Est-il responsable de laisser manifester les jeunes ?

Nicolas Sarkozy et ses amis ont soigneusement anglé leur riposte au mouvement social sur les retraites. Depuis hier soir, tous les leaders de l’UMP pilonnent consciencieusement avec les mêmes mots une opposition qualifiée « d’irresponsable » parce qu’elle inciterait les jeunes à descendre dans la rue.

Ce faisant, la majorité commet une erreur récurrente. Chaque fois qu’elle se refuse au dialogue, elle imagine des complots trotskistes, des manipulateurs socialistes, et au final des jeunes sous influence.
En 1986, Louis Pauwels avait commis un article fameux dans le Figaro Magazine. Il s’en prenait à la génération qui défilait contre la loi Devaquet en lui expliquant qu’elle était atteinte de « sida mental ». On connaît la suite.
La droite a beaucoup de culot parce que quand elle manifestait contre le PACS ou plus loin contre un service public de l’éducation, laïque et unifié, elle n’a jamais hésité à enrôler les plus jeunes dans ses combats. Ceux qui ont vécu ces moments se souviennent des cars de collégiens et lycéens.

Il est en vérité extravagant de ne pas reconnaître aux jeunes la possibilité de s’inscrire dans le débat public. Nous passons notre vie à tenter d’intéresser les jeunes à la politique et lorsqu’ils manifestent, nous devrions ni les entendre ni tenir compte de leur avis ? Sans doute ne connaissent-ils pas le détail du projet, mais leur malaise est profond et ne peut être traité par le mépris. Et pour tout dire, je ne suis pas certain que les Français qui soutiennent la réforme aient davantage lu son contenu.

Ensuite sur le fond. Il est faux de prétendre que ce projet ne les concerne pas. Il les concerne parce qu’il concerne tous les Français. Il les concerne aussi spécifiquement et ce pour trois raisons principales :

1.    Le projet actuel ne garantit les retraites que pour les Français qui sont nés jusqu’à la fin des années 1950. Comme le financement proposé par Eric Woerth repose quasi exclusivement sur les cotisations, cela signifie qu’après 2018, d’autres reculs d’âge sont à prévoir. En clair, avec le projet gouvernemental, il faudra encore reculer les deux bornes d’âge de 62 ans et de 67 ans.
2.    Ce recul du départ de l’âge à la retraite concerne les jeunes parce que tous les anciens qui vont rester au travail vont retarder leur entrée dans la vie active. Ils rentreront donc plus tard, mais devront partir aussi beaucoup plus tard pour atteindre, avec des carrières hachées et précaires, l’âge de départ sans décote.
3.    Le gouvernement a prévu de siphonner le fonds de réserve des retraites alors qu’il état justement prévu pour faire face aux futurs pics démographiques et bénéficier aux générations futures. En gros le gouvernement sacrifie au présent ce qui était destiné à l’avenir.

Comme beaucoup de Français, une part de la jeunesse se sent plus qu’abandonnée, elle se sent trahie par le pouvoir actuel. Il serait temps que le gouvernement écoute et réponde, c’est la seule et unique façon de dégonfler le mouvement social. Les polémiques sont aussi vaines qu’irresponsables.

Commentaires

Miguel
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Le débat sur la retraites par répartition repose sur la solidarité entre générations. A ce titre, il intéresse évidement les jeunes, et sans doute plus que les autres, en fait, puisque ce sont eux qui vont payer pour nous sans trop savoir si leurs propres enfants arriveront à leur tour à faire de même !…

Myriam Decker
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Ce ne sont pas les socialistes qui font descendre les jeunes dans la rue, c’est le Gouvernement qui les oblige à se battre. Si les jeunes ne s’étaient pas senti concernés, ils seraient restés chez eux (ou dans leurs établissements scolaires). Le report de responsabilité est la manoeuvre la plus minable qui soit.

Hugues
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Honnêtement on s’en fiche de ce que disent les leaders UMP. Ce n’est pas comme si les syndicats ou les socialistes pouvaient effectivement contrôler les jeunes. Ils sont jeunes mais ils savent ce qu’ils ont a perdre dans cette réforme.

Ici comme ailleurs, les leaders de la majorité s’imaginent qu’on peut réduire le gouvernement d’un pays à un établissement de lois imposées sans débat. Comme l’écrivait Senèque il y a longtemps, ce n’est pas la menace des lois qui crée la persuasion. Les lois persuadent quand elles sont justes, ou au moins perçues comme telles.

