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La République 77

« Michel Rocard était à la fois fidèle à une Histoire et terriblement moderne »

Il s’est engagé auprès des socialistes, séduit pas les idées prônées par Michel Rocard. Interview d’Olivier Faure, député de la 1e circonscription et porte parole du PS.

12/07/2016

Hommage national à Michel Rocard, jeudi dernier. L’ancien Premier ministre socialiste, décédé à 85 ans, aura marqué l’Histoire de la politique française. En Seine-et-Marne, le député Olivier Faure, se souvient d’un homme qui faisait de la politique autrement.
La République de Seine-et-Marne : La mort de Michel Rocard bouleverse la classe politique. Myriam El Khomri évoque « une référence à gauche ». L’était-il pour vous ?
Olivier Faure : J’ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de Michel Rocard. Je me suis engagé au PS pour ses idées. Dans mes jeunes années je fus secrétaire général des Jeunes Rocardiens… Il était à la fois fidèle à une histoire et terriblement moderne.

Il occupait une place à part, celle de celui qui faisait de la politique autrement. C’est-à-dire comme tous devraient en faire, avec la double exigence d’exemplarité et de vérité.

Quel souvenir marquant gardez-vous de Michel Rocard ?

J’ai tant de souvenirs avec Michel Rocard. J’ai déjeuné avec lui, il y a un an, avec plusieurs ex-Rocardiens. Il n’aimait pas ce terme. Il nous disait toujours ‘contentez-vous d être socialistes’. Il était comme ça, inscrit dans une Histoire qu’il voulait prolonger.

Dans une récente interview au Point, Michel Rocard a déclaré « Macron, comme Valls, ont été formés dans un parti amputé. Ils sont loin de l’Histoire. » Qu’en pensez-vous ?

Je crois que nous ne venons pas de nulle part. Nous sommes les maillons d’une chaîne. Sans cette profondeur historique, le risque de s’égarer est permanent…

Pensez-vous que, de manière générale, la gauche, y compris en Seine-et-Marne, s’est éloignée des valeurs qui l’ont fondée ?

Je ne vois pas ce qui autoriserait de telles généralités. Quand je me bats pour que soit reconstruit l’hôpital de Melun afin de garantir à tous l’accès aux soins de qualité, quand j’obtenais le pass Navigo à 70 qui fait encore économiser 500€ par an aux usagers du RER, quand j’aide à trouver le financement d’un théâtre magnifique à Sénart pour permettre de donner le meilleur de la culture à nos concitoyens, je me sens particulièrement fidèle aux valeurs que porte la gauche.

Le modèle de sociale démocratie prônée par Michel Rocard vous paraît-il utopique aujourd’hui ?

Pourquoi utopique ? Compliqué sans doute parce que dans notre pays le dialogue social n’est pas vraiment entré dans les moeurs. Mais la voie de la négociation et du compromis est celle qui permet de réformer dans la durée. Ce qui appliqué est ce qui accepté.

Comment, dans votre combat politique quotidien, mettez-vous à profit l’enseignement de Michel Rocard ?

Je déteste le sectarisme. Je déteste la caricature. Depuis quatre ans que je suis parlementaire, j’ai toujours manifesté le même respect pour mes contradicteurs. Dans chaque débat, je cherche à restituer la complexité des sujets, à éviter la démagogie, à donner à ceux qui nous lisent, nous écoutent ou nous regardent, toutes les cartes en main pour qu’ils se fassent leur propre jugement.

Quelle trace Michel Rocard laissera-t-il, selon vous ?

Celle de la réconciliation possible entre le coeur et la raison.

Propos recueillis par Vanessa RELOUZAT

Le Monde – Olivier Faure, le député « plastique » rabroué

Mercredi 6 juillet, comme la veille et comme pratiquement chaque semaine à l’Assemblée nationale, Olivier Faure affichait son flegme habituel en traversant la salle des Quatre-Colonnes, où se rencontrent élus et journalistes. Allure calme, démarche lente, le député socialiste de Seine-et-Marne a pourtant de quoi, ces jours-ci, être en colère ; c’est lui qui a pris pour tout le monde, mardi, lors de la réunion du groupe PS, avant que le gouvernement n’engage le 49.3 sur la loi travail. Venu avec un ultime amendement de compromis signé par 123 de ses collègues, il s’est fait brutalement reprocher par les responsables socialistes de manœuvrer, entre autres pour nuire au premier ministre.

