. Sur leurs bureaux, ils auraient pu trouver ce matin du 26 juillet une lettre de trois pages du Président de la République sur la dette… Nicolas Sarkozy aime les grosses ficelles. Au cœur de l’été il pose son piège en espérant pouvoir l’actionner à la rentrée.

Comme l’a rappelé François Hollande le 11 juillet, Nicolas Sakozy est le président qui a atteint quelques records, dont celui de la dette publique qui a atteint 85% de la richesse nationale. Son bilan c’est le doublement de la dette. Selon la Cour des comptes, la crise ne pèse que pour un tiers dans ce triste résultat. Raison pour laquelle, depuis plusieurs mois, Nicolas Sarkozy réfléchit à la façon de transformer un échec patent en argument de campagne. La solution, il pense l’avoir trouvée avec le débat autour de l’adoption d’une « règle d’or ». Etant le président des déficits, il souhaite apparaître comme le président de la « remise en ordre des comptes publics », comme il vient de l’écrire dans sa lettre aux parlementaires. C’est là sa première mystification.

En Allemagne, la « règle d’or » allemande a consisté à inscrire dans la Constitution un plafond contraignant pour son déficit structurel à horizon 2016. Dans le projet de Nicolas Sarkozy, rien de tout cela. Le projet se limite au renforcement des obligations de transparence du gouvernement en obligeant la discussion d’une loi de programmation triennale (mais révisable chaque année). C’est sa seconde mystification.

Prudent, le texte présenté par le gouvernement ne sera applicable qu’à la majorité issue des urnes de 2012… C’est sa troisième mystification.

Depuis le début de la discussion parlementaire, le président de la République sait qu’il ne dispose pas de la majorité des 3/5ème dans les deux chambres pour faire voter son projet. Cette majorité sera encore plus introuvable après les élections sénatoriales de septembre. Son objectif est moins de faire adopter son texte que d’exposer sa pseudo vertu.  C’est sa quatrième mystification.

La force de Nicolas Sarkozy, c’est sa capacité à simplifier le débat médiatique : pour ou contre la règle d’or ? Pour ou contre la réduction de la dette publique ? Alors que le débat devrait porter sur les conditions de réduction du déficit. Le sujet est en réalité la suppression des niches fiscales et des privilèges fiscaux versus l’augmentation des impôts et des taxes pour les classes populaire et moyenne. Pas l’écriture de quelques lignes dans la constitution.

Dans l’ancien testament les hébreux après s’être enfui d’Egypte, se mirent à adorer un veau d’or, à l’imitation du taureau Apis, qu’adoraient leurs anciens maîtres. Moïse les ramena à la « vraie foi » en les adjurant de renoncer à cette idole. Aujourd’hui ce n’est pas de l’édification d’un nouveau veau d’or constitutionnel que les Français ont besoin mais d’un président qui lutte – avec justice – contre ces déficits qui plombent notre avenir.

Histoire d’une manipulation

Lundi 18 juillet. Il est un peu moins de minuit. Mon téléphone sonne. Mon correspondant, très contrarié, m’annonce la Une du Figaro du lendemain.

Sur la première page s’étale en lettres blanches sur photo couleur un titre qui tente de faire la part belle au sensationnel : AFFAIRE BANON-DSK, FRANCOIS HOLLANDE VA ETRE ENTENDU.
Bigre ! La Une pour un accusé innocent, cela peut arriver, mais la réservation de la manchette pour annoncer l’audition d’un témoin secondaire, relève moins de la liberté d’informer que de la volonté de nuire.
Le journal de Serge Dassault s’est fait une nouvelle spécialité de Unes aussi « trash » qu’approximatives (voir post DSK saison 2). Les journalistes du Figaro se plaignent discrètement de ces choix de titraille qu’ils subissent. L’article lui-même n’apporte rien que nous ne connaissions déjà.

