Le plan du PS pour sauver les retraites

C’est inédit. Sur un projet qui est présenté comme le plus important du quinquennat, ce n’est pas autour du projet gouvernemental que le débat va porter dès les prochaines heures, mais autour des propositions de l’opposition. Alors que la droite n’en finit pas de gloser sur une opposition qui serait sans idées, ni perspectives, c’est le bureau national du PS qui a adopté un plan complet, détaillé et financé jusqu’en 2025.

Là où le gouvernement se refuse à tout effort d’imagination et tourne autour de mesures dont les salariés sont les seules variables d’ajustement (telles que l’allongement de la durée de cotisations et le recul de l’âge légal de départ à la retraite), les socialistes ont recherché un financement qui repose sur des ressources nouvelles.

D’abord au travers de la mise à contribution des revenus du capital. Il ne s’agit pas d’un prélèvement symbolique et homéopathique sur les hauts revenus, comme le suggère Eric Woerth dans le document transmis ce week-end aux partenaires sociaux, mais au contraire de :

  • 19 milliards prélevés sur les stock options et les bonus (majoration de 5 à 38% comme le proposait feu Philippe Séguin), le relèvement du forfait social appliqué à l’intéressement et la participation, l’application de la CSG aux revenus du patrimoine jusqu’ici exonérés (sauf livrets d’épargne et plus value sur la résidence principale), la suppression des « niches Copé » (exonérations sur les plus values liées à la vente de filiales), augmentation de la Contribution sur la Valeur Ajoutée (sauf pour les PME) créée par le gouvernement pour remplacer la taxe professionnelle.
  • 3 milliards correspondant à une majoration de 15% de l’impôt sur les sociétés  pour les établissements bancaires. Ces 3 milliards serviraient à alimenter le fonds de réserve des retraites créé par le gouvernement Jospin (plus alimenté depuis) dont la vocation est de garantir aux jeunes actifs que leurs efforts d’aujourd’hui ne demeureront pas unilatéraux et qu’ils bénéficieront aussi de la solidarité collective quand viendra leur propre retraite.

A ces financements prélevés sur le capital, il est proposé d’ajouter une augmentation modérée et étalée dans le temps des cotisations salariales et patronales. Cette augmentation de 0,2 point par an (0,1 pour les salariés et 0,1 pour les employeurs. Ce qui représente autour de 2,5 euros par mois au niveau du salaire moyen) rapporterait 12 milliards à horizon 2025.

il est enfin et surtout prévu une mobilisation générale en faveur de l’emploi des seniors (j’y reviendrai dans un prochain post). Leur retour à l’activité salariée permettrait de gagner autour de 6 milliards d’euros liés à l’augmentation du volume des cotisations (sur la base du retour à l’emploi de 80 000 seniors par an pendant 10 ans).

Ces ressources permettraient

  1. d’assurer la pérennité du système par répartition
  2. de ne pas revenir sur l’âge légal de départ à la retraite (qui pénaliserait les salariés qui ont commencé à cotiser très jeunes et disposent donc de leurs annuités pour liquider leur retraite à taux plein à 60 ans et ont souvent l’espérance de vie la plus faible).
  3. de prendre en compte la pénibilité (enveloppe de 5 milliards) en ouvrant des majorations d’annuités pour cause de travail pénible (exposition à des matières toxiques, travail de nuit, efforts physiques…)
  4. de ne pas aller vers de nouveaux allongements de la durée de cotisation (pour mémoire 41 annuités en 2012 ; 41,5 en 2020)
  5. d’ouvrir un dispositif de « retraite choisie » avec notamment la création d’un « compte temps » qui permette de sortir du système « école – boulot – retraite » en permettant à chacun de mieux disposer de sa vie.

