Plan d’austérité. Qui va payer?

Les mots sont choisis. On parle de « gel« . On précise même « gel zéro valeur« . Les ministres évitent soigneusement d’évoquer une quelconque « rigueur » et moins encore un « plan d’austérité« . Mais qui cela trompe-t-il ?

Les esprits sont préparés depuis longtemps. La cour des comptes a dans son dernier rapport rappelé que la dette atteindrait, au rythme actuel, 100% du PIB en 2013 (Par comparaison c’est aujourd’hui 133 % en Grèce et 35% en Espagne). La dette, c’est ce que nous laissons aux générations futures. Chacun a compris que ce n’est pas raisonnable de vivre à crédit sur le dos de nos enfants.

Le gouvernement profite donc de la crise européenne pour appeler les Français aux économies. Pour atteindre en 2013 un déficit public équivalent à 3% du PIB, le gouvernement doit trouver 100 milliards en trois ans. Nous pourrions tous applaudir à un effort de réduction des déficits et pourtant nous ne le faisons pas. Pourquoi?

Tout d’abord parce que les 8% de déficits publics actuels ne tombent pas du ciel. Ils sont dus – toujours selon la Cour des Comptes – pour une petite moitié à la crise. Le reste est lié à la politique menée par la droite. Le paquet fiscal, les niches fiscales, la réduction de la TVA dans la restauration plombent de près de 88 milliards d’euros par an le budget de l’Etat.

La seconde raison de ne pas approuver le plan Fillon, c’est que cette politique fiscale n’est pas remise en cause. Pire, ce sont les plus modestes qui vont payer l’addition du plan d’austérité. Pour parvenir à ces 100 milliards d’économie, le gouvernement annonce un retour de la croissance qui rapporterait 50 premiers milliards (le Gvt table sur 1,4% de croissance cette année, 2,5% par an minimum pour les années suivantes. Soit un point de mieux que les prévisions de Bruxelles) et surtout il envisage une sévère réduction des dépenses pour trouver les 50 milliards restants.

Ces cinquante milliards, la logique voudrait qu’ils soient recherchés dans les poches de ceux qui traversent la crise sans difficultés. Ce serait trop facile. Les privilégiés fiscaux conserveront leur « bouclier » et il n’est pas prévu de raboter les « niches fiscales » au delà de 5 milliards sur 2 ans… Alors, où trouver le solde? D’abord une baisse de 10% en trois ans des dépenses de fonctionnement, soit 4,3 milliards sur la période. Mais nous sommes encore loin du compte. C’est là qu’intervient le fameux « gel zéro valeur » qui signifie que contrairement au gel « zéro volume« , le budget de l’Etat ne progressera même pas de l’inflation au cours des trois prochaines années. Le pouvoir d’achat de l’Etat baissera donc de 1 à 2% par an, de quoi trouver entre 3,5 et 7 milliards d’euros par an. Les fonctionnaires apprécieront car leurs salaires ne devraient plus augmenter, (le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne rapportant que 500 millions par an). L’ensemble de ces coupes claires représente entre 20 et 30 milliards d’euros. Loin des 50 attendus (sans compter que les 50 premiers milliards reposent sur des recettes très hypothétiques). Le gouvernement a donc une botte secrète… Il s’est engagé à une remise à plat des « dépenses d’intervention » (aides à l’emploi et aides sociales). Incroyable ! A Bercy, il est aussi envisagé de taxer les chèques déjeuners et les chèques vacances… No comment.

La troisième raison de s’opposer à ce plan, c’est qu’il impose l’austérité dans un moment où la croissance chancelante, fragile, se nourrit de la consommation des Français.

Au total ce plan n’est donc pas seulement injuste, il est aussi contreproductif. Ce sont d’abord les grandes fortunes qu’il faut faire contribuer au redressement de l’Etat et ne pas étouffer les ménages qui – trop modestes pour épargner – injectent chaque mois l’ensemble de leurs revenus dans la machine économique.

Le paradoxe du moment c’est que seule la justice sociale peut sauver durablement les marchés !