Ici la nouvelle loi lèse surtout les plus faibles, c’est une constante avec ce gouvernement. Au delà de cette loi, c’est cette attitude qui est inacceptable.

Françoise
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Les jeunes sont, bien sûr, les premiers concernés comme tu le dis, Olivier, mais aussi parce qu’ils sont, encore plus que les autres touchés par le chômage.Et on sait bien que les 2 questions sont étroitement liées.
Il est scandaleux d’entendre le discours de la droite : ils seraient jeunes donc irresponsables et on ne peut leur demander de prendre position sur la question ! Et pourtant la même droite n’hésite pas à les déclarer responsables dès 14 ans et à les envoyer en prison au moindre écart !
Je suis atterrée du mépris de ce gouvernement pour les jeunes dans ce pays. Cette faute impardonnable lui reviendra en boomerang et peut être plus tôt qu’il ne le pense. Personne n’a vraiment besoin de les y pousser.

David
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C’est tellement mignon mais naïf de croire que les jeunes descendent dans la rue pour défendre les retraites. Il suffit de les écouter pour comprendre qu’ils mélangent tout (67 ans, 65 ans, 62 ans etc) et qu’ils profitent de cette réforme faire les malins sur des poubelles (j’étais des manifestations contre le CPE, je sais de quoi je parle).

Mais effectivement, le passage de 60 à 62 ans ne règle que partiellement le problème et électoralement parlant, il est difficile de dire qu’il faut passer à 65 ans comme dans la majorité des pays. La politique est une affaire trop sérieuse pour les laisser à des professionnels !

Françoise
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C’est vrai, ils ne descendent pas seulement dans la rue pour leur retraite mais surtout parce qu’ils savent bien qu’après le lycée ou la Fac, ils vont se retrouver au chômage. Ils préfèreraient travailler plutôt que de voir leur père ou leur grand père s’échiner au travail pendant qu’ils courent après un emploi.
Ils ont de nombreuses autres raisons de descendre dans la rue. Croyez vous qu’ils soient assez idiots pour ne pas voir que la « réforme » du Lycée en classe de 2nde est une profonde duperie pour cacher la réalité :la casse de l’Education Nationale par manque de moyens et de personnels. Oui, vraiment il est temps que ça change avant que tout ne saute !

David
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C’est eux qui sapent leur éducation en loupant les cours. Qu’ils n’aillent pas se plaindre du manque de cours après. Et oui, je confirme que des élèves de seconde ne connaissent rien aux tenants et aboutissants des finances publiques, des retraites etc (tout comme les 3/4 des gens dans la rue). Ce n’est pas pour les décrédibiliser, ils le font assez bien eux mêmes.

Concernant le chomage, votre remarque est tout juste risible ! « après la fac ils vont se retrouver au chomage ». Les filières psycho socio sont des fabriques à chomeurs, certes mais les autres filières débouchent sur des emplois (cf L’Express de cette semaine).

Françoise
Répondre

Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Alors tout va très bien, il n’y a pas de chômage, pas de travailleurs pauvres. Les pauvres sont d’ailleurs tous des cons et que les riches continuent leur banquet du Fouquet’s ! Le monde vu par l’UMP c’est quand même triste à mourir.
Riez bien, c’est bon pour la santé.Mais vous ne me ferez pas croire que vous ne riez pas jaune et ça c’est peut être moins bon pour la santé !

lena
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Puisque les 3/4 de la population ne comprend rien à rien, supprimons donc le suffrage universel. C’est un discours vieux comme le monde, , ne dites rien, acceptez tout, vous ne pouvez pas comprendre. David, c’est vous qui êtes risible. Quand une réforme est contestée à ce point, il faut la retirer. Cela s’appelle la démocratie.

David
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La démocratie léna c’est le suffrage universel, pas la rue.

Mais si vous voulez que l’on gouverne en fonction des sondages du moment, nous devons immédiatement nommer DSK Président (ce qui ne changera pas grand chose pour les retraites, le FMI approuve la réforme et Strauss-Kahn approuve l’allongement de durée de cotisation).

Donc oui, je peux me gausser de vos commentaires.