Voilà. Tout n’est sans doute pas parfait. Mais le décor est posé et le débat peut enfin commencer sur de bonnes bases. L’orientation est claire : Un projet équilibré qui répartit équitablement le poids du financement, un projet juste parce qu’il distingue les situations professionnelles en privilégiant les plus pénibles, et un projet durable parce qu’il assure la survie du système par répartition auquel nous sommes attachés.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Comme on dit au poker, il doit maintenant « faire tapis »…

Commentaires

HYPERION
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mouhahahahahhha

Madame Aubry aurait peut être du avoir ces idées plutot que faire les 35heure quand elle avait les renes du pouvoir.

C’est tellement confortable l’opposition ^^

Denise
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Très bien cela prouve que d’autres solutionsexistent que celles de la droite.

Monique Bellas
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proposer que les seniors continuent à travailler lorsqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde est un non-sens !
C’est Martine Aubry qui avait raison : il faut chacun travailler moins pour partager le travail… Et les 35h c’était encore trop.
Par ailleurs, arrêter le travail salarié à 60 ans – en bonne forme souvent – permet de s’investir bénévolement. Et il y a tant d’activités non rentables mais nécessaires qui exigent le bénévolat.
Vouloir faire travailler jusqu’à épuisement ce n’est pas un avenir « rose »

Françoise
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Voilà un vrai projet socialiste pour les retraites et la dépendance voté à l’unanimité par le Conseil National.
Pendant ce temps ceux qui sont au pouvoir ne sont pas capables de nous proposer quoique ce soit de précis et de crédible.
Quand serons nous débarrasser de ces pieds nickelés ?
Je suis fière d’être socialiste !

sandra
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Il faut saluer ce projet du parti socialiste. Il est assez précis, notamment concernant les nouvelles ressources. Il s’agit maintenant de regarder de près et d’étudier les différents éléments, mais ce projet a deja le mérite d’exister alors que la droite ne se focalise que sur deux, trois éléments.
Je constate aussi que le PS va

sandra
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… dans le sens d’une retraite à la carte. (avec un effort vis à vis des seniors, pour leur permettre de prolonger les carrières.)Ainsi, de fait, même s’il faut maintenir l’age légale de la retraite à 60 ans, on va vers + de souplesse et par conséquent vers l’allongement de la durée de cotisation , alors autant le dire , ne le croyez vous pas monsieur Faure ?

NDOUMBE MOISE
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ça voilà des idées qui commencent à sortir des cartons du P S.
cette fois le disque immigration travailler plus pour gagner plus sécurité est rayé.

une vérirable proposition pour nos futurs retraités je pense que la droite cessera de dire que nous n’avons pas de proposition ni de projet.

chers camarades soyons tous solidaire et derriere notre prochain candidat pour 2012 et surtout n’oublions pas les éléctions d’avant 2012.
bon courage pour la suite des propositions
Mes amitiés Socialistes

Joseph
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J’aime l’intention. Je note que c’est le fruit de l’effort malicieux, capitaliste, d’un groupuscule qui est de nouveau pris au piège… Attention de ne pas gripper la machine.

Quel est le montant global englouti par les collectivités publiques (Mairie, département, région, services étatiques divers) pour l’embellissement ou l’amélioration de la représentation des espaces de vies. Et si l’on recourait pendant deux ans à gel de investissements sans pour autant geler la ressource et recourait au niveau territorial au civisme participatif humain et matériel collectif. Il faut que la fierté d’habitation ou d’installation dans une collectivité, ne s’exprime plus simplement par l’imposition ou taxation.

Bref sans pour autant augmenter le niveau d’imposition, tout aussi nécessaire à l’accompagnement de la croissance démographique et longévité, il se devrait à titre expérimental d’être entrevu une stabilité par maintien du niveau actuel des impositions de toute nature, et favorisé en devoir républicain une contribution en nature autrement que la participation au suffrage électoral.