Commentaires

Jean-Michel
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Mettez vous daccord là haut Fillon and co rigueur ou austérité?.. Ce ne serait p

Jean-Michel
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Mettez vous dacccord là haut Fillon and co rigueur ou austérité; Ce ne serait pas du foutage de gueule ces jeux de mots.. dites le vous allez faire les poches des contribuables et pour pas changer les plus modestes vont trinquer c’est ça la juste politique de sarko

David
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Et donc que propose le PS pour combler les 100 milliards ? Augmenter les impôts je suppose, ça reste la recette classique… Supprimer le bouclier fiscal. Et ensuite ? Toutes les niches fiscales sont-elles à supprimer ?

Le PS est contre la suppression d’un fonctionnaire sur 2, donc il faudra aussi trouver l’argent pour payer ceux que vous voulez ré embaucher. On taxe qui cette fois ?

Le PS est contre la réforme des retraites, où allez-vous trouver l’argent pour les financer ? Encore chez les « riches » ?

Qu’il faille revoir le bouclier fiscal, pourquoi pas. Qu’il faille supprimer la TVA à 5,5% dans la restauration, sans doute. Et après, les autres dizaines de milliards ?

Il y a une démagogie incroyable de la part de la gauche qui fait la morale sur les dépenses mais qui par ses prises de positions montre à quel point la situation serait bien pire avec une Aubry ou une Royal au pouvoir…

Damien
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Quelles sont les propositions du PS pour assainir les finances de la France ?

pierre
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vous parlez du ps daccord mais ceux qui gouvernent ne nous disent rien de précis a part nous bassiner de grands mots comme austérité

c’est facile aussi de dire il faut assainir les finances ça urge qu’est ce que le ps propose alors que c’est ce gouvernement là qui nous a conduit danss le mur le ps n’a cesse de démander de revoir sa politique et d’appeler à un retrait du paquet fiscal

Anne
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A David et damien,
que pourrait proposer le PS et bien déjà de prendre l’argent là où il a été dépensé; par exemple dans toutes les dépenses que M. Faure nous détaille et qui font perdre !! milliards à l’Etat chaque année.;;
le bon sens non?

Anne
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« !! » dan mon post précédent voulait dire 88 millirds…

francoise
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Certes, il n’est pas raisonnable de vivre à crédit sur le dos de nos enfants mais est-il raisonnable pour un pays en quasi récession de tuer la relance économique.Comme tu le dis, Olivier, baisser le pouvoir d’achat des salariés les plus pauvres, c’est économiquement une bêtise si on ne veut pas parler de la monstruosité qui consiste à faire payer aux plus pauvres les errances des marchés financiers.
On marche sur la tête ! Le capitalisme se tire une balle dans la tête.
Alors vive le socialisme, le vrai pas l’UMPS.

David
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Ca ne veut rien dire de dire « on prend l’argent là où il est ». Il est partout, chez vous, chez nous, chez l’entreprise du coin qui bénéficie de nombreux avantages fiscaux, chez ce salarié qui ne paie pas de taxe sur ses heures supp’, chez cette mère de famille qui reçoit l’allocation parent isolé etc

Des économies doivent êtres faites, elles doivent être importantes et je regrette mais ce n’est pas les 600 millions du bouclier fiscal qui y changeront quelque chose (même s’il faut à mon sens ne pas être dogmatique et le revoir). Par exemple, pour les retraites, ça se compte en dizaines de milliards et le PS stagne sur une position dangereuse et démago envers les français. Nicolas Sarkozy a prévenu qu’il irait sur le terrain des revenus du capital et c’est tant mieux, j’attends donc de savoir ce que la boite à idée socialiste propose pour trouver les autres milliards puisque dogmatiquement, vous êtes contre l’allongement de la durée de cotisation.

Le gouvernement lui est clair : on ne passera pas à coté de l’allongement MAIS en même temps les hauts revenus et le capital seront mis à contribution. Logique.

francoise
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On pourrait par exemple supprimer la baisse de la TVA pour les restaurateurs (3 milliards dans la poche des dits restaurateurs) sans rien apporter aux autres. On pourrait aussi taxer les bénéfices des spéculateurs (pas mal de milliards encore) et j’espère bien que le PS va rester sur ses positions de ne pas allonger la durée de cotisation.
Etant donné l’état du marché du travail, étant donné le nombre de jeunes sans travail et de « vieux » virés à 57 ans cet allongement provoquerait des milliers de retraités très pauvres à qui il ne resterait que les Restaurants du Coeur. Est ce cela que souhaite David ?