Benoît
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Bonjour,
une remarque David, la réforme des retraites n’était pas au programme 2007. Vous me direz certes Nicolas Sarkozy n’est pas le premier ni le dernier homme politique a se faire élire sur un programme pour ensuite s’en affranchir. Est ce une raison, surtout si l’on a par ailleurs largement milité pour la moralisation de la Politique, le respect des engagements. Deux poids, deux mesures,

On peut par ailleurs se poser la question de la légitimité d’un gouvernement démocratiquement élu à partir du moment où il fait précisément ce pour quoi il n’a pas été élu.

La crise impose de réformer en urgence et donc de s’affranchir d’un programme initial? Certes, mais si c’est bien le cas alors il est du devoir du Président de la République en tant que président de TOUS les français de rechercher le concensus le plus large, d’expliquer encore et encore, de ne pas chercher à braquer ni à insulter telle ou telle couche sociale ou génération en leur expliquant qu’ils n’ont rien compris et ne comprendront jamais rien. Comme si la vérité absolue existait en ce bas monde et que de surcroit seuls certains en seraient détenteurs.

Un véritable homme d’état se grandit en sachant s’affranchir des clivages d’opinions, et en rassemblant autour de lui au nom du Pays, de nos valeurs, de notre culture. On ne construit pas la France contre les Français, on la construit avec eux, avec tous.

Si vous avez vraiment ces valeurs chevillées au corps, et le sens de l’intérêt supérieur du pays vous qui vous dite de droite, alors allez donc dans la rue expliquer à ce jeunes et moins jeunes de quoi il retourne, aimablement, posément en écoutant leurs peurs, leurs angoisses, leurs espoirs, en les respectant plutot que de les railler ici par vos propos qui ne démontrent qu’une seule chose : vous n’êtes pas à la hauteur des valeurs que vous prétendez défendre.

David
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Vous faites les questions et les réponses Benoit, c’est parfait.

Effectivement comme vous le dites, la crise n’était pas au programme du candidat Sarkozy. Je sais, ce n’est pas plaisant à entendre mais même les gens sérieux du PS y sont favorables.

Et j’ai bien écouté Mme Aubry hier, son projet n’a rien de fondamentalement différent. Les cadres du PS dont Mr Faure veulent nous faire croire que ce sera la révolution des retraites s’ils reviennent au pouvoir. Ils sont dans des postures d’opposants (ce qui est leur rôle) mais cette réforme est juste, nécessaire et surtout indispensable.

A gauche, il y a une personne qui fait référence en matière économique, c’est Dominique Strauss-Kahn. Je vous laisse finir la phrase et en tirer les conclusions.

Dernière chose, le courage politique ce n’est pas de plier pour faire plaisir au peuple. Cela s’appelle de la lâcheté politique à but électoraliste. Donc non, je n’ai pas cette valeur de lâcheté « chevillée au corps ».

Olivier Faure
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Et dites donc David, le courage politique ce n’est pas de faire contre le peuple non plus. Le courage politique cela pourrait être justement de faire contre ses intérêts de clientèle, en acceptant par exemple de ne pas faire peser à 95% la réforme sur les seuls revenus du travail. Cela pourrait être dans le même registre de ne pas faire voter cette semaine un allongement de la durée d’amortissement de la CADES, ce qui aura pour effet de reporter la dette sociale sur les générations futures.
Le courage c’est aussi c’est vrai de ne pas toujours suivre les vents dominants, surtout quand ils sont contraires à nos valeurs. j’espère que le discours de Grenoble, ses suites avec les Roms, la déchéance de nationalité etc. vous auront un peu ébranlé.

Le courage c’est aussi parfois de se battre contre ses propres intérêts. vous voyez en me battant aujourd’hui pour la retraite à 60 et 65 ans, je ne me bats pas pour moi, car je serais un des bénéficiaires de cette réforme si elle est définitivement adoptée. Mais je refuse l’idée que ma retraite de cadre soit payée par celles et ceux qui ont commencé tôt, ceux qui ont des travaux pénibles, ceux qui ont eu des carrières hachées, ceux qui ont l’espérance de vie la plus faible.

Bien à vous,

Olivier FAURE

Damien
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Quelque chose m’a surpris et plutôt amusé : lire que les lycéens peuvent s’inscrire dans le débat public. Autrement dit, dès l’âge de 15 ans, un adolescent (car à 15 ans, on est encore un adolescent) aurait les compétences pour participer à la vie citoyenne.
Si c’est vrai :

1. on ne les entendrait pas s’exprimer sur le sujet des retraites avec une maladresse qui dénote pour la grande majorité, comme le dit David, une méconnaissance, des tenants et des aboutissants. D’ailleurs, ayant moi-même été lycéen et ayant par conséquent vécu les mouvements lycéens de contestation (du temps de Claude Allègre), je me demande si la plupart savent pourquoi ils manifestent.

