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Tribune dans le Monde

« Pour un “Grenelle de la circulation” en Ile-de-France »

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Olivier Faure (Député de Seine-et-Marne, porte-parole du Parti socialiste)

Par Olivier Faure, député socialiste de Seine-et-Marne et porte-parole du PS, président du Haut Comité de la qualité des services dans les transports

Les élus franciliens sont soumis à ce dilemme cornélien : privilégier la santé de leurs administrés ou favoriser leurs déplacements. La volonté affichée de la Ville de Paris de fermer les voies sur berges à la circulation relance le débat, comme sa décision d’interdire d’accès les véhicules diesel dans trois ans. Et ce débat redémarre, comme chaque fois, sur les mêmes bases, c’est-à-dire caricaturales.

Paris défend la qualité de son air et évoque un scandale sanitaire comparable à celui de l’amiante. Les départements périphériques opposent la nécessité quotidienne pour les Franciliens de traverser ou d’accéder à la capitale.

Est-on fatalement condamné à ce face-à-face navrant ? La réalité est simple. Sans doute trop pour que, jusqu’ici, les élus franciliens aient été capables de s’entendre sur la mobilité, qui est pourtant un sujet majeur pour chacun de nos concitoyens.

Quelle est-elle ? Paris est une « ville monde », attrayante et son image, son rayonnement servent l’ensemble de la région et davantage encore notre pays. Mais c’est une ville polluée comme toutes les grandes métropoles. La voiture y a été longtemps reine et les transports collectifs insuffisants. Ce n’est plus le cas.

Un Parisien sur deux n’a pas de voiture

Aujourd’hui, les Parisiens bénéficient d’un réseau ferré parmi les plus denses au monde, auquel s’ajoutent le taxi, le tramway, Vélib’, Autolib’. Le grand Paris express, le CDG express compléteront demain cette offre de mobilité.

Vivre à Paris sans voiture ne relève plus de l’acte militant, à tel point qu’un Parisien sur deux ne possède pas de véhicule personnel. Demain, l’autopartage, les voitures autonomes achèveront cette mutation.

Mais vérité en deçà du périphérique ne vaut pas au-delà. En petite couronne, et plus encore en grande couronne, les possibilités de se mouvoir sont considérablement réduites. Le fonctionnement du réseau en étoile contraint à des itinéraires absurdes plus longs que la voiture, indépendamment des bouchons…

Les Franciliens des « marges » ne sont pourtant pas responsables de l’étalement urbain. Est-ce leur faute si les emplois sont à l’ouest et les logements à l’est ? Est-ce leur faute s’ils doivent additionner heures de travail hebdomadaire et plusieurs heures de transport quotidien ? Est-ce leur faute si c’est au cœur de la métropole que se situent l’emploi et les services ? Le premier outil de la mixité sociale est aujourd’hui la mobilité.

Sonnette d’alarme

Alors que faire ? Ne rien faire ? C’est une option. Elle a longtemps eu la vie dure. Et il faut reconnaître à la Ville de Paris et à sa maire, Anne Hidalgo, le courage d’avoir tiré la sonnette d’alarme. Il fallait un signal fort, brutal même.

L’annonce de la piétonisation du centre de Paris, celle du bannissement du diesel ont favorisé un changement d’orientation des constructeurs et accéléré les prises de décision des opérateurs de transports. Qui s’en plaindra ?

Mais l’agenda volontariste de Paris est-il soutenable ? Les transports alternatifs seront-ils en service à l’échéance ? Les transporteurs publics auront-ils les moyens de se conformer à la règle dans des délais aussi brefs ?

La réponse, chacun la connaît : qu’il s’agisse des travaux sur le réseau, de l’arrivée des RER nouvelle génération, des nouvelles lignes de métro, de la mise en place du plan bus, de la capacité de l’industrie automobile à mettre sur le marché les nouveaux véhicules électriques ou hybrides, de la conversion de toute la flotte publique à des énergies propres, la montée sera progressive entre 2021 et 2025.

