Chantal Brunel, le double « je »

C’est l’histoire d’une dame qui vous tire une balle dans la jambe. Comme vous perdez votre sang, elle vous tend un sparadrap dans un large sourire. Vous la voyez coupable. Elle se trouve tellement charitable. Vous lui en voulez de vous avoir blessé. Elle repart en clamant alentour qu’elle vous a sauvé…

J’admire l’aplomb de Chantal Brunel (l’actuelle députée UMP de la circonscription).
Depuis hier, elle s’attribue l’arrivée d’un enseignant supplémentaire à l’école Plume Vert d’Ozoir-La-Ferrière.

Petit rappel des faits : A l’école « Plume Vert » était prévue une fermeture de classe, finalement ce sont deux classes qui ont été fermées dont une après la rentrée. Concrètement, les enfants ont fait leur rentrée et, quelques jours plus tard, on a fermé leur classe (salut les copains) pour les redistribuer dans les voisines (et atteindre 32 enfants par classe !).
Les parents s’en sont mêlés, ont occupé l’école, affiché des pancartes autour de l’école (contre l’inspecteur), menacé enfin de bloquer la nationale…

Cette décision à Ozoir n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une politique, celle du gouvernement que soutient madame Brunel. La suppression massive de postes en 2006 (plus de 8000) ajoutée à celle des années précédentes (soit près de 45000 postes au total dont 25000 postes d’enseignants) étrangle le système scolaire. La suppression de 8700 postes est annoncée au budget 2007…

Voter à Paris les suppressions de poste dont on se plaint ensuite à Ozoir est tout simplement indigne du respect que l’on doit à ses concitoyens.

Première conférence de presse

Aujourd’hui c’était conférence de presse. La première de la campagne.

Demain s’ouvre un débat majeur à l’Assemblée nationale. Sur GDF et plus largement sur la politique énergétique dans notre pays. De loin cela paraît technique. De plus prêt, c’est évidemment très différent. Les conséquences sur la vie quotidienne de tous les Français seront immédiates : sur la facture énergétique, sur l’égalité d’accès, sur le tarif unique, les choix stratégiques en matière énergétique, la protection de l’environnement…
Et pourtant, cette privatisation de GDF n’a fait l’objet d’aucun débat devant les Français. Il s’agit d’une décision précipitée, et contestée y compris à droite par l’UDF.

Dangereux sur le fond
, la méthode employée pour adopter ce projet démontre une curieuse conception de la démocratie. Le débat n’a jamais eu lieu devant les Français. Nicolas Sarkozy lui-même s’était engagé « solennellement » lorsqu’il était Ministre des Finances en 2004 à ne jamais privatiser… et c’est le même qui propose aujourd’hui de passer la part de l’Etat de 70% à 34%…

Avec Monique Bellas, nous avons choisi de tout faire pour alerter l’opinion et bloquer ce projet. Ainsi nous avons adressé ce jour une lettre à Chantal Brunel dont vous pouvez lire ci-dessous le contenu. Nous vous remercions de la diffuser le plus largement possible et de vous mobiliser contre cette privatisation.

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GDF : lettre ouverte à Chantal Brunel

Madame la députée,

Nous sommes à la veille de l’ouverture d’une grande discussion parlementaire.

Pas une simple polémique entre experts. Un vrai débat de société. L’un de ceux qui, en opposant deux visions de l’avenir de la France, éclairent nos concitoyens sur les grands choix à venir et le type de société dans laquelle ils veulent vivre.

Demain, vous aurez à choisir entre le maintien du service public de l’énergie et le don à un groupe privé des réseaux, fichiers, clientèles, savoir-faire accumulés depuis 1946 grâce aux deniers publics.

Aucune urgence n’appelle cette décision. En revanche ce choix précipité aura des conséquences durables pour les Français :

– Abandon de tout contrôle réel sur la politique tarifaire alors que la facture énergétique des familles a déjà augmenté de 200 € par an,
– Privation pour l’Etat de toute maîtrise de la stratégie énergétique de la France,
– Renonciation à conduire une politique volontariste de protection de l’environnement,
– Renoncement à l’indépendance énergétique du pays,
– Constitution d’un pôle Suez-GDF directement concurrent de l’entreprise nationale EDF
– Menaces sur l’emploi, notamment pour les services communs EDF-GDF…

Dangereuse sur le fond, cette privatisation est choquante dans sa méthode.

