Pourquoi le pacte DSK/Aubry/Royal crée l’embarras

Ségolène Royal qui a l’instinct de survie a du se souvenir de ce que professait Bismarck : « dans un accord à trois, mieux vaut ne pas être le troisième »… Depuis le passage de Martine Aubry sur France 2, elle dénonce l’idée d’un pacte qui la lierait.

Les déclarations de la première secrétaire ont déclenché le tollé pour plusieurs raisons. La première, la plus simple, n’est pas forcément la plus juste : l’existence d’un arrangement entre plusieurs présidentiables contredirait l’esprit de primaires précisément créées pour départager les différents candidat-e-s potentiels à l’élection présidentielle. Pourtant, nul ne peut obliger l’un des leaders du PS à se placer sur la ligne de départ. Et personne ne saurait interdire à ceux qui renoncent de se désister en faveur d’un autre. C’est leur liberté et leur responsabilité. L’idée même de se rassembler derrière une candidature ne peut être choquante.

Le vrai embarras c’est l’existence d’un pacte dont personne ne connaît ni les critères de choix, ni le projet commun qui le sous-tend. Car si Martine, Ségolène et Dominique partagent beaucoup – ils sont socialistes – ils représentent des sensibilités singulières.

Celles et ceux qui sont disposés à soutenir l’un des trois au cours des primaires, ne sont pas prêts à le faire pour les trois. Ainsi Pierre Moscovici a suspendu sa candidature en attendant la réponse de DSK, mais si ce dernier abandonnait l’idée d’un retour, il se porterait candidat face à Ségolène ou Martine. Inversement Benoit Hamon joindrait ses forces à Martine Aubry, mais a déjà sous-entendu qu’il se présenterait face à l’actuel directeur du FMI. De la même manière, Laurent Fabius qui est prêt à s’effacer devant DSK ou Martine Aubry, ne le ferait pas pour Ségolène Royal.
Alors que l’annonce d’un accord était sensée rassurer les supporters potentiels des trois participants au pacte, c’est tout l’inverse qui s’est produit, chacun redoutant que cela soit au bénéfice de l’un des deux autres…

On aurait cependant tort de limiter l’interprétation des déclarations désordonnées du week-end à une nouvelle représentation du bal des egos. La question des primaires est intimement liée à la nature du projet qui sera porté par les socialistes en 2012.

Les débats qui agitent la famille socialiste autour de ce pacte ne sont pas insignifiants. Ils rappellent deux truismes :
• la gauche ne peut se mobiliser qu’autour d’un projet. C’est sa culture. Ce projet ne sera fixé qu’au moment des primaires car il dépend étroitement de celui ou celle qui l’incarnera.
• Cette première évidence se confond avec l’exigence posée par l’élection du président de la République au suffrage universel. Ce n’est pas un parti qui est candidat à l’investiture suprême, mais une personnalité qui doit développer un lien particulier et direct avec les Français.

La course des primaires vient dans les faits de démarrer indépendamment du calendrier officiel. Chacun y entre à son rythme. L’histoire dira qui, du lièvre ou de la tortue, passera le premier la ligne d’arrivée.

Commentaires

Noelle Picard
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bon post olivier on voit que le PS n’est pas plus à l’abri des dissenssions mais pour ma part sur ces primaires je finis par plus savoir quoi penser, vivement qu’on passe à autre chose …j’en suis lasse de ça

Bernard
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Qualifier DSK de « socialiste », est plutôt désobligeant pour les socialistes de base, celles et ceux qui ont « les mains dans le cambouis », qui ont entendu parler d’un Jaurès, d’un Blum, voire même (guère…) d’un Mitterand. Le PS a exclu G.Frêche pour ses propos démagogiques….Mais ceux qui naviguent à l’OMS, au FMI, sans en faire des laboratoires du socialisme (surtout pas, l’oncle Sam veille….), personne rue de Solférino ne s’en offusque. Navrant, n’est-ce pas Olivier ?

le flaneur
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Ce qui est dérangeant, ce n’est pas qu’il y ait pacte ou non; ce qui est dérangeant, c’est qu’un débat qui devrait pour le moment se faire en interne, se fasse en externe, devant les journalistes; ce qui est dérangeant, c’est que ce qui devrait être un débat d’idées, se limite à un débat de personnes ambitieuses, toutes socialistes ou ancien-ne-s socialistes; ce qui est dérangeant, c’est que les militants de base voient leur travail quotidien de base et au contact des Français, « sappé » chaque jour par l’intervention devant un micro de tel ou tel « soi-disant ténor », plus soucieux d’étaler ses ambitions et ses différences personnelles que de travailler à une réflexion commune sous tendue par la notion d’intérêt général.
Merci, Olivier, de ce blog, excellent outil interne de communication

Françoise
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La vraie question, c’est lequel comprendra enfin qu’il n’est plus possible de vivre dans une Europe qui est en train de se faire hara kiri en refusant de voir que le libre échange et la concurrence libre et non faussée lui interdit toute croissance.
Lequel de nos candidats dira que l’industrie doit revenir en France et doit créer des emplois. Lequel renoncera à ce que ce soit les marchés qui dictent aux Etats leur politique.
Lequel dira qu’Obama a raison de faire marcher la planche à billets et que ni l’OMC, ni le FMI ne doit ruiner les peuples au profit des banques qui ont provoqué la crise que nous connaissons.
Aucun de ces trois là, malheureusement. Il faut chercher ailleurs.