J’appelle François qui vient de rentrer de Nice. Je l’informe et lui raconte ma discussion avec mon correspondant (dont chacun comprendra qu’il souhaite demeurer anonyme) : « Qui dispose de ces informations alors que nous sommes dans le cadre d’une enquête préliminaire et que les policiers travaillent sous le contrôle du seul parquet  » ? En posant cette question mon interlocuteur suggère de dénoncer l’instrumentalisation d’une procédure judiciaire à des fins politiques transparentes. Les fuites font état d’une convocation en septembre, c’est-à-dire dans la dernière ligne droite avant le scrutin des primaires socialistes…. Faut-il sortir les trompettes et faire donner l’assaut, dénoncer le trajet trop clair de la Chancellerie vers le grand quotidien de la droite française ?

François me laisse parler. Il me demande mon avis. Je lui donne. Sa voix ne laisse apparaître aucune exaspération. Juste peut-être une pointe de lassitude. Il a tranché. Ne pas répondre à la grossièreté par une polémique. Mais comment résister à cette spirale infernale qui, progressivement, substitue les débats de prétoires au débat politique? Parfait connaisseur des cycles médiatiques, François sait déjà que sa journée du lendemain sera une journée blanche. Une journée foutue. Parasitée par la reprise du Figaro. Une journée au cours de laquelle il n’aura d’autre choix que de répondre des suites d’un échange – 8 ans plus tôt  – lorsqu’il était premier secrétaire du PS.

A Dijon où il se rendait, les micros se sont tendus comme prévu pour évoquer la question du jour. François Hollande a répondu « ça suffit », qu’il se rendrait à la convocation des policiers, et que le plus tôt serait le mieux.

Que lui demanderont-ils alors ? Que pourra-t-il leur répondre sans risque de se répéter ? Un premier secrétaire n’est pas un magistrat, un confesseur, un psychiatre, un policier. De la vérité, il n’est pas juge. Il n’en a ni les moyens ni la fonction. Il ne peut offrir que sa propre humanité. Ce qu’il fit. Cela vaudrait peut-être la Une du Figaro…

Comment François Hollande a constitué son équipe

Depuis de très longs mois, François Hollande sillonne la France. S’est-il d’ailleurs un jour interrompu ? Longtemps dans le minuscule bureau de Brigitte qui préparait ses déplacements, les visiteurs sont tombés nez à nez avec une carte de France transpercée de centaines d’épingles figurant chacun de ses séjours…
De ces milliers de rencontres François Hollande a tiré une connaissance intime de la France et des français. C’est en allant vers eux qu’il a puisé l’énergie d’une candidature et l’intuition des priorités à mettre en œuvre.

Lassé par les combats d’appareil après le congrès de Reims, l’ancien Premier secrétaire a entrepris une quête qui fut d’abord solitaire. A sa table le mardi, nous n’étions guère plus d’une dizaine, plus soudés par l’amitié que par une très improbable ambition. Et sur cette dizaine, il était probablement le seul à imaginer la fin d’une traversée du désert.

Souvent l’un d’entre nous s’indignait de l’injustice des commentaires. Après avoir conduit et uni les socialistes pendant plus de dix ans il était rendu responsable de tous leurs maux. Les victoires à toutes les élections intermédiaires, la reconstruction après 2002, tout avait été oublié. Les arguments les plus contradictoires furent utilisés. Les premiers critiquaient un supposé goût immodéré pour la synthèse, les seconds lui reprochaient au contraire de ne pas l’avoir recherchée en 2005 lors du référendum européen. Pour les uns trop consensuel, pour les autres trop clivant…
Jamais il n’a souhaité relever. François Hollande n’est pas homme à s’épancher ni à se plaindre. Plutôt du genre à relever le défi. A sa façon. Sans fanfare.

Le 21 avril 2002, j’étais assis à côté de lui sur les marches de l’Atelier de campagne. Nous étions abasourdis par le double coup de tonnerre du résultat et du départ de Lionel Jospin. Progressivement dans la soirée les journalistes se sont attroupés autour de lui. C’est à travers leur regard et leurs questions que je l’ai vu prendre conscience de sa nouvelle responsabilité. Il a ployé, puis il s’est redressé.