David
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Nous nous rejoignons sur la suppression de la baisse de la TVA dans la restauration, une mesure totalement inefficace et qui n’a aucune raison d’être dans le contexte actuel. Taxer les bénéfices des spéculateurs, pourquoi pas ! Sauf que le compte n’y est pas.

En revanche et c’est là où réside notre différence, je ne crois pas en votre rhétorique : parce qu’il existe du chômage, nous devrions rester à 60 ans ? c’est totalement dénué de sens comme réflexion. C’est même incroyable !!!

Dans ce cas, l’Espagne endettée jusqu’au cou ne bougera pas puisque son taux de chômage est à 20% ! Pareil pour la Grèce ! Le statut quo ! Si l’on attend de résorber le problème du chômage avant de réformer les retraites… le problème du chômage se règle parallèlement, et pas après comme Aubry le propose d’une manière irresponsable.

francoise
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C’est pourtant simple, cher David, ceux qui n’auront commencé à travailler qu’à 30 ans faute de trouver un emploi, ceux qui partent à 57 ans pour la même raison n’arriveront jamais à avoir une retraite décente dans le système actuel. Si vous repoussez l’âge de la retraite à 62, 63, 64 ans ce sera encore bien pire, bien sûr.
Savez vous que 38 % des retraités en France actuellement ont une retraite de 645 euros pas plus. Qu’en sera-t-il après la réforme que vous appelez de vos voeux ? C’est encore bien pire en Grèce et en Espagne me direz vous. C’est pour cela que les mesures que l’Europe veut leur imposer sont indignes. Dans quelle société voulons nous vivre ? Dans une société où on affame les vieux ?

Damien
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C’est complètement aberrant de dire que le maintien de la retraite à 60 ans permettrait de diminuer le chômage en France. Regardez le cas des autres pays européens comme l’Allemagne où le taux de chômage avant la crise était beaucoup moins élevé qu’en France malgré un âge de départ à la retraite supérieur à 60 ans.

Pour appuyer mon propos, le dernier rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) montre, d’après ses projections, que la réforme du gouvernement ne va pas assez loin pour sauver le système de retraite par répartition. Et certain voudrait nous faire croire que l’on peut maintenir le retraite à 60 ans ? Soyons donc réaliste et d’ailleurs Martine Aubry avait plus ou moins reconnu qu’il fallait repousser l’âge de départ à la retraite avant finalement de se rétracter. Sans avoir fait Polytechnique, il n’est pas difficile de comprendre que l’évolution démographique de la France ne permet pas de maintenir la retraite à 60 ans (malheureusement). Il n’est pas difficile de comprendre non plus que le financement des retraites sera plus difficile dans les dix, vingt et trente prochaines années et qu’il faudra par conséquent faire des économies ailleurs. Ce n’est donc pas une question d’idéologie mais de logique. On ne peut s’appuyer uniquement sur la taxation du capital ou de je ne sais quoi d’autres. Ce ne sera pas suffisant. Donc, on ne peut pas faire comme la Grèce et continuer à vivre à crédit puisqu’un jour, il faudra forcément payer la facture. A choisir entre la pseudo-proposition du PS et celle du gouvernement, je choisis cent fois la deuxième même si elle est incomplète et moins séduisante que la première.

Damien
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NB : désolé pour les éventuelles fautes d’orthographe mais il est plus difficile de les repérer sur un écran d’ordinateur.