S’il a trouvé l’épisode « violent », Olivier Faure en a vu d’autres. Apparatchik pur jus et assumé, il fréquentait le Palais-Bourbon depuis déjà une quinzaine d’années quand il est devenu député pour la première fois, en 2012, à 43 ans. Secrétaire général du groupe PS de 2007 à 2012 sous la présidence de Jean-Marc Ayrault, il a également été directeur adjoint de cabinet de François Hollande rue de Solférino (2000-2008) après avoir servi comme conseiller parlementaire auprès de la ministre de l’emploi, Martine Aubry (1997-2000). Un triptyque plutôt rare qui lui vaut d’être souvent soupçonné, quand il s’exprime, de parler au nom d’au moins un de ces trois éléphants socialistes. Et donc d’avoir un agenda caché.

« Quelqu’un de simple »

Déjà, l’exécutif l’avait regardé d’un mauvais œil quand, au début de l’année, il s’était vivement opposé à la déchéance de nationalité. Au vu des divisions de son groupe, le député avait, là aussi, proposé un amendement de compromis, signé par près de 80 socialistes. Rejeté. Depuis, assure-t-il, les vallsistes ont ôté son carton de la table de leurs déjeuners à Matignon.

D’autant que, fin 2015, il ne s’était pas non plus fait particulièrement bien voir en aidant Jean-Marc Ayrault (alors encore député) à rassembler 160 élus pour cosigner cette fois un amendement fiscal au budget, et le faire adopter contre l’avis du gouvernement. A force, les anciens ont fini par se méfier et le lui ont bien fait comprendre, lors de la réunion de mardi. « Ce n’est pas un perdreau de l’année, il prend date pour la suite », croit savoir un pilier de l’Assemblée tandis que l’intéressé, lui, le jure : « Personne ne veut le croire, mais je suis quelqu’un de simple. »

« Vouloir toujours décrire les gens en fonction de leur arrière-pensée et non de leur pensée, c’est les discréditer », ajoute-t-il, déplorant une vision binaire chez le premier ministre : « Soit on est avec lui, soit on est avec les frondeurs, il n’y a pas de place pour l’entre-deux dans son storytelling. » Or, l’entre-deux, c’est justement le créneau d’Olivier Faure ; la modération, le dialogue, et rarement un mot plus haut que l’autre.

Jeune, déjà, « il était toujours un des plus calmes et des plus régulateurs », raconte Benoît Hamon, qui était son colocataire quand tous les deux étaient jeunes rocardiens dans les années 1980. Aujourd’hui, le député des Yvelines estime qu’« il fait partie de ces députés capables de circuler dans le groupe, ce qui lui donne une certaine force et légitimité mais ne lui apporte pas que des amis ».

Porte-parole du PS et vice-président du groupe à l’Assemblée, Olivier Faure est en fait un petit peu frustré : il aurait aimé être président des députés PS, et ne s’en est d’ailleurs jamais caché. Mais, avec ses dernières péripéties, il n’y compte plus vraiment. S’il soutient globalement le gouvernement et le fait savoir sur les plateaux de télévision comme dans les circonscriptions, il ne s’y retrouve pas totalement non plus et regrette « une politique vécue comme très pointilliste, dans laquelle on ne voit pas le tableau d’ensemble ».

« Rectiligne »

Pas très optimiste mais pas défaitiste, le député francilien mise encore sur François Hollande pour 2017 mais craint surtout que la théorie des deux gauches « irréconciliables » de Manuel Valls ne devienne réalité, comme en Espagne ou en Grande-Bretagne. « Si chacun campe sur ses positions, on restera vingt ans dans l’opposition », prévient-il.