Cette fois encore, François est reparti à la conquête. Après avoir longtemps, trop sans doute, porté la parole des autres, il s’est remis au travail. A son compte cette fois.
L’homme que l’on décrit comme habile – il l’est – est d’abord doté d’une solide cohérence. Dans un monde politique où les positionnements successifs ne lassent de surprendre, il est resté attaché aux fondamentaux de la gauche réformiste. Au moment où tous les regards se tournaient vers Tony Blair ou Gerhart Schröder, il a maintenu le cap. Après les défaites présidentielles, lorsque la tentation de rompre avec l’esprit majoritaire, celle du repli protestataire, gagnait les esprits, il a maintenu le cap. Lorsque le PS s’est déchiré en 2005, il a maintenu l’unité sans laquelle toute espérance se serait définitivement évanouie.

Son patient travail a d’abord été repéré par quelques éditorialistes, étonnés de cette métamorphose physique autant qu’intellectuelle. Et puis, magie de la politique, Sa voix a commencé à porter. Comme Mitterrand, comme Chirac, comme Sarkozy, le chemin vers la présidence de la république a commencé dans le mépris. C’est peut-être le parcours initiatique. Celui d’un homme libre qui doit se confronter à sa propre vérité avant de la faire partager au peuple français. C’est peut-être oublié des siens que l’on se rend plus disponible pour entendre les souffrances silencieuses, évaluer les douleurs profondes et mesurer aussi les atouts d’un pays.

Le 12 juillet, François Hollande a confirmé son engagement dans le combat présidentiel. Il a choisi une équipe. Avec celles et ceux qui ont partagé le pain noir, avec celles et ceux qui – après l’avoir parfois contesté – ont jugé qu’il incarnait cette gauche qui change. Cette gauche qui, parce qu’elle s’est changée elle-même est maintenant prête à changer la vie. Cette gauche qui parce qu’elle a tiré la leçon de ses défaites peut désormais envisager la victoire.

C’est une équipe composée sans trébuchet. Elle allie les forces de femmes et d’hommes choisis pour leurs compétences. Connus ou inconnus du grand public. Tous savent que leur présence a pour unique objet d’accompagner une candidature, sans autre promesse que celle d’une possible victoire de la gauche après trois défaites successives.
Pierre Moscovici animera un groupe qui comprend parmi les meilleurs sur leurs sujets. Michel Sapin, ancien ministre des finances, Jérôme Cahuzac, président de la Commission des finances, Marisol Touraine, experte incontestable des affaires sociales, André Vallini, spécialiste de la justice et ancien président de la commission Outreau, Aurélie Filipetti militante engagée du développement durable, Vincent Peillon, député européen et agitateur d’idées prolifique, François Rebsamen qui fut conseiller de Pierre Joxe à l’Intérieur avant de conquérir le cœur des dijonnais, Bernard Roman, ancien président de la Commission des lois à l’Assemblée, Victorin Lurel, parfait connaisseur de l’outre-mer et président du CR de Guadeloupe, Nicole Bricq infatigable rédactrice de propositions de loi préfigurant une politique économique alternative, Karine Berger, économiste, François Patriat, véérinaire devenu ministre de l’agriculture, Julien Dray, vice président régional chargé de la culture…
A côté des figures les plus médiatiques, comme celle de Gérard Collomb, maire de Lyon, il y a ces nouveaux visages, celui de quadragénaires comme Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat qui fédère le mouvement HLM, Geneviève Fioraso députée de l’Isère et ancienne dirigeante d’une PME innovante, Vincent Feltesse, jeune président de la Communauté Urbaine de Bordeaux, Jean-François Debat, vigoureux maire de Bourg en Bresse, Sylvie Guillaume fraiche députée européenne investie dans la coopération, Christophe Sirugue, spécialiste de l’insertion et nouveau maire de Chalon, Pascal Terrasse député et membre du Conseil d’Orientation des retraites, Vincent Eblé, président du CG 77 grand connaisseur des collectivité locales, Emeric Bréhier, constitutionnaliste, Bernadette Laclais, première femme maire de Chamberry…
Il y a ceux qui – sans la revendiquer – illustrent la diversité des parcours et des origines, Faouzi Lamdaoui, Safia Ottokoré, chargés de la presse, Kader Arif, chargé de l’Europe, Cécile Ha Minh Tu, chargée de l’industrie, Nisrine Zaibi, chargé de la jeunesse…
Sans oublier les talents prometteurs de têtes bien faites comme celles des trentenaires Manuel Flam (Essec, Sc Po, Ena) Mathias Fekl (normale sup, sc Po, Ena) qui ont coordonné les travaux des experts ou Rémi Branco (IEP) qui a éclairé les pas de François Hollande sur la question centrale de l’avenir de la jeunesse ou encore Benjamin Griveaux, vice-président du Conseil général de Saône et Loire…