Françoise
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Le COR dit, en effet, que même en prolongeant l’âge de la retraite jusqu’à 64 ans, le déficit actuel ne sera comblé que de moitié.
Il faut donc changer tout le système et trouver d’autres financements et arrêter de pomper sur les salariés uniquement.
Je ne peux pas imaginer que, dans un pays riche et civilisé, on en arrive à laisser les vieux mourir de faim. Il faudra bien trouver d’autres solutions et le gouvernement a tout intérêt à les trouver

David
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Chère madame, si allonger la retraite jusqu’à 64 ans ne comble que de moitié de déficit, raison de plus pour ne pas rester à 60.
Et vous avez raison, il faut trouver également d’autres sources de financement et c’est ce à quoi le gouvernement réfléchit. Je vous rappelle que le président a évoqué les hauts revenus et les actifs financiers.

Ce n’est pas par plaisir sadique que l’on allonge la durée de cotisation mais il faut être responsable, si nous tenons à notre système, il faut le réformer sinon on se trouvera dans une situation où l’état ne pourra plus assurer les retraites de ses citoyens. Ce que le PS fait est un énorme mensonge qui conduirait à la destruction du système par répartition puisqu’il n’y aurait plus de quoi financer.
Et taxer les revenus financiers est nécessaire mais pas suffisant, il faut l’avouer et cessez de faire l’autruche.

Viviane
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la retraite c’est un vaste débat jespère pour ma part que nos représentants seront assez responsables pour dépasser les clivages politiques. Un tel sujet aussi important pour nous devrait échapper à ces jeux politiciens. Avant de parler d’age limite de la retraite examinons le nombre des personnes de plus de 55 ans qui travaillent avec tout le chomage des sénors Sinon comme vous je ne me leurre pas et je vois bien qu’on va encore faire les poches des contribuables les plus modestes. Qu’on me dise pas que quelques niches fiscales combleront le déficit . Mais à gauche je ne comprends pas qu’on soutienne le plan d’austérité des grecs
et qu’en france rigueur soit un gros mot. Il ne faut pas nous leurrer la crise est là et la rigueur on ne pourra pas y échapper, la question c’est comment faire en sorte qu’une politique d’assainissement des finances ne soient pas trop douloureuse pour les plus faibles et là je compte sur le Ps pour faire des propositions. Certains élus ont commencé à le faire j’espère que le groupe socialiste et Aubry iront dans ce sens

lena
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« Mais à gauche je ne comprends pas qu’on soutienne le plan d’austérité des grecs et qu’en france rigueur soit un gros mot ». Voilà une réflexion frappée au coin du bon sens! Je rajouterai même que c’est d’un égoïsme sans nom. C’est bien pourquoi je combats l’un et l’autre. Et je suis de gauche, chère Viviane.

Viviane
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Pour ma part je regrette que la plupart des responsables politiques cèdent à la résignation et au consensus mou sur les grandes réformes actuelles. ce sont les mêmes qui a trente ans avaient envie de se battre et de clamer leurs convictions haut et fort sans avoir peur de se singulariser. aujourdui le cynisme les a gagner et ils rent dans les rangs c’est pourquoi je ne crois plus en la politique. la gauche ne réponds pas en mon attente et je le regrette chère madame trop enfermée dans des stratégies politiciennes alternant de façade une opposition systématique avec de la bonne gestion consensus mou par derrière

David CABAS
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Face au chantage de l’empire financier :

Crise des « subprimes », crise bancaire, accélération de la destruction de l’agriculture, de l’industrie et des emplois. Puis aujourd’hui crise de l’euro, crise de la dette publique des États, destruction du service public, chantage sur les retraites. Sans oublier les divers plans injustes pour sauver les banques !

Nous devons nous organiser et nous mobiliser massivement pour demander à faire la lumière sur la crise financière en convoquant immédiatement une commission d’enquête parlementaire !

Nous ne devons pas faire le choix de la défaite ! Alors rejoins moi sur mon groupe facebook : http://fr-fr.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts

David CABAS
david.cabas.over-blog.fr

richard
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bonjour, mais pour payer et faire semblant, de boucher les trous la solution pauvre c’est fini! les derniers globules rouges de leurs sang, ont été « absorbés ,par ces vampires de droite , la france c’est fini! c’est chacun ,pour soit ,les politiques sont menteurs arrogants et voleurs ,les riches égoistes et méprisants; les pauvres clochards; quelle société construire avec une telle ,idéologie! j’ai hâte de disparaître avant de voir la guerre civile en france!

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