Dès lors, faut-il renoncer à avancer avec les voies sur berges ? Abandonner la date butoir de 2020 ? Le risque serait d’afficher alors un signal inverse du précédent et, de lâchetés en résignations, de voir le moment du changement écologique se transformer en un horizon qui recule toujours.

Alternative crédible de mobilité

La solution existe. Celle d’un phasage qui permette de mettre en face de chaque évolution une alternative crédible de mobilité. La fermeture des voies sur berges doit être testée et 2020 ne peut ni être une année blanche ni une année noire. Je suggère que ce soit l’année où tous les véhicules diesel entrant à Paris seraient équipés d’un filtre à particules. Ce serait là une première étape permettant de diminuer de 50 % l’émission de polluants.

Dans d’autres capitales européennes, ce filtre fait l’objet d’une prise en charge sous forme de crédit d’impôt, permettant ainsi de soulager pour moitié les automobilistes de cette contrainte financière de l’ordre de 400 euros aujourd’hui. L’année 2025 pourrait constituer une seconde phase puisque, à cette étape, les alternatives en matière de transport collectif seront opérationnelles et qu’il est vraisemblable que les usages automobiles auront muté (autopartage, véhicules autonomes…).

Tout mettre sur la table

Phaser, ce n’est pas procrastiner. En l’espèce, c’est éviter que l’objectif ne soit contredit demain par un conflit géographique et social qui se solderait par une défaite collective.

Il est indispensable de penser à l’échelle régionale à un nouveau plan de déplacement. Créer des parkings relais qui soient aussi des espaces de service (drive, pressing, crèches…) en très grande couronne, créer des lignes de cars qui rabattent sur les gares de la grande couronne. Organiser le cabotage de bus entre lignes de RER pour mailler mieux le territoire et éviter le passage par le centre de Paris. Boucler la Francilienne à l’ouest, mettre en place des voies consacrées aux cars et aux covoitureurs et faciliter le transport de banlieue à banlieue…

Il est temps de tout mettre sur la table. Région, départements, agglomérations, métropole, communes. C’est un plan d’ensemble qu’il faut imaginer… ensemble. C’est pourquoi j’appelle à un « Grenelle de la circulation » en Ile-de-France.

Au XIXe siècle, le plan Haussmann a permis de moderniser Paris sous l’autorité de Napoléon III. Les arguments sanitaires et les mêmes contre-arguments sociaux furent déjà convoqués à l’époque. Il faut une vision et de la négociation. Haussmann sans l’Empire. Il ne dépend que de nous de sortir par le haut d’un dilemme qui nous tire vers le bas.

Olivier Faure (Député de Seine-et-Marne, porte-parole du Parti socialiste)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/09/24/pour-un-grenelle-de-la-circulation-en-ile-de-france_5002927_3232.html#7UYOUlPafyFuwoQ4.99

France Info : réaction aux propositions de Nicolas Sarkozy

Olivier Faure, le porte parole du Parti socialiste estime que « la primaire est en train de créer un bouleversement de la pensée de la droite dite républicaine » après les propos de Nicolas Sarkozy parus dans Valeurs actuelles, notamment sur la question du droit du sol.

Pas encore candidat mais déjà en campagne pour la primaire à droite, l’ancien chef de l’Etat est « l’immense illustration de cette surenchère », estime le député de Seine-et-Marne. « Le fait que l’on puisse dire que l’Etat de droit n’est plus une table de la Loi, c’est renier ce que nous sommes et entrer involontairement dans le jeu de Daech », ajoute le socialiste Olivier Faure.

« Laisser penser que demain, nous pourrions ne pas reconnaître des enfants nés sur notre sol (…), c’est rejeter une partie de cette population (…) vers les combattants de Daech et créer les conditions d’un affrontement violent et idéologique »
 Olivier Faure, porte parole du Parti socialiste 

Olivier Faure en appelle au « sang-froid » et à « l’unité ». « Notre intérêt, c’est de ne pas laisser se fabriquer cette fameuse cinquième colonne dont parle la droite. Elle n’existera que le jour où nous aurons laissé passer l’idée où les Français ne sont pas tous égaux face à la loi », a expliqué le député.