ROUCOU
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certes notre calendrier ne doit pas être fixé par celui de notre adversaire
toutefois comme ce dernier est (apparemment)en ordre du marche il conviendrait de notre côté de délibérer plus rapidement sur notre projet afin de réduire les atermoiements de nos impétrants!
cela permettrait ainsi de rapprocher les primaires qui influeront sur le programme des candidats en y apportant (et c’est normal) leurs touches
cela favoriserait ensuite l’expression des citoyens (qui ne vit pas à notre propre rythme) sur une base bien plus programmatique, donc moins liée aux personnes et donnerait au temps de la campagne proprement dite son tempo et sa vocation de proposition-et d’opposition à la droite!

Bouchra
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Strauss-Khan est le candidat de Sarkozy qui satisfait parfaitement le Président. Sarkozy, le 16 novembre 2010 : « …je n’ai aucun problème pour travailler avec lui, et aucun, d’aucune façon… » Ce dernier avoue qu’ils sont dans la même longueur d’ondes sur les problèmes monétaires internationaux. Je ne développerai pas les solutions du FMI, face à la crise (rigueur…).
Je veux une alternative à la politique de la droite actuelle, donc je mets dans le même sac Strauss-Khan, ses partisans et Besson.

Dan
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@ Bernard
DSK est socialiste. certes réformiste mais socialiste quand même.
si dans ses faits, vous considérez Mitterand comme socialiste, je ne vois pas trop ce qui vous gêne avec DSK. Quel diplôme faut-il passer pour être considérer comme socialiste? et qui le décerne ?
@ Noelle
On ne peut pas vouloir la démocratie et refuser ce qu’elle implique: c’est à dire les tractations, les discussions et les points de vue différents. Moi j’attends tout ça avec impatience. Ce ne sont pas les primaires qui m’inquiètent, ce sont les comportements après.

Jean Pierre Becker
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DSK n’a aucun pacte avec Ségolène Royal, ce serait stupide de le faire croire.

Paul
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Pourquoi s’étonnons nous que nos leaders discutent et réfléchissent à la meilleure manière degagner. Il n’est pas dit que tous les leaders doivent être candidats..Une chose est sure pour gagner il faudra se battre , que ceux qui veulent vraiment se battre de toutes leurs forces pour gagner y aillent ça me va très bien car les bon candidat qui s’arrêtent au milieu du guet …

Le combat politique nécessitE de la volonté de la détermination et de la persévérance , rien n’est jamais acquisET, si onN4; avance pas on recule; Faisons en sorte d’avoir un grand candidat et ne nous laissons pas distraire par des histoires de journalistes

Variae › Royal Flush
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[…] Hamon et les défenseurs du texte Égalité réelle. Quatrièmement, et toujours au sein du PS, un hiatus commode entre « grands candidats » putatifs, s’efforçant de calmer le jeu et de garder […]

Jo
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Vraiment…..Ils n’en loupent pas une ces éléphants…
Ces querelles de personnes nous gonflent, et le programme ? Et les retraites ? Ont-ils entendu, vu les Français dans la rue ?
Non…Ils sont bien au chaud dans leur tour et ne pense qu’à leur carrière.
Tchao le PS, Bonjour le Parti de Gauche. J’aime les gens vrais et au PS y a du boulot…

MBARGA Albert
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Bonjour Chers(es) Camarades,

Notre réussite dépendra de ce que nous voulons, choisir un candidat
et le soutenir, sinon nous risquerons encore de perdre ses élections,pour ma part je pense que,un bon candidat est ce lui qui sera en mesure de remporter les prochaines élections face au candidat de la droite.En ce moment,nous devons faire le bon choix,les militants dirons qui sera le candidat de notre parti aux prochaines présidentielles de 2012.

Françoise
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à Jo : crois tu qu’il n’ y ait pas de bagarres au Parti de Gauche. Cela se voit moins parcequ’il n’y a pas de candidat à part Meluche.
Ceci dit, j’approuve beaucoup d’interventions de JL. Melenchon mais de là à le rejoindre au prétexte qu’il y a trop de concurrence au PS !
C’est le calcul qu’ont fait certains mais le PG sera content s’il fait 7 à 9 %, la belle avance. C’est plus de 50 % qu’il faut faire pour nous débarasser de Sarko, Fillon et Cie.

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