A la source de ce fleuve qui est appelé à connaître d’autres confluents, il y a Stéphane Le Foll, compagnon des bonnes et des mauvaises heures dont les qualités d’organisateur sont indispensables à la victoire. Il y a le très diplomate, Thierry Lajoie qui coordonne le cabinet de François composé de militants dévoués dont les noms n’apparaissent dans aucun organigramme, mais dont la présence a été indispensable tout au long de l’aventure.

Et puis François m’a confié la communication. Sans doute parce que je ne suis pas un « communiquant ». Parce que, pour lui, la forme n’a jamais emporté le sens, ni le marketing remplacé les idées. Parce que nous partageons et revendiquons cet archaïsme : la politique ne sera jamais un « produit » et les citoyens des consommateurs.

NB : pour voir l’organigramme complet de l’équipe : rv sur francoishollande.fr

Article dans Le Monde : François Hollande, une équipe de campagne entre fidélité et ouverture

François Hollande devait déposer mardi 12 juillet auprès de la Haute Autorité de la primaire son dossier de candidature. Dans la foulée, il devait recevoir dans les jardins de la maison de l’Amérique Latine, à deux pas de la rue Solférino, les élus qui lui ont apporté leur parrainage. A l’intérieur, Pierre Moscovici devait, lui, dévoiler l’organigramme de campagne. Le strauss-kahnien a été nommé « coordinateur » de la campagne de la primaire.

Pour composer son équipe, M. Hollande a dû jouer sur un délicat équilibre entre ses fidèles et ses nouveaux alliés, Pierre Moscovici et Vincent Peillon.
Mettre en avant les uns sans froisser les autres, M. Hollande est un habitué de cette gymnastique.
Au rang de ses amis, le député européen, et le plus proche, Stéphane Le Foll, qui dirigeait jusque-là sa campagne, sera en charge de l’organisation et des réseaux. Le député Michel Sapin, spécialiste des questions économiques, sera en charge des propositions et de l’argumentaire, François Rebsamen, le maire de Dijon, s’occupera des élus, André Vallini, député de l’Isère, de la justice, Jean-Yves Le Drian, le président de la région Bretagne, de la défense.

Un réseau d’experts
Le député Bruno Le Roux assurera, lui, la liaison avec le Comité national de préparation de la primaires, alors que Faousi Lamdaoui conserve les relations avec la presse. Olivier Faure, l’actuel secrétaire général du groupe PS à l’Assemblée nationale, aura en charge la communication ; Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, l’industrie. Yves Krattinger, sénateur de la Haute-Saône, la réforme territoriale.
Les strauss-kahniens récupèrent aussi des postes-clés. Jérôme Cahuzac est responsable des questions budgétaires, Marisol Touraine, la spécialiste au PS des retraites, sera chargée du social ; Aurélie Filippetti des relations avec les intellectuels ; la grenobloise Geneviève Fioraso, de la recherche ; Safia Okoturé, du sport.
Le Marseillais Patrick Mennucci, qui avait dirigé la campagne de Ségolène Royal, devrait également rejoindre l’équipe d’organisation.
Vincent Peillon hérite, lui, des idées, du projet, des discours ; Pascal Terrasse, de la dépendance et la retraite, Vincent Feltesse de l’Internet. Les grands élus qui l’ont rejoint, notamment Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault, Rolland Ries, François Patriat, se retrouveront dans un « conseil politique », présidé par M. Hollande, qui se réunira une fois par semaine. Avec le ralliement de MM. Moscovici et Peillon, M. Hollande peut compter sur un réseau de deux cents experts. Dans l’ombre, il conserve enfin ses conseillers, notamment sur les études.