2. Autant accorder tout de suite le droit de vote aux lycéens s’ils sont déjà de responsables citoyens. J’attends d’ailleurs avec impatience que le PS propose le droit de vote dès 15 ans.

3. Ils n’auraient pas besoin d’être manipulés par certains enseignants qui ne respectent pas leurs obligations de neutralité et de discrétion ou par certains politiques prêts à tout pour faire capoter une réforme dont ils approuvent pourtant les grandes lignes (cf. le « rétropédalage » de Martine Aubry sur le sujet).

Benoît
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@David,
Eh non, je ne fais pas les questions et les réponses, sauf si bien sur l’on préfére ne pas relever le gant et boter en touche de surcroit de fort mauvaise manière.
Je vous aurais volontier répondu sur le courage en politique où vos propos ont de toute évidence dépassé vos pensées mais je n’ai rien à rajouter à la très belle réponse d’Olivier.

Pour ce qui est du reste, les valeurs, le respect des engagemnents même en temps de crise, vous avez répondu à coté par des poncifs de critiques sur les gens de gauche que vous connaissez de toute évidence bien peu, dommage, vous auriez pu saisir l’occasion pour défendre les valeurs de droite, vos valeurs.

Vous auriez aussi pu parler des angoisses et des craintes de cette génération d’étudiants devant l’avenir, votre génération.

Nous vous attendons,

David
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Mr Faure, le courage politique, c’est d’assurer le financement des retraites et si j’ai bien écouté votre patronne hier, elle allongera également la durée de cotisation à 41,5 annuités.

Vous vous battez pour la retraite à 60 ans mais ça n’a aucun sens dans la mesure où si je commence à travailler à 23 ans, je ne pourrai jamais être à la retraite à 60 ans. Ce sont donc des postures politiciennes, visant à faire croire à l’ensemble des français qu’ils auront la retraite à taux plein pour tous à 60 ans. Tout ceci est bien éloigné du courage politique.

Et je tiens à vous signaler que la pénibilité est intégrée dans le calcul du droit à la retraite donc indirectement l’espérance de vie puisque c’est ceux qui ont les boulots les plus durs qui ont l’espérance la plus faible.

@ Benoit : vous m’attendez sur quoi ? Je ne suis pas élu, je n’ai pas de compte à rendre. Je vous dis simplement que faire cette réforme est l’exemple même du courage politique. Cette réforme ne fait plaisir à personne, électoralement parlant, ça ne rapporte rien. Donc oui, il faut du courage. Le PS se démarque par sa lacheté, ne le prenez pas mal mais dire aux français qu’ils peuvent partir à 60 ans SI ET SEULEMENT S’ILS ont 41,5 annuités, c’est au mieux une ambiguïté, au pire de la démagogie.

Et je ne me reconnais pas dans la « peur », « l’angoisse », la « crainte » que vous décrivez pour ma génération. J’ai 22 ans et la seule chose qui me déprime, c’est d’entendre la gauche se lamenter et se plaindre constamment. Sinon, je n’ai pas peur de l’avenir, au contraire.

Pour finir sur une note allant dans votre sens, le courage politique comme le dit Olivier, c’est aussi se battre contre ses propres intérêts : c’est pour celà que le bouclier fiscal et la TVA à 5,5% dans la restauration n’ont pas leur place en temps de crise. Mais Mme Aubry veut s’en servir pour payer les redepenser, et moi pour combler le déficit. Chacun sa priorité.

lena
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Mais non, David, faire cette réforme n’est pas l’exemple même du courage. Le but de la droite est de privatiser les retraites pour que les banques et les assurances privées ramassent le pactole, les salariés qui le pourront n’ayant plus d’autre choix que de cotiser à des retraites par capitalisation pour espérer avoir de quoi vivre une fois retraités. Je ne vois pas là du courage, mais une politique pour que quelques-uns, en tout petit nombre, se gavent toujours plus sur le dos du plus grand nombre.

David
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Tout à fait Thierry ! Comment j’ai pu passer à coté de cette évidence !!! Je m’en veux.