– Aucune concertation n’a été engagée, ni avec les syndicats (qui s’opposent tous à ce projet), ni même avec l’agence des participations de l’Etat, pourtant créée expressément à cet effet par la majorité UMP à laquelle vous contribuez.
– Ce projet de fusion-disparition ne figurait ni dans le projet de Jacques Chirac en 2002, ni même dans la déclaration de politique générale de Dominique de Villepin l’an passé. Et c’est un gouvernement, en fin de mandat, dont la légitimité n’a cessé d’être contestée, qui veut imposer ce bouleversement à l’improviste.

Enfin, cette décision marque un rapport particulier aux citoyens. Comment réconcilier les Français avec la politique lorsque s’affiche un tel mépris pour la parole donnée ? En 2004, c’est Nicolas Sarkozy, ministre des Finances qui a pris l’ « engagement solennel » de ne pas privatiser GDF parce que, disait-il, elle ne « sera jamais une entreprise tout à fait comme les autres ». Aujourd’hui c’est le même homme qui fait face à toute la représentation nationale, hormis l’UMP, pour faire passer en force cette décision.

Madame la députée, rien ne saurait vous obliger aujourd’hui à faire ce choix qui à bien des égards risque d’être irréversible. Cet engagement de privatiser GDF, vous ne l’avez pas pris devant vos électeurs. Ils ne sauraient donc vous reprocher de vous y opposer.

Ce pôle de l’énergie a été voulu à la Libération par les socialistes, les communistes, les radicaux mais aussi par les gaullistes. Leur choix commun a permis la mise en place d’un service public de l’énergie dont les principes sont au cœur de notre pacte social : continuité, sécurité d’approvisionnement, égalité d’accès, tarif unique. Sans doute vous souvenez-vous de ce que disait le Général De Gaulle : « la politique ne se fait pas à la corbeille ». Sans ce volontarisme partagé, aurions-nous jamais eu notre filière française d’énergie nucléaire civile, le TGV, Ariane ou Airbus ?..

Mais ce n’est pas seulement à notre histoire ou à nos principes que nous vous demandons de ne pas tourner le dos, c’est surtout à notre avenir comme à celui des générations suivantes. Comment nous chaufferons-nous demain ? nous déplacerons-nous ? nous équiperons-nous ? L’énergie conditionne la vie quotidienne de chacun d’entre nous.

Dans ce moment crucial, vous avez la possibilité soit de renier la parole donnée et d’engager la France sur des chemins hasardeux soit de faire le choix de conforter le service public, de maîtriser les tarifs, et de développer une véritable politique énergétique durable.

Nous vous prions de croire, madame la députée, à l’expression de notre considération.

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Les patrons en mal de reconnaissance (suite)

Il y a au moins un Français qui les aime vraiment les patrons. Un Français qui voudrait même devancer leurs désirs. Vous ne voyez pas ? Un indice : il était à l’Université d’été du MEDEF hier.
Pas trouvé je continue : Il est venu proposer d’en finir définitivement avec les 35 heures et de limiter le droit de grève (dans les entreprises, les administrations et les universités…).

Oui, c’est bien lui ! Nicolas Sarkozy. Tel qu’en lui-même. Toujours la même prestidigitation. Regardez ma main gauche pendant que ma main droite vous fait les poches. Côté diagnostic : il faut défendre la France qui se lève tôt le matin, la France qui travaille dur. Il faut que le travail paie. Jusque-là tout le monde suit. Côté propositions : on peut faire davantage d’heures supplémentaires, mais elles sont moins rémunérées que sous le gouvernement Jospin… On a la liberté de travailler plus, mais pour gagner moins. Au nom de la défense des petits, il faut faire des cadeaux aux gros. Et là on ne suit plus du tout !

Nicolas a un frère. Guillaume Sarkozy. Il y a un an, il voulait être le président du MEDEF. Il a finalement renoncé. Nicolas, lui, visiblement est encore sur les rangs !..