Quoi qu’il advienne, lui se représentera devant les électeurs dans un scrutin qui s’annonce difficile, puis il continuera son parcours politique qui, assure-t-il, « est rectiligne depuis trente ans ». Comme pour beaucoup d’autres socialistes, Michel Rocard a été sa dernière idole, et quand les deux hommes se sont vus pour la dernière fois, il y a environ un an, l’ancien premier ministre lui a glissé cet ultime conseil : « Contente-toi d’être socialiste. » Ni rocardien, ni mitterrandien, ni vallsiste, ni aubryste. Olivier Faure l’a interprété à sa façon et s’est placé juste au milieu, dans le corps mou, insaisissable, « plastique », comme il le dit lui-même.
Cet article d’Hélène Bekmezian est disponible sur : http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/07/07/olivier-faure-le-depute-plastique-rabroue_4965390_823448.html#s7q47lMSiilmowki.99

Un compromis sur la loi travail était possible

La loi travail est en débat depuis de longs mois. Elle n’a cessé d’évoluer sous la pression des syndicats, du mouvement social et des parlementaires socialistes. C’est la raison pour laquelle je l’ai soutenue après le passage en commission en première lecture. Contrairement à d’autres, mon soutien s’est exprimé publiquement quoi qu’il ait pu m’en coûter.

 

Ces évolutions du projet de loi n’ont hélas pas permis d’inverser le sentiment des Français qui sont dans leur majorité demeurés hostiles au texte.

 

Mercredi dernier, pour la première fois, le débat en groupe a permis de penser qu’un accord pouvait être trouvé entre ceux qui avaient soutenu le texte et ceux qui en demandaient l’abandon.

 

Avec Kader Arif et Marie Arlette Carlotti, nous avons proposé à nos collègues (voir ci-dessous) un amendement qui permettait d’en rester au droit actuel sur la rémunération des heures supplémentaires. Cet amendement a été cosigné par la moitié du groupe socialiste. Le gouvernement a immédiatement été informé de notre initiative.

 

Ce matin, en réunion de groupe, devant le gouvernement, j’ai interrogé ceux qui s’étaient opposés jusqu’ici au texte en leur demandant si le vote de cet amendement ouvrait à la conclusion d’un accord et permettait donc le débat sans recours au 49-3. La réponse a été positive. Les « frondeurs » ont même annoncé le retrait de tous leurs amendements de suppression. Un accord était donc possible.

 

Le gouvernement en a décidé autrement, ne voyant dans cette démarche de compromis que « manœuvres » et « coup politique ». Les mots utilisés, les attaques ad hominem, la brutalité de la méthode employée ont étonné nombre de collègues, y compris parmi ceux qui ne partageaient pas notre point de vue. Je les remercie de leur soutien et de leur amitié, comme je remercie celles et ceux qui ont partagé cette volonté d’aboutir à un compromis jusqu’au bout.

 

Pour ma part, je continuerai dans le même esprit. Je ne crois pas aux gauches irréconciliables. Je ne me résigne pas à un affrontement qui a pour seul effet de nous décrédibiliser et de dérouler le tapis rouge sous les pas d’une droite qui ne cache plus sa hâte.

Voici le message adressé aux députés vendredi, puis l’amendement en question.

 

Cher(e) ami(e), cher(e) camarade,

Nous te proposons de co-signer avec nous cet amendement qui suggère de rester au droit actuel en matière de rémunération des heures supplémentaires dans le cadre d’un accord d’entreprise. Ce point est en effet le plus mal compris et le plus mal perçu par l’opinion publique. Après avoir renoncé a la défiscalisation des heures supplémentaires en début de mandat, ouvrir la possibilité de leur démajoration est compris comme une volonté d’amener les salariés à travailler plus pour gagner moins. Même si nous savons qu’il n’en est rien et que cette possibilité est dans les faits un levier pour la négociation d’entreprise, le risque symbolique de dumping social est tel qu’il décrédibilise l’ensemble d un projet de loi qui comporte de très nombreuses avancées auxquelles nous sommes tous attachés. Dans cette dernière ligne droite, la recherche d’un accord qui permette d’éviter un nouveau recours à l’article 49.3 doit être notre priorité. Si cette main tendue n était pas saisie, démonstration serait alors faite que la volonté d avancer vers un compromis n existe pas de manière partagée.

Olivier Faure
Kader Arif
Marie-Arlette Carlotti

 

 

 

 


05/07/16 Olivier Faure regrette le rejet du… par olivierfaure