Damien
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On croirait presque entendre notre bien-aimée maire de Champs…

Olivier Faure
Répondre

A David, les 41,5 annuités en 2020 c’est déjà la loi Fillon. Cela rattrape déjà les gains en espérance de vie acquis depuis 1982 (passage de 37,5 à 41,5 annuités = la moitié de l’espérance de vie). En clair les salariés ont déjà payé.

Oui le droit au départ à 60 ans à taux plein protège d’abord ceux qui ont eu les carrières les plus longues. Le passage à 62 les conduira à cotiser plus de 41,5 ans sans un euro de plus. C’est normal ça?

La pénibilité n’est absolument pas intégrée dans la réforme. Juste l’invalidité. En gros si votre cancer se déclenche après 60 ans, vous n’avez droit à rien même si vous avez été exposé toute votre vie à des produits toxiques. Pas de chance la plupart des maladies professionnelles type cancer se développent après 60 ans… Nous nous proposons une forme de bonus, une majoration par année passée dans des métiers pénibles.

A Damien, les affiches des jeunes populaires, leurs tracts faisaient apparaître de mémoire un slogan du type j’ai 16 ans je m’engage pour les retraites… La majorité pénale est sans cesse rabaissée par Sarko. Est-ce que cela veut dire qu’un adolescent qui est responsable de ses actes pour un délit, ne l’est plus pour participer au débat public?
Sans doute ne connaissent-ils pas pour la plupart l’intégralité du projet de loi, mais vous-mêmes l’avez-vous lu? Et ceux qui le soutiennent aveuglément l’ont-ils vraiment assimilé?..

David
Répondre

Je ne vous entends toujours pas sur les propos du plus crédible des socialistes, Mr DSK, vous vous gardez bien de commenter ses propos sur le dogme du PS avec sa retraite à 60 ans.

La plupart des français avec le système PS ou Sarkozy partira donc à plus de 62 ans. Il y a un dispositif carrière longue pour ceux qui ont commencé à travailler très tôt, ils pourront partir avant 60 ans s’ils ont cotisé 41,5 années.

Invalidité et pénibilité sont fortement liés, vous le savez très bien. Une incapacité égale ou supérieure à 10% donne droit à la retraite à 60 ans. Mme Aubry n’a d’ailleurs pas répondu sur l’alignement des régimes privés et publics.

Et non, je n’ai pas lu le texte en entier, juste le résumé sur le monde.fr, désolé de ne pas avoir mes journées à consacrer à la politique.

Parallèlement des mesures vont être prises pour l’emploi des seniors, les femmes aux carrières entrecoupées (notamment grâce à Chantal Brunel). Pour un projet « injuste », il est quand même bien complet.

En ce qui concerne les jeunes, certains maîtrisent le sujet, je suis persuadé qu’ils forment une minorité. Les autres ont une vague idée de ce qu’est le projet de loi. Il y a un engrenage lorsque l’on commence des blocages, et là encore, je sais de quoi je parle. Je pourrais vous faire un roman sur les blocages du CPE et la méconnaissance des lycéens sur ce sujet à l’époque (j’étais contre le CPE mais contre les blocages, en parlant avec les bloqueurs, on déchante vite).

Un cas isolé ? http://www.wikio.fr/video/lyceen-manifeste-bfm-tv-4289383

Damien
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Mr Faure,

Je confirme et j’assume mes propos sur la maturité politique des jeunes lycéens. Je ne pense pas que dans la majorité des cas, à 15-16 ans, on ait suffisamment de maturité pour s’inscrire pleinement dans un débat. Je ne connais sans doute pas par cœur le texte sur la réforme des retraites, mais comme l’a également fait David, j’ai lu et écouté ce qu’en disent les médias et les politiques. Je ne suis pas certain que la majorité des lycéens en aient fait de même (ceci dit, je vous accorde que même parmi les adultes, certains préfèrent regarder « secret story » plutôt que de s’informer sur un sujet qui les concerne). Quant à la majorité pénale, malgré quelques réticences de ma part sur le fait de la passer à 16 ans, je pense qu’à cet âge, il y a longtemps qu’un jeune est quand même capable de faire la différence entre le bien et le mal (donc pour moi, cela n’a aucun rapport avec sa maturité politique).