Le 19 juillet, le candidat réunira son premier comité de campagne à Dijon, pour fixer le planning jusqu’au 9 octobre.

Sophie Landrin

DSK saison 2

Avec le procès DSK,  la droite espérait disqualifier la gauche sur le terrain de la morale (Cf. post précédent). François Fillon et François Baroin n’ont pas hésité à utiliser l’argument dans l’hémicycle. Dans les allées du pouvoir, les sourires entendus affichaient une satisfaction peu avouable, celle d’un feuilleton judiciaire polluant la campagne présidentielle des socialistes.

Vendredi 1er juillet, dès potron-minet  la France s’est réveillée d’un bond. Sur les radios, les auditeurs ont découvert que la crédibilité de Nafissatou Diallo était très fortement remise en cause par le procureur suite à la découverte de nombreux mensonges de la plaignante. Les informations parvenues dans la nuit, le Figaro n’a pas eu le temps de modifier sa Une. C’est une photo de DSK qui illustre donc ce matin-là le gros titre blanc sur fond noir « l’heure où tout a basculé pour DSK ». Le journal de M. Dassault ne visait pas le probable et prochain acquittement de l’ancien directeur du FMI, mais sa descente aux enfers comme l’indiquait le sous titre « le Figaro a reconstitué minute par minute la succession des évènements qui ont scellé sa chute ».

Ce décalage aurait pu prêter simplement à la raillerie. Tous les journaux peuvent être victimes d’une actualité qui ne s’interrompt pas entre l’heure du bouclage et celle de la distribution. Ce qui dans le cas du Figaro ne lasse d’interroger c’est une Une sur DSK le jour où le choix éditorial aurait logiquement dû les conduire – par exemple – au retour de Taponier et Guesquière après 18 mois de captivité, au vote par la Grèce de son nouveau plan de rigueur, à l’entrée en vigueur de la réforme des retraites, voire au mariage civil du dernier des Grimaldi…
Comment ne pas soupçonner que le seul objet de cette Une ait été d’entretenir une petite musique, celle du discrédit ? Le papier en page 2 était un simple rappel des accusations portées contre DSK et la mise en exergue d’une phrase du porte-parole de l’hôtel – « le Sofitel a déclaré qu’elle donnait toute satisfaction, nous disons même que c’est une employée exemplaire » – donnait le ton (et prend toute sa saveur à la lumière de ce que chacun sait désormais).

Le vent a tourné. Plus personne n’osera critiquer Jean-Marc Ayrault qui lisant une déclaration solennelle devant le groupe socialiste le 17 mai expliquait que « dans cette affaire il y a une victime, mais nous ne savons pas encore s’il s’agit de l’accusé ou de la victime présumée ».

Sans céder à un nouvel emballement, tout semble indiquer un probable acquittement de Dominique Strauss-Kahn dans les semaines qui viennent. Viendra alors le temps de la réhabilitation d’un homme condamné à la vitesse de twitter. Puis se posera la question de son éventuel retour dans la course présidentielle.

François Hollande a suggéré que les délais de dépôt de candidatures aux élections primaires soient prolongés pour permettre à celui qui fût – avant lui – le favori des sondages , d’y participer s’il en conserve le désir. Le geste est trop rare dans cet univers pour ne pas le souligner. Un « homme normal » peut ainsi se révéler un politique exceptionnel.