Pour Olivier Faure, à huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, « Nicolas Sarkozy ne va pas ramener les électeurs du Front national vers lui. Ce sont ses propres électeurs qui vont partir rejoindre Marine Le Pen, considérant qu’il vaut mieux privilégier l’original à la copie ».

La République 77

« Michel Rocard était à la fois fidèle à une Histoire et terriblement moderne »

Il s’est engagé auprès des socialistes, séduit pas les idées prônées par Michel Rocard. Interview d’Olivier Faure, député de la 1e circonscription et porte parole du PS.

12/07/2016

Hommage national à Michel Rocard, jeudi dernier. L’ancien Premier ministre socialiste, décédé à 85 ans, aura marqué l’Histoire de la politique française. En Seine-et-Marne, le député Olivier Faure, se souvient d’un homme qui faisait de la politique autrement.
La République de Seine-et-Marne : La mort de Michel Rocard bouleverse la classe politique. Myriam El Khomri évoque « une référence à gauche ». L’était-il pour vous ?
Olivier Faure : J’ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de Michel Rocard. Je me suis engagé au PS pour ses idées. Dans mes jeunes années je fus secrétaire général des Jeunes Rocardiens… Il était à la fois fidèle à une histoire et terriblement moderne.

Il occupait une place à part, celle de celui qui faisait de la politique autrement. C’est-à-dire comme tous devraient en faire, avec la double exigence d’exemplarité et de vérité.

Quel souvenir marquant gardez-vous de Michel Rocard ?

J’ai tant de souvenirs avec Michel Rocard. J’ai déjeuné avec lui, il y a un an, avec plusieurs ex-Rocardiens. Il n’aimait pas ce terme. Il nous disait toujours ‘contentez-vous d être socialistes’. Il était comme ça, inscrit dans une Histoire qu’il voulait prolonger.

Dans une récente interview au Point, Michel Rocard a déclaré « Macron, comme Valls, ont été formés dans un parti amputé. Ils sont loin de l’Histoire. » Qu’en pensez-vous ?

Je crois que nous ne venons pas de nulle part. Nous sommes les maillons d’une chaîne. Sans cette profondeur historique, le risque de s’égarer est permanent…

Pensez-vous que, de manière générale, la gauche, y compris en Seine-et-Marne, s’est éloignée des valeurs qui l’ont fondée ?

Je ne vois pas ce qui autoriserait de telles généralités. Quand je me bats pour que soit reconstruit l’hôpital de Melun afin de garantir à tous l’accès aux soins de qualité, quand j’obtenais le pass Navigo à 70 qui fait encore économiser 500€ par an aux usagers du RER, quand j’aide à trouver le financement d’un théâtre magnifique à Sénart pour permettre de donner le meilleur de la culture à nos concitoyens, je me sens particulièrement fidèle aux valeurs que porte la gauche.

Le modèle de sociale démocratie prônée par Michel Rocard vous paraît-il utopique aujourd’hui ?

Pourquoi utopique ? Compliqué sans doute parce que dans notre pays le dialogue social n’est pas vraiment entré dans les moeurs. Mais la voie de la négociation et du compromis est celle qui permet de réformer dans la durée. Ce qui appliqué est ce qui accepté.

Comment, dans votre combat politique quotidien, mettez-vous à profit l’enseignement de Michel Rocard ?

Je déteste le sectarisme. Je déteste la caricature. Depuis quatre ans que je suis parlementaire, j’ai toujours manifesté le même respect pour mes contradicteurs. Dans chaque débat, je cherche à restituer la complexité des sujets, à éviter la démagogie, à donner à ceux qui nous lisent, nous écoutent ou nous regardent, toutes les cartes en main pour qu’ils se fassent leur propre jugement.

Quelle trace Michel Rocard laissera-t-il, selon vous ?

Celle de la réconciliation possible entre le coeur et la raison.

Propos recueillis par Vanessa RELOUZAT