Par ailleurs, si cela peut vous rassurer, non seulement j’ai non seulement assimilé le cœur du projet (le report de l’âge légal) mais, en plus, je l’ai si bien assimilé que je n’ai pas attendu 2010 pour me dire qu’il était logique qu’en vivant plus longtemps (et en vieillissant mieux qu’avant), nous devrons naturellement partir plus tard à la retraite. Tout comme j’ai bien assimilé le fait que si l’on ne fait rien, sauf bouleversement démographique, nous aurons à terme autant de retraité que d’actifs. Je veux bien qu’on m’explique tout ce qu’on veut sur la manière de financer le système par répartition, mais depuis jusqu’à aujourd’hui rien n’a pu me convaincre qu’on arriverait à le maintenir sans toucher à l’âge légal de départ à la retraite.

Ma pensée est d’ailleurs confortée par ce que disent les économistes du FMI, à commencer par DSK qui, je crois, est l’un des vôtres. D’ailleurs, comme le précise David, on ne vous entend effectivement pas vous exprimer sur les propos de celui qui passe pour un adversaire crédible de Sarkozy en 2012.

lena
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@ David et Damien
Savez-vous que la durée EFFECTIVE de cotisations est aujourd’hui de 36,5 annuités? Comment dès lors peut-on nous expliquer qu’en allongeant la durée de cotisations, on va sauver les retraites par répartition, alors que la majorité des salariés ne peut même pas arriver à 40 annuités? Allonger la durée de cotisation, c’est de fait baisser le montant des retraites.
Les assurances privées le savent très bien, cf les manoeuvres de Malakoff Mederic avec la Caisse des Dépôts et Consignations, dont le délégué général n’est autre que Guillaume Sarkozy, le frère de qui vous savez. Si dans cette affaire, je vous fais penser à la maire de Champs, tant mieux, cela montre que la gauche est unanime pour dénoncer une république qui ne sert aujourd’hui que les intérêts de quelques-uns au détriment du plus grand nombre.
Quant aux jeunes, pour avoir participé à une manif lycéenne afin d’éviter des heurts avec la police, je peux vous dire qu’ils savent parfaitement pourquoi ils bloquent les lycées et descendent dans la rue. Et même s’ils ne connaissent pas dans le détail le projet de loi (mais qui l’a lu et étudié dans le détail?) ils en comprennent très bien les conséquences pour eux, et pour leurs parents et grands-parents.
Mais continuez ainsi, vous avez raison, ce genre de jugement vis-à-vis des jeunes les remontent encore un peu plus, pour peu qu’ils en aient besoin.

Olivier Faure
Répondre

A David,

Je ne vous convaincrais pas, mais honnêtement ni les carrières longues, ni la pénibilité, ni les femmes ne sont sérieusement pris en compte. Tout l’équilibre du projet repose justement sur le fait que certains vont devoir cotiser plus de 41,5 ans ou feront le choix de liquider leurs droits avant l’heure au prix de pensions moins élevées.

S’agissant de DSK, je suis d’accord avec lui. Le recul de l’âge légal n’est pas un tabou, si on vit cent ans il faudra en tenir compte… C’est ce qu’il a dit, c’est aussi ce que je pense. Nous n’en sommes pas là. Comme je vous l’ai écrit dans une réponse précédente pour le moment les gains en espérance de vie acquis depuis 1982 ont été répartis entre travail et retraite à travers l’allongement de la durée de cotisations.

Le recul de l’âge légal a pour seul et unique effet d’interdire le départ à des gens qui ont leurs trimestres pour partir. Et ce sont eux qui paient la retraite des autres. C’est bien pourquoi les dispositifs carrières longues et invalidité du Gvt sont marginaux. Si ils visaient toute les personnes potentiellement concernées, le recul des deux bornes d’âge n’auraient plus aucun effet sur le financement. Pour la gauche, la solution c’est de trouver des financements alternatifs et de faire financer à parité par les revenus du travail et du capital.

Enfin sur le rapport du FMI, il n’est pas signé par DSK, il ne l’engage pas et d’ailleurs sa lecture est surtout un tissu de banalités rappelant quels sont les leviers sur lesquels on peut agir.