On verra si les fonds ainsi récupérés ne pourront par permettre une meilleure visibilité et marge de manœuvre.
Bien à vous

Bruce
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Très bien cela prouve que d’autres solutionsexistent que celles de la droite.

lena
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Bon plan du PS. Les salariés ont suffisamment fait d’efforts, maintenant aux financiers et particulièrement aux banques de s’y mettre.
Mais je suis assez d’accord avec Monique. Insister sur le taux d’emploi des seniors, dans un contexte de chômage massif, ne fera que détériorer encore un peu plus les autres catégories les plus fragiles, les jeunes, les femmes. Je ne vois pas en quoi cela sera une source de financement supplémentaire. Si quelqu’un peut m’éclairer…

choi
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Le projet du ps sur la retraite a le mérite d’exister. C’est toujours une gajure pour un parti dans l’opposition d’exprimer une position commune à la fois forte et ferme sur un débat crucial comme ça.
Sur le fond il se fonde sur des principes fondamentaux comme le droit pour chacun de partir à 60 ans et il montre qu’un autre projet est possible que celui du gouvernement et que de nombreux paramètres peuvent être mis en jeu. On peut bien sur reprocher à ce texte de ne pas prendre en compte des cas plus particuliers comme la retraite des femmes ou les petites retraites et regretter son caractère résolument défensif mais je sais il faut s’habituer à etre ce parti qui s’accroche à ses branches. Pour ma part j’epsère qu’on lui adjoindra une approche plus globale sur la question sociale en phase avec la réalité sociale pour que ce projet sur les retraites parlent davantage notamment aux nouvelles générations.
Enfin comme Iena je m’interroge sur cet encouragement au travail des senor c’est très fort dans le texte souhaitons nous de manière sous jacente à encourager un allongement des cotisations qui ne le dit pas.

choi
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Le projet du ps sur la retraite a le mérite d’exister. C’est toujours une gajure pour un parti dans l’opposition d’exprimer une position commune à la fois forte et ferme sur un débat crucial comme ça.
Sur le fond il se fonde sur des principes fondamentaux comme le droit pour chacun de partir à 60 ans et il montre qu’un autre projet est possible que celui du gouvernement et que de nombreux paramètres peuvent être mis en jeu. On peut bien sur reprocher à ce texte de ne pas prendre en compte des cas plus particuliers comme la retraite des femmes ou les petites retraites et regretter son caractère résolument défensif mais je sais il faut s’habituer à etre ce parti qui s’accroche à ses branches.

Pour ma part j’espère qu’on lui adjoindra une approche plus globale sur la question sociale en phase avec la réalité sociale pour que ce projet sur les retraites parle davantage (notamment aux nouvelles générations.)
Enfin comme Iena je m’interroge sur cet encouragement au travail des senor c’est très fort dans le texte souhaitons nous de manière sous jacente encourager un allongement des cotisations. Enfin il ne suffit pas de faire un bon texte encore faut il le communiquer. Il serait souhaitable que les tenors du ps se relaient sur les médias pour en parler sans faire des interférences. La droite cogne elle sait que la résignation guette et veut en profiter. Aux socialiste de se faire entendre, la virulence des attaques de la droite montre leur embarras

Boris W.
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Monsieur,

Pourquoi, dans aucun des plans de retraite proposé par la majorité ou par l’opposition n’est tenu compte des personnes qui ont opté ou opte pour des études longues et se retrouvent sur le marché du travail à 25, 27 voire 30 ans? Comment voulez-vous que ces personnes puissent totaliser plus de 41 ans de cotisations en partant à 60 ans?
Personnellement j’ai un BAC+11 et cumul donc 8 ans de retard sur mes cotisations. Certes il m’est possible de « racheter » des années, mais avec le coût du logement en région parisienne, l’endettement de mon foyer, mes deux enfants à charge, il m’est impossible d’opter pour cette solution qui coûte très (trop) cher.
Comme nombre d’étudiants, si j’avais opté pour de telles études c’était avant tout pour faire profiter la nation de mes compétences. Ce à quoi je m’applique aujourd’hui.
Est-ce là être récompensé pour ses efforts que de se retrouver dans l’impossibilité de pouvoir un jour compter sur une pleine retraite?

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