Ce que je dois à l’école de la République

Entre la fête des mères et l’anniversaire de ma maman, je suis venu retrouver ma famille à Orléans. C’est là que j’ai grandi. C’est d’ici que je viens. De la cité des Blossières.
Du haut de ma tour (j’ai été très fier que ce soit la plus haute du quartier : 12 étages) je pouvais voir mon école (photo). Je me rends compte aujourd’hui de tout ce que je dois à l’école de la République. J’ai eu la chance de tomber sur des institutrices qui m’ont donné suffisamment de confiance et d’assurance dans les premières années pour ne pas totalement sombrer au collège quand il a fallu se mesurer aux élèves des autres quartiers.

J’ai été une heureuse exception

Je mesure aussi que dans cette classe des Blossières, je fais figure d’exception. Je crois que seules Hava (dont la ténacité forçait l’admiration), Carole (la fille du poissonnier), ou Florence (qui dans mes souvenirs fut souvent la 1ere de la classe) ont franchi le cap de la 5ème et ont réalisé des études supérieures.
Nous sommes un peu les alibis d’une République qui peine à tenir toutes ses promesses. Parce que dans ces classes métissées, il y a des jeunes qui s’en sortent, on voudrait laisser croire que les mêmes possibilités étaient ouvertes à tous.

Pourtant, l’égalité ce n’est pas seulement d’accorder les mêmes droits à tous, parce que cela peut demeurer très formel. La vraie égalité, c’est d’accorder les mêmes chances à tous, c’est-à-dire plus de moyens pour les enfants que la naissance n’a pas forcément placé dans les meilleures conditions de réussite.
En 2007, la gauche devra concentrer les moyens d’abord sur les territoires qui en ont le plus besoin. Ce n’est pas de la discrimination positive comme je l’entends parfois. Il s’agit simplement de justice et d’égalité…

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