Estelle Picard
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je te rejoins complètement Olivier même si je continue à me demander si on aurait pas du jouer sur le nombre annuités dans notre réflexion. On a le chiffre le plus élevé d’europe..
Quant au sujet de ce post perso je pense que les jeunes sont responsables et savent ce qu’ils font . Si ce gouvernement a abaissé l’age pénal il ne peut pas maintenant créer à l’iresponsabilité. Je finis même par me demander si on ne devrait pas abaisser l’age du vote mais ce n’est pas le sujet.. Par contre le gouvernement porte une grosse responsabilité il engage l’épreuve de force et pousse à l’affrontement et ça ce n’est pas acceptable. Si ça dégénère ce gouvernement sera coupable comme il l’avait été naguère lors de la mort de malek oussekine ma génération s’en souvient

Damien
Répondre

Je persiste et signe à penser que d’en rester à 60 ans n’a aucun sens dans la mesure où il me semble difficile de financer les retraites de demain avec seulement 1,3 actifs je crois pour 1 retraité (selon les prévisions les plus pessimistes) sans baisser le niveau de pensions de retraite et sans recourir à l’emprunt (et donc accroître les déficits). C’est d’ailleurs pour cette raison que je ferai cette objection à lena : si les pensions de demain baissent, les actifs d’aujourd’hui seront naturellement contraints de recourir encore davantage à des caisses privées.

Personne n’a pu me convaincre jusqu’à aujourd’hui du contraire et, comme le dit M. Faure, personne n’y réussira (avec les arguments que j’entends en ce moment). Néanmoins, il est toujours difficile de convaincre lorsque le débat se fait via un blog et non « en temps réel ».

@ Estelle Picard
Je ne partage pas votre point de vue lorsque vous dites que les lycéens sont « responsables », pour reprendre vos propres termes, pour les raisons que j’ai avancées plus haut. Par contre, je vais terminer sur une note positive, je vous félicite pour votre cohérence (ce n’est pas de l’ironie) : puisque vous considérez les jeunes lycéens comme responsables, c’est donc logiquement que vous vous posez la question de l’abaissement de l’âge du droit de vote. Bien sûr, je le répète, je ne partage pas cette opinion et je la respecte mais, comme vous l’avez écrit, c’est un autre débat…

Olivier Faure
Répondre

A Damien

Tout ce que vous dites plaide pour des financements qui ne dépendent pas exclusivement des salariés. Ce serait le bon sens au vu de ce que vous écrivez. c’est justement ce que nous proposons 🙂

lena
Répondre

Damien, vous avez parfaitement raison. Si les pensions de demain baissent, les actifs d’aujourd’hui seront naturellement contraints de recourir encore davantage à des caisses privées. Toute la question est de savoir pourquoi certains veulent absolument faire baisser le montant des pensions, ce qui arrivera inéluctablement avec l’allongement de la durée de cotisations, rares étant ceux qui pourront partir avec toutes leurs annuités, donc à taux plein. En fait, à propos du financement, il est faux de raisonner en terme de ration retraités/actifs. Il vaudrait mieux réfléchir sur la part de PIB consacrée aux retraites. Et on s’aperçoit alors qu’il est tout à fait possible de financer sans allonger la durée de cotisations, par des financements, comme le dit Olivier Faure, qui ne dépendent pas exclusivement des salariés.

Damien
Répondre

Justement c’est le contraire : si vous gardez la retraite à 60 ans, il y aura fatalement plus de retraités (et donc plus de pensions à payer) par rapport au nombre d’actifs dans le court et moyen terme.

Alors oui, on pourrait toujours ponctionner encore plus sur le PIB. Mais il me semble que nous sommes l’un des pays européens qui consacre déjà une grande part du PIB au financement de nos retraites. Je ne crois donc pas que la solution soit là, sachant que, de plus, la mondialisation nous « bloque » de ce côté-là puisque l’on est obligé d’investir davantage dans les activités qui seront rentables dans l’avenir (biotechnologies, technologies numériques, énergies renouvelables, etc.).

Il ne faut pas rêver : le financement des retraites a toujours pesé sur les salariés et ce n’est pas prêt de changer, mondialisation oblige. Après, « moraliser » la mondialisation – c’est-à-dire sortir du système où seul la recherche de profits domine sans prendre en compte les efforts et les contraintes de la vie en société, à savoir notamment être moins individualistes – je suis pour. Mais j’ai du mal à penser que la France, pays de 65 millions d’habitant, puisse à elle-seule imposer sa vision des choses face à des puissances comme les Etats-Unis et ses 250 millions d’habitant ou, mieux, la Chine et ses 1,5 milliards d’habitants.

Estelle Picard
Répondre

Damien vous auriez mieux compris que l’on puisse s’interroger sur le nombre d’annuuités comme en allemangne que sur la question de l’age limite? 41 annuités et démi c’est le chiffre le plus important d’europe…

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